Si peu de temps avant le jour

De
Un homme, piégé dans un improbable sable mouvant, prend conscience de sa vie, du temps qu'il lui reste à vivre et du temps qu'il reste à la planète avant que la pollution et les guerres ne viennent à bout de l'humanité. Ses avions en papier, porteurs de SOS, arriveront-ils à destination? Qui poura l'aider? Les Utopistes en action, prêts à refaire le monde? Les Féodal XIIIe du nom, propriétaires de la ville et de tout le territoire?
Publié le : mercredi 12 septembre 2012
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EAN13 : 9782923107479
Nombre de pages : 133
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STÉPHANEDESLAURIERSSIPEUDETEMPSAVANTLEJOUR S T É P H A N E D E S R O C H E R S
Si peu de temps avant le jour
ROMAN
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STÉPHANEDESLAURIERSSIPEUDETEMPSAVANTLEJOUR
STÉPHANEDESLAURIERSSIPEUDETEMPSAVANTLEJOUR
Les Éditions Sémaphore 3962,avenue HenriJulien Montréal (Québec) h2w 2k2 514 2811594 info@editionssemaphore.qc.ca www.editionssemaphore.qc.ca
isbn : 9782923107103 (papier) isbn : 9782923107462 (pdf) isbn : 9782923107479 (epub) © Les Éditions Sémaphore et Stéphane Desrochers,2009 Dépôt légal : BAnQ et BAC, premier trimestre2009
Diffusion Dimedia www.dimedia.com/
Distribution du NouveauMonde www.librairieduquebec.fr/
Couverture : MarieJosée Morin mj.morin@entrep.ca
Photo de la couverture : Marie MorinDubois
Éditions électroniques : Jean Yves Collette jycollette@vertigesediteur.com
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Si peu de temps avant le jour
ROMAN
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STÉPHANEDESLAURIERSSIPEUDETEMPSAVANTLEJOUR
1
À PRÉSENT,je ne sombre plus, du moins pour le moment. Je suis déjà dans la terre jusqu’à la taille. Ce satané sable mouvant a englouti mes jambes en un clin d’œil. Il était à deux doigts d’avaler mon nombril lorsque, brusquement, il s’est arrêté. Si j’ai été sidéré, ce fut uniquement par son effet, jamais par la peur qu’il tenta pourtant d’engendrer chez moi. Ce n’est pas que je sois courageux de nature, je suis plutôt fataliste, c’estàdire que tout mon courage est au service de la fatalité. Aussi, je ne me suis pas débattu. J’ai attendu docilement que le destin fasse son œuvre, sans jamais penser que le temps jouait contre moi ; parce que le temps avait sûrement mieux à faire, même qu’à la limite, il ignorait tout de la situation dans laquelle je me trouvais. C’est du moins ce que je croyais.
Or, je me suis totalement fourvoyé à son sujet ; parce que depuis que je ne sombre plus, le temps n’a pas fait que passer, il est aussi resté, puisque maintenant il passe. Alors, je me dis que le temps est peutêtre venu pour moi. Oui ! Le temps est sans doute venu pour moi d’être moins fataliste.
Dans la mesure où j’ignore tout de son fonctionnement, donc de ses intentions, je me dois de profiter du répit que ce sable mouvant me laisse afin de m’en extirper au plus vite. En aije atteint le fond ? Estil en train de prendre une grande respiration avant de m’avaler de plus belle ? Je n’en sais rien, je doute de tout, même de son authenticité. Tout est si aride par ici : aucune zone marécageuse aux alentours, alors que d’habitude... Et si ce n’était que de la simple et vulgaire boue ? Mais peu importe ce que j’en pense ou ce que j’en sais, il faut qu’enfin et pour une fois je passe à l’action...
Je canalise d’abord toute mon énergie et je pellette, je pellette, je pellette de mes deux mains, de mes deux bras, je pellette même avec mon tronc, je pellette sans relâche ce soidisant sable mouvant qui me veut mourant, je le gif le, ce parasite des profondeurs, je le martèle à poings fermés. Je le mouline maintenant, et de plus belle, d’une vélocité à moteur, d’une férocité à neutron, je l’écartèle, je
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l’étouffe, le strangule, l’assomme. Il revient, il revient toujours, à chaque coup m’encercler, m’agglutiner, me figer, me décourager. Je le vadrouille maintenant, je vocifère contre lui, je le maudis, je le... laisse faire. Et puis je me rends à l’évidence, impossible de m’y soustraire. Alors, je baisse les bras et je respire, beaucoup plus fort que je n’aurais pu l’imaginer. Je dois me faire une raison, temporairement.
Je reprends tranquillement mon souff le tout en estimant que seul un miracle pourrait me sauver. Je me retiens alors d’invectiver tous les saints. Heureusement, je ne suis pas seul. Il y a tout près de moi, à environ une longueur de bras sur ma gauche, une anomalie, la raison pour laquelle je suis coincé ici : un petit figuier, planté à même le sol. D’habitude, dans le climat continental humide où je me trouve, ces arbrisseaux méditerranéens sont toujours en pot, prêts à se faire remiser aux soussols pour les longs hivers. Or, quand je l’ai aperçu quelques minutes auparavant, bien enraciné dans la terre, ma curiosité en a évidemment été saisie. Je me suis alors dirigé dans sa direction sans regarder où je mettais les pieds. J’en étais à un pas lorsque cette vase gluante m’a enraciné les jambes, me laissant ainsi dans une posture pareille à celle de mon objectif. De l’angle où je regarde maintenant la situation dans laquelle je me suis plongé, il m’est encore plus facile de constater qu’une situation incongrue peut en attirer une autre, beaucoup plus incongrue encore.
Je vais peutêtre m’effacer de la surface terrestre et pourtant, mon côté pragmatique prend le dessus sur ma panique. Je suis d’un calme que je ne me connaissais pas, que je ne croyais pas être dans ma nature. En aucun cas, je ne veux songer à ce qu’a été ma vie jusqu’à aujourd’hui. Il est trop tôt pour une telle abdication. Je ferai le bilan de mon existence en temps et lieu, bien que je sois parfaitement conscient que ce sera dans très peu de temps si le lieu demeure le même.
Pour l’instant, je sonde plutôt mon regret le plus récent, celui de ne pas avoir pensé une seule seconde à saisir une des branches du petit figuier pendant que je m’enfonçais dans la terre. Pourquoi n’aije pas eu ce réf lexe ? Il était pourtant à ma portée. J’aurais peutêtre sauvé ma vie à cet instant, mais assurément, j’aurais brisé la sienne. Tandis que là, nous sommes encore vivants tous les deux. Par contre, si jamais ma situation venait à empirer... Je ne dis pas que...
8 Extrait de la publication
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bien que... le fait d’être désormais un hommetronc me rend déjà plus familier avec le petit figuier. Comme si nous étions maintenant sur un pied d’égalité et que nos destins étaient maintenant liés, sur la Terre comme sous la terre. Pendant que je fabule, le voilà qui fait valser une de ses branches audessus de ma tête. Même s’il ne fait qu’à peine un mètre vingt de hauteur, je ne me permettrai plus dorénavant de l’appeler le petit figuier. Ce sera le figuier tout court.
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