Scalpel

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Existe-t-il un lien entre les agressions sauvages perpétrées contre deux membres du personnel du centre hospitalier de la ville ? Obligée d'enquêter dans toutes les directions, l'équipe de Charlie Resnick passe au crible la vie privée des victimes, hésite entre plusieurs suspects et se perd en conjectures face à un milieu médical enclin au secret, voire à la dissimulation... Jusqu'à ce que l'agresseur frappe à nouveau et assassine cette fois une jeune étudiante apparemment sans histoires. Orientée de manière décisive, l'enquête s'achemine alors vers un terrifiant secret... Opus 3 de la saga Charlie Resnick, Scalpel nous remet en présence de personnages à l'exceptionnelle dimension humaine, familiers aux lecteurs de Ceurs solitaires et des Etrangers dans la maison,et nous replonge dans l'univers noir de John Harvey.
Publié le : mercredi 25 novembre 2015
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EAN13 : 9782743633929
Nombre de pages : 412
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Présentation

Existe-t-il un lien entre les agressions sauvages perpétrées contre deux membres du personnel du centre hospitalier de la ville ? Obligée d’enquêter dans toutes les directions, l’équipe de Charlie Resnick passe au crible la vie privée des victimes, hésite entre plusieurs suspects et se perd en conjectures face à un milieu médical enclin au secret, voire à la dissimulation… Jusqu’à ce que l’agresseur frappe à nouveau et assassine cette fois une jeune étudiante apparemment sans histoires. Orientée de manière décisive, l’enquête s’achemine alors vers un terrifiant secret…

Opus 3 de la saga Charlie Resnick, Scalpel nous remet en présence de personnages à l’exceptionnelle dimension humaine, familiers aux lecteurs de Cœurs solitaires et des Étrangers dans la maison, et nous replonge dans l’univers noir de John Harvey.

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Remerciements

Le texte figurant en page 135 est tiré de Monkey Links : A Love Poem, de David Kresh, publié dans Slow Dancer 21 (Slow Dancer Press, 1988) et reproduit avec l’autorisation de l’auteur.

1

Il songeait à Karen, en train d’attendre dans une chambre à deux pas de l’hôpital. Fletcher l’imaginait dégustant un second verre de vin et regardant sa montre par intermittence pour tromper l’attente. Il avait fait sa connaissance deux mois plus tôt à un bal, et la première fois qu’elle s’était déshabillée devant lui, il lui avait dit qu’elle était parfaite. Comme ça, sans le vouloir. Les mots étaient sortis naturellement.

Parfaite.

– Vous avez l’air plus mort que vif.

Instantanément, la voix le ramena à la réalité et il leva les yeux vers l’infirmière en face de lui qui tirait sur sa blouse d’uniforme là où elle bâillait légèrement par-dessus sa ceinture.

– Merci, dit Fletcher.

Sarah Leonard sourit.

– La nouvelle admission…, commença-t-elle.

Fletcher cligna des paupières et fit un effort pour se concentrer. Sur les dernières vingt-quatre heures, il n’en avait passé que trois à dormir, ce qui faisait onze heures de sommeil en tout dans les trois jours écoulés. Il se sentait guetté par les troubles hallucinatoires.

– Probablement une attaque d’apoplexie, poursuivit Sarah. C’est un voisin qui a prévenu la police. Le type a passé deux jours affalé sur le carrelage de sa cuisine.

– Quel âge ?

– Dans les soixante-dix ans.

– Je m’en occuperai demain matin.

– Il lui faudrait une perfusion dès ce soir.

– Vous pouvez vous en charger.

– Vous savez aussi bien que moi que c’est contraire au règlement.

Fletcher sourit :

– Je fermerai les yeux.

Elle lui rendit une parcelle de sourire d’un simple pétillement du regard. À l’autre bout de la salle des urgences, un malade enchaînait des quintes de toux caverneuse avec la régularité d’un métronome ; plus près d’eux, un gamin au visage treillissé d’agrafes pleurait en silence ; d’un peu partout montaient et retombaient par intervalles des voix plaintives, murmurant inlassablement le même mot, comme une litanie : « Infirmière… »

– Bien, madame l’Infirmière, soupira Fletcher d’un ton moqueur et faussement solennel.

