Regardez dans la fêlure

De
Publié par

« Il serait temps maintenant que je me mette réellement à l’écriture. Comme au sexe. Comme à beaucoup de choses. Une inscription sur Meetic m’a donné à voir l’étendue du célibat français. C’est ahurissant. Dès qu’on aligne deux mots de français correct, hop, numéro de téléphone dans la foulée. Mais j’ai peur de mon caractère. De mon impulsivité. De ma lassitude, qui arrive vite. De toute manière, il faudra que je fasse avec. On ne change pas à trente-six ans. »
Que raconter quand sa vie est vide, en suspens, quand on attend encore, au seuil de la maturité, qu’elle commence ?
Tout. La vie elle-même, à bout portant, dans sa misère et sa grandeur irréductible.
Raphaël Ader est journaliste et écrivain public. Regardez dans la fêlure, qui fut d’abord un blog, est son premier livre.
Publié le : mercredi 1 avril 2015
Lecture(s) : 0
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782756107103
Nombre de pages : 149
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Raphaël Ader
Regardez dans la fêlure



« Il serait temps maintenant que je me mette
réellement à l’écriture. Comme au sexe.
Comme à beaucoup de choses. Une inscription
sur Meetic m’a donné à voir l’étendue du
célibat français. C’est ahurissant. Dès qu’on
aligne deux mots de français correct, hop,
numéro de téléphone dans la foulée. Mais j’ai
peur de mon caractère. De mon impulsivité.
De ma lassitude, qui arrive vite. De toute
manière, il faudra que je fasse avec. On ne
change pas à trente-six ans. »
Que raconter quand sa vie est vide, en suspens,
quand on attend encore, au seuil de la maturité,
qu’elle commence ?
Tout. La vie elle-même, à bout portant, dans
sa misère et sa grandeur irréductible.


Raphaël Ader est journaliste et écrivain public.
Regardez dans la fêlure, qui fut d’abord un blog,
est son premier livre.



