Si le noir existe encore

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Vivre à proximité d'une plage peut procurer des surprises, c'est ce que va vivre toute une famille lorsque des vrombissements mystèrieux se font entendre et qu'un soir apparaît une structure étrange au bord de la mer.

Un appel mystérieux sur le téléphone portable du père lui demande : « Et si le noir n'existait plus ? » Peu de temps après on lui recommande de jeter cet appareil.

Sont-ils espionnés ? Par qui ?

Il faudra se mobiliser la vie ne sera plus la même. Surtout si le noir n'existait plus.


Publié le : jeudi 31 mars 2016
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EAN13 : 9782334112581
Nombre de pages : 118
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ISBN numérique : 978-2-334-11256-7

 

© Edilivre, 2016

1

Le soleil descend doucement à l’horizon, nous sommes à la fin de l’été et je suis assise dans le sable encore tiède tandis que Diego donne des coups de pieds dans les flaques stagnantes.

Il a 9 ans, j’envie ses cheveux bouclés d’un joli châtain cuivré, je le trouve beau mon petit garçon. Quelques mètres plus loin, Marianne termine son château de sable, elle est blonde et élancée, à 11 ans elle est déjà une petite femme qui me ressemble un peu.

Quand au loin revient ce lourd bourdonnement que j’entends depuis quelques jours à la tombée du soir. La première fois j’ai cru à un de ces anciens avions militaires.

Nous remontons le chemin, traversons la grande route, Diego le fier est venu glisser sa main dans la mienne et Marianne ne s’attarde pas à l’arrière comme elle en a l’habitude.

Nous arrivons enfin près de notre petit bungalow acheté il y a quelques années quand Jan mon mari a obtenu son poste actuel, les enfants en ont été surpris, désenchantés puis enchantés, la vie calme en bord de mer n’ayant aucune commune mesure avec celle de la grande ville.

Au début leurs condisciples leurs ont manqué mais, ils sont bien jeunes et ils se sont adaptés aux nouveaux.

Le bungalow est calme, de temps en temps l’escalier de la mezzanine craque un peu, en dessous il y a une grande pièce de séjour, à l’arrière une petite cuisine d’aspect rustique.

Dans la grande pièce se trouve un ancien bar et contre celui-ci des coussins en pagaille pour s’installer devant la cheminée. En face un grand salon en coin, près de la cuisine une table garnie d’une nappe en dentelle accompagnée d’une vieille armoire de style flamand.

Deux fenêtres donnent vue sur la plage, et une à côté du bar donne vers un petit bois discret où les enfants aiment jouer.

Je suis fière de moi je leur ai inculqué l’amour de la nature et des animaux.

Dans la cuisine je m’affaire aux casseroles, ce soir ce sera cassoulet, il n’y a qu’à réchauffer et pour être parfaitement honnête j’ai acheté des boîtes toutes faites, ajouter quelques saucisses cela ira parfaitement pour mes deux rejetons.

Ils ont allumé la télé, nous avons une petite antenne à l’ancienne sur le toit c’est bien suffisant et je préfère passer mes soirées à bavarder, lire ou écouter de la musique, parfois nous jouons, faisons des imitations, bref nous menons une vie de quiétude.

Le cassoulet réchauffé nous passons à table, je me dis que le grondement est plus présent, me semble plus insistant mais sans doute est ce parce que je suis focalisée dessus.

Enfin l’indicatif des infos se fait entendre, on ne nous dit rien de particulier, la météo est bonne et l’actualité calme.

Une fois la télé éteinte je lis aux enfants Oliver Twist, ce qui ne les emballe pas forcément, je devrais penser à des livres plus contemporains mais je n’y connais rien en fait, je suis de la vieille école, enfant j’avais surtout lu Sans Famille, Les lettres de mon Moulin et bien entendu Le Petit Prince que mes chouchous connaissent maintenant par cœur.

Soudain Diego crie, je monte rapidement la mezzanine, dans la fenêtre de sa petite chambre se dessine une ombre noire, et là je m’aperçois que le bourdonnement s’est arrêté.

2

Je me dirige vers sa chambre, là on ne voit rien par la lucarne que le ciel éclairé par la pleine Lune.

