Rendez Sam

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Les Brigades rouges, qui ont ensanglanté l’Italie dans les années 1970, refont surface à Paris, aujourd’hui. Leur cible : le président de la République, objet d’un subtil chantage. Le commissaire Martucci, chef de l’antiterrorisme, est missionné pour désamorcer le piège. Il se heurtera successivement au Mossad, au terrorisme islamiste, à une ancienne maîtresse qui tentera de l’assassiner et à la puissance du politiquement correct. Sa peau de Corse mal léché en gardera quelques cicatrices.
Ce thriller haletant, sans temps mort, est aussi une passionnante exploration de la politique nationale et internationale, fondée sur des années d’enquêtes journalistiques et une connaissance approfondie des différents terrains où l’Histoire s’écrit.
Yves Mamou a longtemps été journaliste au Monde. Il est l’auteur de deux thrillers, Camelia.came et Une longue cuillère pour le diable, et d’un essai, Israël : Les Maladies des religieux.
Publié le : mardi 3 mars 2015
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782756106489
Nombre de pages : 320
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Yves Mamou
Rendez Sam



Les Brigades rouges, qui ont ensanglanté l’Italie dans
les années 1970, refont surface à Paris, aujourd’hui.
Leur cible : le président de la République, objet d’un
subtil chantage. Le commissaire Martucci, chef de
l’antiterrorisme, est missionné pour désamorcer le
piège. Il se heurtera successivement au Mossad, au
terrorisme islamiste, à une ancienne maîtresse qui
tentera de l’assassiner et à la puissance du
politiquement correct. Sa peau de Corse mal léché en
gardera quelques cicatrices.
Ce thriller haletant, sans temps mort, est aussi une
passionnante exploration de la politique nationale et
internationale, fondée sur des années d’enquêtes
journalistiques et une connaissance approfondie des
différents terrains où l’Histoire s’écrit.

Yves Mamou a longtemps été journaliste au Monde. Il
est l’auteur de deux thrillers, Camelia.came et Une
longue cuillère pour le diable, et d’un essai, Israël : Les
Maladies des religieux.


Illustration de couverture : Cédric Gérard (DR).


EAN numérique : 978-2-7561-0647-2978-2-7561-0648-9

EAN livre papier : 9782756103730



www.leoscheer.com RendezSamDUMÊME AUTEUR
Camélia.came,Stock,2008
Unelonguecuillère pour le diable,ÉditionsLéoScheer,2010
Israël:Les Maladiesdes religieux. Un regard décalé surle
conflit israélo-palestinien,ÉditionsLéoScheer,2011
©ÉditionsLéoScheer,2012
www.leoscheer.comYVES MAMOU
Rendez Sam
Thriller
ÉditionsLéo ScheerPour Dominique,Léah,Noé,Hugo,
monpremiercerclePROLOGUE
Leshuit membres du commando connaissaient la ciblepar
cœur.Ilsn’avaientmêmepaseubesoindereliresafiche.
La cibleétait de sexe masculin,denationalité iranienne,parlait
arabe, anglais et farsi,mesurait un mètresoixante-dix, portait
unepetitemoustacheetpesaitsoixante-quinzekilos.«Unpoids
plume,çasera facile», avait décrétéTrésor la première fois,
légèrement méprisant.«PoidsPlume»: le nom lui était resté.
Ainsisurnommaient-ilslacibleentreeux.
Lafichedécrivaitseshabitudes,toujourslesmêmes.PoidsPlume
ne sortait jamais sans qu’unetleplus souvent deuxgardes
du
corpsl’accompagnent.Ilnepratiquaitaucunsportetcontinuait
delimitersesdéplacementsàdesmotifsprofessionnels:université,centrederecherche,ministère.Lescoursesdanslesmagasins,
le cinéma, le restaurantlui étaient quasiinconnus. On ne lui
connaissaitpasdehobby.Ilneportaitvraisemblablementjamais
d’arme. La ficheprécisait quePoids Plume était atteintd’une
petite claudicationdueàune fracturedelajambemal recollée
pendantl’enfance.Cettelégèreinfirmiténel’avaitpasempêché
d’épouser uneravissantejeune femme,Soheila, professeurde
mathématiquesdanslesecondaire. Elle avait donné le jourà
deuxenfants.
