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Nabuchodonosor
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Didier Jacob
Nabuchodonosor
Roman
Éditions Le Manuscrit
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© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-7795-9 livre numérique ISBN 13 : 9782748177954 livre numérique ISBN : 2-7481-7794-0 livre imprimé ISBN 13 : 9782748177947 livre imprimé
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Un jour de plus sous un grand ciel gris. Toujours pas de nouvelles d’elle. Le temps qui passe, efface peu à peu les traits de son visage. Je ne parviens plus à me la représenter clairement. Il est vrai qu’avec les pilules que me donne à avaler l’infirmière chaque matin, je commence même à penser que tout cela n’a jamais eu lieu. Cet abrutissement chimique a toutefois des effets positifs sur mon organisme : je suis de nouveau moi-même. La première fois qu’elle m’est apparue, c’était chez le boucher. Même la plus désirable des femmes ne peut négliger de veiller à sa propre subsistance en s’alimentant correctement. C’était la cliente suivante. L’odeur de la petite saucisse mélangée à celle de l’andouillette ne faisait pas du lieu l’endroit le plus romantique de la ville mais pouvait contribuer à démontrer que les belles rencontres ne se passent pas toujours à l’ombre d’un cocotier sur une plage au Brésil. Elle était vêtue d’un manteau gris et chaussée de nu-pieds, un style un peu années cinquante, genre Kim Novak dansSueurs Froides.
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Mystérieuse, au regard fuyant, elle m’avait pourtant fait, ce jour-là, un sourire des plus prometteurs. Je n’avais pas eu d’autre possibilité que de succomber à son charme. Je m’étais volontairement laissé piéger et envoûter. Son nom hitchcockien m’avait conforté dans l’idée que ce n’était décidément pas le genre de filles qu’on croise tous les jours au détour d’une rue. Marny fréquentait le quartier depuis quelques jours. En bonne carnivore qu’elle était, elle achetait de la viande chez l’un des artisans les plus réputés de la ville où je me rendais souvent du fait de sa proximité avec mon appartement. Je ne l’avais jamais vue auparavant, du moins avec cette apparence là. C’est à la suite de cette furtive rencontre que j’avais décidé d’en savoir un peu plus sur cette gracieuse inconnue. Je commençai par de brèves filatures en la suivant discrètement jusqu’à son domicile. Ma première surprise fut de m’apercevoir qu’elle habitait quasiment de l’autre côté de la ville. Ce commerçant était-il si réputé que l’on allait jusqu’à se déplacer de très loin pour acheter son savoir-faire ? Je n’aurais su dire. De par son attitude et ses habitudes, j’en déduisis qu’elle ne s’était aperçue de rien. La seule fois où elle se retourna, ce fut lorsqu’un automobiliste freina brusquement sur la
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