EAN numérique : 978-2-7561-0709-7978-2-7561-0710-3

EAN livre papier : 9782756102160


www.leoscheer.com REGARDEZ DANS LA FÊLURECollection M@nuscrits
Collection dirigée par Léo Scheer.
Comité : Florent Georgesco, Julia Curiel,
Laure Limongi, Angie David.
Dans la même collection
Rater mieux, Barberine, 2008
La Chambre, Jean-Clet Martin, 2009
Son absence, Stéphane Darnat, 2009
Adore, Dahlia, 2009
Apprivoiser l’éphémère, Alexandra Varrin, 2009
Les Séditions, Karl Mengel, 2009
Hyrok, Nicolaï Lo Russo, 2009NOTE DE L’ÉDITEUR
Avec l’avènement de l’imprimerie, il y a cinq siècles, la planète
Gutenberg a permis l’accès du plus grand nombre à la lecture.
Avec l’avènement du numérique, depuis une dizaine d’années,
une nouvelle et rapide mutation se déroule sous nos yeux
qui permet l’accès du plus grand nombre à l’écriture. Nous
assistons à l’éclosion, sur l’Internet, d’une multitude
d’écritures, véritable explosion de ce qu’on désigne parfois comme
la blogosphère, terme qui vient de l’écriture quotidienne des
blogs, particulièrement répandus dans notre pays.
Comment faire se rencontrer la blogosphère et la planète
Gutenberg ? C’est une des questions majeures pour l’édition
de demain.
En novembre 2007, le site de notre maison d’édition
www.leoscheer.com a créé la possibilité de recevoir et de mettre
en ligne les m@nuscrits transmis par courrier électronique.
Il s’agit d’une première dans le monde de l’édition.
Ces textes sont lus, discutés, commentés, évalués,
recommandés par un nouveau type de comité de lecture, qui
s’est constitué spontanément autour de ces m@nuscrits en
authentique communauté littéraire.
La collection M@nuscrits permet au livre et à la librairie
d’accueillir, sur papier, ces nouvelles écritures venues de la
blogosphère et de l’Internet.Dans le passage de l’écran au papier, dans cette «
rétropublication » qui irrigue de plus en plus l’édition, verra-t-on
apparaître de nouvelles formes, des enjeux différents, pour
la littérature ?
Telles sont les questions que se propose de traiter la collection
M@nuscrits en offrant aux lecteurs le moyen de commencer
à imaginer et à explorer la révolution qu’elles annoncent.
Léo ScheerÉditions Léo Scheer, 2010©
www.leoscheer.comRaphaël Ader
REGARDEZ DANS LA FÊLURE
M@nuscrits
Éditions Léo ScheerPRÉFACE
Écrivez, écrivez, il en restera toujours quelque chose. Cette
chose, vous l’avez entre vos mains. Cela m’emplit d’effroi,
parce que c’est moi qui suis là, que vous palpez, que vous
lisez. Comment ne pas voir ici une manifestation christique,
dans cette livraison de soi aux autres, sans autre filtre que
la bienveillance d’un éditeur à qui, très bizarrement pour
un auteur, je n’ai rien demandé. Non, je n’ai rien demandé
à Florent Georgesco. Comme un homme bousculé par une
femme pour être prise, j’ai rechigné, regimbé. Toujours, ils
m’ont encouragé, chez Léo Scheer. Je me moquais d’eux.
Comment un blog sans images, sans son, sans vidéos, sans
autre chose que des lettres et de la ponctuation, pouvait-il
déjà intéresser des lecteurs, comment au surplus un blog
peut-il devenir un livre ? Ce livre n’aurait jamais vu le jour
sans la présence constante de Bénédicte Desforges qui,
chaque jour, a recensé toutes mes notes. L’écrivain flic, par
ces opérations que l’amour fluidifie, fut là toujours. Je
veux espérer qu’elle va bien, je veux qu’elle sache que je ne
l’oublie pas. Je n’oublie rien, surtout pas de dire à quel
point ces lignes jetées durant quatre mois d’un maelström
sans fin, furent un passage obligé vers une rédemption, qui
s’est poursuivi à l’église. Il y a deux ans que j’ai cessé d’écrire
compulsivement mes mille ou plus de mots par jour. Il y
11a deux ans que je suis revenu dans le temple du Christ.
D’abord très timidement, avec d’infinies précautions. Je
fuyais ma chambre. Je fuyais mes démons. Je fuyais ma
colère. Je ne savais plus mes prières. Il n’y avait pas de
synagogue en bas de chez moi. Il fallait que je prie. Il fallait
que j’engueule le Christ. En face. C’est trop simple, sur un
clavier. Ainsi, pendant ces messes de semaine où je vivais un
martyre, où tout m’effrayait, j’ai repris contact avec l’espèce
