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Shuttle pour Miss John

De
236 pages
Un incendie se déclare dans le wagon de transport des camions: l’eurotunnel s’embrase. Bilan: un mort et des millions d’euros qui disparaissent en fumée. La compagnie d’assurance de la société Ferrara embauche la détective privée Paula John pour faire la lumière sur une affaire plus complexe qu’elle n’y paraît: un mort que des mafieux croient en fuite, un effaceur qui rêve de retraite dorée, un témoin gênant… Un puzzle terriblement dangereux à reconstituer pour l’ex-flic de choc et le commissaire Leguen… Après "On se calme, les enfants", Patrick Fleury signe une nouvelle enquête de sa redoutable détective: soignant jusqu’à ses personnages secondaires, il nous livre avec "Shuttle pour Miss John" un polar efficace et sans le moindre temps mort.
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Shuttle pour Miss John
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Patrick Fleury Shuttle pour Miss John Lenquêt
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IDDN.FR.010.0114076.000.R.P.2009.030.40000
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2009
Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence
1 Une douleur atroce le réveilla brusquement de sa tor-peur ; comme un fer rouge quon lui enfonçait dans la jambe droite. Il ouvrit les yeux sur une lumière vacillante dincendie. Dans un mouvement brusque pour échapper à la douleur, qui sétendait à présent jusquau genou, son dos heurta quelque chose qui rendit un son sourd. Il ne lui fallut pas plus de deux secondes pour reconnaître les pa-rois galvanisées dun camion ; son camion. Les lueurs qui dansaient de plus en plus sur la tôle lui firent leffet dun coup de fouet : Le feu ! Il tenta de se redresser pour échapper à la douleur atroce de sa jambe lorsquil saperçut quil était entravé ; pieds et poing liés. Pourtant, lorsque la douleur atteignit le haut de sa cuisse droite, ap-prochant des parties sensibles de son anatomie, il fit un bond désespéré, comme sous leffet dune décharge élec-trique, et il se retrouva sur ses pieds. Devant lui, une masse blanchâtre était éclairée par transparence telle une immense bougie allumée. Lesprit maintenant désembru-mé de lhomme lui laissa entrevoir la situation : Il était dans son camion, coincé entre la paroi avant de la remor-que et le stock habituel de plaques de polystyrène qui sélevait jusquau plafond ; à larrière de cette satanée remorque, le feu. Lincendie faisait fondre les plaques en une flaque transparente qui sécoulait inexorablement vers les pieds du prisonnier. Il sentit à nouveau la douleur lenvahir lorsquil se redressa complètement. La jambe de son pantalon se décolla avec la peau à laquelle le tissu avait été fondu et amalgamé par la coulée de polystyrène en fusion. Lhomme hurla et toussa à sen décrocher les
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poumons, tel un fumeur impénitent. Une fois sur pieds, sa tête arrivait au niveau de la fumée comme le Mont Blanc dans ses nuages. Christian Gochard toussa à nouveau et se plia en deux cherchant de lair parmi les vapeurs toxiques. La situation était désespérée ; le sentiment dimpuis-sance affreux. Devant les yeux de lhomme, la masse liquide en fusion entourait à présent ses pieds, commen-çant lassimilation de ses Nike dont le plastique fumait et commençait à fondre. La douleur fusa à nouveau, plus forte encore lorsque la masse brûlante entra en contact avec ses pieds, incrustant ses chaussettes de Nylon à sa peau fragile. Lorsque la douleur atteint un certain niveau, la mort devient une solution raisonnable, acceptable du moins. Les pieds brûlés du routier ne pouvaient plus supporter la charge des 85 kg ; Christian Gochard tomba dabord à genoux, dans un éclaboussement de polystyrène fondu puis, entraîné par son poids chuta en avant. Il voulut aspi-rer une bouffée dair pour crier mais la lave brûlante envahit son gosier. Il eut la chance de sévanouir avant de mourir.
* * *
Les camions des pompiers envahirent le tunnel de ser-vice, transformant le sombre boyau de béton en boite de nuit branchée, illuminée de lumières dansantes orangées et de bruits de sirènes. Prévenu rapidement de lincendie, le poste de secours de Calais avait été prompt à réagir. Les pompiers du Kent arrivaient de leur côté. Pendant plus de neuf heures, lincendie fit rage dans le tunnel à 900 mètres sous le niveau de la Manche, ruinant définitivement le wagon de transport des camions, séten-dant à la motrice arrière de la rame du Shuttle pour en faire un tas de ferrailles tordues. Eurotunnel allait sûrement être bloqué pour plusieurs semaines, selon un des spécialistes de lun des tunneliers,
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