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Mort sous presse

De
171 pages
Impoli, irrévérencieux, odieux sont les épithètes le plus souvent utilisées pour décrire le célèbre commissaire Pierre Choulot. Heureusement, il est accompagné dans chacune de ses enquêtes par le très beau et le très politiquement correct, inspecteur Paul Sirenne. Une équipe insolite donc, pour résoudre une affaire qui l'est plus encore, car on vient de découvrir dans une vieille imprimerie le cadavre d'un homme impossible à identifier, la tête écrasée par une presse hydraulique… La paire Choulot/Sirenne, si efficace jusqu'ici, parviendra-t-elle à déjouer le diabolique stratagème de l'assassin ? Vous le saurez en lisant "MORT SOUS PRESSE"
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2 Titre
Mort sous presse

3

Titre
Jean-Éric Branka
Mort sous presse

Polar
Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-9924-3 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748199246 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-9925-1 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748199253 (livre numérique)
6 Mort sous presse






À ma maman.


7 PREAMBULE

PRÉAMBULE
Lorsque je lis un roman, qu’il s’agisse d’un
polar ou non, je me demande toujours bien
pourquoi le héros de l’histoire, puisqu’il est le
héros, se doit d’avoir des caractéristiques
physiques et/ou vestimentaires hors du
commun (même si dans la vie réelle cela doit
bien parfois être le cas…)
M’apprêtant aujourd’hui à vous relater les
enquêtes du commissaire Pierre Choulot, je me
vois toutefois contraint de vous infliger la
description du physique si particulièrement
banal de ce policier hors normes. Puisqu’en
effet son physique a depuis toujours
conditionné la « manière d’être » de Choulot, et
qu’il a immanquablement conduit ses
interlocuteurs à des réactions allant de
l’indifférence la plus totale, au plus profond
dégoût ; puisque cette « non sociabilité »
apparente est à l’origine du procédé
d’investigation qui lui a permis de résoudre un
si grand nombre d’énigmes ; il est absolument
nécessaire d’aborder notre héros sous son
9 Mort sous presse
aspect le plus « externe ». Attardons-nous donc
sur la remarquable banalité du physique et de la
tenue de Pierre Choulot, cette description étant
pour une fois, loin d’être inutile…
10 Mort sous presse
CHAPITRE 1
LA PAIRE CHOULOT/SIRENNE :
UNE MAIN GAGNANTE
Pierre Choulot était décidément un bien
étrange personnage. Son physique plus que
banal, ses vêtements démodés, son attitude si
réservée bien souvent prise pour une sorte
d’impolitesse condescendante, sa manie de ne
jamais vous regarder dans les yeux ; tout chez
lui inspirait l’indifférence la plus totale, le refus
le plus entier et le plus conscient de le
considérer. Inspirant aussi bien souvent le plus
profond dégoût, il parvenait parfois à tellement
rebuter son interlocuteur que ce dernier
déployait tous les efforts possibles pour ne pas
lui ressembler, ne serait-ce que très légèrement.
On avait d’ailleurs rapporté le cas d’un homme
qui entre deux visites de Choulot, avait changé
la monture de ses lunettes afin qu’elles ne
fussent plus rondes comme celles de notre
héros, s’était teint les cheveux en blond et avait
changé de marque de cigarettes ! Ainsi Pierre
11 Mort sous presse
Choulot faisait l’unanimité : de très banal à
repoussant, selon les personnes interrogées.
Comment alors, me direz-vous, Choulot
pouvait-il bien supporter cette situation ? Eh
bien comme toutes les autres situations, et
parce que l’indifférence qu’il inspirait souvent
n’était pas le fruit du hasard, Pierre Choulot ne
s’en souciait tout simplement pas ! L’image qu’il
renvoyait de lui, il s’en moquait. C’était « sans
importance », comme il répondait la plupart du
temps aux questions que certains obstinés (ou
amis) continuaient de lui poser. « Sans
importance », ces deux mots étaient son
leitmotiv. On avait l’impression qu’ils
dirigeaient véritablement tous ses actes et
contrôlaient toute sa vie, et c’était sans doute le
cas. Pour Choulot, il y avait les choses
importantes et les choses « sans importance ».
Tout pouvait selon lui, être classé dans ces deux
catégories.
Les choses importantes pour notre
commissaire, se rapportaient le plus souvent à
son travail. Et là encore, malgré tout ce qui
pouvait lui être reproché par ailleurs, Choulot
faisait l’unanimité : il était le meilleur, l’as des as,
celui sur lequel il ne fallait pas tomber lorsque
l’on avait quelque chose à se reprocher… Et
depuis plus de quinze ans, le commissaire Pierre
Choulot avait résolu les énigmes les plus
compliquées, débrouillé les mystères les plus
12 La paire Choulot/Sirenne
embrouillés. Ses qualités d’analyse étaient
exceptionnelles et son opiniâtreté sans pareille.
Et même si ses méthodes obscures laissaient
parfois planer le doute, tout se passait comme si
son talent était aussi grand que sa personnalité
était banale. Et finalement tous ses collègues
finissaient par se ranger à son avis : son image
était « sans importance ».
Et c’était certainement ce en quoi ils se
trompaient. Choulot s’en faisait la remarque à
chaque enquête, c’était bien parce qu’il n’était
pas l’interlocuteur direct des suspects qu’il
pouvait saisir et analyser aussi efficacement le
contenu d’une déposition ; il n’avait pas à
penser à autre chose que ce qui était dit. Sa
réflexion n’était pas entachée de l’inévitable
partialité que faisait immanquablement naître la
nécessité de poser la question suivante. La
logique même qui devait amener à poursuivre
un interrogatoire en privilégiant une voie plutôt
qu’une autre, imposait une direction, un chemin
dont Choulot voulait pouvoir rester aussi loin
que sa position d’observateur attentif le lui
permettait. Ainsi étaient les bases de la
« technique Choulot ». Elles découlaient
directement de cette « image » si repoussante,
qui finalement, était bien loin d’être « sans
importance »…

