Ombres et brouillard sur les Balkans

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Formidable roman du genre policier, c’est un ouvrage rempli d’aventures vécues, de fiction et de sujets d’actualité, à lire d'une seule traite ! En outre, l’action se déroule dans un pays peu connu et pourtant membre de l'UE.


Publié le : lundi 14 avril 2014
Lecture(s) : 9
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332711373
Nombre de pages : 98
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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-71135-9

 

© Edilivre, 2014

Dédicaces

 

 

Ames amis bulgares, pour leur hospitalité, leur amitiés indéfectibles, leur prévenance, les bons moments passés ensemble.

Ils se reconnaîtront certainement dans ce roman.

Un souhait de ma part, que ce beau pays ne sombre pas dans le chaos !!

A mes amis corses, moi le Pinchu, qui ait été si bien accueilli sur votre merveilleuse Ile de Beauté.

Toute vraisemblance avec des faits réels ou des personnages ne sont absolument pas le fait du hasard. A vous amis lecteurs de discerner le vrai de l’imaginaire.

Ombres et brouillard sur les Balkans

 

 

Cela ne s’invente pas ! Je m’appelle Dumé Mariani, je suis Corse et content de l’être.

J’habite un petit village de Balagne entre mer et montagne, même si toute ma famille est cap corsine. J’ai hérité d’une parente à moi d’une petite maison au sommet du village.

Ayant eu quelques moyens financiers, je l’ai faite entièrement rénover, sans supprimer le cachet original qui fait la beauté et l’harmonie des villages de chez nous.

Je partage ce logement avec mon épouse Ghjulia Maria, architecte de son état, et mon fils Iskren, glandeur fini. Bon, il n’a que quinze ans et à son âge, je n’en faisais guère plus.

Jusqu’à présent, je suis assez content de mon existence. Issues d’un premier mariage, j’ai deux filles adorables et une foultitude de petits enfants plus charmants et intelligents les uns que les autres.

Marin et montagnard, j’ai fait partager à mes enfants mes passions… mes galères aussi quelquefois.

Artisan, chef d’entreprise, j’ai toujours réussi à travailler dans ce qui me passionnait, la création et la réalisation. J’ai eu la chance et je me la suis aussi donnée de faire ce que j’avais envie de ma vie. Je suis toujours resté dans la Voie du Milieu même si quelquefois, j’ai légèrement dévié… Je continue encore aujourd’hui même si j’ai de plus en plus d’autres centres d’intérêts. Normal, je vieillis.

Mon seul et unique regret, je n’ai jamais pratiqué le chant, ni aucun instrument de musique car je n’ai pas d’oreille même si je suis Corse et Dieu sait combien le chant fait partie de notre culture.

J’ai aussi pas mal bourlingué à travers le vaste monde, à pied, sac à dos à l’épaule, en stop, à cheval, en voiture, en voilier, sur des chalutiers, des thoniers…

 

 

Pour mes soixante ans, mon ami Slavejko – une amitié qui dure depuis trente ans – m’a invité à passer quelques jours en sa compagnie et celle de sa famille dans sa magnifique propriété au pied des Balkans. Ghjulia Maria et Iskren travaillant tous deux, je pars seul.

Deux avions plus tard, je suis à Sofia. Des relations à moi m’attendent et m’emmènent derechef en voiture à l’autre extrémité du pays chez mon ami.

En dix ans et avec l’entrée de la Bulgarie dans la Communauté Européenne, le pays a favorablement évolué ; des sites industriels se sont créés. C’est très loin d’être la richesse, mais le pays se porte mieux.

Chaleureuses retrouvailles autour d’une rakia et d’un superbe et plantureux repas que nous a préparé Irina uniquement avec des produits de leur propriété. Un régal !

Dix ans auparavant, j’ai été leur témoin pour leur mariage. En Bulgarie, le témoin a des fonctions plus importantes qu’en France.

Folle soirée où nous avons dansé au son des chants et violons tziganes, chanté, ripaillé, bu aussi jusqu’à l’aube et cette fête a duré encore trois jours avec une bonne cinquantaine d’invités, famille, amis, relations d’affaires…

Connaissant bien Slavejko – nous avons fait pas mal de routes, fleuves, canaux, mer ensemble – je le trouve soucieux, pas vraiment détendu. J’impute son état d’âme à ses fonctions de dirigeant de la plus grosse entreprise du BTP de Bulgarie, mais ne lui pose nulle question. S’il le souhaite, il m’en parlera plus tard et en temps voulu. Pour l’instant, nous vivons le moment présent !

