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Rage blanche

De
300 pages
Brigid Quinn, ancien agent spécial, replonge dans son pire cauchemar : l’ignoble tueur de jeunes femmes est-il de retour en Arizona ?
 

Brigid, spécialisée dans les crimes sexuels, est chargée de l’enquête sur le meurtrier de la route 66, qui assassine des jeunes femmes selon un rituel atroce. Jusqu’au jour où Jessica, une jeune recrue, sert d’appât… et disparaît. Sous le choc, Brigid interrompt sa carrière.
Des années plus tard, alors qu’elle mène une vie paisible à Tucson avec son nouveau mari, le passé la rattrape : un routier passe aux aveux et propose de conduire la police à la dépouille de Jessica. Apres des années de traque, a-t-on enfin arrêté le monstrueux criminel ? Brigid en doute. La spirale de violence et de mort va reprendre de plus belle, entraînant l’enquêtrice dans l’angoisse absolue…

Traduit de l'anglais par Maryvonne Ssossé

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www.lemasque.com
Titre original
Rage Against the Dying Publié par Orion Publishing
Maquette de couverture : Sara Baumgartner Photographie : ferrante / Getty Images
ISBN : 978-2-7096-4151-7
© 2013, Becky Masterman © 2014, Éditions Jean-Claude Lattès, pour la traduction française. © 2018, Éditions du Masque, un département des éditions Jean-Claude Lattès, pour la présente édition.
Tous droits réservés
Éditrice de publications médico-légales, B ECKY MASTERMAN écrit également des thrillers.Rageblanche, publié aux éditions Jean-Claude Lattès en 2014 es t son premier roman. En lice pour de nombreux prix li ttéraires, dont le prestigieux Edgar Allan Poe, il s’agit du premier volume d’une série consacrée à Brigid Quinn, ancien du FBI.
Prologue
Gerald Peasil avait arrêté son fourgon sur le pont de la Golder Ranch Road. Le coude passé par la vitre ouverte, le visage posé su r l’avant-bras, il observait sa prochaine petite amie. Le glissement de ses lèvres sur les poils, associé à l’odeur salée de sa peau, lui procurait une légère excitati on. Il n’était pas pressé de se présenter. Savourer la perspective de la rencontre faisait partie du plaisir. La petite femme parcourait le lit de la rivière à s ec en contrebas, trop occupée à fouiner parmi les cailloux pour le remarquer. Elle n’avait pas toutes les qualités que promettait sa photo. Bien sûr, des mèches grises s’ échappaient de son chapeau en toile kaki et elle s’appuyait sur sa canne chaque f ois qu’elle s’arrêtait pour examiner une pierre, mais elle se tenait encore bien droite et n’était pas loin d’être bandante. L’idée d’être confronté à une mamie bandante effray ait un peu Gerald, mais ce n’était pas si grave. Ça faisait sans doute une éte rnité qu’elle n’y avait pas goûté et elle accueillerait sûrement avec bienveillance les atten tions d’un homme plus jeune. De sa main libre, Gerald s’arrangea à travers le fin tiss u de Nylon de son short de sport et songea à sa mère. Pour le débarrasser de cette mani e, m’man avait pris l’habitude de lui attraper le paquet et de le serrer vraiment for t. Mais, un beau jour, il avait été assez grand pour lui donner un coup de poêle dans la poit rine. Papa avait trouvé ça vachement marrant, mais il lui avait quand même con seillé de choisir dorénavant quelqu’un de sa taille. En tout cas, à partir de ce moment-là, ceux qui osaient dire à Gerald de ne pas se toucher signaient en même temps une demande officielle pour se faire défoncer les dents. Au bout du pont, Gerald repartit, tourna le volant vers la gauche, puis engagea le fourgon au début de la pente raide qui descendait v ers la berge du lit à sec, ce qu’ils appelaient un wash dans la région, l’équivalent de l’oued méditerranéen. Il s’arrêta à nouveau et examina les deux côtés de la vaste étend ue de sable, de la couleur du béton humide. C’était une mi-août chaude et cette chaleur ne pouv ait en aucun cas être qualifiée d’aride. Ces derniers jours, les moussons d’été s’é taient abattues sur le désert, le sol généralement sec était sillonné de rigoles sombres aux endroits saturés d’eau de pluie. Une autre tempête comme celle de la nuit précédente , surtout si elle se déclenchait sur les monts Catalina à l’est, là où la rivière prenai t sa source, et le wash se remplirait d’eau. Mais aujourd’hui, on pouvait marcher dans le lit à sec, comme le faisait la femme. Pendant que Gerald l’observait, son exploration la conduisit sous le tablier du pont et il ne put continuer sa surveillance. Mais il ne s’inqu iétait pas ; elle non plus ne pouvait pas le voir et cela lui laissait tout le temps néce ssaire pour planifier ce qu’il ferait après, et ensuite et encore plus tard. Gerald enclencha une vitesse et descendit le chemin qui menait à l’extrême bord du wash. Il s’arrêta juste à la lisière de la terre co mpacte et du sable de rivière qui n’offrait plus de prise aux pneus, puis manœuvra avec précaut ion pour effectuer un demi-tour et faire face à la pente. Ainsi, l’arrière du fourg on donnait sur le lit asséché, ce qui faciliterait le chargement. Et s’ils avaient de la compagnie indésirable, il pourrait se tirer sans perdre de temps. Il ne prit pas la peine d’êtr e discret. Même si elle l’entendait, le bruit du moteur ne lui semblerait pas alarmant – un e deuxième piste qui longeait la berge était parfois fréquentée. De toute façon, à tous les coups, elle était dure d’oreille. À cette idée, Gerald expulsa une petite bouffée d’a ir par le nez, une espèce de rire.