Madame l'Afrique

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« Comment rendre à l’Algérie ce qu’elle m’a donné ? Inoubliables youyous de joie durant ces nuits du théâtre, nuits de combat. La belle aventure avait commencé avec la mise en scène de La Poudre d’intelligence de Kkateb Yacine, pièce traduite par S. en arabe dialectal, le sultan était un PDG, le public adorait… » Il y a trente ans, la narratrice vivait en Algérie où elle était comédienne, où elle fréquentait poètes et dramaturges, unis par un même espoir. Elle partageait leurs passions et leurs inquiétudes. Il y a trente ans autour de l’église Notre-Dame-d’Afrique, consacrée à la Vierge Noire, éclatait un drame. Slimane, amoureux de Leïla, est assassiné. Par bribes et par éclats, c’est toute la jeunesse et la révolte qui reprennent ici leur vitalité sous le regard d’un écrivain habitué à rencontrer les autres cultures, à les comprendre et à les faire aimer.
Publié le : vendredi 25 juillet 2014
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EAN13 : 9782021187328
Nombre de pages : 190
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MADAME L’AFRIQUE
Du même auteur
Le Grand Nénuphar d’Amazonie
AvantScène Théâtre, 1992
Dieu merci, on ne meurt qu’une fois AvantScène Théâtre, 1993
Heureux comme des rois
Éditions des QuatreVents, 1996
Deux jambes, deux pieds, mon œil
Actes SudPapiers, 1997
Il a dit, il n’a pas dit École des Loisirs, 1998
Pêcheurs de lune École des Loisirs, 2000
Quand je serai grande, je serai étrangère
SeuilJeunesse, 2000
MONIQUE ENCKELL
MADAME L’AFRIQUE
r o m a n
ÉDITIONS DU SEUIL 25, bd RomainRolland, Paris XIV
9782021199079 ISBN
© , 2001 ÉDITIONS DU SEUIL MARS
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L’Afrique atelle perdu le Nord ? KATEBYACINE
Les affaires « corantes ». Mourad Bourboune
– Làhaut, tout le monde dit : Madame l’Afrique. – C’est pas du français ! – C’est pas de l’arabe en tout cas. – Montre voir la carte ! – Là. Terminus du bus la Consulaire. – La Consulaire, la Consulaire… Pas le moindre consulat. – Un arrêt de bus et un chemin de pierres. – Hum ! Lieu stratégique autrefois. – Làhaut, les corsaires dominaient le port d’Alger, surveillaient la mer et leurs bateaux. – On a chassé le Turc. Range le dossier !
Le fonctionnaire en fonction transpire, le sousfifre est inquiet. La Consulaire a échappé à l’arabisation.
– J’y suis allé en inspection avec rapport. – Je n’ai rien demandé. Range le dossier !
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M A D A M E L A F R I Q U E
– A partir de BabelOued, j’ai pris le trolley, le trol leybus. Ça grimpe en lacets jusqu’à l’esplanade de NotreDamed’Afrique, ça grimpe, à condition de res ter accroché. Si les deux caténaires sautent en l’air, tonnerre d’étincelles et feu d’enfer ! Faut continuer à pied, direct l’arrêt Mosquée en construction. – Quelle chaleur ! – J’ai noté sur la carte, chef ! La Nouvelle Mosquée, le Terminus du bus la Consulaire et le chemin dit Cassetagueule. Un oued encombré de pierres. – C’est bien ce que je dis. Un tas de pierres. – De la caillasse ! – Où j’en suis avec toute cette paperasserie ? – La Consulaire. – Hum ! – Chef ! J’ai lu les instructions. – C’est toi l’arabisant confirmé, je m’incline, moi, je te dis la vérité, l’arabe me donne mal de tête, je suis inscrit au cours obligatoire, je n’y vais pas.
Le sousfifre baisse la voix et persiste au nom d’Allah.
– Dieu Miséricordieux ! – J’ai continué mes études à Moscou. – Trop froid. – Moscou est moelleux. J’avais de quoi et de qui me réchauffer. Je ne me plains pas.
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