Nous projetons avec sa famille et moi, un séjour sur la mer Noire sur son magnifique cabin-cruiser, tout d’acajou et de bronze. Navire ancien, pas démodé pour un sou, et quel prestige lorsque nous accostons.. !! La beauté et l’harmonie ne vieillissent jamais.

La nuit largement tombée, je salue ma compagnie et gagne mes appartements dans une villa mise à ma totale disposition par mon ami, dans sa propriété.

Toute la nuit, je souffre comme une bête d’une terrifiante rage de dent. Malgré une médication à base d’une bouteille de rakia, la douleur est toujours présente le lendemain, ainsi d’ailleurs qu’une gueule de bois carabinée, ce qui n’arrange rien.

Je suis dans l’impossibilité de les accompagner pour le moment, je dois me faire soigner au plus vite. Slavejko est dépité et me laisse au bon soin de son homme de confiance, Petko.

Vu la tronche que j’ai, il n’insiste pas. Il m’enverra son chauffeur dès que je l’appellerai et nous nous rejoindrons à Varna.

Dentiste – charmante et redoutablement efficace – arrachage d’une molaire infectée à la racine.

Je m’enquiers d’un antibiotique. Je n’en n’ai pas besoin dixit cette charmante femme… Le corps doit faire son travail tout seul… Durs au mal mes Bulgares !

Dix-neuf heures trente, je suis installé confortablement dans un club profond face aux Balkans.

Petko nous a servi à chacun une rakia bien glacée qui m’aide à combattre l’infection, remède souverain ici. Nous avons trinqué tous deux, puis il est parti vaquer à ses occupations nombreuses et variées.

Mes pensées vagabondent sans suite logique, je me laisse aller, je rêvasse.

Le temps change brutalement. Vents violents et tourbillonnants. L’orage est à la verticale de la propriété, des éclairs, la foudre, des trombes d’eau se déversent. La piscine déborde, un vrai déluge. Petko va être content, lui qui se plaignait de la sécheresse…

Vingt heures. L’orage est parti aussi rapidement qu’il est venu et le soleil fait sa réapparition.

La nuit tombe sur les Balkans. Je me sers une nouvelle rakia.

Je suis brutalement tiré de la torpeur dans laquelle j’étais, par les aboiements violents des quatre Kangals qui se précipitent dans l’allée centrale. Ces chiens de berger d’origine turque peuvent s’avérer extrêmement méchants. Je me demande d’ailleurs comment a fait Slavejko pour se les procurer.

Il est interdit de les exporter.

Certainement une relation du maître de maison ! Personne ne se risque chez lui sans s’être fait annoncer à cause des chiens.

Les aboiements redoublent de fureur suivis par un cri de douleur inhumain, puis des rafales d’armes automatiques… Le silence tombe enfin, inquiétant.

Connaissant le passé quelque peu tumultueux de mon ami, je me mets en retrait derrière un muret de pierre sèche et attends anxieusement la suite des événements, soustrait à toute vue par les arbustes.

Débouchent dans le patio trois individus plutôt jeunes, chevelure blonde et longue. Ils portent à la hanche des objets qui ne laissent nul doute. Ce n’est pas une visite amicale.

L’un d’eux, le plus petit, a l’avant-bras en sang, sang qui macule le carrelage gris.

A ce moment précis, Petko sort comme un fou de la maison et prend verbalement et violemment à parti ces trois individus malgré les armes braquées sur lui. J’ai l’impression qu’il les engueule et qu’il leur donne des ordres. Il est vrai que dans une autre vie, Petko était capitaine dans la légion !

L’indicible se produit. Le blessé appuie longuement sur la gâchette – je surprends dans ses yeux la douleur et la haine. Petko est violemment projeté en arrière et tombe à la renverse dans la piscine. L’eau se teinte immédiatement. Pauvre Petko, mort au champ d’honneur et sans pouvoir se défendre… abattu lâchement. Fini les bons et loyaux services pour son employeur, fini la rakia le soir à l’apéro. Rakia qu’il préparait avec passion et amour. Dans quelques jours, il allait fêter ses soixante-dix ans.