– Merci, docteur.

Elle le laissa passer le premier et lui emboîta le pas.

***

Le patient vivait seul au douzième étage d’une tour et il avait fallu deux ambulanciers et un agent de police pour l’acheminer par l’escalier, l’ascenseur étant tombé subitement en panne. À présent, il gisait sur le dos, enveloppé dans une couverture, le teint grisâtre, les jambes et les chevilles enflées. Il devait peser dans les cent kilos.

Du dos de la main, Fletcher donna quelques claques sur l’intérieur de l’avant-bras pour faire affleurer une veine, sans succès. À l’adiposité du patient s’ajoutait l’état d’hypothermie consécutif au choc.

– Plus grand-chose, là-dedans, marmonna-t-il en retournant le bras du vieillard.

Sarah hocha la tête, l’œil rivé sur l’aiguille, attendant de pouvoir régler la pression du garrot.

– Je vais essayer le dos de la main, dit Fletcher.

Il ouvrit grands ses yeux puis plissa les paupières pour concentrer son regard. La pointe de l’aiguille piqua le bord de la veine, mais passa à travers.

– Merde !

Il se redressa légèrement et marqua un temps avant le deuxième essai. Derrière eux, le catarrhe qui s’était déclenché quelques minutes plus tôt continuait de plus belle.

– Vous arriverez à vous débrouiller ? demanda Sarah.

– Tout de même.

D’un geste précis, elle serra le garrot et s’éclipsa. Cette fois, Fletcher trouva la veine, mais manqua de réflexe pour relâcher le garrot et un peu de sang gicla avant qu’il n’obture l’autre extrémité du cathéter, éclaboussa ses mains et sa veste blanche, puis commença à se répandre à grosses gouttes sur la couverture.

S’en retournant, il croisa Sarah qui revenait vers le lit du vieillard.

– Un litre de chlorure de sodium toutes les vingt-quatre heures, dit-il sans ralentir le pas.

– Où allez-vous ? demanda Sarah par-dessus son épaule.

– Je rentre.

Elle récupéra l’aiguille souillée, abandonnée telle quelle près du bras du malade, et la déposa en soupirant dans la corbeille prévue à cet effet. Sur la couverture, les taches de sang lentement absorbées par les fibres s’élargissaient à vue d’œil. Il allait falloir changer le lit. Calmement, Sarah termina d’abord d’installer la perfusion.

***

Courbé au-dessus de l’évier, Fletcher s’aspergea le visage à l’eau froide. La glace lui renvoya le reflet d’une espèce de troglodyte vaguement hirsute, le teint blême, l’expression hébétée. Il hésita un instant à se raser, songeant au contact râpeux de sa barbe naissante sur la peau de Karen, mais jugea finalement qu’il était plus urgent de rentrer avant que la jeune femme ne se lasse de l’attendre. Il allait même l’appeler avant de partir, pour prévenir qu’il arrivait.

Une dernière fois, il passa ses mains sous le robinet, lissa quelques mèches rebelles et enfila prestement un anorak molletonné bleu par-dessus sa demi-blouse d’interne.

Pour une fois, il avait trouvé inoccupée la cabine située près de la sortie ; mais personne ne semblait vouloir se décider à décrocher le téléphone collectif de la maison où habitait Karen. Il abandonna au bout d’une dizaine de sonneries et se hâta vers l’escalier qui donnait accès aux niveaux supérieurs, chaussant les écouteurs de son Walkman tout en gravissant les marches. Le duo du dernier acte de Manon débuta à l’instant précis où il franchissait la première d’une série de portes à deux battants menant vers le pont piétonnier qui surplombait l’anneau formé par la route, entre la sortie du souterrain et le croisement à niveau reliant l’hôpital à l’université et aux zones résidentielles tout autour.

