Rédemption

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Harry O’Connor, l’officier de police londonien d’origine gitane, se remet de ses blessures dans sa famille de gens du voyage. Mais son amie Emily Meadows, assistante sociale dans les quartiers déshérités du grand Londres, l’appelle au secours pour retrouver la trace d’une mère et de sa fille, disparues mystérieusement. Harry comprend vite qu’elle sont aux mains d’un proxénète albanais, Jack Kraja et qu’il lui faudra toute l’assistance de ses amis gitans des Balkans pour les récupérer.
Publié le : mercredi 17 avril 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782810005581
Nombre de pages : 320
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© 2012, by Amanda Coetzee
Première publication: Pan Macmillan, South Africa
Titre original: Redemption song
eISBN 978-2-8100-0558-1
© 2013, Les Éditions du Toucan, pour la traduction française
Éditions du Toucan – 25, rue du général Foy – 75008 Paris
www.editionsdutoucan.fr
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PROLOGUE

Été 1986
Londres, Angleterre
Beth se réveilla dans l’obscurité avec le goût pâteux des produits chimiques sur la langue, l’empêchant de déglutir. Cependant, elle persévéra et finit par produire assez de salive pour humecter ses lèvres. Son corps, celui d’une jeune fille de quatorze ans, était douloureux comme celui d’une vieille femme, et lorsqu’elle se frotta les bras, elle remarqua des bleus qui n’existaient pas la veille. Elle regarda autour d’elle, mais la pièce et son contenu lui restaient obstinément inconnus. Les jambes tremblantes, elle se leva avec lenteur et fit courir ses doigts dans ses cheveux défaits. Elle se sentait comme un cadavre et n’avait pas besoin de glace pour savoir qu’elle devait avoir l’air encore pire.
Elle remarqua pour la première fois qu’elle était nue ; merde, combien avait-elle bu et fumé au juste hier soir? Instinctivement, elle se couvrit d’abord avec les mains, puis en relevant et drapant la fine couverture autour d’elle. Elle fronça le nez avec dégoût; la toile puait la sueur, et pire – pile ce dont elle avait besoin avec un estomac déjà en vrac. Elle chercha ses vêtements des yeux mais ils avaient disparu, tout comme le sac qu’elle se souvenait vaguement de porter.
Fait chier.
Elle prit une profonde inspiration et se força à rester calme ; une partie des événements de la soirée refit surface et elle se rappela subitement le nom de la femme qui l’avait hébergée la nuit dernière, Tamara. Elle essaya de recoiffer sa frange et de rire du bordel qu’était devenue sa fugue à Londres. Ça ferait une super histoire à raconter à ses potes lorsqu’elle serait de retour à Bedford. Si elle n’était pas punie pendant les trente prochaines années.
Elle traversa la pièce jusqu’à la porte en vacillant, déterminée à se donner une contenance avant d’affronter la femme plus âgée rencontrée dans le train la veille. La poignée de la porte était poisseuse et elle la tourna du bout des doigts ; comment avait-elle fait pour ne pas voir à quel point tout était sale hier soir ?
La porte résista, émit un grincement et finit par s’ouvrir sur un gros homme d’âge moyen en slip sur le canapé.
— Pas trop tôt.
Beth le regarda avec confusion puis horreur, avant de vider le contenu solide de son estomac sur la moquette déjà tachée.
D’une certaine façon – avant même que la baleine bouffie ne se lève en rugissant pour lui assener des coups sur la tête – elle savait qu’elle s’était mise dans un gros pétrin. Elle frissonna et prit conscience de la douleur alors qu’elle tombait, son bras formant un angle inhabituel lorsqu’elle atterrit sur le sol. Mais ce n’était qu’un bruit de fond comparé au hurlement dans son crâne. La couverture lui fut arrachée et elle se retrouva tirée par les cheveux sur le canapé, l’autre main comme une bidoche la frappant à coups répétés sur la tête et le visage.
— Tu me nettoieras ça plus tard, petite salope, mais d’abord, je vais te donner une leçon.
Il la fit basculer et lui enfouit le visage dans un coussin avec tant de force qu’elle crut qu’elle ne pourrait plus jamais respirer.
En y repensant, elle souhaita que tel ait été le cas.

CHAPITRE 1

Douze ans plus tard
Propriété de Jak Kraja, à 15 km d’Elbasan, Albanie

Jak Kraja ne ressentit aucune émotion lorsqu’il abattit son pistolet sur l’adolescent recroquevillé au sol pour se protéger.
— Lève-toi.
Sa voix affectait un calme de surface alors que son employé se mettait debout en tremblant, et Jak renversa la tête afin d’examiner d’un regard clinique l’étendue des dégâts sur le visage du garçon.
— Tout ce que je te demande, c’est de nettoyer mes voitures. Je suis sûr que même un baiseur de chèvres de village peut réussir à faire ça.
— Oui, monsieur.
Malgré son évidente douleur, le garçon ne gémit pas et ne fit aucun mouvement pour essuyer le sang devant ses yeux, ce qui lui donna un peu de crédit aux yeux de Jak. Peut-être qu’on pouvait en faire quelque chose après tout.
— Égratigne encore une fois ma Mercedes et c’est toi que je découperai en morceaux. Compris ?
Le garçon hocha la tête, avant de repenser à une réponse plus satisfaisante.
— C’est compris, monsieur. Merci.
Jak Kraja grogna et s’éloigna pour continuer l’inspection du reste de sa propriété, ayant déjà oublié l’incident. Prenant instinctivement note de la position et de la vigilance des hommes armés payés pour contrôler le périmètre, il remarqua un léger mouvement du côté du verger. Il se lécha les lèvres lorsqu’une jeune fille en émergea, décidée à ne montrer aucune frayeur ni réaction face à la violence dont elle avait été témoin.
— Mara.
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