13 Mort sous presse
Cette méthode « du spectateur » présentait
toutefois deux inconvénients majeurs : tout
d’abord, il était indispensable à Choulot d’être
accompagné lors de chaque interrogatoire, d’un
complice qui se chargeait de poser les
questions, et puisqu’il lui était impossible de
poser la question qui lui brûlait bien souvent les
lèvres, il fallait aussi fréquemment interroger les
mêmes personnes à plusieurs reprises.
Il fallait donc que Choulot puisse compter
sur un complice très « spécial », quelqu’un qui
puisse accepter sa compagnie, qui puisse
supporter la présence souvent oppressante d’un
observateur muet durant les interrogatoires,
quelqu’un de « très bonne composition »
lorsque Choulot imposait de revoir tel ou tel
suspect sans même préciser sous quel angle la
conversation devait être réorientée, et enfin et
par-dessus tout, il fallait que ce complice soit
toujours le même afin que la tâche de Choulot
ne soit pas rendue plus difficile qu’elle ne l’était
déjà, en raison des différentes façons de mener
un interrogatoire que n’auraient pas manqué
d’utiliser différentes personnalités.
Un inspecteur avait donc été détaché au
service exclusif du commissaire Pierre Choulot,
et devant l’efficacité de la méthode, aucun des
chefs de Choulot ne s’y était opposé.
À la manière d’un Watson pour un Sherlock
Holmes, ou encore d’un Hasting pour un
14 La paire Choulot/Sirenne
Hercule Poirot, Pierre Choulot s’était vu
attribuer son complice. Il avait été choisi pour
sa gentillesse, sa capacité à supporter le rôle
ingrat de « simple interrogateur », et enfin et
surtout, parce qu’il « présentait bien ». Il était en
effet nécessaire qu’il inspire une relative
confiance aux interrogés et on l’avait donc
choisi bel homme.
Ainsi, alors que la frêle silhouette de Choulot
avait du mal à s’élever jusqu’au mètre soixante
douze, celle de l’inspecteur Paul Sirenne avec
deux « n », comme il le précisait à chaque fois
qu’il se présentait, atteignait le mètre quatre
vingt cinq. Pour le reste, Paul Sirenne était
pratiquement à chaque fois, à l’opposé de
Choulot : le commissaire portait des lunettes
rondes démodées à monture d’acier qui lui
donnait un regard « bovin », Sirenne avait lui, de
beaux yeux bleus et le regard pénétrant ;
Choulot avait de très grandes oreilles et des
cheveux bruns légèrement gras, alors que les
proportions du visage de Sirenne, tout comme
son abondante et vigoureuse chevelure, étaient
proches de la perfection ; Choulot enfin,
s’affublait de chemises à petits carreaux jaune
ocre et de costumes en velours côtelé, alors que
son jeune acolyte était toujours habillé à la
dernière mode. Bref, Paul Sirenne avait été très
bien choisi et la paire qu’il formait avec Choulot
15 Mort sous presse
« fonctionnait » à merveille depuis bientôt
quatorze ans.

Souvent bien sûr au cours d’une enquête,
Paul Sirenne ressentait de la frustration. Mais
elle était à chaque fois pleinement compensée
par les remerciements de Choulot lorsque ce
dernier, une fois l’énigme résolue, expliquait au
jeune inspecteur combien et pourquoi il lui
avait été si précieux. Le meilleur exemple
pouvait en être donné par les événements qui
s’étaient déroulés il y avait maintenant tout juste
un an, lorsque Choulot et Sirenne avaient résolu
une très singulière affaire qui avait fait la une de
tous les journaux ; ces derniers titrant à
l’époque : « MORT SOUS PRESSE ».
16 Mort sous presse
CHAPITRE 2
UN CRIME LIMPIDE…
Au bureau, Pierre Choulot agissait comme
partout ailleurs, il observait. Assis dans le
bureau de son patron, légèrement en retrait de
son complice, Paul Sirenne, il écoutait le
commissaire divisionnaire Jules Pajot, relater ses
derniers exploits. Ennuyeux à mourir comme
de coutume, ce dernier expliquait avec force
détails comment il avait appréhendé Marc
Pouillot, l’ennemi public numéro un du
moment. Paul Sirenne, en homme bien élevé,
écoutait attentivement le récit de son supérieur.
Choulot lui, ne prêtait qu’une oreille distraite au
divisionnaire. Il constatait une fois de plus
qu’avec Pajot, des choses d’une simplicité
déconcertante prenaient une tournure pour le
moins confuse, dès qu’il se mettait en devoir de
les relater. Choulot s’ennuyait ferme, et au
milieu des « Ah ? ! ? » et des « Hum… » qu’il
pensait poli de prononcer de temps à autre
pour ponctuer les dires de son interlocuteur, il
17