Fletcher identifia immédiatement le parfum caoutchouteux familier flottant un peu au-dessus du sol, tandis que le volume poussé à fond de son baladeur stéréo digérait le crissement de ses souliers. Il retrouva le même air vicié, la même chaleur éternellement préservée d’un bout à l’autre de l’année quelle que fût la température extérieure.

Les mains enfouies au fond des poches de son anorak, il avançait d’un pas mal assuré, frôlant par intermittence la titubation d’ivrogne, au gré des éclaboussures de lumière jaune et blanche renvoyées par les phares des voitures à travers le verre grillagé des parois. De chaque côté, les murs étaient constellés d’affichettes annonçant toutes sortes de manifestations, du meeting politique à la course de voitures d’enfant le long du canal.

Subitement gagné par un regain d’énergie, Fletcher se mit à chanter – faux – pour accompagner la musique. Si les choses continuaient de prendre bonne tournure avec Karen, il achèterait des billets pour l’Opera North le mois prochain et tâcherait de se ménager un ou deux soirs de liberté. Si les choses se confirmaient… Sans qu’il y prît garde, la porte de l’escalier donnant sur la rue s’ouvrit derrière lui.

Il ne lui restait guère qu’une quinzaine de mètres à parcourir et il n’entendait toujours rien du pas saccadé des semelles de crêpe accélérant discrètement dans son sillage. Chose étrange, il s’était mis à songer, non plus à Karen, mais au regard mi-souriant, mi-accusateur de Sarah Leonard, lorsqu’il sentit enfin la présence derrière lui. Une vague lueur réfléchie par le panneau de verre de la porte devant lui le fit se retourner, juste à temps pour voir la lame s’abattre sur lui dans un éclair orangé.

La violence du choc lui fit perdre l’équilibre et il partit de côté, tête la première entre les deux battants de la porte, pensant tout d’abord – le temps pour la douleur aiguë de se mettre à rayonner – n’avoir reçu qu’un coup de poing. Il avait perdu les écouteurs dans sa chute et Massenet ne fut plus qu’un grésillement lointain. Instinctivement, Fletcher leva une main en avant de son visage pour parer le second coup porté par l’agresseur. La lame trancha au plus profond de la paume et se retira dans un sifflement.

Sans savoir comment, Fletcher parvint à se relever et s’élança, aussitôt fauché par un croc-en-jambe. Sa tempe alla heurter de plein fouet le verre grillagé, laissant un impact en forme d’étoile. Il donna une ou deux ruades dans le vide avant de se ramasser sur lui-même et de foncer vers les portes qui donnaient sur la rue, mais ses jambes se dérobèrent sous lui une nouvelle fois et sa joue gifla le sol avec violence. Par-dessus le ronronnement sourd de la circulation au-dehors, il percevait la respiration rauque de son agresseur. Surmontant la terreur qui l’envahissait, il tourna la tête et, malgré le sang qui lui brouillait la vue, distingua une forme en mouvement. Un pull et un passe-montagne noirs. Une main gantée. Fletcher se mit à hurler et tenta dans un dernier sursaut de ramper à nouveau vers la porte. L’arme blanche pénétra dans sa cuisse et commença de couper à vif dans les chairs, en direction du genou.

***

Karen Archer retourna la bouteille vide avant de la déposer dans la poubelle et éteignit le téléviseur portable. Le temps qu’elle descende au rez-de-chaussée pour répondre au téléphone, le correspondant avait raccroché. C’était probablement Tim qui avait voulu la prévenir de son arrivée imminente et s’excuser d’avoir été retenu encore une fois.

– Il faut s’y attendre, quand on sort avec un interne, lui avait glissé une de ses amies étudiante en médecine.

– S’attendre à quoi ?

– Justement. À pas grand-chose.

Sur le coup, elle avait trouvé ça drôle.