Moi, je suis toujours vivant et je dois impérativement survivre, ne serait-ce que pour voir grandir notre fils et achever son éducation et m’occuper de mes petits-enfants.

Je ne bouge pas, retiens ma respiration. Je suis à moins de vingt mètres des assassins.

J’invoque avec force Notre-Dame des sept Douleurs qui a sa chapelle consacrée à côté de chez moi.

L’assassin et ses collègues se prennent violemment de querelle et pointent leur arme mutuellement.

Je souhaite qu’ils s’abattent les uns les autres. Durant ce laps de temps, ils ne s’occupent pas de moi. D’ailleurs, ils ignorent ma présence. J’ai peur et transpire abondamment.

J’avise sur la table basse les deux verres encore à moitié remplis. S’ils s’en aperçoivent, il va y avoir une chasse à l’homme qui ne sera pas de toute façon à mon avantage. La querelle cesse, celui qui semble être le chef, comme s’il avait lu dans mes pensées remarque les deux verres. Il aboie des ordres suivis d’effet immédiat. Ils se dispersent, cernent la maison et entrent prudemment. Bon Dieu ! Dans quel merdier suis-je ?

Comme ils ont vu Petko sortir, ils ont conclu peut-être hâtivement que la seconde personne devait se trouver à l’intérieur…

Je n’ai tout au plus que cinq minutes d’avance sur eux, guère plus.

Je me déshabille rapidement, enlève mon pantalon et ma chemise blanche trop visibles dans l’obscurité, roule cela en boule, et comme il est d’usage chez nous, je prends le maquis en slip et nu-pieds… Heureusement pour moi une rangée d’arbres me protège de la vue.

J’ai une pensée pour Petko, mais l’instinct de survie prend le dessus. Je dois fuir.

Je chemine quatre bonnes heures en direction de la ville, me tordant allègrement les chevilles dans la terre meuble, tombe maintes et maintes fois, me relève et continue.

J’arrive dans les faubourgs de la ville, me rhabille. Je suis sale, crotté, boueux.

Je dois avertir la police. Je passe devant une cabine téléphonique et change d’avis.

Il est tard dans la nuit, j’imagine le fonctionnaire de police me recevant ! Sale, puant. Quelle va être sa réaction ? De plus je ne parle que très peu le bulgare. Donc je risque des problèmes à n’en plus finir. De par ma culture, je n’apprécie pas outre mesure tout ce qui porte uniforme, revolver et qui détient l’Autorité.

Je décide d’appeler Slavejko… il avisera. Heureusement, j’ai quelques levas en poche. J’explique brièvement la situation. « Dumé, caches-toi à proximité, je t’envoie une voiture immédiatement ».

« Dobré, je n’ai ni mon passeport, ni argent, ni vêtements, ni portable… ». « C’est un détail ». Il y a des détails qui comptent, pensais-je. Effectivement, quelques minutes plus tard, une grosse berline s’arrête devant la cabine. Le chauffeur descend et scrute l’obscurité… J’attends un moment, sors de l’ombre. Le chauffeur a un moment de panique en me voyant. J’imagine la même scène à la gendarmerie !!

Nous nous serrons la main. Il m’ouvre la portière arrière. Je m’installe.

Après plusieurs essais pour lier conversation et sans succès notoire, je n’insiste pas. Peut-être après tout est-il sourd ou peut-être a-t-il ses raisons.

Je ne lui confierai pas mes petits-enfants à garder tant il a l’air d’une brute. Mais allez donc connaître la nature humaine ! J’ai appris depuis longtemps à ne me fier ni au physique, ni à l’habit.

Bercé par la climatisation, le ronronnement du moteur et les événements passés, je m’assoupis.

Je me réveille au terminus, Sozopol. Je reconnais la ville avec ses vieilles maisons à parement de bois, ses échoppes pour touristes…

Le chauffeur m’enjoint de descendre. Je le salue sans réaction de sa part. Quel mal embouché !

Une Baba m’attend au seuil de sa maison. Cordiales salutations et présentations mutuelles. Maria me conduit à ma chambre à l’étage.

Sur le lit, un jeans, une belle chemise blanche comme j’aime et des nu-pieds en cuir.

Maria me fait comprendre qu’après la douche un encas me sera servi au rez-de-chaussée.

Toilette faite, je descends dans la cour intérieure. Maria m’attend ainsi que sa fille, tout au moins...

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