Résurrection

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Résurrection est le parcours d’un homme amnésique et peu commun, depuis son réveil brutal dans une ruelle d’un quartier mal fréquenté, où il renaît à une vie obscure et solitaire, jusqu’à l’instant de la révélation ultime où il comprend enfin ce qu’il est, et quel est son destin. Il s’agit d’un récit psychologique, teinté de fantastique, qui pose notamment la question de l’identité. En effet, celle-ci n'est pas forcément définie par nos actes passés mais d’abord par l’intuition profonde de ce que l’on est réellement. Avons-nous un fond immuable qui nous fera toujours agir de la même façon ou notre comportement est-il la résultante d’un simple conditionnement ?
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 125
EAN13 : 9782748133905
Nombre de pages : 213
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RESURRECTION
Karine PERIS Y SABORIT
RESURRECTION
ROMAN
Le Manuscrit www.manuscrit.com
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Karine PERIS Y SABORIT
A ma famille et à mes amis qui ont su m'épauler et m'encourager tout au long de ce merveilleux périple…
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Karine PERIS Y SABORIT
CHAPITRE 1 a pluie tombait sur son corps inerte. Son Lmal de l'eau qui cherchait avec frénésie long pardessus le protégeait tant bien que une issue lui permettant d'entrer en contact avec sa peau déjà glacée. Il était allongé là, sur le ventre, face contre bitume, son sang s'échappant de ses nombreuses plaies et s'écoulant rapidement dans les rigoles rugissantes de cette rue désespérément déserte de toute âme secourable. Seuls quelques rôdeurs venaient à passer, le regardant avec curiosité du coin de l'œil, revenant parfois sur leurs pas pour vérifier s'il ne possédait pas encore un peu d'argent ou un objet de valeur qui leur permettraient de régler une dette de jeu ou d'acheter un peu d'alcool afin de noyer le souvenir de leur existence sans but ni raison d'être. La nuit était profonde et paraissait infinie dans cet endroit sordide. Le soleil préférait certainement éviter de se risquer dans un quartier pareil. Le jour ne se lèverait peut-être plus par ici, il laisserait à la nuit le plaisir d'être l'unique spectateur de toutes les tragédies qui s'y déroulaient. Un clochard, édenté et nauséabond, s'approcha avec prudence de l'homme évanoui. Ses yeux méfiants fixaient tour à tour les deux extrémités de la ruelle, plissés en un rictus oculaire hideux dans l'effort fourni pour percer l'obscurité. Arrivé à sa hauteur, il se pencha au-dessus du corps et tendit sa main difforme afin de le retourner. Il était bien trop lourd pour lui, et, oubliant toute prudence et pensant
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certainement qu'il avait affaire à un corps sans vie, il s'arc-bouta sur lui et le poussa de toute la force que lui permettaient ses maigres bras. Il parvint ainsi à le mettre sur le dos et put fouiller ses poches à loisir. N'ayant pas plus de succès que ses prédécesseurs, il s'apprêta à repartir. Cependant, un regret le fit revenir sur ses pas : il n'avait pas déployé tant d'efforts pour repartir bredouille, il lui fallait prendre quelque chose, au moins un souvenir. Il inspecta les vêtements du blessé et choisit ce qui lui serait le plus facile à subtiliser : ses chaussures. Elles étaient usées et trempées mais c'était tout de même du grand luxe pour lui. Il s'éloigna donc, paré de ses nouvelles chaussures, mais arrêta de nouveau son geste. Il plongea sa main dans sa veste et en ressortit un long couteau de chasse, son vieil ami qui lui avait permis de subtiliser quelques vies pour permettre à la sienne de suivre son cours. Son existence n'était pas particulièrement en danger dans cette situation, mais il avait à cœur de garder un souvenir non périssable de cette nuit-là. Après tout, il pouvait vite se lasser de ces chaussures et en trouver de bien plus belles en d'autres occasions. Mais une chose ne se remplaçait pas, une chose qui pouvait enrichir la collection qu'il avait entamée quelques jours plus tôt et dont il était si fier. Il approcha sa lame, sur laquelle la lune, qui venait de se dévoiler, se reflétait avec une grâce frissonnante, tourmentée par les gouttes de pluie ruisselantes, du visage immobile et serein de l'inconnu et s'apprêta à l'énucléer. Il se sentit tout à coup saisi par derrière, ses rares cheveux capturés dans une poigne énergique et il vit avec horreur les yeux qu'il voulait s'approprier
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