Rousse !

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Quand l'Odyssée d'Ulysse se mêle de nos jours à la beauté d'une rousse et d'une belle asperge, le cœur de Philippe vacille au gré des humeurs du dieu Pluton. Une aventure homérique des temps modernes jusqu'aux bas-fonds, la pègre, la peur, la mort et l'amour.

Publié le : lundi 20 juin 2011
Lecture(s) : 256
EAN13 : 9782304007787
Nombre de pages : 333
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Titre
Rousse !
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Titre Thierry Le Gall
Rousse !
Polar
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00778-7 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304007787 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00779-4 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304007794 (livre numérique)
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Rousse !
ROUSSE!
Rousse ! Je ne voyais que cette couleur dans mes rêves ébouriffés. Au réveil, les draps froissés trahissaient la sueur, celle d’une rousse au fantôme érotique. Toutes ses parties imaginées n’avaient plus de secret. D’un œil éclairé au milieu de la nuit moite, j’avais inspecté ses moindres recoins. A tel point que j’en pleurais de foutre. Un désert de dunes, de fameuses lignes courbes à perte de vue, sur lesquelles mon corps fantasmait, glissait dans une infime jouissance. La première cigarette du matin sonnait le glas de ma solitude. Assis sur le lit des ébats interdits, je reprenais conscience des espaces vides. La solitude, quelle compagne cruelle ! Elle creusait le trou entre moi et ma rousse, me parlait à moi-même avec l’écho en arrière fond crânien. Je pissais de tristesse et me lavais de mon infortune. Le petit noctambule ratatiné reflété dans la glace, cette réplique affligée de nuits secrètes ne me ressemblait pas. Il y avait imposture. Je méritais mieux que la masturbation et les profils bas.
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Rousse !
L’évidence s’ouvrait tel un verdict. La rousse devait finir dans mon lit ou ne plus exister au travers de mes draps. Marianne était une jolie poupée aux longs cheveux ondulés, dont la rousseur sombre marquait les esprits. Le regard oblique, qu’elle m’adressait quand elle se retournait subrepticement, me chamboulait. J’en perdais le contrôle jusqu’à rougir comme la plus sotte des tomates. Comment interpréter son sourire retenu ? Soupçonnait-elle mes travers nocturnes ? Savait-elle que j’avais spolié sa vertu des centaines de fois, avec une telle discrétion qu’elle n’en portait aucuns stigmates ? Et néanmoins, tous les fantasmes les plus inavoués s’étaient mêlés à ses formes envoûtantes. Comment lui dire qu’il ne manquait plus que sa conscience et sa chair dans notre lieu de dépravation ? Ce jour-là, je décidais de me montrer plus attirant que d’ordinaire en forçant la dose des attitudes. Ma fausse timidité d’orgueilleux m’empêchait d’aller jusqu’à l’abordage. Qu’importe, elle mordit à l’hameçon. Elle me sourit, puis sourit encore, une éternité, jusqu’à ce que mes lobes d’oreille se gorgent de sang et tombent sur les épaules. Elle se détacha de ses copines, s’avança dans ma direction. Mes oreilles empourprées viraient du vermillon au
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