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Rue de Rivoli, Journal (1966-1972)

De
258 pages
À trois ans, je me savais un écrivain. Je l'étais avant de naître.
Des pages ardentes et vivaces de ce journal jaillit un véritable récit, celui d'années captivantes dans la vie de Viviane Forrester.
Rue de Rivoli vibre la ruche où travaillent, se révèrent, se combattent Viviane et le peintre John Forrester, si liés, seuls ensemble parmi les autres. Heures amoureuses, affres de la rupture.
Rue de Rivoli – ou comment se vit jour après jour la passion d'écrire, de faire tout parler, même les virgules. Comment se publie un premier livre. Comment résonnent des lectures et des lectures commentées avec une acuité surprenante. Comment tant d'enjeux émouvants, tant de voix, de silhouettes, tant d'autres destins viennent s'inscrire dans une seule destinée.
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AINSI DES EXILÉS, ôman, Dénôë (côéctîôn «Lés éttés nôûéés»), 1970,  Fôîô n° 1672. LE GRAND FESTIN, ôman, Dénôë (côéctîôn «Lés éttés nôûéés »), 1971. VIRGINIA WOOLF. Téxté é cînq mîssîôns sû Fancé Cûtûé, Qûînzaîné îttaîé, 1973. LE CORPS ENTIER DE MARIGDA, ôman, Dénôë (côéctîôn «Lés éttés nôû- éés »), 1975. VESTIGES, ôman, Séûî, 1978. LA VIOLENCE DU CALME, éssaî, Séûî, 1980. Pôînts n° 169. LES ALLÉES CAVALIÈRES, ôman, Béfôn, 1982. VAN GOGH OU L’ENTERREMENT DANS LES BLÉS, bîôgaphîé, Séûî,  1983. Pôînts n° 252. (Pîx Fémîna é ’éssaî 1983.) AMSTERDAM, éssaî, «L’Eûôpé és îés êés », Aûtémént, 1986. L’ŒIL DE LA NUIT, ôman, Gassét, 1987. MAINS, éssaî, Sgûîé, 1988. Mîé ét ûné nûîts. CE SOIR, APRÈS LA GUERRE, cît, Lattès, 1992. Faya, 1997. Lîé é Pôché  n° 9586. «Bîbîôthèqûé és ôîx», CD aûîô, Éîtîôns és Fémmés. L’HORREUR ÉCONOMIQUE, éssaî, Faya, 1996. Lîé é Pôché n° 14601. (Pîx  Mîcîs é ’éssaî 1996.) UNE ÉTRANGE DICTATURE, éssaî, Faya, 2000. Lîé é Pôché n° 15130. AU LOUVRE AVEC VIVIANE FORRESTER :«LA VIERGE À L’ENFANT AVEC SAINTE ANNE ». LÉONARD DE VINCI, éssaî, Sômôgy/Mûsé û Lôûé,  2000. LE CRIME OCCIDENTAL, éssaî, Faya, 2004. MES PASSIONS DE TOUJOURS, VAN GOGH, PROUST, WOOLF,ETC., éssaî,  Faya, 2006. VIRGINIA WOOLF, bîôgaphîé, Abîn Mîché, 2009. (Gôncôût é a bîôgaphîé  2009.)
r u e d e r i v o l i
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G A L L I M A R D
© Éditions Gallimard, 2011.
Pour Gaston. Pour Edgar.
30 juillet 1966
1966
Les statues insérées dans le mur du Louvre, nombreuses, diverses, si amusantes. Ce mur timbré de sculptures, où le soleil joue un peu tristement rue de Rivoli, face au salon. Quelle beauté. Et rue de l’Échelle, tout à l’heure, l’éclat dans une vitrine d’un grand cahier doré.
2 août Une longue, importante conversation avec John dans son atelier. Je le regardais, il devient comme de la pierre et ses yeux bleu glacier. Une statue, la force, la présence d’une statue. Il me disait avoir eu sa raison de vivre il y a sept cents ans jusqu’à il y a cent ans, « Nous sommes des dinosaures », et que le peintre était autrefois les yeux, les oreilles de l’uni-vers. Aujourd’hui, dit-il, c’est la science.
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15 août Cette chambre que j’aime tant. Son calme, mes cahiers, mes livres. Par la fenêtre beaucoup de ciel et des murs très blancs, silencieux, lointains ; la cloche de Saint-Roch par-delà. Ce côté monacal. Ce côté provincial. Jeanne K. dit m’avoir décrite à une amie, qui s’est écriée : « Mais c’est Marie Grubbe ! » Marie Grubbe, rebelle sans ostentation mais fondamentalement, irréductiblement rebelle dans le beau livre calme et strident de Jacobsen. Saurai-je faire quelque chose de cela, le mettre à la lumière, au jour, à la nuit ?
16 août Kafka, leseul. Si calme. Sa tristesse adéquate. Ailleurs, les autres : affèteries.
17 août Ce livre que je fais devenir, ne pas l’interrompre ni le lais-ser en plan comme j’en ai l’habitude avec mes manuscrits. Vient d’y surgir Rochting, ce gros homme en quarantaine sur une plage après la guerre. Un homme dégradé et qui fut collabo. Rochting, ventripotent, damné, qui avait peur et froid, cri-minel, frissonnant sur une plage. La plage de Scheveningen. La mer grise, livide, indolore et le froid, le froid du vent frôle la peau, pour se perdre aussitôt vers l’étendue, les dunes. Faire entendre du livre ce qu’il ne contient pas.
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