humaine. Puis, parce que surtout je biaisais, je filais à la
patte, je me suis obligé de revoir du monde. Je me suis forcé
de revenir du monde des morts où je me complaisais. Un
parcours de deux ans où je n’étais plus réduit qu’à l’état
d’écrivain, à celui de responsable associatif catholique
pratiquant, conversant avec les autorités ecclésiastiques de ce
pays, fille aînée de l’Église. Génitrice de Maimonide et de
Rachi, la France, cette nation tant aimée, a permis l’éclosion
d’un grand qui se sentait si petit. Pas grand écrivain, pas
grand homme, grand donneur. Grand par l’amour, grand
par la gentillesse, grand par la dévotion, grand par la colère
aussi. Elle est toujours là, elle m’est toujours consubstantielle.
Comment ne pas être en colère de voir tant de personnes
seules dans les messes, comment ne pas s’étonner du peu
d’efforts de l’Église pour retenir ses ouailles non mariées
après vingt-cinq ans ? L’Église, on lui doit obéissance absolue.
Il est entièrement loisible de la quitter. Quand on décide
d’y rester, on respecte ses lois, ses us et ses coutumes. Ce
qui n’empêche pas le libre arbitre et l’activisme le plus
acharné. Mon combat d’aujourd’hui et de demain est de
faire accepter que la solitude doit être prise en compte par
l’Église officielle. Les efforts, la lutte sont personnels, mais,
dès lors qu’on franchit les portes du temple, les prêtres
12doivent non seulement accueillir mais favoriser le
jaillissement du feu. Je, nous, vous êtes le Corps du Christ, le
Corps de l’Église. À ce titre, en créant Petrus-Ensemble, je
me suis pleinement investi dans la mission. Pourquoi,
pourtant, tant d’efforts ? Je sais que le travail paie. Je le vois
tous les jours. Je vois comme, à force de coups d’épaule
dans les embrasures, les brèches s’agrandissent. Peut-être
est-ce vrai que, pour gagner son Ciel, il faut se battre plus
que les autres. En tous les cas, je ne suis pas certain que les
pages qui suivent seront accueillies avec bienveillance tant
elles peuvent celer ce qui y gêne le plus : le corps. Tout ce
qu’il inflige lorsqu’il fonctionne à l’envers. Je sais
pertinemment que Karol Wojtila a écrit de merveilleuses pages
sur l’amour humain, cependant que, tout pape qu’il fut,
il n’a pu faire changer en profondeur les mentalités, du
moins la mienne, en regard de ma propre expérience. Je ne
fais peut-être pas assez confiance. Peut-être ne me suis-je
pas encore assez abandonné à l’Amour infini du Christ.
Peut-être que les préventions, je les invente. Peut-être que
je ne subirai les foudres que des plus sectaires et que les
autres accueilleront avec plus d’amour encore le pêcheur
que je suis, pêcheur d’entre les pêcheurs. Car je n’attends
rien de plus que de m’inscrire à plein dans cette Église qui
m’a vu renaître. Baptisé bébé à Saint-Germain-des-Prés,
passé par le judaïsme, j’ai découvert l’amour de la Torah.
J’ai reçu ce don. Les rabbanim ont tous l’amour de la Torah
à la bouche. Mais je n’avais jamais réussi à le voir. Sans
doute étais-je trop enkysté dans l’exclusivité de moi-même.
Lorsque j’ai décidé d’étudier l’hébreu avec application, de
regarder les lettres, de déchiffrer, puis de parler, d’écrire,
une nuit, la porte de mon cerveau s’est ouverte à la lettre
13d’amour. Dans le dessin noir, ce dessin que l’on devine,
quand on observe le travail de Gérard Garouste notamment
à qui je n’aurai jamais de cesse de rendre ici un hommage
constant, aussi bien qu’à Gérard Fromanger pour m’avoir
aidé d’aimer la Vierge qu’il peignit pour le Palio, cet espace
blanc, immensité vierge et incomplète, inaccomplie dont
Dieu nous a donné la mission de l’emplir, oui, cet amour,
c’est le nôtre. Notre personne toute humaine est appelée
par l’Éternel à donner son amour à la lettre pour qu’ainsi
elle nous le renvoie avec toute la puissance du Livre sacré.
Mais je ne suis qu’un esprit faible. J’ai besoin que l’on me
dise l’Amour. Je ne suis que l’enfant de Thérèse. Je ne suis
pas l’adulte qui monte à la Torah. Et surtout, en tant que
juif catholique, catholique juif, j’avais infiniment le désir
de faire partie de cette élite que constitue pour moi le juif.