La dernière fois que Tim Fletcher lui avait rendu visite, il s’était endormi dans les dix minutes. Elle lui avait ôté le reste de ses vêtements, l’avait enveloppé dans le duvet et était sagement restée assise à côté de lui, emmitouflée dans deux gros pulls, à lire Eliot. Qui lui non plus n’était pas précisément un roi du rire.

Karen alla chercher un paquet de cigarettes au fond de son tiroir de lingerie, mais finit par le remettre en place au désespoir de trouver la moindre boîte d’allumettes. De toute façon, si c’était bien Tim qui avait tenté de l’appeler, il n’allait pas tarder.

Elle chaussa ses bottines en daim, décrocha le manteau en poil de chameau pendu derrière la porte – un cadeau utile déniché par sa tante dans un magasin Oxfam de Richmond –, prit ses clés et descendit l’escalier en évitant soigneusement la marche sans giron. En allant vers le pont, elle était pratiquement sûre de le rencontrer.

2

– Une autre, Charlie ?

– Pas raisonnable, fit Resnick en secouant la tête. Je ferais mieux de penser à rentrer.

– Bien, chef, répondit Frank Delaney avec un regard en dessous, tout en se penchant au-dessus du bar pour verser une Guinness fraîche dans le verre du détective inspecteur.

– Tout le monde ne démarre pas à la même heure, fit remarquer Resnick.

La pendule murale, à gauche de la petite scène, marquait l’autre côté de minuit.

– Je veux, mon neveu, acquiesça Delaney, goguenard. Moi, après-demain, j’aurai même pas à démarrer du tout.

Il leva son verre et sourit,

– À la retraite anticipée, Charlie.

Les deux hommes trinquèrent, Resnick ne s’accordant qu’une parcimonieuse gorgée.

– Il te reste combien de temps, Charlie ?

– Tu veux dire, avant la retraite ?

– Ça ne devrait plus être long, maintenant.

– J’ai encore de quoi m’amuser.

Resnick se représentait la chose sous la forme d’une mer qui s’étendait devant lui, moutonneuse et hostile, qu’il fallait prendre chaque matin et par n’importe quel temps, en répétant inlassablement les mêmes mouvements vains pour se donner l’illusion d’agir. Pour ne pas se laisser couler sans rien faire.

– Demain matin, 11 heures, annonça Frank Delaney, je serai à la banque avec mon plus beau costard et je serrerai des paluches. Puis on me tendra un stylo à plume de vingt-quatre carats et, quelques minutes plus tard, je ressortirai avec un chèque d’un million de livres. Qu’est-ce que tu dis de ça, mon vieux Charlie ? Pas si mal pour un fils de rien sorti de l’école à quatorze ans aussi ignorant qu’il y était entré, avec le cul qui passait à travers son fond de culotte. Enfin, moi, je trouve.

Tout en sirotant sa bière, Resnick parcourut la pièce du regard. Quand Frank Delaney avait acheté cet endroit – cela devait remonter à une dizaine d’années, au moins, peut-être un peu plus –, il se résumait à quatre murs encadrant assez d’espace pour permettre aux ivrognes de tomber sans bousculer le voisin. Frank avait lui-même agencé son décor, choisi les tapis et fait installer des banquettes de cuir sombre, quelques lustres et tout un bric-à-brac de faux mobilier victorien. Les week-ends, il organisait de petits spectacles de music-hall et, en se faisant juste un peu prier mais pas trop, poussait quelquefois la chansonnette au micro, entraînant les habitués sur les refrains de You Made Me Love You et de Who’s Sorry Now ?.

En semaine, l’établissement mettait à l’honneur d’autres styles, comme la country, la poésie et le jazz. Sous huit jours, les promoteurs feraient tout démolir et démarreraient le chantier de construction d’un nouvel immeuble de bureaux.

– On se sera payé quelques soirées mémorables, dans cette taule, hein Charlie ?

– Mémorables, acquiesça Resnick.

