Pas de vacances à Marseille

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Allongé le long de la voie ferrée, le cadavre de l'homme est atrocement mutilé. Les premières analyses démontrent que sa mise à mort fut un long supplice parfaitement programmé. Pire, le décorum qui entoure le corps laisse présager un ou plusieurs tueurs à l'esprit sérieusement dérangé. Dans une enquête qui va de surprises en rebondissements, le commissaire Barbet remontera la piste depuis les plus pauvres clochards Marseillais jusqu'aux riches sphères de la haute bourgeoisie. Mais comment résoudre une énigme où les suspects s'accumulent, cachant ainsi la vérité. Découvrez ce premier roman d'un jeune auteur qui a mêlé son expérience de Marseille et des autochtones à une fiction des plus noires.
Publié le : lundi 4 août 2008
Lecture(s) : 261
EAN13 : 9782304012002
Nombre de pages : 157
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Titre
Pas de vacances à Marseille
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Titre Anna Risi
Pas de vacances à Marseille
Polar
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-01200-2 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304012002 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-01201-9 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304012019 (livre numérique)
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I
Les gens s’imaginent que lorsque l’on vit à Marseille, c’est tous les jours que l’on est en va-cances. Ils gardent cette vision des brefs mo-ments qu’ils y ont passé durant leurs congés, et où ils ont pu en apprécier toute la réelle beauté parce qu’ils n’étaient que de passage. Pourtant, marseillais de souche ou marseillais d’adoption savent d’expérience que la réalité est différente. Avec le temps, on prend des habitudes que l’on garde et malheureusement, ce sont de mauvai-ses habitudes. On perd son regard de touriste, d’autant plus quand on fait mon métier. Je suis commissaire de police, et cette fonction est tou-jours synonyme de « pas de vacances à Mar-seille ». Hé oui, le plus petit des délits ne connaît pas le repos. Dommage, d’ailleurs, car j’ai toujours rêvé vivre dans un Marseille à la « Bisounours » scandant peace and love du soir au matin. Je ne suis pas vraiment l’archétype du flic à la Moulin ou à la Navarro. On pourrait dire que je suis « normal », à part que contrai-rement aux touristes, je ne remarque pas
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Pas de vacances à Marseille
l’esthétisme intrinsèque de Marseille. Non, la première chose que je fais dehors, c’est repérer tout ce qui semble ne pas convenir au paysage. Je me suis souvent reproché ce travers, qui est une déformation professionnelle, car j’ai sans doute manqué à cause de lui de splendides moments, comme un rayon de soleil qui passe derrière Notre Dame et la fait briller comme si elle descendait de son mont pour ne bénir que vous. Il y a treize ans, quand je suis arrivé de Paris, je me disais que la présence bienfaitrice de La Bonne Mère préserverait Marseille des pires atrocités ; ce qui allègerait mon travail. Je devais avoir un côté naïf qui me venait de la lec-ture de Pagnol… Je ne l’ai jamais dit à per-sonne, mais je dois être le seul flic au monde à avoir écrasé une larme en regardant cette pau-vre Fanny s’épuiser à gravir les marches jusque la Vierge pour se faire pardonner d’être en-ceinte de Marius… Je philosophe mais c’est pour cacher un peu ma déception d’être rentré si tôt de Megève, où je faisais du ski avec ma petite famille… le bou-lot, encore le boulot ! Et je dois avouer que se faire cueillir par un article de « La Provence », à trois jours de Noël, et sans avoir encore eu le temps de prendre un café, a pour don de me mettre déjà de bien mauvaise humeur. Cette nouvelle n’apparaît que dans la rubri-que « faits divers » :
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