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Plusieursphotos,lesmêmesqu’ilyavaithuitmois,accompagnaient
lafiche:lapremière,ungrosplan,révélaitunvisageagréableet
unregarddouxunpeuperdu.Ladeuxième,enpied,indiquaitune
silhouetteaffligéed’unlégerembonpoint.Lesautresmontraient
PoidsPlume en voiturefumantune cigarette fenêtre ouverte,
puis dans la rueaccompagnédeson garde du corps,dansun
amphithéâtreentraind’enseigneràl’universitédeTéhéran,ou
encore surune pelouse en train de jouer avec ses petitesfilles.
Danslesbasesdedonnéesconcernantlanomenklaturadurégime
iranien,PoidsPlumeoccupaitunepositionsingulière:iln’était
pasdanslepremiercercledupouvoiretn’avaitjamaisrencontré
l’Ayatollah AliKhamenei,à Qom.Iln’avait croisé le président
Ahmadinejadqu’àl’occasiond’unevisiteofficielleducentrede
recherche.Mais son salaire, ses gardes du
corps,lavoiturede
fonction,lesnotesdefrais,lamaisonqu’ilsoccupaientdansune
zonerésidentielledeTéhéranindiquaientclairementsonimportancepolitiqueetsociale.
—Encorelui,avaitditGeronimo.
—Ouais,c’estretouràlacasedépart,avaitrenchériCoyote.
—Faut passeplaindre lesgars, on nousdonne unechance de
rattraperlecoup,avaitplaidéPrincesse.
La réflexiondePrincesse avait clos lesdiscussions.Geronimo,
Princesse,Trésor…Dessurnomsbiensûr,qu’eux-mêmesutilisaient
pourprotégerleuridentitéetseprotégerlesunsdesautres.Faits
prisonniers,ilsnepourraientriendiredeleurscomplices.
TousavaientéchouéàtuerPoidsPlumehuitmoisplustôt.
Ilsavaientétéintroduitslesunsaprèslesautressurleterritoire
iranien.Ilsavaientmisdessemainesàacquériruneapparencede
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normalité:voyageursdecommerce,techniciensdel’industriedu
pétrole…Ilsserépartissaiententretroispiaulesquiappartenaient
àonnesavaitquidansdesimmeubleshuppés.Aprèsdessemaines
de filatureà Téhéran, en milieuparticulièrement hostile,ils
avaientréussiàacquérirunevisionglobaledesesdéplacements,
de ses rencontres.Ils avaient remarquéque le mardi,Poids
Plumequittaitlecentrederechercheversmidietrevenaitdéjeuner
àsondomicileavantderegagnerl’universitéoùildonnaituncours
à17heures.Princesse avait soudoyé un serveurdurestaurant
dans lequel,chaque mardi,legarde du corps allait acheterun
sandwich. Moyennant la promesse d’une nuit torride avec elle,
ilavaitintroduitunpuissantlaxatifdanslesandwichdugarde.
Unedemi-heureaprès,livide,celui-ciavaitdûpartirsesoulager.
Lorsqu’ilétait revenuàlavoiture, qu’ilavait pourconsignede
ne jamais quitterdes yeux,lechauffeur-garde du corps n’avait
même paspenséàinspecter le véhicule.Ils’était affalé surle
siègeavant et avait ferméles yeux.S’ilavait respectéles
consignes,ilauraitremarqué,scotchésouslechâssis,unpainde
plasticassortid’undétonateur.
PoidsPlume aurait dû mourir carbonisé en compagnie de ses
deuxgardes du corps,vers 16h15.À16h 55, il émergeait de
plus de quarante minutesd’embouteillagesetapprochait du
bâtiment de physique de l’université de Téhéran. Sa voiture
passait lescontrôles de sécurité et entamait lesmanœuvres de
stationnementàlaplacequi lui était réservée surleparking
de l’université.À 17 heures,ildescendait sans un mot. Il avait
parcouru cent mètres quandlesouffleleprojetacul par-dessus
tête surlapelouse.Assommé parlebruit, il sentitàpeine les
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brûlures surson dos.Legarde du corps demeuré au volant
mourutsurlecoup.CeluiquiaccompagnaitPoidsPlume,marchant
derrièrelui,souffritdebrûluresetcontusionsdiverses.Tousdeux
durent se racheter des vêtements. Le régime iranienfournità
PoidsPlumeunevoitureblindéeetunautregardeducorps.
L’échecdecetteexplosiontroptardiveavaitamenéladispersion
du commando et entaché la réputationdugroupe.Auretour,
touslesregardss’étaienttournés versC4,l’artificierdugroupe.
—C’estdingue!s’étaitbornéàdireC4.
