Sherlock Holmes: Son Dernier coup d'archet

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2 août 1914. La nuit vient de tomber sur la campagne anglaise, l'air est suffocant et immobile. Sur une terrasse, deux Allemands échangent des propos confidentiels avec une arrogance assumée. L'un d'eux, Von Bork, le plus dévoué des hommes du Kaiser et le plus astucieux des agents secrets, s'attend à recevoir d'un instant à l'autre la visite d'Altamont, un Irlandais d'Amérique vouant une haine farouche à l'Angleterre qui est censé lui apporter un document classé secret-défense.
Alors qu'il vit en ermite dans le Sussex avec ses abeilles et ses livres, Sherlock Holmes va sortir de sa retraite pour venir en aide au Premier Ministre de Sa Gracieuse Majesté britannique dans cette affaire d'une importance capitale.
Un siècle après sa création, le plus célèbre des détectives, doté d'un sens aigu de la logique et expert en criminalistique, continue de fasciner.


" Penser un soir ou l'autre à Sherlock Holmes est une de ces bonnes manies qui nous restent. " Jorge Luis Borges





Publié le : jeudi 14 janvier 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782221192245
Nombre de pages : 28
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Arthur Conan Doyle

Arthur Conan Doyle naît en Écosse en 1859. Après des études de médecine et de chirurgie, il ouvre un cabinet en Angleterre tout en publiant des nouvelles dans des revues. C’est en 1886 qu’il écrit Une étude en rouge, la première aventure de Sherlock Holmes, mais le roman est rejeté par plusieurs éditeurs et ne sera publié qu’un an plus tard, très modestement, dans un almanach de Noël. Le succès arrive en 1891 avec la parution d’Un scandale en Bohème, qui met à nouveau en scène Sherlock Holmes. Conan Doyle est désormais écrivain à plein temps. Pourtant, deux ans plus tard, il se débarrasse de son héros dans Le Problème final, laissant son public dans le plus grand désarroi. Dans un souci d’apaisement, il publie en 1901 une des enquêtes qui comptent aujourd’hui parmi ses plus célèbres, Le Chien des Baskerville, qu’il a situé avant la mort de Sherlock Holmes. En 1902, la Couronne britannique le fait chevalier et, un an plus tard, sans lien de cause à effet, Sir Arthur se décide à ressusciter, dans La Maison vide, le personnage qui lui a valu succès et reconnaissance. À partir des années 1910, il se consacre de plus en plus à son autre passion, le spiritisme. Il décède en 1930. Au total, Sherlock Holmes est apparu dans quatre romans et cinquante-six nouvelles.

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Il était neuf heures du soir le 2 août (le plus terrible des mois d’août de l’histoire mondiale). On aurait pu croire que déjà la malédiction divine pesait lourdement sur un monde dégénéré, car un silence impressionnant ainsi qu’un sentiment d’expectative planaient dans l’air suffocant, immobile. Le soleil était couché, mais vers l’horizon d’ouest s’étirait une balafre couleur de sang comme une blessure ouverte. Au-dessus les étoiles brillaient, claires ; et au-dessous les feux des bateaux scintillaient dans la baie. Deux Allemands se tenaient accoudés sur le parapet de pierre de la terrasse ; la longue maison basse à lourds pignons étalait sa masse derrière eux ; ils regardaient la large courbe du rivage au pied de la grande falaise crayeuse sur laquelle von Bork s’était perché, tel un aigle errant, quatre ans plus tôt. Leurs têtes se touchaient presque. Ils échangeaient des propos confidentiels. D’en bas les bouts incandescents de leurs cigares devaient ressembler aux yeux d’un mauvais diable scrutant la nuit.

Un homme remarquable, ce von Bork ! Sans rival, pour ainsi dire, parmi tous les dévoués agents du Kaiser. Ses qualités l’avaient recommandé pour une mission en Angleterre (la plus importante de toutes) ; depuis qu’il s’y était attelé, ses talents s’étaient vite affirmés dans l’esprit de la demi-douzaine de personnes au courant de son activité, et notamment de son compagnon du moment, le baron von Herling, secrétaire principal de la légation, dont la formidable Benz de 100 CV bloquait le chemin de campagne en attendant de ramener à Londres son propriétaire.

— Pour autant que je puisse juger des événements, disait le secrétaire, vous serez probablement de retour à Berlin avant une semaine. Quand vous arriverez, mon cher von Bork, je crois que vous serez surpris de l’accueil que vous recevrez. Je sais ce que l’on pense dans les cercles les plus élevés du travail que vous avez accompli dans ce pays.

C’était un colosse, le secrétaire : grand, large, épais ; il s’exprimait avec lenteur et conviction, ce qui lui avait beaucoup servi dans sa carrière politique.

Von Bork se mit à rire.

— Ils ne sont pas très difficiles à tromper, fit-il. Impossible de trouver un peuple plus docile, plus naïf !

— Je ne sais pas, répondit l’autre en réfléchissant. Ils ont des limites bizarres qu’il ne faut pas dépasser. Leur naïveté de surface est un piège pour l’étranger. La première impression est qu’ils sont complètement mous ; et puis on tombe soudain sur quelque chose de très coriace ; alors on sait qu’on a atteint la limite et il faut s’adapter au fait. Par exemple leurs conventions insulaires exigent d’être respectées.

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