Les moments musicaux d’exception qu’il avait vécus en face de cette scène resteraient à jamais gravés dans sa mémoire. David Murray, Stan Tracey et, un soir glacial de mars, Red Rodney – qui avait joué de la trompette aux côtés de Charlie Parker dans son jeune âge – lui avaient donné la chair de poule et parfois fait monter les larmes aux yeux.

– Est-ce que je t’ai raconté ce que me disaient les gens quand j’ai ouvert cet endroit, Charlie ?

Il le lui avait raconté au moins une bonne douzaine de fois.

« Tout le monde disait que j’allais droit à la catastrophe. Le plongeon assuré dans les six mois. »

Delaney partit d’un éclat de rire et ouvrit une autre canette de Newcastle brune :

– J’leur ai montré, hein ?

Resnick couvrit son verre du plat de la main et se leva.

– Pas de regrets, Frank ?

Delaney le gratifia d’un long regard par-dessus son verre.

– Le regret de quoi ? de ramasser un million de livres à partir de rien ou presque ? Qu’est-ce que tu veux que je regrette ?

À son tour, il se leva et serra la main de Resnick.

– Tout le reste, c’est du sentimentalisme à la con. Ça paie pas le loyer.

Resnick traversa la pénombre de la salle en direction de la porte. Il fit jouer le verrou, tourner la lourde clé et se retrouva dans la rue. Fletcher Gate. Non loin de lui, un môme vêtu d’un jean râpé, les manches de chemise retroussées jusqu’aux biceps était en train de dégueuler tripes et boyaux contre le mur de briques du parking. Resnick avisa un taxi noir et blanc qui s’apprêtait à quitter la station en direction de la colline et songea un instant à lui faire signe, avant de décider que, tous comptes faits, il n’était pas si pressé de regagner ses pénates.

– Eh, toi ! l’interpella soudain le môme d’un ton belliqueux.

Resnick mit les mains dans les poches de son pardessus et traversa la rue à angle droit sans s’arrêter.

***

Du temps où il portait l’uniforme et arpentait ces mêmes rues, seul ou avec Ben Riley, Resnick avait gardé le souvenir du regard fuyant des ivrognes, des clochards et des sans-abri sur leur passage. Un éparpillement de vieillards, assis devant leurs bouteilles de cidre ou de mauvais vin. Aujourd’hui, les soupes populaires, les asiles de nuit ou simplement les rues avec leurs porches, recoins et autres refuges provisoires étaient hantés par des mômes dont il avait l’âge d’être le père. Leurs regards à eux n’étaient pas fuyants. Ils interpellaient, menaçaient.

Ces gosses avaient entre dix-huit et vingt-six ans. Le piège s’était refermé sur eux : trop de raisons de quitter la maison, pas de boulot, un mauvais départ, un glissement progressif. À présent, ils partageaient Slab Square avec les pigeons, se tenaient, avachis ou prostrés, entre les piliers du Council House, auprès de la mosaïque représentant les armoiries de la ville, un œil sur les limousines en attente de quelque dignitaire à véhiculer.

À mesure qu’on descendait Goose Gate, les devantures de magasins perdaient graduellement en prestige. Passé les deux premiers feux, on tombait sur le marché de gros, ses cageots cassés et ses lambeaux de papier d’emballage bleu sombre, puis, au-delà, sur Sneinton, où les dérivés les plus courants du mot civilisé restaient du domaine de la fiction cruciverbiste.

Juste avant le premier feu, le trottoir s’élargissait, et Resnick ralentit le pas. Une douzaine de personnes étaient massées entre la cabine téléphonique et l’entrée de l’Aloysius House, dont deux à l’intérieur de la cabine, munies d’un flacon de tafia en guise de chauffage d’appoint. Près de la porte d’entrée, une pancarte précisait ICI, ON NE BOIT PAS. Un type entre deux âges, portant un veston de complet gris piqueté de pin’s sur un pantalon anthracite qui bâillait autour de ses hanches osseuses était adossé au mur, humectant sa bouche déjà sèche avec les dernières gouttes de sa canette de Special Brew.

– C’est bouclé ? s’enquit Resnick auprès du badaud le plus proche.

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