Meurtres à la brasserie celtique

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Fortune faite au Canada, Daniel Kerné rentre au pays pour fonder une brasserie qu'il installe dans le fort de Sainte Marine. Sa bière au beurre, la célèbre Amann Du, rafle tous les prix internationaux et, fier de cette réussite, il sollicite Gwenn Rosmadec, l'écrivain public, pour relater son épopée. Mais ce succès presque insolent n'est pas du goût de tout le monde…

De plus, il semblerait que Daniel Kerné a enfoui un lourd secret dans la forêt canadienne…

Comme à son habitude, il faudra à Gwenn de la patience, de la ténacité et de l'intuition pour dénouer, avec l'aide de sa délicieuse Soazic, l'écheveau embrouillé de cette mystérieuse affaire.


Houblon, frissons, et rebondissements garantis !

Publié le : vendredi 3 juillet 2015
Lecture(s) : 91
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791094725948
Nombre de pages : 102
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Extrait


Chapitre 1


— Gwenn, qu’est-ce que tu fabriques ?

La voix excédée de Soazic trahissait son énervement. Cela faisait dix minutes qu’elle s’était préparée pour un jogging le long de la plage avec son époux, mais celui-ci était pendu au téléphone et ne semblait pas vouloir décrocher. Elle lui lança un regard noir tandis qu’il poursuivait sa conversation avec le sérieux d’un grand professionnel. À l’évidence, il avait un client au bout du fil et dans ces moments-là, rien n’aurait pu distraire Gwenn Rosmadec. Pourtant c’était dimanche, et ce jour-là, il aurait pu faire une exception.

Ancien grand reporter, la quarantaine athlétique et les cheveux roux en bataille, il avait fini par poser son sac à Sainte Marine, un adorable petit port de Cornouaille bretonne et avait changé de job. Son talent de narrateur, il l’avait mis au service des particuliers en proposant de raconter leur histoire personnelle ou celle de leur famille. Cela l’amenait à enquêter sur le passé de ses clients avec leur accord pour leur fournir un produit fini de grande qualité et tous ceux qui avaient fait appel à ses services ne s’en étaient jamais plaints. De fait, le nombre de clients intéressés par ses prestations augmentait régulièrement ce qui lui permettait de gagner honnêtement sa vie.

Soazic haussa les épaules et sortit dans le jardin ; elle s’installa sur une chaise longue, offrant ses longues jambes fines à la timide caresse du soleil d’avril. Le vieux chêne s’était à nouveau couvert de feuilles vert tendre et la haie de bambous ondulait paisiblement au gré d’une brise d’ouest. Dans la haie, les red robins australiens repeignaient le ciel et les nuages de leurs doigts rouges tandis qu’imperturbable, le panache des cordylines évoquait un buisson de palmiers. Le doux climat océanique breton autorisait un tel bouquet exotique. En tendant l’oreille, elle entendit des bribes de conversations, les réponses de Gwenn à son mystérieux interlocuteur. Au ton empressé et enthousiaste de son mari, elle devina que le personnage avait une proposition alléchante à lui faire. Finalement Gwenn raccrocha et rejoignit son épouse.

— Ça y est, c’est réglé. On peut y aller.

— Je ne sais pas si j’ai encore vraiment envie d’aller courir avec toi puisque tes clients te paraissent plus importants que notre vie de couple !

— Allons, ne sois pas bête. Devine qui était au téléphone.

— Cela m’indiffère totalement.

En fait, Soazic brûlait d’envie de connaître l’identité de cet étrange client qui avait monopolisé si longtemps son mari au bout du fil. Mais son humeur maussade avait annihilé toute velléité de pardon. Elle se devait de marquer sa différence. Gwenn qui connaissait bien son épouse n’était pas dupe. Mais il ignora cette froideur qu’il savait en partie feinte.

— Daniel Kerné.

Soazic fit la moue et finit par répondre d’un air désabusé :

— Oui, ça me dit quelque chose.

— Si je te parle de la brasserie des genêts d’or, cela éclaire-t-il ta lanterne ?

Nul doute que ce nom résonna dans l’esprit de Soazic. Daniel Kerné était le plus gros entrepreneur de Sainte Marine. Ce fils du pays était revenu sur les terres natales pour investir dans une brasserie qu’il avait installée dans les salles du vieux château de la pointe. Longtemps à l’abandon, cette construction napoléonienne qui avait attendu en vain le débarquement d’hypothétiques ennemis anglais lui avait été cédée pour une bouchée de pain. Les services des bâtiments de France avaient simplement exigé que l’extérieur du château soit préservé dans sa forme originelle. Et c’est ainsi que la brasserie des genêts d’or avait commencé. Artisanale à ses débuts, elle s’était placée sur le créneau des bières locales et, avec l’aide d’un brasseur britannique loué à prix d’or, cette société s’était fait une spécialité des bières rousses à base de blé noir. Petit à petit, l’entreprise et ses produits avaient gagné la confiance d’une clientèle locale toujours prompte à favoriser un produit estampillé « breton » dès lors qu’il était de qualité. Daniel Kerné ne ménageait ni son temps ni ses efforts pour faire monter sa maison et au bout de quelques années, la graine qu’il avait plantée donnait un arbre lourd de fruits savoureux.
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