– Qu’est ce que tu as vu exactement Diego ?

– Je ne sais pas, non je ne sais pas ça a fait une ombre puis j’ai vu comme une grande échelle passer devant la fenêtre j’ai cru à des cambrioleurs.

Bon sang ils se sont sans doute aperçu de ma présence et n’ont pas risqué plus loin leur tentative. Dans ce cas nous avons été chanceux.

Je me dirige rassurée ou à peu près vers la fenêtre, le ciel est toujours bien dégagé, sous la lumière nacrée de la Lune la mer semble calme, et à droite dans le fond je vois une construction que je n’avais pas remarquée, une plateforme sans doute pour les équipes de sauveteurs, les gens sont de plus en plus inconscients et prennent des risques qu’ils ne devraient pas.

Le grondement reprend sourd lointain, je reste là à regarder vers le large où on voit la lumière vacillante d’un navire.

Le calme est revenu, Diego s’est endormi, je suis descendue me recroqueviller dans les coussins contre le bar.

Je vois une lumière allumée dans la villa qui se trouve à droite.

J’aurais bien besoin de quelque chose pour me remonter le moral, dans le bar il y a de l’alcool des apéros, je me décide pour un vermouth, toujours dans la pénombre je le déguste essayant de contrôler ma respiration drôle cette construction que je viens de découvrir. Je n’avais pas vu de travaux ces derniers jours ?

Et puis mon portable vibre, Jan ? Non c’est le voisin d’en face là où j’ai vu la lumière allumée, il semble très angoissé

– tu as vu ?

– Quoi ?

– Mais le machin qui reste là sur la plage.

Je me décide à aller voir cette construction près de la plus grande dune.

Arrivée à proximité je remarque que ce que je prenais pour une échelle est posé dans le sable en haut de l’édifice il ne semble y avoir aucun habitacle.

Rien ça ne ressemble vraiment à rien de ce que je connais, je ne vois pas l’opportunité d’avoir placé cette chose à cet endroit où il n’y a que sable et eau.

Il fait très beau, une certaine fraîcheur sans doute.

Plus tard, je guette l’arrivée de mon mari, enfin il est là toujours cheveux au vent, j’aime cette petite allure à la sauvage qui me rassure.

Nous nous empressons de lui raconter l’arrivée de « la chose ».

– Si au moins on nous informait !

– Nous ne pouvons de toutes manières rien faire de plus. Et cette chose doit bien être utile mais à quoi ? Enfin il n’y a pas de quoi fouetter un chat non plus !

3

Pendant que les enfants s’énervent sur leur console de jeux, nous allons vers « la chose ».

Il n’y a personne sur la plage, l’espèce d’échelle mène vers ce que je pensais une passerelle, mais il n’en est rien, il n’y a pas de structure solide apparente là au dessus, de l’autre côté on voit un grand pied qui repose un peu en contrebas dans le sable mais l’ensemble tient droit.

Jan à envie de rentrer il a faim et Je vais directement dans la cuisine j’ai un sachet de pommes de terre pré découpées cela me fera gagner du temps et le beurre ne tarde pas à fondre dans la grande poêle.

Alors que je casse les œufs le grondement sourd se fait entendre de manière très soutenue.

Jan se retourne passe un doigt sur ses lèvres et me demande si j’ai encore les clés de la ferme de mes parents ?

Pourquoi la ferme de mes parents ?

– Oui j’ai toujours les clés mais.

– Bon pour les enfants ? Ok, as-tu entendu ? je peux te paraître lâche mais je reconnais que j’ai un peu peur, je vais te dire moi, ce n’est rien de notre armée rien.

– Oui mais pour l’école ?

– Mais que préfèrerais-tu à la fin ? Que préfèrerais tu que nos enfants se trouvent au milieu d’une tourmente que nous ne connaissons pas ! mais qui se prépare vachement vite et fort.

Les enfants regardent la télévision il y a des feuilletons mais pas d’informations des feuilletons seulement.

Nous faisons la vaisselle à deux, le grondement sourd de tous les soirs revient comme pour nous rappeler que les choses ne sont pas vraiment comme avant.

