Ronger un os

De
Publié par

Fils spirituel de Peter Falk, Kleber est un privé à la ramasse. Mais lorsqu’Irène Notman, impitoyable nageuse de piscine olympique, lui ordonne de partager le résultat de ses enquêtes passées, il flaire l’odeur du massacre et préfère rester dans son coin. Cerné par les flingues et les bazookas, et alors que les cadavres s’empilent comme des globules rouges dans une baignoire, son issue ultime réside peut-être dans la lumineuse apparition d’un ange déglingué, une luciole hors-concours, une reine du silence d’environ vingt printemps. Leur curieuse association sera-t-elle de taille à affronter tout ce que la Terre compte de fantômes sanguinaires?
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 236
EAN13 : 9782748182040
Nombre de pages : 177
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Ronger un os
Pascal Maud
Ronger un os
Polar
Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.comISBN : 2-7481-8204-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748182040 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-8205-7 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748182057 (livre numérique)
Ronger un os
« Lèverai-je ma bouche vers le ciel, hésitant et bredouillant avec une langue peureuse ? M’ouvrirai-je la poitrine pour taper dessus comme sur un tambour et attirer l’attention de mon Christ ? Ou n’est-ce pas plutôt préférable et plus rai-sonnable de mettre mon chapeau par là-dessus et continuer mon chemin ? Il y aura moultes confusions, il y aura fa-mine ; il y aura une solitude que seules mes larmes pourront consoler comme autant de petits oiseaux mouillés tom-bant soulager mes lèvres sèches. Mais il y aura aussi parfois consolation et beauté, beauté comme l’amour d’une fille dispa-rue. Il y aura des rires, mais avec beau-coup de tenue le rire, et on attendra tranquillement dans la nuit, et on aura doucement peur de la nuit comme d’un prodigue et taquin baiser de mort. » John Fante,Demande à la poussière
7
Nuit magique
Ronger un os
MARCUSKLEBER
Cette histoire est un policier, l’histoire d’une autoroute avec des lumières, Mars en rouge quelque part et les années 80 en fond de voiture à cause de la radio. Une rangée verte de pompes à essence surgit soudain, puis disparaît. Pas la peine de forcer, ça marche tout seul. Ça oscille. J’étais rentré avec cette fille qui m’avait dit « viens à la maison. » Chiche. Et en plus d’avoir des peignoirs par paires, son appart donnait sur des hauteurs pleines de loupiotes bleues. Ces collines pas cramées ressemblaient au survol d’un aéroport. Son sommeil était tout sauf se-rein, se battre sans cesse et convulser, en filant des coups au placo, ses cigarettes posées sur la table basse dans un contre-jour livide de volets mal fermés. J’étais dehors avant le matin. Je crois lui avoir jamais dit comment je m’appelle. Après c’est simple, entre deux lambeaux lu-mineux, j’ai réintégré ma cabane. C’est une
9
Ronger un os
plage dans le coin et j’y ai mes quatre murs. Les pieds dans le sable. Ça m’avait pris dans une pé-riode misanthrope, et impossible ensuite de s’en débarrasser. Orages, cyclones trempés, écume coupante mais sans falaises. Elle, l’autre, je l’ai trouvée tranquille sur le perron à mater l’horizon. Elle m’a même pas calculé quand je me suis approché de la porte et que j’ai fait sauter le loquet de la serrure. Son vélo était renversé sur le sable à un mètre d’elle. Je suis entré, j’ai laissé mes affaires, et quand je suis revenu elle avait pas bougé d’un pouce. La vue je la connaissais déjà, inutile de faire l’innocent, mais je me suis assis à côté. Pas de réaction. Ce n’était pas le moment pour me remettre à fumer. Donc je me suis concentré sur un bout de peau, et je dois bien avouer que la forme de ses seins me donnait la chair de poule. J’ai tenu environ dix minutes, puis j’ai pensé à autre chose. Le jour était du style fainéant. Mais on était peinard ici : avant d’atteindre la plage, il fallait se farcir deux kilomètres d’escaliers raides et sinueux. On a les supplices qu’on mérite. Elle avait les cheveux châtains, noués dans un chi-gnon vague, elle n’offrait que son front et son profil, mais je commençais à m’y habituer. Elle devait être majeure – j’en avais rien à cirer en vérité, elle donnait envie et j’allais devoir m’en
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.