Moscou-PSG

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Moscou-PSG n’est pas un match de football. C’est une rencontre, une histoire d’amour en miniature, entre une jeune Russe et un Parisien. L’auteur nous fait lire les pensées des personnages. Il découpe au scalpel ce qui se dit lorsque, par insouciance et par désir, on décide de suivre l’inconnu jusque dans l’intimité de son lit. Derrière cette rencontre, se dresse un procès-verbal. Celui des préjugés et des platitudes, celui, aussi, de notre incapacité à « faire connaissance ». Pourtant, chacun donne le change et parvient à n’en rien laisser paraître, à travers un décalage constant entre les mots, les pensées et les actes, donnant le ton d’une inéluctable comédie.
Natacha est le contrepoint de cette passe d’armes érotique. Avec Natacha, la rencontre, enfin, aboutit. Mais au prix de l’amour et du désir. C’est l’amitié, finalement, qui remporte la partie. Elle fissure toutes les frontières, culturelles, géographiques, historiques et personnelles. Celles-là même que l’on croyait, pourtant, impossibles à franchir.
Sophie Schulze a publié un premier roman, Allée 7, rangée 38, aux Éditions Léo Scheer en 2011.
Publié le : mercredi 1 avril 2015
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782756106809
Nombre de pages : 155
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Sophie Schulze
Moscou-PSG
suivi de
Natacha ou 21 scènes de printemps


Moscou-PSG n’est pas un match de football.
C’est une rencontre, une histoire d’amour en
miniature, entre une jeune Russe et un
Parisien. L’auteur nous fait lire les pensées des
personnages. Il découpe au scalpel ce qui se dit
lorsque, par insouciance et par désir, on décide
de suivre l’inconnu jusque dans l’intimité de
son lit. Derrière cette rencontre, se dresse un
procès-verbal. Celui des préjugés et des platitudes, celui, aussi, de notre incapacité à
« faire connaissance ». Pourtant, chacun donne
le change et parvient à n’en rien laisser paraître,
à travers un décalage constant entre les mots,
les pensées et les actes, donnant le ton d’une
inéluctable comédie.

Natacha est le contrepoint de cette passe
d’armes érotique. Avec Natacha, la rencontre,
enfin, aboutit. Mais au prix de l’amour et du
désir. C’est l’amitié, finalement, qui remporte
la partie. Elle fissure toutes les frontières,
culturelles, géographiques, historiques et
personnelles. Celles-là même que l’on croyait,
pourtant, impossibles à franchir.
Sophie Schulze a publié un premier roman,
Allée 7, rangée 38, aux Éditions Léo Scheer en
2011.




Couverture : Malevitch, Buste de femme, 1928-1932.

Photo de Sophie Schulze par Thierry Rateau (D.R.)