Depuis,C4portaitcetécheccommeunecroix.Ilavaitmisencause
lescomposantsdudétonateur,lamauvaisequalité du plastic,
l’humidité ambiante…Personne ne répondait. Le plastic n’avait
pasexplosé,C4avaitmerdé,point.Chacunétaitresponsablede
sonboulot. Telleétaitlacultureprofessionnelleducommando.
C4 avait étéleseulàrelirelafiche de PoidsPlume en détail.
Comme s’ilavait du malàseconvaincre quel’homme était
toujours vivant.Maissurtoutparcequ’ilnecomprenaitplusce
qu’ilvenaitfairedanscette
galère.
Laconsignedonnéeauxhuitmembresducommandoavaitradicalement changé:Poids Plume ne devait plus mourir,bienau
contraire.Ilfallaitlecaptureretleramenervivant.
—Finalement,c’est unechance quetul’aiesfoiré la dernière
fois,ditGeronimoàC4,quijugeacetteironiedéplacée.
—Quandjepenseàlamanièredontonnousatraitésauretour
àcausedetoi!!Plusbasqueterre!ajoutaCoyote.
Princesse,comme chaquefois,désamorçalestensions.
—Ils disaient qu’on était tous des nuls.Etàqui ils refilent le
bébé?Auxmêmesnuls!
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Elleritetcalmalejeu.
Lechangementdestratégievis-à-visdePoidsPlumeavaitétéle
résultatd’unévénementinattendu,ladéfectiond’AbuKhattab.
Ce colosse extraverti, membre du puissant clan palestinien
DoghmushdeGaza, très impliqué dans le trafic d’armes et le
trafic de drogue,avait étéconvaincu de délaisser la mouvance
salafiste du JaytishalIslam au seindelaquelle il s’épanouissait
pourrejoindre le Hamas.Enéchange,ils’était vu promettrele
posteenviable de commissairedepolicedeKhan Younes.Il
n’aurait toutefois ce posteque s’ilacceptait de suivre une
formationpendantcinqmois,enIran.AbuKhattab,quimaniait
lakalachnikovcommepersonne,sedemandacequelesIraniens
pouvaient bien avoirà lui apprendre dans l’artdetuer, mais il
acceptalemarché. Il partit en Iran et,dansune caserne des
Gardiens de la Révolution, situéedanslabanlieue de Téhéran,
il appritlemaniement d’autres armesà feu,lapose d’engins
explosifs improvisés,les bases du close combatetdukaraté et
futmêmeaffectéàdesmissionsdeprotectionrapprochée.
Abu Khattab se vitainsi confier la mission de remplacer le
chauffeur-gardeducorpsdePoidsPlume.Unposteàhautrisque
comptetenudesconditionsdedécèsduprédécesseur,maisune
mission de confiance.LePalestiniendécouvrait un intellectuel
pourlapremièrefoisdesavie.PoidsPlumefutraviduchangement.
CetArabehautencouleurlechangeaitagréablementdesPasdarans
moroses et sans conversationqui lui donnaient le sentiment
d’êtreemprisonné.Chaquejour,AbuKhattabpassaitprendrele
chercheuràson domicile pourgagner l’université ou le centre
de recherche.Chaque jour, il suivait un itinérairedifférent.
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Chaquejour,ilaffirmaitàsonpassagerqu’iln’avaitrienàcraindre
ensaprésence.Etiltouchaitlepistoletmitrailleurdéposésurle
siègeàcôtédusien.
PoidsPlume ne savait quel créditaccorderàcette promesse de
sécuritémais,fauted’autrechoix,faisaitconfiance.Pourrompre
l’ennuidesembouteillages,ils’intéressaàlavieduclanDoghmush.
AbuKhattabenfuttouché.IlfélicitaPoidsPlumepourlaqualité
de son arabeets’épancha. Il n’évoquajamais le trafic
d’armes,
devoituresetdedroguedanslequelsesonclesetcousinsexcellaient.Enrevanche,il fitrevivre des clichésanciens de bergers
en saroual quipromenaient leur troupeaudechèvres vers des
pâturagesdeplus en plus réduits,depêcheursqui trimaient
dursurleurbarqueàl’essencerationnée,delamosquéedeGaza
Cityetdespetitscafésenvironnants,duhoumous,«lemeilleur
du monde», quel’on mangeait au restaurantdeson cousin
Ahmad et des enfantsinnombrables quiassuraient l’avenirde
la tribu. Ces souvenirs plongeaient Abu Khattab dans la
nostalgie,mais l’amitié naissanteavecPoids Plume lui rendait l’exil
supportable.
