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Sales instincts

De
319 pages
Grand amateur d'Apollinaire, Gabriel Salzenstein se morfond dans son agence de détective. Un vieil ami de son père l'y a embauché à son retour d'Israël où, n'ayant pas réussi son intégration, il a laissé une ex, guère accommodante, et une fillette de dix ans. Enchaîner de monotones filatures pour le compte de cocus vindicatifs n'est pas vraiment sa vocation. Jusqu'au jour où, une cliente l'ayant chargé d'identifier la maîtresse de son mari, il tombe sous le charme de celle qu'il est en train de pister. Cas de conscience douloureux. Pas pour longtemps. Des macchabés intempestifs viennent brouiller le jeu. Voilà qu'une morte, dont il a pourtant vu le cadavre partir à la morgue, a l'air de donner de ses nouvelles. De quoi perdre les pédales…
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Titre
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Jean Nedjari
Sales Instincts
Polar urbain
Éditions Le Manuscrit
Illustration de couverture : La chambre blanche, © Erwann Malle
© Éditions Le Manuscrit 2009 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02022-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304020229 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02023-6 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304020236 (livre numérique)
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Titre À ma sœur de plume dont les ciseaux trop indulgents ne taillent pourtant point à la légère.
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Petite biographie de l’auteur
I
Vite, décrocher, trucider cette sonnerie à prétentions musicales. Où sont les bons vieux drelins du temps où j’étais gosse ? Rançon d’une quarantaine qui se tasse, les débuts d’après-midi deviennent difficiles. Les digestions se font somnolentes et le rata de chez Germaine, le bistro du coin, n’est pas le fin du fin, question cuisine légère. Ma tête commençait à dodeliner sur un dossier sopo. J’articule un « oui » cotonneux. – Gaby ? Une cliente, tu peux la prendre ? Sam est occupé et le patron et Albert sont sur le terrain. Sur le terrain… En même temps que mes reflux gastriques, remontent mes cours d’archéologie en Sorbonne. Un binoclard rassis nous bassinait avec « ses collègues sur le terrain ». Dans ma caboche rétive, galopaient illico sur un terrain de foot de vieux barbichus à chaussettes bariolées et godillots à crampons. Le tableau refait surface, Albert et Joseph dans le rôle. Ma
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Jean Nedjari
rêverie silencieuse agace la secrétaire au bout du fil. – Alors oui ou non, je peux te l’envoyer ? Mentalement, encore dans le coltar : « Bien sûr que je peux me l’envoyer ». Pareille potacherie, à mon âge ! Somnolence ou pas, comment dire non ? – OK, Cat, fais-la monter. La rencontre avec un nouveau client est le seul truc qui me chatouille un poil dans ce boulot consternant, si loin de ma vie d’avant. Plutôt jouissif de voir un type vous déballer sa crotte avec des embarras poussifs de confusion. Voyeur – et sadique – derrière la glace sans tain de l’alibi professionnel. Faut savoir se contenter de peu. L’émotion commence toujours à picoter juste avant, dès les pas dans l’escalier. Rien de meilleur au fond que l’attente où mille possibles s’offrent aux chimères ; même si elle est la plupart du temps déçue. Encore plus excitant quand c’est une nana, non ? Celle qui entre en scène, après les trois coups rituels à ma porte, est une fausse blonde plantureuse, même décennie que moi, maquillée bon goût, avec ce chic conventionnel des quartiers rupins : de l’assurance, du fric qui se soupçonne au cou et aux poignets. Pas le genre qui me branche. Pourtant, surmontée d’une tronche potable, toute paire de lolos déclenche chez moi l’envie fugace d’une aventure. Pas que
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