EAN numérique : 978-2-7561-0679-3978-2-7561-0680-9

EAN livre papier : 9782756104225

www.leoscheer.com DU MÊME AUTEUR
Allée 7, rangée 38, Éditions Léo Scheer, 2011
© Éditions Léo Scheer, 2013
www.leoscheer.comSOPHIE SCHULZE
MOSCOU-PSG
Comédie
suivi de
NATACHA OU 21 SCÈNES DE PRINTEMPS
Portrait
Éditions Léo ScheerL’originedecesdeuxtextesestuncaféavecmon
amie Catherine. Catherine n’est pas écrivain. Elle
estgénéticienne.Maisc’estunegrandelectrice.Ce
jour-là,ellemeracontaitquesafamille,desRusses
blancs d’origine juive, avait une œuvre fétiche,
Guerre et Paix. Pas un oncle, un cousin, une
arrière-grand-tante qui n’ait lu Guerre et Paix. Pas
un repas de famille (où les convives sont toujours
très nombreux, dans la famille de Catherine, si j’ai
bien compris) sans une citation ou la lecture d’un
passage du Grand Œuvre.
Nous avons donc parlé de Tolstoï. Simplement.
EnnousdemandantquelpassagedeGuerreet Paix
nous préférions. Étonnamment, c’était le même.
La scène de chasse du comte Nicolaï Rostov.
Pourtant, le comte Nicolaï n’est qu’un personnage
secondaire. Et cette scène de chasse ne fait pas
avancer l’intrigue d’un iota. Elle ne fait pas partie
des Grandes Scènes. Ce n’est pas la danse de
Natacha ou la mort du prince André…
Et pourtant. S’il n’en fallait garder qu’une…
5Je m’étais amusée, à l’époque, à élaborer une
théoriepourexpliquerlasupérioritédecettescène
de chassesur les autres. Je pensais que cela tenait à
son caractère musculaire. Il y a si peu de corps, de
sueur, de tendons, de culture physique dans la
littérature classique que l’exception attire
l’attention. Maupassant, c’est vrai, faisait un peu de
canotage. Mais bon, pas de quoi fouetter un chat.
Cette partie de chasse, c’est un autre niveau.
Nicolaï n’est pas là pour séduire ces dames. Mais
pour traquer le gibier. Il pousse son cheval au
galop. Et c’était ça, ces muscles pleins de vie, qui
nenouslaissaientpasdemarbre,Catherineetmoi.
Plus tard, j’ai compris que ma théorie était
fausse. Que cette scène était exemplaire parce que
nous ne regardions pas le comte Nicolaï faire du
cheval. Nous étions avec lui, le cheval entre les
jambes. Nous sentions le souffle de la bête, son
rythme, la force des enjambées. Par réflexe, nous
nous courbions pour éviter les branches d’arbres
qui nous arrivaient dessus à toute allure. Notre
cœur battait autant que celui du cheval que nous
montions. Autant que le cœur de Nicolaï. Et de
ceux des autres chasseurs et de toute la meute.
Jamais je ne serai capable d’écrire cette scène-là.
Elle ne peut être qu’une ligne directrice. Un
idéal.
Lepointultimedelalittératureréaliste.Cettelitté6rature où ce ne sont pas toujours les personnages
principaux ni les grandes intrigues qui laissent les
plus beaux morceaux.
Dans le premier texte que je présente,
MoscouPSG, j’ai essayé de retravailler, un peu comme un
exercice, cette question du réalisme. Je suis partie
du procédé des«sous-conversations» de Nathalie
Sarraute que l’on a coutume de considérer comme
«non réalistes». J’ai tenté de les rendre réalistes,
d’yplongerlelecteur,mêmesiceladevaitsepayer
en banalités, en clichés ou en insupportables
préjugés. En dehors de ce traitement réaliste des
conversationsintérieures,jesuisenrevancherestée
dans la fiction, avec des personnages et une
intrigue inventés.
Pour le second texte, Natacha ou 21 scènes de
printemps,jesuispartieduprocédéinverse.Jequitte
la fiction pour m’appuyer sur un modèle réel.
Natacha est le portrait, à peu de chose près (la
scène «de trop»), de l’une de mes amies. Je lui ai
appliqué ce que les sculpteurs appellent
la«technique du moulage». J’ai mis des bandelettes de
plâtre autour de sa vie et de sa personnalité. Puis
j’ai «coulé» des mots, comme je pouvais, autour
de ce moule que j’avais forgé en l’observant. Et il
estpossibleque,parcebiais,jesoisplusprochedu
romanesquequ’enécrivantdelafiction.Cequine
7surprendra personne. Il est bien connu qu’en
toutes choses, la vie est bien meilleure romancière
que nous.MOSCOU-PSG
ComédieCONSIGNE
Depuis quand Karenine ne faisait-il plus
l’amour avec Anna? Et Vronski? A-t-il su
la faire jouir? Et Anna? N’était-elle pas
frigide? Faisaient-ils l’amour dans
l’obscurité, à la lumière, au lit, sur le tapis, en trois
minutes, en trois heures, en échangeant des
propos romantiques,desobscénités,engardant
le silence? Nous n’en savons rien. L’amour,
dans les romans d’alors, occupait le vaste
territoire qui s’entendait depuis la première
rencontre jusqu’au seuil du coït; ce seuil
représentait une frontière infranchissable.
Milan KUNDERA, Une rencontre16 novembre 2011 – 23 h 58
Madame Lesskova,
Je suis un ami d’Evgueni Ribinski. C’est lui qui
m’a donné vos coordonnées. J’étais chez lui, à
Moscou, la semaine dernière.
Il m’a donné des livres pour vous. Pourrions-nous
convenir d’un rendez-vous, afin que je vous les
remette?
Bien cordialement,
Luc Duval
6, rue Falguière
75015 Paris
06 65 76 90 23
1317 novembre 2011 – 07 h 37
Monsieur Duval,
Merciinfinimentdevouschargerdecettemission.
Pour le rendez-vous, je suis disponible le soir et
le week-end. À défaut, je m’arrangerai pour me
libérer dans la journée.
À votre convenance, donc,
Bien à vous,
Elena Lesskova
14Madame Lesskova,
Je vous propose lundi prochain à 20 heures. A
mon domicile, de préférence (j’aimerais éviter de
porter une pile de livres toute la journée).
Cela vous conviendrait-il?
Dans l’attente de votre confirmation,
Luc Duval
15C’est parfait.
À lundi.
Elena L.encore ici? J’aurais préféré, tu sais, que la vie
m’amène ailleurs. Au soleil. En Éthiopie, au
Portugal ou à Buenos Aires. J’en ai marre,
Natacha, de la neige, de la nuit, du froid, des pays
post-totalitaires, de la solitude. Ne le prends pas
pour toi. Ne m’en veux pas. Mais ça devient
douloureux, pour moi, d’être là.
— Je comprends.
Elle allume une cigarette, silencieuse. Je
sais qu’elle pense à mes mots.
— Oui, mais cette fois, c’est différent. Tu
n’espasàMoscoucommelesautresannées.Tun’es
pas venue chercher la même chose que les autres
fois.
J’allume à mon tour une cigarette.
— Peut-être. Je ne sais pas.Achevé d’imprimer en mars 2013
sur les presses de la Nouvelle Imprimerie Laballery
58500 Clamecy
Dépôt légal: mars 2013
N° d’impression: 302344
Imprimé en France

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