Le chauffeurpalestinienfut dépité d’apprendreàladernière
minuteledépartde PoidsPlumepourtroismoisauPakistan.Il
devintcarrémentfurieuxquandilcompritqu’ilneseraitpasdu
voyage.Lesservicesdesécuritéiraniensl’avaientécartéauprofit
d’unIranien,issudesrangsdesGardiensdelaRévolution.Estimant
queplusrienneleretenaitenIran,AbuKhattabrentraàGaza.
Là,ildécouvritquelefauteuildecommissairedupostedepolice
de Khan Younes queleHamas lui avait promis lui avait aussi
échappé. Il était occupé parunreprésentantd’unclan rival,un
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certain MohammedAli du clan Abd al-Shafi. Abu Khattab se
plaignitamèrementdespromessesmensongèresduHamasdans
touslescafésdeGazaCity.
Un soir, en regagnantson domicile,ilfut immobilisépar deux
hommesqu’il ne connaissait pas. Ils lui dirent qu’ilpouvait se
venger du Hamas et gagner de l’argent s’illesouhaitait. Ils lui
remirentuntéléphoneportableenluirecommandantd’appeler
lenumérouniquemémorisédanslescontacts.Comprenantqu’il
s’agissaitd’uneinvitationduMossadoudelaCIA,AbuKhattab
laissapasserquelquesjours.Ilfinitparappeler.Unefemmelui
réponditetlui donna rendez-vousà la tombée du joursur une
plageisoléedeGaza.Ildevaitvenirseul.L’hommequ’ilrencontra,
un Palestinien, portait la chemisecaractéristique des membres
del’OrganisationdesNationsuniespourlesréfugiés.AbuKhattab
mentionnasonséjourenIranetsesfonctionsdegardeducorps
auprèsdePoidsPlume,levoyageauPakistanetlesraisonsqu’il
avaitd’envouloiraussiauxIraniens.Iltouchapourcelaplusieurs
centaines de shekels. Il reçutpourmission de fréquenter les
cafés,d’ouvrirles oreillesetderaconter lesdétails de la vie
quotidiennedesresponsablesduHamas.
L’officiertraitantd’AbuKhattab,enraisondesesfonctionsdans
uneorganisationinternationale,était autoriséàquitterGaza
aussirégulièrementqu’illesouhaitait.C’étaitàcesmoments-là,
loin des yeux et des oreillesduHamas,qu’il rendait comptede
sesrencontresavecdifférentsinformateurs.Ilévoquaincidemment
la présence de PoidsPlume au Pakistan sans soupçonner le
séismequ’ilallaitdéclencher.Sessupérieursleconvoquèrentet
luifirentraconterdixfoisdesuitesonentretienavecAbuKhattab.
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Convaincusqu’ilnes’agissaitpasd’uneintox,ilsentreprirentde
pister PoidsPlume.Était-iltoujourslà-bas?Quandétait-ilparti?
Quandallait-ilrevenir?Aprèsdesrecherchesinformatiquessur
lesvolsaériens,plus la mobilisationd’uncertain nombre de
correspondantsenIranetauPakistan,les services de
renseignement acquirent la confirmationdudépart de PoidsPlume
pourKarachi.Ungardeducorps,membreéméritedesGardiens
de la Révolution, l’accompagnait. Ce dernier futreconnu des
servicesderenseignementscarilvoyageaitsoussonnompropre.
Informationcapitale:PoidsPlumen’étaittoujourspasderetour
en Iran.Letrouveretl’atteindre au Pakistan?Trop dangereux.
Àl’aéroportdeTéhéran? Pasimpossible,maisrisqué.
OùetquandPoidsPlumeallait-ilréapparaître?Lacelluledecrise
spécialementcrééepourrépondreàcettequestioncrachaassez
vitelaréponse:letandemallaitréapparaîtredansdeuxsemaines
et ferait escale moinsdevingt-quatreheuresàDubaï. Pourquoi
la cibleetson escorteallaient-ils passer unenuitàDubaï alors
qu’ilexistait des vols directsKarachi-Téhéran? Mystère.Poids
Plume descendrait-ilàl’hôtel ouàl’ambassade d’Iran? Les
mêmestechniquesd’espionnage électroniquerévélèrent une
doubleréservationauJumeiraHotel.Maisilpouvaitaussis’agir
d’unleurre.Untechnicienfutnéanmoinsdépêchépourréserver
lesdeuxchambres et lestruffer de micros.Lejourduretour
supposé de PoidsPlume,Princesse et C4 furent dépêchésà
Dubaïvia Londres poursuivre la cibledesadescented’avion
à
sadestinationfinale.
