Majda en août

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À 45 ans, Majda se réfugie chez ses vieux parents d’origine immigrée, après un séjour en hôpital psychiatrique. Fille aînée d’une fratrie de sept enfants, la seule à avoir fait des études universitaires, elle aurait dû pourtant s’élever dans l’échelle sociale. Durant le mois d’août, alors qu’elle reste confinée dans le petit appartement familial d’une cité du Var, on revisite avec elle les non-dits familiaux, notamment le drame vécu dans son adolescence.


Publié le : mercredi 2 mars 2016
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EAN13 : 9782812610776
Nombre de pages : 139
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Samira Sedira Majda en août
la brune au rouergue
Présentation « On peut très bien respirer, et être morte. Respirer et être morte. Ce sont, paraît-il, des choses courantes. »
À bout de souffle, Majda, 45 ans, s’est réfugiée chez ses parents. Le vieux couple ne sait comment accueillir et réconforter leur fille, qui n’avait donné aucune nouvelle depuis des années. Dans le huis clos de l’appartement et la chaleur du Sud, Majda remonte le temps des souvenirs, jusqu’à son enfance sans tendresse. Jusqu’à cette brisure passée sous silence durant l’adolescence.
Samira Sedira
Après son premier roman,L’odeur des planches, interprété au théâtre par Sandrine Bonnaire, Samira Sedira dessine le portrait émouvant d’une femme brisée par les non-dits, au sein d’une famille maghrébine.
Du même auteur au Rouergue
L’odeur des planches– la brune, 2013
Graphisme de couverture : Olivier Douzou Photographie de couverture : © Bernard Plossu/Signatures © Éditions du Rouergue, 2016 ISBN : 978-2-8126-1078-3 www.lerouergue.com
Samira Sedira
Majda en août
la brune au rouergue
À Salima
La pluie tombait, tiède et ïne. Elle tirait sa petite valise à roulettes dans les aques, sur le bord de la route ; ses pieds étaient nus ; ses joues noires de crasse. Le délire l’avait menée vers les rivages salés de son enfance, l’aveuglante lumière du Sud. À toutes les personnes qu’elle avait croisées ce jour-là, elle avait demandé :Babylone, c’est encore loin ?
Paris, où tout commence
Je sens toujours quand ça va craquer dedans. Je le sens, mais je le sens, j’ai un Lair, tu verrais, ça ne loupe pas ! Majda se donne des petits coups de phalange, les poings bien serrés, moites à force, des petits coups sur le front, les tempes, le haut du crâne, pour bien montrer où se balade le grain, la dinguerie,Dedans tu vois, et puis là aussi, la boule entière qui fait crac, comme du pain sec,crac, tu vois ? – Je vois,dit la femme assise à ses côtés, une habituée que Majda ne connaît pas plus que ça, une sexagénaire du nom de Rose, ancienne institutrice à la retraite, qui ne porte que des tailleurs-pantalons noirs, très chics. Elle est maniérée, Rose, plus maniérée qu’un travelo. Sur ses ongles taillés au cordeau, deux couches de vernis cerise. Du bout de la corne légèrement incurvée, elle déplace une mèche de cheveux tombée sur le front. Je vois je vois,elle dit. Et elle bâille des mâchoires en essayant de ne pas ouvrir la bouche.
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