*
*       *

Pourquoi veux-tu aller dans la vieille ferme me demande Maman, la clé tu l’as depuis bien longtemps d’ailleurs.

Maman vit à 250 km d’ici, chez elle rien pas de grondement pas d’avion bizarre c’est à peine si elle ne me demande pas ce que nous consommons.

Où donc est cette clé ?

Je commence à fouiller dans les tiroirs de la grande armoire, c’est fou ce qu’on accumule, non la clé n’est pas là, tout en cherchant je me dis que cette ferme doit être en piteux état depuis le temps que nous ne sommes allés là ni même les parents.

Je vois encore le petit porte-clés en forme de trèfle, il faut absolument que je me souvienne.

Le seul moyen m’isoler, je m’installe sur les coussins devant le feu ouvert que nous n’avons pas allumé depuis longtemps.

Voyons, la dernière fois que je les ai eues en mains, nous rentrions de la piscine et je venais de les récupérer dans la voiture.

Finalement, oui oui, elles sont dans le coffre en dessous de notre lit et, ma mémoire est bien revenue car je les y ai trouvées.

Jan est allé voir une fois de plus l’espèce d’échelle qui reste là noire devant les fenêtres rien n’a bougé ni changé et depuis quelques jours je n’ai pas entendu le grondement est ce donc nécessaire de se mettre en route ?

Je suis allée au centre du Village tout le monde parle de l’apparition de la chose, toutes les hypothèses se font, extra terrestre, grue tout simplement, nouvelle plate forme d’observation ou sculpture comme nous en voyons souvent assez indéfinissables. Quoi qu’il en soi ils auraient pu choisir un autre horizon que le nôtre.

Les émissions TV sont toujours des feuilletons peu intéressants, quelques films mais pas ou peu de commentaires au journal télévisé, on nous parle des dernières batailles comme il y en a depuis si longtemps le long de la ligne de Gaza, d’un accident important sur un autoroute allemand, la météo reste clémente on ne parle ni d’orage ni de tempête.

On pourrait presque dire que tout va bien que l’ordre de nos vies est revenu.

4

Le temps est devenu plus gris, nous n’avons pas encore pris de décision, les choses semblent se normaliser doucement, je n’ai plus entendu le grondement.

Nous avons repris nos habitudes et les enfants le chemin de l’école.

La fameuse échelle se trouve toujours fichée dans le sable près de la grande dune, je ne dirais pas en si peu de temps que nous nous sommes habitués mais, nous la regardons moins et on s’en méfie peu, certains laissent même leurs enfants jouer à proximité.

Aujourd’hui je vais profiter de ce jour sans pluie pour aller à la grande ferme.

A l’entrée une jeune fille brune se balance d’un pied sur l’autre, Suzanne la fermière arrive en riant, c’est une amie et me faisant un clin d’œil elle me propose un café.

Nous entrons dans la grande cuisine au papier peint fleuri, elle sort de grands bols en faïence bleue, le café embaume toute la pièce, elle accompagne celui-ci de biscuits carrés au beurre garnis d’une couche de crème vanille.

Un vrai délice, ce sont des moments comme ça qui font les plaisirs de la vie.

Naturellement la conversation dévie rapidement sur les faits des jours précédents.

Suzanne se penche posant la main sur mon bras et me dit, Je m’attends à je ne sais quoi mais je ne respire pas bien, je n’ai pas de honte à le dire et toi ?

Je me dois d’être honnête aussi, oui je dois bien le dire j’ai peur aussi et les enfants ne sont pas très rassurés quand ils sortent. Puis Suzanne me demande quelles sont les réactions de Jan je dois répondre Oh Jan lui il est à son travail.

Je quitte Suzanne, en revenant le chemin est jonché de chenilles, des mètres et des mètres. Pourtant L’automne arrive ce n’est plus la saison des papillons !

Pamela une de mes amies a téléphoné hier. Elle me dit qu’en ville une tension extrême s’est installée, comme lors des menaces d’attentats.

Jan a alors proposé qu’elle vienne nous rejoindre, ce qu’elle a tout de suite accepté sa...

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