Naissance d'une étoile

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Deux jeunes femmes, deux destins. La première, à peine sortie de l'adolescence, s'installe dans un joli cottage et voit sa vie se transformer en conte de fée rayonnant, parfois terni par quelques grains de noirceur. La seconde, une mystérieuse enquêtrice, se lance à la recherche d'une peintre talentueuse au passé trouble qui ne cesse de se dérober. Tout en suivant des trajectoires parallèles, les deux jeunes femmes se confrontent à leur part d'ombre et de lumière jusqu'à affronter l'indicible.
Publié le : jeudi 29 octobre 2015
Lecture(s) : 34
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342043990
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342043990
Nombre de pages : 284
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Elsa Chapelier NAISSANCE D’UNE ÉTOILE
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120635.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
Le bonheur n’est pas un objet à posséder, c’est une qualité de pensée, un état d’âme.
Daphné du Maurier, Rebecca
Prologue Et oui, je m’invite dans cette histoire. Est-il besoin que vous connaissiez mon prénom ? Fixez plutôt le jonc de jade que je porte au poignet droit : il sera tout aussi évocateur de mon essence profonde. Il y a peu de temps encore j’habitais une grande ville. Peut-être Pa-ris. Paris, cela dit quelque chose à tout le monde ; il est assez simple de s’en faire une représentation mentale cohérente – sélectionnez la carte postale qu’il vous plaira. Comme cette petite rue sympathique et coquette que vous visualisez parfaitement à présent, avec des fleurs au balcon dont les couleurs naviguent entre le rose et le jaune. Oui, c’était bien cet appartement-là que j’habitais, douillet et dis-cret, ce qui ne l’empêchait pas d’être cossu, avec ses parquets vernissés, ses toiles veloutées aux lourds cadres d’or, ses tapis mous-seux. Mais trêve de souvenirs moelleux. Car cet appartement, je l’ai quitté. C’était une idée de ma mère. Elle était lasse de la capitale. Elle en avait assez de son statut de femme d’avocat réputé. Marre des récep-tions à petits fours et des fontaines de champagne. Ras la casquette de ses prétendues amies, des épouses prévisibles engoncées dans leur col roulé en cachemire, leur cache-cœur de soie. Elle s’était mise à rêver de marcher pieds nus sur un parquet rus-tique – comment lui en vouloir ? Elle avait envie d’un bol d’air, de myosotis devant sa porte, de gravier crissant sous ses pas, de levers de soleil à admirer de la fenêtre en tenant entre ses mains repliées comme un calice sa tasse de café fumant du matin.
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NAISSANCE D'UNE ÉTOILE
Elle rêvait d’étoiles qui ne fussent pas dissimulées par l’éclat puis-sant des réverbères. De verts différents mais de verts encore et toujours. En un mot, elle rêvait de campagne. Échanger ses éternels mocassins contre une paire de sabots et ses jeans haute-couture contre un tablier de toile, ma foi, elle s’en sentait presque capable. Elle rêvait d’une vie simple après avoir arpenté les dorures versail-laises, de goûter le lait directement au pis des biquettes, de confectionner des bouquets de boutons d’or à brandir sous le men-ton, de se rouler dans le foin fraîchement coupé. Ce n’était plus vraiment de son âge mais elle en appréciait l’idée. Et nous trouvâmes la maison. Une demeure ouvrant sur des ta-bleaux de verdure, sur collines et vallons, sur des pommiers noueux au tronc grenu dévoré de lichen. Un cottage aux chaises de bois bleu, à la table surmontée d’une théière en émail blanc à bec verseur ancien. Je crois que c’est la théière qui a décidé ma mère. Moi, je suis immédiatement tombée amoureuse de tout le reste. J’étais prête à voir Elinor Dashwood apparaître d’une seconde à l’autre ; partager son logis serait un honneur. Je m’imaginais non sans malice avoir été sélectionnée pour tourner dans un remake deRaison et sentiments.Je jouerais le rôle de la lavande que les chastes demoi-selles respirent en frémissant. Je serais Marie-Antoinette soignant ses agnelets. Je roulerais dans les marguerites, les bottes de foin, me tapisserais de fleurs. Je serais l’elfe des prairies. Le génie des mottes de terre herbeuses et parfu-mées. C’est ainsi que nous nous retrouvâmes dans notre gentilhommière avec des pots de menthe et de basilic aux fenêtres – protégées par des volets décrépits qui couinaient lorsqu’on tentait de les fermer, en prise avec des espagnolettes et des loquets aux formes ravissantes, et tout ce qui pourra évoquer pour vous la campagne, sa douceur anisée et vivifiante : akènes virevoltants, oisillons aux plumes frissonnantes, pissenlits soyeux, sapins mystérieux aux branches ondulantes, peu-plades d’arbres dont on murmure les noms, lune ronde comme un
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NAISSANCE D'UNE ÉTOILE
fromage de Hollande dont on avait oublié la texture laiteuse, presque crémeuse.
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