Prières pour la pluie

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Lorsque Karen, une jeune femme victime de harcèlement, a recours aux services de Patrick Kenzie. Jusqu'au jour où il apprend que la jeune femme s'est jetée d'une tour, il va avoir besoin d'Angela dont il est séparé.
Publié le : vendredi 1 mars 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782743624781
Nombre de pages : 480
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Patrick Kenzie est toujours détective privé à Boston, mais il s'est séparé de sa fidèle coéquipière, Angela Gennaro. Lorsque Karen, une jeune femme victime de harcèlement, a recours à ses services, il règle rapidement le problème et pense ne plus en entendre parler. Jusqu_au jour où il apprend que Karen s'est jetée du vingt-sixième étage d'une tour. Il semble qu'une invraisemblable succession de malheurs ait poussé à bout la jeune femme... mais Patrick ne croit pas à une telle série de coïncidences et, confronté à un tueur qui ne tombe sous le coup d'aucune loi, il va avoir besoin de l'aide d'Angela. Avec ce cinquième épisode de la saga Kenzie-Gennaro, Dennis Lehane confirme son statut d'auteur de best- sellers. "Une intrigue complexe et impeccable, d'une grande subtilité psychologique." Paris-Match
Dennis Lehane
Prières pour la pluie
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Isabelle Maillet
Collection dirigée par François Guérif
Titre original :Prayers For Rain ÉDITIONS PAYOT & RIVAGES 106, boulevard Saint-Germain 75006 Paris www.payot-rivages.fr Couverture : © DR © 1999, Dennis Lehane © 2004, Éditions Payot & Rivages pour la traduction française ISBN : 978-2-7436-2478-1 Cette œuvre est protégée par le droit d'auteur et strictement réservée à l'usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gracieux ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L'éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Pour mes amis John dempsye, Chris Mullen et Susan Hayes, Qui m'ont laissé leur voler Certaines e leurs meilleurs répliques Sans porter plainte. Et pour Anré, Qui nous manque beaucoup.
REMERCIEMENTS
Merci au Dr Keith Ablow pour avoir répondu à mes questions sur la psychiatrie ; à Tom Corcoran, pour m'avoir apporté des précisions sur la Shelby de 68 ; à Chris et Julie Gleason, pour m'avoir donné des éclaircissements sur des points de littérature anglaise qu'à ma grande honte, j'ai dû leur demander ; à l'inspecteur Michael Lawn, de la police de Watertown, pour m'avoir expliqué la procédure sur les lieux d'un accident ; au Dr Laura Need pour m'avoir renseigné sur les maladies cardio-vasculaires ; à Emily Sperling, de l'Association des cultivateurs de canneberge à Cape Cod ; à Paul et Maureen Welch, pour m'avoir emmené à Plymouth ; et à MM pour avoir clarifié le fonctionnement du service postal américain. Merci aussi à Jessica Baumgardner, Eleanor Cox, Michael Murphy, Sharyn Rosenblum et mon frère Gerry pour m'avoir soutenu au cours de mes voyages à New York. Et enfin, comme toujours, toute ma reconnaissance à Claire Wachtel, à Ann Rittenberg, et à Sheila pour avoir lu les premiers jets, s'être exprimée en toute franchise et m'avoir forcé à rester honnête.
J'ai entendu les plus anciens dire, « Tout ce qui est beau s'en va Comme emporté par les eaux. »
W. B. Yeats
Dans ce rêve, j'ai un fils. Il a environ cinq ans, mais sa voix et son intelligence sont celles d'un adolescent d'une quinzaine d'années. Il voyage à côté de moi, solidement maintenu par la ceinture de sécurité, les jambes arrivant à peine au bord du siège. Notre voiture, grande et vieille, possède un volant aussi large qu'une roue de vélo, et nous roulons par une matinée de fin décembre couleur de chrome terne. Nous sommes à la campagne, au sud du Massachusetts mais au nord de la ligne Mason-Dixon – dans le Delaware, peut-être, ou le sud du New Jersey –, et des silos à carreaux rouges et blancs émergent au loin des champs labourés que la neige tombée la semaine précédente a recouverts d'une couche gris clair rappelant le papier journal. Il n'y a rien alentour à part les champs et les silos à l'horizon, une éolienne pétrifiée et silencieuse, des kilomètres de câble téléphonique scintillant de givre. Pas de voitures, pas âme qui vive. Juste mon fils, moi-même et la route d'ardoise creusée à travers des champs de blé gelés. Patrick, dit mon fils. Oui ? C'est une chouette journée. Je jette un coup d'œil dehors, à la grisaille immobile, à ce paysage d'une tranquillité absolue. Derrière le silo le plus éloigné, un filet de fumée sombre s'élève d'une cheminée. Je ne distingue pas la maison, mais je n'en imagine pas moins la chaleur à l'intérieur. Je sens les plats mis à rôtir, je vois les poutres apparentes en merisier au-dessus d'une cuisine en bois couleur miel. Un tablier est accroché à la poignée de la porte du four. Je suis capable d'apprécier combien il est agréable de se calfeutrer chez soi par une calme matinée de décembre. Je reporte mon attention sur mon fils. C'est vrai. On roulera tout le jour. Toute la nuit. Toute la vie. D'accord. Il regarde par la vitre. Papa ? Oui ? On ne s'arrêtera jamais. Je tourne la tête vers lui, et j'ai l'impression de voir mes propres yeux me contempler. O.K., dis-je, on ne s'arrêtera jamais. Il pose sa main sur la mienne. Si on s'arrête, on n'aura plus d'air. Ah. Et quand on n'a plus d'air, on meurt. Exact. Je ne veux pas mourir, papa. Je caresse ses mèches soyeuses. Moi non plus. Alors, on ne s'arrêtera jamais. Non, mon gars. (Je lui souris. Je sens l'odeur de sa peau, de ses cheveux – une odeur de nouveau-né dans le corps d'un enfant de cinq ans.) On ne s'arrêtera jamais. Bon. Il s'adosse à son siège, puis s'endort, la joue appuyée contre le dos de ma main. Devant moi, le ruban d'asphalte s'étend à travers des champs saupoudrés de blanc ; je tiens le volant d'une main légère mais sûre. La route est droite, plane, et s'étire sur un millier de kilomètres. La neige plus ancienne balayée par le vent s'élève des prés dans un doux bruissement et jaillit en petits tourbillons des fissures du bitume devant la calandre. Je ne m'arrêterai jamais. Je ne sortirai jamais de cette voiture. Je ne tomberai jamais en panne d'essence. Je n'aurai jamais faim. Il fait bien chaud à l'intérieur. Je suis avec mon fils. Il ne craint rien. Moi non plus. Je ne m'arrêterai jamais. Je ne me fatiguerai jamais. Je ne m'arrêterai jamais. La route déserte se prolonge à l'infini devant moi. Mon fils redresse la tête et demande : Où elle est, maman ? Je ne sais pas. Mais ça va ? Il lève les yeux vers moi. Tout va bien, dis-je. Pas de problème. Rendors-toi. Mon fils s'assoupit de nouveau. Je roule toujours.
Et nous disparaissons tous les deux quand je me réveille.
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