En lui-même, il renferme l’Humanité. J’ai réalisé alors que
c’était une responsabilité trop énorme. Je ne pouvais pas
avoir porté la culpabilité du fils aîné et, dans le même
temps, celle de l’homme qui ne parvient pas à remplir les
613 mitsvot. 10 m’étaient largement suffisantes. Et
SaintGermain-des-Prés était à côté de chez moi. Les pages qui
vont suivre ont été écrites dans le feu de la souffrance. Si
parfois, elles peuvent heurter, je veux ici préciser que ce
n’était pas pour épater le chaland, que je n’avais aucune
ambition littéraire, qu’il y avait ici un réel travail
psychanalytique bien plus que de l’autofiction construite. Dont
Deleuze dit fort à propos qu’elle ne vaut rien. Raconter « sa
petite histoire personnelle » n’a aucun intérêt. Pourquoi
alors accepter d’être publié ? Parce que, modestement, je
veux montrer que, même dans les affres les pires, il peut
surgir cette lumière que l’on cherche avec tant d’acharnement.
14La sortie existe. Je l’ai trouvée dans la religion, la pratique
relativement basique et répétitive de rites ancestraux dans
une Église monotone, une Église peu éclairée où tout a
conspiré à me fuir. Mais le Seigneur avait d’autres plans
pour moi. Si, aujourd’hui, je peux témoigner qu’Il fut
l’étincelle de ma résurrection, cela aura eu au moins ce
mérite. Car je me dois de dire qu’aujourd’hui, même si
mon état a évolué doucement, je rends grâce tous les jours.
À Marie, l’intercesseur personnifié. La Mère de toutes les
mères, celle à qui chacun peut confier ses peines et ses
espoirs. Elle les transmet à son Fils. Il est dit dans les
Écritures qu’un fils honorera son père et sa mère. Jésus est donc
obligé d’entendre sa mère et de vous apporter ce que vous
désirez, dans la mesure où vous vous engagez à marcher la
moitié du chemin à ses côtés. La suite, elle se fera dans ses
bras. Vous serez portés vers sa Grâce infinie, comme je le
suis. Bien entendu, ce chemin caillouteux et pentu passe
par la messe. Où que vous soyez, il y a toujours un prêtre à
proximité. Peu importe que vous soyez deux dans
l’assistance, l’Esprit saint est parmi vous. Deux, c’est le couple,
c’est le début de la famille. Je suis prêt, aujourd’hui, à en
former une. Il aura fallu en passer par tous ces mots qui
furent l’expression crue de maux. Je crois fermement que le
pire est derrière et qu’il ne me reste à vivre que les plus
belles années de ma vie. Que ce livre qui ne m’appartient
déjà plus soit pour vous la preuve vivante et sainte qu’il y a
toujours un jour après la nuit. Je souhaite ici remercier mon
père et ma mère, qui s’aimèrent jusqu’au bout. Que leur
amour, qui m’a fait, soit transmis à mes enfants à venir.
J’aimerais remercier ma fratrie, qui m’a supporté et que
j’aime au-delà de l’imaginable. J’aimerais remercier Julien
15Clerc, Philippe Tesson, Jean Leclercq, mes voisins, qui ne
se sont jamais plaints de mon comportement inadmissible
lors de la rédaction de ce livre. J’aimerais remercier les
femmes qui ont traversé ma vie et à qui je n’ai pu tout donner.
J’aimerais remercier les docteurs Vion et Olievenstein qui
m’ont sauvé d’une mort certaine. Je pense à eux au-delà de
leur disparition physique. J’aimerais remercier les familles
Ader et Solente qui furent toutes deux des piliers. Sans
elles, je ne serais pas celui qui parcourt ce clavier de ses
doigts habiles et rapides. J’aimerais remercier mes divers
employeurs, du France Soir de Jacques Malmassari à l’Udf de
François Bayrou. Rendre un hommage appuyé à
FrançoisXavier Verschave qui combattit la Françafrique avec
acharnement, même dans la maladie. Remercier les chevaux et
le Georges Benson d’All That Jazz d’exister et de chanter, de
courir sur la scène comme dans les prés. Embrasser avec
pudeur Jérôme Godefroy, pour son amitié constante. Dire
à Guy Birenbaum qu’il avait raison, je suis fait pour être
heureux ! Ce livre est dédié à deux personnes, celles qui
me sont le plus chères, Laurence Petit et David Alphand.
Le doigt de Dieu les a touchés ! J’avais dix mille signes pour
le préfacer, c’est fait.
Raphaël Ader
Paris, le 4 novembre 2009À Bénédicte Desforges, écrivain
I
De retour en littérature. Sans joie excessive. Mais sans
