Secret meurtrier (Harlequin Mira)

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Secret meurtrier, Rachel Lee

Tampa, Floride. Stacy Wiggins, 28 ans, ancienne strip-teaseuse, est retrouvée morte, affreusement mutilée. Le même jour, Abigail Reese, 75 ans, respectable gouvernante, meurt sous les coups d'un poignard. Il n' existe aucun point commun entre les deux victimes si ce n'est leur présence dans l'entourage du sénateur Grant Lawrence, un homme politique riche et influent. Lorsque l'inspectrice Karen Sweeney s'empare de l'enquête, elle comprend que quelqu'un cherche à briser la carrière de cet homme talentueux, au charme irrésistible. C'est lui la véritable cible de ces meurtres - à moins qu il n'ait eu intérêt à se débarrasser des deux femmes...

Publié le : samedi 1 septembre 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280266222
Nombre de pages : 456
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Prologue

Abigail Reese était plongée dans un rêve érotique dont elle n’était pas l’héroïne ; elle rêvait d’une autre femme, qu’il lui semblait connaître sans qu’elle pût mettre un nom sur son visage. Cette femme gémissait, faisait mine de résister, tout en s’agitant contre quelque chose de dur et de fort.

Puis le rêve glissa vers autre chose, et il ne fut plus du tout question de sexe. A présent, la femme se débattait, donnait des coups de pied, criait d’une voix faible et étranglée. Dans son rêve, Abigail était paralysée, incapable de lui venir en aide ni même d’ouvrir les yeux pour voir son visage. Les mouvements de la malheureuse se firent de plus en plus frénétiques à mesure qu’elle était submergée par la panique et la terreur. Soudain, un hurlement jaillit de ses lèvres :

— Abby !

Abigail se réveilla, tremblante. Elle lutta pour ne pas se rendormir, sachant que le cauchemar reviendrait. Sa fine chemise de nuit en coton épousait comme un linceul sa peau trempée de sueur. Elle repoussait ses draps et couvertures quand la femme essaya de nouveau de l’appeler.

— Ab…

Le reste se perdit dans un cri.

Bon sang, ce n’était pas un rêve !

Abigail se rappela brusquement que les enfants étaient chez leur père, ce week-end. La sagesse lui commandait de s’enfermer et d’appeler la police. Mais cette femme de soixante-quinze ans, qui s’était toujours occupée d’enfants, n’avait guère l’habitude de penser à elle. Sans réfléchir davantage, elle jaillit de son lit avec cette énergie dont elle était coutumière.

Les cris n’avaient pas cessé. Ils semblaient exprimer une terreur absolue. Abigail se saisit du premier objet qu’elle trouva, un lourd cendrier de verre, ultime témoin d’une habitude depuis longtemps oubliée. Puis elle ouvrit la porte de sa chambre et descendit au rez-de-chaussée. Les cris commençaient à faiblir…

Elle sentit son cœur battre à tout rompre quand elle arriva au pied des marches et découvrit la scène… Le bas de Nylon qui enserrait le cou de la femme était profondément enfoncé dans sa chair, et il étouffait ses cris. Mais ses yeux…

Abigail en avait vu, en soixante-quinze ans. Elle avait vu un jeune garçon qui voulait devenir footballeur pleurer sur ses rêves envolés, tandis que les médecins tentaient de réparer sa jambe brisée. Elle avait vu ce même garçon, à l’âge adulte, venir la consulter, tout pâle, pour savoir s’il devait demander en mariage la femme qu’il aimait. Elle l’avait vu pratiquement s’évanouir quand on lui avait annoncé que sa jeune épouse était enceinte, puis rayonner de bonheur à la naissance de leur premier enfant. Elle avait vu son visage se décomposer lorsqu’il avait appris la mort de sa femme. Elle avait vu aussi des enfants trembler parce qu’ils craignaient d’être punis… Mais jamais, non jamais, elle n’avait vu des yeux pareils.

Ils étaient exorbités, sillonnés de vaisseaux sanguins rouges qui avaient éclaté, et leur regard vide était comme perdu dans l’éternité. Plus bas, les lèvres sanguinolentes semblaient ouvertes sur un prénom : « Abby ».

Abigail remarqua alors que la femme était nue. Sa chemise de nuit déchiquetée dépassait, dans son dos, apparemment nouée autour de ses poignets. Ses jambes s’agitaient vainement, bloquées sans trop de peine par l’homme qui était penché sur sa poitrine. Ce dernier releva la tête, et son mouvement s’accompagna d’un horrible bruit de déchirure, pareil à celui d’un tissu humide. Il cracha, et un morceau de chair s’écrasa sur le visage de la femme. Comme s’il pouvait voir à travers ses yeux à elle, il se retourna brusquement.

Un monstre.

Son visage était couvert de sang ; ses dents blanches et ses yeux étincelaient dans un masque de rage et de furie.

Abigail tremblait, à présent. Elle aurait dû fuir. Au lieu de cela, elle se précipita sur lui, le cendrier dans la main. Telle une lionne protégeant ses petits. En quatre pas, elle couvrit la distance qui les séparait, et elle frappa l’homme de toutes ses forces, avec son arme de fortune. Mais la lionne était âgée, et ses réflexes n’étaient plus ceux de la jeune femme qui, des années durant, avait protégé les enfants des dangers qui les menaçaient.

L’homme s’était tourné, si bien qu’il prit le coup non sur la tête, mais sur l’épaule. Il grogna de douleur, puis son bras partit. C’est alors seulement, au tout dernier moment, qu’Abigail vit la lame luisante dans sa main gantée. Juste avant que l’acier ne lui transperce la gorge, sauvagement.

Un instant, elle crut s’être trompée, car elle ne ressentait aucune douleur. Puis un jet de sang lui aspergea le visage et, alors que tout devenait sombre autour d’elle, elle comprit qu’il s’agissait de son propre sang.

Très loin, elle entendit une voix :

— Je l’aurai, lui aussi !

Abigail Reese était de nouveau en train de rêver. Elle courait dans une espèce de tunnel, tentant d’échapper au gargouillement humide qui la poussait. La lumière parut diminuer, dans le tunnel, avant d’exploser dans une clarté intense et de l’engloutir.

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