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Macabre découverte à Mévouillon

De
144 pages

Passant des congés à Mévouillon dans la Drôme, deux amies découvrent lors d'une promenade en montagne, une main sortant de terre. Qui est cette inconnue de la montagne, comment est-elle arrivée à cet endroit ? En parallèle à l'enquête de gendarmerie, nos deux amies vont elles aussi enquêter sur ce décès, sans se douter du danger qu'elles courent.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-66613-0

 

© Edilivre, 2017

1

Elle entendait dans un demi-sommeil les bruits du quartier qui s’éveillait. Se retournant son réveil marquait 6 heures, trop tôt pour se lever, elle se retourna bien calée entre les draps et repartit dans un sommeil sans rêve.

Bip Bip ! le réveil. Elle arrêta d’un geste de la main la sonnerie, déjà 8 heures, flûte elle allait être en retard au bureau, mais un flash traversa son esprit, elle était en congés pour 4 longues semaines.

Bess se leva sans grand entrain, le moral en berne, dehors un temps magnifique, le soleil dardait ses rayons en pleine puissance, il faisait déjà chaud pour sa première journée de congés.

Elle entendait les oiseaux gazouiller, jouer dans les branches du cognacier qui faisait face à la maison, s’envoler se rattraper, et virevolter dans les airs.

Après avoir pris une douche bien revigorante, elle s’installa devant sa tasse de café.

Que vais-je faire de mes congés, avec la mésaventure de Pierre, elle n’avait même pas l’envie de planifier quelque chose, et d’ailleurs où aller toute seule.

Elle sentait les larmes monter, mais se reprit, elle n’allait quand même pas faire la fontaine pendant 4 semaines.

Ses parents étaient partis en voyage, son père venant de prendre la retraite, avait reçu en cadeau des collègues de l’Institut de Recherches sur les Flores, des billets pour la location d’un camping car, de restaurants, de visites sur sites, bref toute la panoplie pour faire le tour des pays nordiques. Sa mère avait organisé ce voyage à grand renfort de catalogues, de prospectus, de notices.

Ils étaient partis depuis 3 semaines, pour un périple de 2 mois.

Bess leur avait dit de ne pas s’inquiéter pour elle, elle était assez grande pour se débrouiller toute seule dans la maison. Sachant que Pierre serait avec elle, ses parents étaient partis rassurés.

Ils avaient mis au point un code, en cas de problème ou d’urgence, Bess devait laisser sonner 2 fois sur le portable de son père, qui avait accès à l’étranger. Ses parents rappelleraient de suite.

Bess venait d’encaisser la rupture avec son ami. Dire que cela faisait 3 ans qu’ils étaient ensemble. Pierre trouvait à chaque fois un autre motif de négation, quand elle lui proposait de s’installer ensemble, d’officialiser leur relation.

Ils s’étaient rencontrés fortuitement au détour d’un coin de rue. Bess courait tête baissée et l’avait tamponnée de plein fouet, elle était en retard pour son travail.

Pierre l’avait retenue à temps avant qu’elle ne tombe au sol, il s’était empressé de lui demander si elle allait bien, mais sans lâcher pour autant son bras.

Bess était restée béate devant lui, il incarnait la beauté masculine, nettement plus grand qu’elle, longiligne, des traits fins, un nez aquilin, des yeux d’un bleu d’océan à s’y perdre dedans, une bouche qui appelait le baiser, une peau de pêche, sans aucun défaut, un apollon de rêve.

Ne sachant que dire, en reprenant ses esprits, elle s’excusa du mieux qu’elle put, et à partir de ce jour, ils étaient devenus inséparables.

Au fil du temps, Bess avait compris que les parents de Pierre n’étaient pas très emballés du choix de leur fils unique, de surcroit PDG d’une grosse firme pharmaceutique, qu’il ne fréquente qu’une simple petite assistante de direction, n’entrait pas trop dans leur projet matrimonial.

Au cours de leurs discussions, il lui semblait que Pierre tenait tête à ses parents, ils allaient au cinéma, se baladaient le long des quais, dans des parcs, flânaient dans les ruelles de la vieille ville, ou passaient des soirées chez Bess devant un plateau télé, à regarder une émission, un reportage ou un film, quand les parents de Bess étaient de sortie.

Pierre lui disait souvent qu’il appréciait cette simplicité et la gentillesse sans limite de ses parents.

Bess était heureuse de vivre au quotidien à ses côtés.

