Manière

De
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Myriam, surnommée Maničre, est une fille 'simple', comme on dit. Aide-soignante dans un hospice de vieillards tenu dans le Jura par des clarisses, elle s'attire la sympathie du personnel et des pensionnaires. Son besoin d'ętre aimée la fait se plier aux fantaisies de Jas, le jardinier. Lourde d'un terrible secret, Maničre se construit une existence de ręve dans les pages de magazines qu'on n'appelait pas encore 'people' dans les années 1950.
Ce récit monologué a l'émotion forte et juste des ętres que la vie n'a pas gâtés.
Publié le : lundi 23 novembre 2009
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EAN13 : 9782072025952
Nombre de pages : 213
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D U M Ê M E A U T E U R
Aux Éditions Gallimard
P O É S I E
B E U L E , 2000. Prix Antonin Artaud. S E D E S S I N E D É J À,2002.Prix Henri Mondor de l’Académie française. L E S E N T I M E N T D U L I È V R E,2005. C A S A L U N A,2007.
Aux Éditions Gallimard Jeunesse
P O È T E S P O U R L E T E M P S P R É S E N T,2003. Présenté par Guy Goffette, anthologie (Folio junior).
Chez d’autres éditeurs
M É M O R A N D U M D E P O R C E L A I N E,Jacques Brémond, 1992. Prix Ilarie Voronca. L E T E R M E D U R O C ,avec Bernard Sintès, Ficelle, 2000. A U D I R E D E S P A S,L’Idée bleue, 2004. L A C O M P A G N I E D E S E A U X,Trident Neuf, 2009. A L L I S O N E,Le Miel de l’Ours, 2009. B A K O F È,avec Amina Benbouchta, Al Manar, 2009.
T HÉ Â T R E
L E S C H I N C H A R D S D E D O U A R N,Passage d’encres, 2002.
Aux Éditions Ficelle
A P HOR I S ME S
P A P I L L O T E S S A N S C H O C O L A T S,avec Luce Guilbaud, 2006. P A P I L L O T E S S A N S C H O C O L A T S I I,avec Jean Chollet, 2008.
Suite des œuvres de Joël Bastard en fin de volume
m a n i è r e
JOËL BASTARD
M A N I È R E
r é c i t
G A L L I M A R D
© Éditions Gallimard, 2009.
Pour Dominique Scheid
Un grand merci à Irma Bracco et à Emmanuelle Pagano
Vous ne m’entendez pas Myriam. Myriam.
Mais si. Pardon ma sœur. Je regardais dehors, c’est tout.
La chambre 27 n’a pas été vidée, dépêchezvous.
Myriam tenait déjà un pistolet contre sa poitrine. L’on aurait dit qu’elle protégeait une colombe blessée. La cha leur de l’urine la réchauffait au travers de sa blouse blanche dans ce long couloir tout en vitres bruyantes et tremblotantes. Le froid passait en sifflant dans le mastic crevassé sur des carreaux opaques. Sœur Christelle avait posé sa main sur son épaule, comme elle le faisait sou vent, pour tenter de sortir Myriam de ses rêveries. C’était là sa place habituelle, entre deux soins.
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C’est monsieur qui pisse tellement. Il ne veut plus se lever.
Il ne peut plus Myriam.
Moi je sais qu’il peut mais il ne veut pas, il préfère que je lui glisse le pistolet sous les draps. À moi ça ne me dérange pas.
Sœur Christelle reprenait sans cesse et avec beaucoup de douceur les mots de cette jeune femme un peu perdue à sa fenêtre. La 27, c’est bien celle de monsieur Guille, le monsieur à la grande moustache. Il n’en porte plus d’ailleurs de moustache. Depuis hier, terminée la mous tache. J’aimais bien voir la soupe faire des gouttes épaisses au bout de ses poils tout blancs. Cela faisait des paquets qui fumaient dans ses narines. Je suis sûre qu’il préférait sa soupe avec ses poils dedans. Ça faisait plus soupe. Il a fallu que sœur Béatrice lui rase tout sous le nez. C’est faire du mal pour rien je vous le dis. C’est faire du mal à un monsieur qui préfère être debout. Myriam regardait toujours dehors en parlant à voix basse. Sœur Christelle l’aimait bien et la calmait comme elle le pouvait. Fais
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