nostalgie non plus. Un petit tour de France, sans dopage,
de destinations du Sud, Fontaine-de-Vaucluse,
L’Isle-sur-laSorgue où j’ai été voir une amie, Marseille que je
découvrais, Bordeaux, Dax, Hossegor et enfin Bayonne. Que
retenir de ces premiers jours off depuis cinq ans ? D’abord,
que les étrangers, pas totalement partis, font un retour en
force en France. Que la passion sécuritaire franchit le
domaine du phantasme pur pour devenir une réalité. La
déresponsabilisation individuelle et collective avance à
marche forcée. Le dérèglement climatique est une réalité
sensible. Le soleil est bien plus dur qu’avant. Le naturisme
est en perte de vitesse à Hossegor, qui est devenue une
station balnéaire comme les autres. La bourgeoisie est
désormais obligée de se faire construire une piscine pour
ne plus avoir à frayer avec la racaille. L’esprit des fêtes de
Bayonne perdure-t-il, je n’en sais rien. Je n’en ai vu que la
queue de la comète. Ce n’est pas forcément glorieux. Des
affichettes dans la rue pour rappeler que le viol reste puni
par la loi ne me disent rien qui vaille. Discuté, dans le train
de retour, avec des « festayres » (remarquez les guillemets)
qui ne savaient même pas qu’il y avait des arènes à Bayonne.
17Mon misanthropisme s’est encore accru… Mehdi Savalli a
triomphé dimanche soir. C’est réconfortant de voir des
prénoms arabes là où on ne les attend pas forcément.
Conclusion provisoire de cette petite virée, je comprends
mieux pourquoi Sarko a été élu. Non que je ne le comprisse
pas avant. Mais l’air du temps est vraiment à droite.
Ce soir, Arte diffuse un film et des docs sur la période
hippie. Avec des accents nostalgiques assez prononcés. Il
serait séant de leur expliquer qu’il existe encore des
mouvements de par le monde (Rainbow, par exemple) où l’on
se réunit pour chanter, danser, communier avec la nature et
faire l’amour avec qui l’on veut.
Je n’ai pas lu le Cantique de la racaille de Ravalec. Mais son
titre m’inspire. Tout écrivain qui se respecte pille. Avale.
Goulûment. Ainsi, je recrache sous des formes pas toujours
adaptées à mon environnement immédiat des choses que
j’espère comprises dans quelque temps. Bizarrement, ce
livre n’a fait l’objet d’aucune propagande pendant la
campagne électorale. Ce que je reproche à la racaille n’est pas
tellement d’en être. C’est d’empêcher les gens aux mœurs
réellement alternatives d’évoluer avec leurs règles. La racaille
a fantastiquement épousé la société moderne. Elle ne jure
que par l’argent. En ce sens, on ne peut exclure une forme
de racaillisation de la finance, par exemple. C’est une
attitude qui consiste à donner toutes les apparences d’un retrait
de la société, tout en la suçant de son sang par des procédés
équivalents à ceux que la société emploie pour abêtir une
population toujours plus soumise.
18en eux toutes sortes de pollutions. Ils sont un indicateur
scientifiquement fiable de la teneur en matières toxiques de
l’eau. Il semble que je suis pareil à ces bêtes. La Nature a
choisi çà et là des hommes et des femmes témoins. Qui
concentrent en eux, dans un corps et un esprit sains, la
résultante des maux que la société fait subir à leur entourage.
On teste leur capacité de résistance, d’allant, de vivacité.
Je pourrai dire demain que c’est un délire paranoïaque. En
fait, non. Je n’en veux à personne. Simplement, maintenant,
je veux dégorger. Fini les toxines. L’expérience a assez duré.
Trouvez d’autres cobayes. Je veux retrouver celui que j’étais.
Je devrai grandir un peu en accéléré, mais peu importe.
Nettoyer tout ça et repartir. Au lit, là, maintenant. Par
exemple.
Ajout de dernière heure, cette note, contrairement à tout
ce qui peut pousser à le penser, c’est-à-dire du premier au
dernier mot, a été écrite sans adjuvant. C’est effrayant.Achevé d’imprimer en décembre 2009
sur les presses de la Nouvelle Imprimerie Laballery
58500 Clamecy
Dépôt légal : janvier 2010
N° d’impression : 912172
Imprimé en France

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Propofol

de editions-leo-scheer

Place Colette

de editions-leo-scheer

Fors intérieurs

de editions-leo-scheer

suivant