Scarlett, si possible

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Juillet 1968, Juliette, Martine et Bénédicte quittent Pithiviers pour venir vivre à Paris. 18 ans, des défis plein les poches, une certitude : la vie leur appartient. Mais le monde ne se laissera pas conquérir comme ça. La vie n’est ni un conte de fées, ni un film sur grand écran.Ce roman d'apprentissage raconte les rêves et les appétits de toute une génération.
Publié le : vendredi 25 juillet 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782021075137
Nombre de pages : 592
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Katherine Pancol est née à Casablanca en 1954. Depuis l’enfance, elle s’immerge dans les livres et invente des histoires qu’elle raconte à qui veut l’entendre. Pour elle, la fiction est plus réelle et intéressante que la réalité. Elle était la plus fidèle adhérente de la bibliothèque municipale où elle lisait tous les livres par ordre alphabétique. Balzac et Colette sont ses deux maîtres absolus. Après des études de lettres, elle enseigne le français et le latin, mais attrape le virus de l’écriture et du jour nalisme : elle signe bientôt dansCosmopolitanetParisMatch.Un éditeur remarque sa plume enlevée et lui commande l’écriture d’un roman :Moi d’abordparaît en 1979 et connaît un succès immédiat et phénoménal. Elle s’envole pour New York où elle vivra une dizaine d’années, écrira trois romans et aura deux enfants. Elle rentre à Paris au début des années quatrevingtdix. Elle écrit toujours, et sa devise est : « La vie est belle ! »
www.katherinepancol.com
K a t h e r i n e P a n c o l
S C A R L E T T, S I P O S S I B L E
r o m a n
Éditions du Seuil
T E X T E I N T É G R A L
 9782757837269
© Éditions du Seuil, 1985
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisationcollective. Toutereprésentationoureproductionintégraleoupartiellefaitepar quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue unecontrefaçonsanctionnéeparlesarticlesL.3352etsuivantsduCodedelapropriétéintellectuelle.
à daddy douxà Laurent Chalumeau à dom, à loloà arthur
Derrière le comptoir du ChatBotté, Juliette peste. Le beau René, celui que toutes les filles de Pithiviers regardent en coulisse, celui dont les yeux verts, la mèche brune et le blouson font trembler les plus assu rées, celui qu'elle a réussi à s'approprier après des semaines de séduction assidue, le beau René est un coup pourri. Pourri sournois parce que pas pourri tout de suite. Aux premières étreintes, c'est même l'enjôlement, les mille et une caresses, les doigts qui volettent, la bouche qui suit, alerte, et l'œil vert barré de brun qui guette le cri de reddition, le cri tomahawk planté dans le poteau de l'orgasme final. Juliette était prête à s'abonner tout de suite. Il est beau. Tout le monde en veut un morceau et il a du savoir sexuel. Un prince charmant qui a lu leKˉama suˉtrasans sauter de passage. Y a pas mieux. C'est sûr. C'est lui. Je le reconnais. C'est celui dont je rêvais quand j'étais petite, le soir dans mon litEn trois nuits, elle s'était sentie devenir esclave pour la vie. Ça avait dû l'effrayer, le beau René, parce qu'au fur et à mesure que les séances se multipliaient, son ardeur diminuait, et Juliette mesurait, navrée, les ravages du temps sur la libido de son héros. Il la retourne, se pose sur elle comme un carbone et la baise en bon père de famille qui pense à l'inventaire
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du magasin. La veille au soir, il s'est endormi sous son nez. Endormi alors qu'elle salivait à l'idée de la nuit qui commençait. Sur le dos, les bras en croix, avec, en guise d'excuse, un mot emprunté aux classiques de la vie conjugale : fatigué. On n'est jamais fatigué quand on a envie, avait pensé Juliette. Si tu dors, c'est parce que t'as pas envie. Je dors parce que j'ai fait trois blocsmoteurs dans la journée (il est mécano au garage du Mail) et que j'ai même pas eu le temps de déjeunerMenteur. Voleur de frissons. T'as pas envie, c'est tout. Et pourquoi ? se demande Juliette en s'affalant sur le comptoir. J'ai quelque chose qui cloche tout à coup ? Pourquoi il me confisque mon tomahawk ? Mes pein tures de guerre sont pas assez jolies ? Il a repéré une autre squaw, làbas dans la prairieSa colère mollit. Elle n'a plus confiance en elle. Et si c'était ma faute ? Si je n'étais pas assez expertePeut être qu'il n'aime plus mes fesses ? Ou qu'elles ont mau vais goût ? Et si elle se mettait à avoir un gros cul ? Un cul qui arrête les meilleures intentions ? La sonnerie du magasin retentit. Il suffit de marcher sur le paillasson pour que ça fasse driling, driling. Une idée de son père. Tout comme le cheval à bascule pour les enfants et les ballons collés au plafond qui récom pensent tout achat audessus de cinquante francs. ?Vous désirez Juliette joue la vendeuse accorte. Je voudrais une paire de tennis. Quelque chose de vraiment confortableC'est pour jouerJe m'en doute, banane, pensetelle, c'est pas pour accrocher au mur. ?Quelle pointure Quarantequatre. Elle le fait asseoir et va dans la réserve. Elle garde
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