Par moment Pierre l’emmenait dans des restaurants qu’elle n’aurait jamais eu l’occasion de fréquenter, mais Bess ne se sentait pas à l’aise, ce n’était pas son monde à elle.

A chaque fois, Pierre rencontrait une connaissance, à croire que c’était manigancé d’avance. Elle se sentait mise à l’écart ne pouvant se mêler de leurs discussions de placements, bourse, marchés, elle avait l’impression de faire figurante dans un décor mondain, et qu’il s’éloignait d’elle. Mais sur le chemin du retour, il était tellement affectueux, plein d’égards pour elle, aux petits soins, qu’elle oubliait toutes ses appréhensions.

Pour Bess il était le premier dont elle était vraiment tombée amoureuse, elle aimait quand il l’embrassait avec douceur, lui susurrait des mots doux à l’oreille à lui faire perdre la tête, lui chatouillait avec sa langue la nuque en remontant vers sa bouche, ses mains expertes en caresses, mais qui la laissait frustrée et sur sa faim.

Elle était prête à lui donner sa virginité, elle l’aimait tellement qu’elle aurait pu traverser les feux de l’enfer pour lui.

Un soir, Pierre lui avait parlé d’un rendez-vous très important, il souhaitait qu’elle soit à la hauteur pour cette soirée, et malgré les pièges qu’elle lui tendait dans la discussion, il était resté assez évasif, rien ne pouvait la mettre sur une piste.

Pour cette grande occasion, si importante aux yeux de Pierre, elle s’était préparée à l’avance, avait fait les boutiques qui ne rentraient pas trop dans ses moyens, mais elle voulait lui faire la surprise.

Bess avait dépensé plus de la moitié de son salaire pour s’offrir une superbe robe décolletée, avec des petites pierres brillantes faisant office de bretelles. Cette robe selon la vendeuse flattait sa taille de guêpe, son teint de porcelaine, sa chevelure blonde bouclée, qu’elle avait souvent du mal à maîtriser, des escarpins à talons, elle voulait être belle et flatter Pierre par sa prestance.

Elle pensait qu’enfin Pierre allait la présenter à la famille, annoncer un avenir à leur relation, lui glisser une belle bague au doigt lors de cette soirée, dont il parlait avec un tel enthousiasme depuis un moment.

2

Le jour en question, elle avait quitté son bureau bien avant l’heure, en prétextant une urgence personnelle, pour se préparer tranquillement en commençant par un bon bain chaud, avec des essences fleuries. Elle avait eu du mal à maîtriser sa chevelure, y avait fixé des attaches brillantes et laissé quelques boucles rebelles retomber.

Ce n’était pas dans ses habitudes de se maquiller, mais pour cette soirée mystère, elle se mit devant le miroir à grand renfort d’assortiment de pots, pinceaux, tubes, une dernière touche d’un rouge à lèvres rose brillant et sortit de l’armoire cette superbe robe, elle voulait être prête, être à la hauteur des attentes de Pierre et sa famille.

Elle était fin prête à 19 heures, avec son petit sac à main qu’elle mettra en bandoulière, son châle si la fraîcheur devait tomber, elle se regarda à 2-3 reprises dans le miroir de l’entrée, son cœur battait la chamade, oui, elle se trouvait belle.

Il allait être l’heure où Pierre viendrait sonner à la porte, il était toujours d’une ponctualité d’horloge.

Elle regarda à maintes reprises sa montre avec son bracelet en or, assortie de la parure de boucles d’oreilles et du collier, cadeau de valeur et sentimental que lui avait offert sa grand-mère, pour l’obtention de son BTS.

Le temps passait, les aiguilles tournaient et Bess commença à douter de sa venue.

Des larmes coulaient le long de ses joues, pourquoi ne venait-il pas, elle craignait un accident de la route, était-il malade au point de ne pouvoir la joindre, avait-il eu un empêchement quelconque, elle se faisait un sang d’encre pour lui.

Mais pourquoi ce silence, aucun appel téléphonique indiquant un retard de sa part.

Elle n’osait le contacter de peur de tomber sur un membre de sa famille, et s’installa sur une chaise dans l’entrée pour ne pas trop froisser sa belle robe, à guetter le moindre bruit annonciateur de sa venue. Elle attendit pendant des heures et finalement vers 23 heures, elle monta se coucher en pleurs, elle avait l’impression que son cœur allait éclater de douleurs, elle ne comprenait pas pourquoi un tel silence de sa part.

