Par une nuit d'hiver (Harlequin Mira)

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Par une nuit d'hiver, Christiane Heggan

Une femme étendue dans une rue de New York, par une froide nuit d'hiver. Drapée dans un long manteau noir, un bras replié sur son ventre arrondi, elle semble dormir... Mais à son poignet, sous son lourd bracelet en or, son pouls a cessé de battre à jamais.

Lorsque Zoe Forster, dessinatrice renommée au New York Herald, découvre le corps sans vie de la jeune femme, elle s'empresse d'aller chercher de l'aide. Quand les secours arrivent sur les lieux du crime, c'est la stupéfaction : le cadavre a disparu.

Devant l'incrédulité de la police, Zoe décide de mener sa propre enquête, et finit par découvrir le nom de la belle inconnue : Lola Malone. Un nom qui la frappe en plein cœur. Car Lola, chanteuse au Blue Moon, était l'employée de Rick, l'ex-mari de Zoe.

Zoe s'était juré de ne plus jamais revoir Rick. Mais, contraints de faire équipe, tous deux vont alors tenter de comprendre comment le cadavre a disparu - et remonter ensuite la piste jusqu'au tueur...

Publié le : jeudi 1 mai 2008
Lecture(s) : 21
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280269162
Nombre de pages : 432
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A Tom et Mary Lou Blair
avec toute mon affection

Prologue

New York,
10 décembre, 23 heures

Lola Malone n’était plus qu’à un pâté de maisons de Tompkins Square Park, quand elle s’arrêta net. Jusqu’alors, elle n’avait pas prêté attention au bruit mais à présent, elle l’entendait clairement dans son dos. C’était un bruit de pas étouffés par la mince couche de neige qui recouvrait la chaussée.

La jeune femme jeta un coup d’œil anxieux par-dessus son épaule. La rue était sombre. Elle ne s’était jamais sentie à l’aise dans cette partie de Manhattan, la nuit. Grouillant d’une foule bariolée d’artistes, d’étudiants et de touristes dans la journée, le quartier d’East Village prenait des allures menaçantes après le coucher du soleil. Mais ce soir, la neige semblait avoir chassé la faune d’ivrognes et d’énergumènes qui, à cette heure-ci, encombraient habituellement les trottoirs… Enfin, pas tous, apparemment.

Lola scruta l’obscurité. A part un SDF affalé sous une porte cochère et des lointaines lueurs de phares, la rue était vide. Peut-être était-elle le jouet de son imagination… Cette semaine, elle avait regardé deux DVD propres à glacer le sang — Seule dans la nuit et Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? — alors, ce n’était guère étonnant qu’elle soit sur les nerfs. Elle aurait dû insister pour que le chauffeur de taxi la rapproche un peu plus de sa destination mais il l’avait avertie avant de la laisser monter : il s’apprêtait à rentrer chez lui et n’irait pas plus loin que la Deuxième Avenue.

Lola enfouit ses mains dans les poches de son manteau et se remit en marche. Elle n’aurait pas dû s’aventurer dehors à cette heure tardive.

De nouveau, le bruit de pas se fit entendre. Quelqu’un la suivait. Lola força l’allure et les pas se firent plus rapides. Elle lança un regard circulaire. Juste en face s’ouvrait une allée reliant la 7e Rue à la Première Avenue. L’idée de plonger dans ce goulot infesté de rats ne l’emballait pas mais c’était mieux que de se faire bousculer. Ou pire, violer.

Afin de semer son poursuivant, la jeune femme traversa lentement. Ce ne fut qu’au dernier moment qu’elle se mit à courir. Le sol gelé était jonché de détritus et, à son passage, toute une colonie de rats détala parmi les sacs en plastique éventrés. Lola courait aussi vite qu’elle le pouvait en prenant garde de ne pas glisser, les yeux rivés sur les lumières de la Première Avenue qui flamboyaient à moins de dix mètres. Une vague de panique l’envahit lorsqu’elle réalisa que son agresseur s’était lancé à ses trousses. Et qu’il gagnait du terrain.

Mon Dieu, elle n’y arriverait pas !

Comme pour confirmer ses craintes, une poigne d’acier se referma sur son épaule, si violemment qu’elle sentit ses genoux se dérober.

— Je vous en prie, ne me faites pas de mal, supplia-t-elle. Prenez mon sac si vous voulez…

Son poursuivant la força à se retourner. Oh ! Mais elle le connaissait ! Un cri de stupeur lui échappa, tandis qu’elle avisait, horrifiée, la flamme de colère qui s’était allumée dans les yeux de son agresseur.

— Je t’avais prévenue, Lola ! gronda-t-il d’une voix sourde. Je t’avais dit « pas d’embrouilles » mais tu ne m’as pas écouté. C’était stupide de ta part.

— Je suis désolée. Je ne recommencerai pas.

Elle déglutit, cherchant désespérément dans ce regard réfrigérant une expression de pitié ou de compassion ; elle n’y trouva que du mépris.

— Laisse-moi m’en aller et tu n’entendras plus jamais parler de moi, je te le jure ! souffla-t-elle. J’ai eu tort de venir ici.

Il l’attira brutalement vers lui.

— Et tu veux que je te croie ? grogna-t-il, collant presque son visage contre le sien. Personne ne peut me menacer, ma toute belle ! Tâche de t’en souvenir pendant que tu mourras !

Lâchant les épaules de Lola, il s’empara de son cou. Terrifiée, elle essaya de glisser les doigts sous l’étau qui lui enserrait la gorge. En vain ! Il était beaucoup plus fort qu’elle.

Ses jambes flageolaient. A travers ses paupières mi-closes, elle apercevait un reverbère au-dessus de sa tête. Le halo lumineux se brouillait, noircissait. Tandis que tout espoir de survivre l’abandonnait, elle entendit quelque chose — une sorte de bruissement en provenance d’une grosse poubelle rectangulaire sur le côté.

Quelqu’un était là.

Le regard de Lola dériva dans cette direction et ses lèvres formèrent les mots qu’elle ne parvenait plus à formuler à voix haute. S’il vous plaît… aidez… moi

1.

— Rends-le-moi, saloperie !

Excédée, Zoe Foster essaya de déloger son élégant escarpin — un modèle de chez Manolo Blahnik qui lui avait coûté une fortune — de la bouche d’aération grillagée… Sans résultat ! Elle tordit sa cheville fine dans tous les sens, puis poussa un cri de rage lorsqu’elle récupéra son bien, le talon en moins.

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