Leshuitmembresducommandos’envolèrentd’aéroportsdifférents,Chypre,Rome,Paris…Tousvoyageaientsurdescompagnies
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différentes,tousavaient apprislagéographie de l’émirat,
ses
voiesdecommunicationsurterreetsurmer,sonclimat,lecomportement des citoyens aux différentes heures de la journée,
connaissances souvent inutilesmais dont la fonctionétait de
calmerlesnerfs.Leurmissionavaitétéprécédéeparunintense
travail de préparation. Tous avaient répétéles pratiquesde
kidnappingdansdesendroitsfermés:aéroports,hôtels,centres
commerciaux.Ungrand hôtelavait étéréquisitionné pour
l’occasion. Leschambres,lacirculationduroom service,les
camérasà l’étage et dans le hall de réception, le balletdes
femmesdeménage…toutavait étéétudié.L’idée d’agir dans
l’aéroport futabandonnée:trop de camérasdesurveillance et
trop de policiers et soldats capables de surgir au moindre
dérapage.Idem pourlecentre commercial:lecadavre du garde du
corpsdéclencherait immédiatement la mobilisationdes forces
de policesansparlerdecelle des médias.L’enlèvement
aurait
lieuàl’hôtelouàlasortiedel’hôtel.
Desimprévusavaientétéimaginés,pourtesterlacapacitéd’initiativeducommando:lelavabobouchéqui inonde la chambre
de la cible, le client quisejette parlafenêtre au moment où le
commando passeàl’action, le couplequi se déchireenpublic,
l’ascenseurquitombeenpanneetmêmelecommandoterroriste
dontl’actionpourraitvenirperturbercekidnappingmûrement
réfléchi.Ilsavaientaussiétudiélacible,sonpassé,safamille,ses
amisetsonenvironnementprofessionneletpersonnelpourtenter
dedevinercommentilréagiraitfaceaudanger.Sejetterait-ilsur
un pistolet?Semettrait-ilàhurler? Obéirait-il sans discuter?
Chercherait-ilàs’enfuir?Etc.
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L’interceptions’effectueraitàdeuxaumoins.Discrétionoblige.
Unpourimmobiliserlacible,voirel’assommerencasdepanique.
Lesecondpourprêtermainforteetneutraliserlegardeducorps.
Pourcedernier,unPasdarananalphabètemaisforméaucombat
aucorpsàcorpsetd’undévouementàtouteépreuve,lasolution
s’était imposée tout de suite:une éliminationaussi rapide que
possible.Touslesmembresducommandoavaientétésélectionnés
suruncritèresimple:ungrandsang-froidpendantl’actionetune
sensibilité réduite aux dommagescollatéraux.Unautregroupe
dedeuxsetiendraitimmédiatementàproximité,encontactvisuel,
prêtàintervenirencas de besoin. Lesquatreautres
personnes
avaientàchargedegérerl’environnement,d’empêchertouteinterventionextérieure,voire d’attirer sursoi l’attentiondes forces
depolicepourmieuxpermettreaukidnappingderéussir.
PoidsPlumeetsongardearrivèrentcommeprévuvers20heures
àl’aéroport de Dubaï. C4, chemiseà fleurs et look de touriste
américain,les repéraà20h 45 en sortie de douane. Il informa
Princessepartéléphonequelacibleetsonangegardienvenaient
derécupérerleursbagagesetsedirigeaient verslestaxis.
—BiencomprisC4,jefonce.
Princesseraccrocha,tournalaclédudémarreuretsavoiturede
locationquittalentementleparcdestationnementendirection
de la stationdetaxis proche des arrivées.Lafile d’attenteétait
courte.LesdeuxIranienss’étaientimmobilisésunmomentsur
leseuildubâtimentdesarrivées.Malgrélanuit,unechaleurde
plombralentissait lesmouvements. Ils marchèrent lentement
verslatêtedestaxisetmontèrentdansuneMercedesclimatisée
quePrincesse et C4 prirent immédiatement en chasse.Lanuit
16MerciàLiliane Édery qui m’aguidédans les mystères
du comportementetdel’habillementféminins.
EtàDominique Erenfrid pour son insistancecritique
(hélas)toujoursfondée.

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