Le lendemain, elle essaya à maintes reprises de le joindre à son bureau, mais la secrétaire à chaque fois lui répondait qu’il n’était pas joignable, qu’elle ne pouvait le déranger en pleine réunion, qu’il était sorti avec ses collaborateurs pour déjeuner.

Bess laissait un message, mais il ne la contactait pas. Elle avait l’impression que la secrétaire avait des ordres – filtrer ses appels.

Bess était devenue l’ombre d’elle-même, sa gaité avait disparue de son visage, elle était morose, sans entrain, ses collègues la voyait dépérir, mais comme Bess était d’une nature relativement discrète, et qu’elle était plutôt secrète sur sa vie privée, personne n’osait lui poser de questions.

Après plus d’une semaine de silence, Pierre lui téléphona un soir, pour lui annoncer que c’était finit entre eux deux, qu’ils ne pouvaient continuer cette relation, que ses parents avaient d’autres vues pour lui.

Bess lui demanda pourquoi il n’avait pas trouvé le courage de lui passer un coup de fil le soir en question, alors qu’il savait qu’elle l’attendait comme convenu, mais il éluda la question.

Bess ravala les larmes qui menaçaient de couler, elle ne voulait pas lui donner l’impression de pleurer sur lui.

Une question taraudait Bess, elle lui demanda pourquoi au bout de ces trois années, leur relation était toujours restée platonique, c’est qu’il ne devait pas y attacher autant d’importance qu’elle. Elle aurait du écouter et suivre son instinct au départ, et ne pas continuer à le fréquenter.

Elle regrettait amèrement l’accueil et la confiance que ses parents lui avaient témoignés, pendant toutes ces années, sans jamais poser de questions.

Mais il pouvait rassurer pleinement ses parents mondains, jamais elle ne sera leur belle fille, et sur ces paroles, elle lui raccrocha au nez.

Seule victoire qu’elle avait remportée sur lui.

Bess dans son malheur, voulait savoir pourquoi, ou pour qui elle avait été évincée de la sorte, elle voulait en avoir le cœur net, et avait attendu dans la voiture qu’il sorte du bureau, pour le suivre.

Quand elle le vit embrasser et enlacer une belle jeune femme brune, aux allures mondaines et sophistiquées, qui riait aux éclats de ce qu’il venait de lui dire à l’oreille, Bess avait sentie comme un coup de poignard en plein cœur. Depuis combien de temps menait-il ce double jeu. Bess était anéantie de ce qu’elle venait de voir, des larmes coulaient, des spasmes de douleurs la secouaient, les passants la regardait pleurer, avec comme une once de pitié envers elle.

3

Toujours assise à table devant son bol de café, Bess se posait la question, si elle devait en informer ses parents.

En fin de compte, elle opta pour ne rien leur dire, connaissant sa mère, elle aurait insisté pour abroger le voyage et revenir pleurer sur le malheur de sa fille, son père sonner à la porte des Montebourg pour leur citer la conduite inqualifiable de leur fils.

La journée allait être longue, il faudra s’occuper pour ne pas trop penser à lui, elle décida de s’attaquer au grand nettoyage n’ayant pas fait grand-chose depuis le départ des parents.

En fin d’après-midi, la faim la taraudait, elle savait qu’il n’y avait pas grand-chose dans le réfrigérateur.

Elle n’allait pas rester cloîtrée chez elle. Elle monta dans sa chambre, avec la chaleur qu’il faisait encore, elle mit un short avec un débardeur à fines bretelles, ramassa les cheveux en queue de cheval, mis des escarpins aux pieds, rafla les clés de la voiture sur la commode dans l’entrée, et quitta la maison pour aller au supermarché.

Bess se baladait avec son caddie entre les rayons ne sachant quoi prendre. Toutes ces denrées à profusion sur les rayonnages, elle ne savait pas quoi faire, n’ayant aucune envie de s’attaquer à de grands repas pour elle toute seule.

Cela faisait un bon moment que Bess était devant le rayon de fruits et légumes, perdue dans ses pensées, elle sursauta quand elle sentie une main sur son épaule.

Salut Bess que fait-tu là à regarder ainsi dans le vide ?

Oh Fran c’est toi, que je suis contente de te voir, des larmes se mirent à couler à nouveau.

Bess que se passe t’il ? as-tu des soucis, tes parents ?

Non c’est Pierre, il m’a laissée tomber comme une vieille...