Petites Infamies

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Néstor Chafino, traiteur madrilène de renom, vient de ranger les restes de ses célèbres truffes en chocolat dans la chambre froide d’une luxueuse villa de la Costa del Sol, quand la porte se referme sur lui. Meurtre ou accident ?Ce maître confiseur hors pair avait, comme tout chef qui se respecte, ses petits secrets, recettes de sorbets ou d’entremets, qu’il consignait avec soin dans un carnet. Mais ce sont surtout les secrets des autres que Néstor Chaffino gardait jalousement, et en particulier ceux des personnes qui se trouvaient ce soir-là dans la villa. D’inavouables secrets, de véritables petites infamies découvertes bien involontairement çà et là, au hasard des rencontres et de la vie. Et comme toutes ces personnes savaient que Néstor savait, chacune possédait une bonne raison, sinon de se débarrasser de lui, du moins de se sentir soulagée par son refroidissement mortel.Quand au lecteur, pris au piège que lui tend Carmen Posadas, il ne pourra refermer le livre avant d’avoir dénoué tous les fils de set imbroglio bâti comme un thriller, époustouflant de verve et de drôlerie, où perce, sous la satire mordante de la jet set madrilène, une plume qui surprend par son inventivité et sa personnalité.
Publié le : lundi 17 juin 2013
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EAN13 : 9782021085891
Nombre de pages : 318
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Carmen Posadas est née en 1953 à Montevideo où elle a vécu jusqu’à l’âge de douze ans. En 1965, sa famille s’est ins-tallée à Madrid après avoir séjourné à Moscou, Buenos Aires et Londres où son père était ambassadeur. Auteur d’une douzaine de livres pour enfants, de recueils, de nouvelles et d’essais, elle a écrit pour le cinéma et la télévision. Ses romansCinq mouches bleuesetPetites infamies(prix Planeta 1998) sont des best-sellers internationaux.
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D U M Ê M E A U T E U R
Hippo o Castor poche, « Cadet », n 5044, 1990 Mon frère Salvador et autres mensonges L’Harmattan, 1996 Cinq mouches bleues Seuil, 2001 o et « Points », n P1002 Le Bon Serviteur Seuil, 2005 o et « Points », n P1431 La Dame de cœurs Seuil, 2005 o et « Points », n P2040
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C a r m e n
P e t i t e s
P o s a d a s
i n f a m i e s
r o m a n Tr a d u i t d e l ’ e s p a g n o l p a r F r a n ç o i s M a s p e r o
É d i t i o n s d u S e u i l
Extrait de la publication
T E X T E I N T É G R A L
T I T R E O R I G I N A L Pequeñas Infamias É D I T E U R O R I G I N A L Editorial Planeta S.A., Barcelone Carmen Posadas, 1998 ISBNoriginal : 84-08-02847-2
ISBN978-2-7578-1086-6 re (ISBN2-02-037482-X, 1 publication re ISBNpublication poche)2-02-049992-4, 1
Éditions du Seuil, avril 2000, pour la traduction française
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Pour Mariano
PREMIÈRE PARTIE
Trente degrés audessous de zéro
Prends un cœur de lion, sois fier et n’aie cure de ce qui gronde, s’agite ou conspire contre toi. Macbeth ne sera pas vaincu jusqu’au jour où la grande forêt de Birnam gravissant Dun sinane marchera contre lui. SHAKESPEARE,Macbeth, acteIV, scène 1.
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1
Néstor, le cuisinier
Dimanche 29 mars (nuit du samedi au dimanche)
Il avait la moustache plus raide que jamais ; si raide qu’une mouche aurait pu marcher dessus avec l’aisance d’un repris de justice sur le pont d’un navire de pirates. A ce détail près qu’aucune mouche ne peut survivre dans une chambre froide par trente degrés audessous de zéro : et pas davantage le propriétaire de ladite moustache blonde et congelée, Néstor Chaffino, chef de cuisine, fameux pour sa façon de préparer le fondant au chocolat. Et c’est ainsi qu’on devait le retrouver quelques heures plus tard : les yeux ouverts et sans expression, mais l’atti tude toujours digne ; les ongles griffant la porte, c’est vrai, mais le torchon passé dans la ceinture de son tablier de cuisine, même si la coquetterie n’est pas le souci majeur d’un homme derrière lequel la porte d’une cham bre froide Westinghouse 1980 vient de se refermer auto matiquement en faisantclac !… Et ceclac !est le dernier son que l’homme perçoit avant de s’étonner de sa malchance, bon sang mais c’est impossible, car l’incrédulité précède toujours la peur, et ensuite : mon Dieu, ça ne m’était jamais arrivé. Et pour tant les gardiens de la maison l’ont averti avant de s’en aller, et pourtant il y a une notice en trois langues affichée dans un endroit très visible de la cuisine, disant qu’il
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P E T I T E S I N FA M I E S
convient de ne pas oublier certaines précautions fastidieu ses, telles que de laisser le loquet levé pour éviter que la porte ne se referme sans qu’on y prenne garde. On ne peut jamais être sûr de tout avec ces anciens appareils. « Mais, Christ miséricordieux, je n’ai pas mis plus de deux minutes, trois au maximum, à ranger mes dix boîtes de truffes en chocolat glacées. » Et pourtant la porte a fait clac !ça ne fait pas de doute.Clac !et tu l’as dans le baba, Néstor.Clac !et maintenant, quoi ? Il regarde la pendule : les aiguilles phosphorescentes marquent quatre heures du matin,clac !et il est là dans le noir total, à l’intérieur de la grande chambre froide de cette résidence secondaire maintenant presque vide, après une réception où ont défilé une trentaine d’invités… Mais réfléchissons, se dit il, réfléchissons, par tous les diables, qui sont les person nes qui sont restées passer la nuit ? Voyons voir : il y a les maîtres de la maison, naturelle ment. Et aussi Serafín Tous, le vieil ami du couple qui est arrivé au dernier moment. Le hasard veut que Néstor ait fait sa connaissance quelques semaines plus tôt : fort briè vement, il est vrai. Ensuite il y a les deux employés de son entreprise, « Le Mûrier & le Gui », traiteur à domicile, auxquels il a demandé de rester jusqu’au lendemain pour l’aider à tout remballer : Carlos García, son fidèle ami, et aussi le nouveau garçon (Néstor ne se rappelle jamais son nom du premier coup). Karel ? Karol ? Oui, Karel, ce jeune culturiste tchèque qui est si éveillé et qui peut battre les blancs en neige avec autant d’aisance que décharger sans un soupir cent caisses de CocaCola, tout en fredon nantLágrimas negras, un air des Caraïbes, avec quand même un peu trop l’accent de Prague. Lequel d’entre eux entendra ses cris, ses coups contre la porte, ses coups de pied répétés, bang, bang, qui réson nent dans sa tête comme autant de coups dans son cer veau ? Bon sang, c’estimpossible, en trente ans de métier
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