Son absence

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Dans le coin d’un café, un soir d’hiver, un homme pleure en lisant un manuscrit. Mélancolique et lunaire, cet éditeur de romans décide sans se le formuler de changer de vie. À l’issue d’une nuit glauque et funeste, il partira en quête de l’histoire de sa mère qui, pense-t-il, l’empêche de mener sa vie d’homme.
Stéphane Darnat est né en 1973. Après avoir travaillé huit ans dans l’édition, à Paris, en tant qu’assistant littéraire, il était devenu professeur de lettres, puis avait de nouveau changé de vie en mai 2008, peu avant sa mort brutale le 30 juillet.
Il tenait un blog littéraire, « Le solitaire rature » (http://lesolitairerature.blog20minutes.fr), et avait mis en ligne le manuscrit de Son absence, son premier roman, sur le site leoscheer.com, tout en exprimant le désir que le livre paraisse bientôt aux Éditions Léo Scheer.
Publié le : mercredi 1 avril 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782756107042
Nombre de pages : 118
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Stéphane Darnat
Son absence
roman



Dans le coin d’un café, un soir d’hiver, un
homme pleure en lisant un manuscrit.
Mélancolique et lunaire, cet éditeur de romans
décide sans se le formuler de changer de vie. À
l’issue d’une nuit glauque et funeste, il partira
en quête de l’histoire de sa mère qui, pense-t-il,
l’empêche de mener sa vie d’homme.

Stéphane Darnat est né en 1973. Après avoir
travaillé huit ans dans l’édition, à Paris, en tant qu’assistant littéraire, il était devenu professeur
de lettres, puis avait de nouveau changé de vie
en mai 2008, peu avant sa mort brutale le 30
juillet.
Il tenait un blog littéraire, « Le solitaire rature »
(http://lesolitairerature.blog20minutes.fr), et
avait mis en ligne le manuscrit de Son absence,
son premier roman, sur le site leoscheer.com,
tout en exprimant le désir que le livre paraisse
bientôt aux Éditions Léo Scheer.





EAN numérique : 978-2-7561-0703-5978-2-7561-0704-2

EAN livre papier : 9782756101842

www.leoscheer.com SON ABSENCECollection M@nuscrits
Collection dirigée par Léo Scheer.
Comité : Florent Georgesco, Julia Curiel,
Laure Limongi, Angie David.
Dans la même collection
Rater mieux, Barberine, 2008
La Chambre, Jean-Clet Martin, 2009
À paraître
Adore, Dahlia, mai 2009
Apprivoiser l’éphémère, Alex, mai 2009NOTE DE L’ÉDITEUR
Avec l’avènement de l’imprimerie, il y a cinq siècles, la planète
Gutenberg a permis l’accès du plus grand nombre à la lecture.
Avec l’avènement du numérique, depuis une dizaine d’années,
une nouvelle et rapide mutation se déroule sous nos yeux
qui permet l’accès du plus grand nombre à l’écriture. Nous
assistons à l’éclosion, sur l’Internet, d’une multitude
d’écritures, véritable explosion de ce qu’on désigne parfois comme
la blogosphère, terme qui vient de l’écriture quotidienne des
blogs, particulièrement répandus dans notre pays.
Comment faire se rencontrer la blogosphère et la planète
Gutenberg ? C’est une des questions majeures pour l’édition
de demain.
En novembre 2007, le site de notre maison d’édition
www.leoscheer.com a créé la possibilité de recevoir et de mettre
en ligne les m@nuscrits transmis par courrier électronique.
Il s’agit d’une première dans le monde de l’édition.
Ces textes sont lus, discutés, commentés, évalués,
recommandés par un nouveau type de comité de lecture, qui
s’est constitué spontanément autour de ces m@nuscrits en
authentique communauté littéraire.
La collection M@nuscrits permet au livre et à la librairie
d’accueillir, sur papier, ces nouvelles écritures venues de la
blogosphère et de l’Internet.Dans le passage de l’écran au papier, dans cette «
rétropublication » qui irrigue de plus en plus l’édition, verra-t-on
apparaître de nouvelles formes, des enjeux différents, pour
la littérature ?
Telles sont les questions que se propose de traiter la collection
M@nuscrits en offrant aux lecteurs le moyen de commencer
à imaginer et à explorer la révolution qu’elles annoncent.
Léo ScheerÉditions Léo Scheer, 2009©
www.leoscheer.comStéphane Darnat
SON ABSENCE
roman
M@nuscrits
Éditions Léo ScheerAVANT-PROPOS
Stéphane Darnat a mis en ligne le texte de Son absence dans
M@nuscrits le 25 mai 2008 au soir.
Le lendemain, il m’envoyait le mail suivant :
Je viens de voir que mon m@nuscrit a été mis en ligne.
eEst-il possible d’en changer s’il vous plaît la 4 de couverture ?
À moins que vous ne me donniez les coordonnées de la personne
qui s’en charge techniquement ? Il s’agit de conserver le premier
paragraphe qui résume le début du texte mais de couper les 3
re eparagraphes suivants qui concernent les résumés de la 1 , 2 et
e3 parties du texte.
Et de modifier la bio de l’auteur :
– couper « et caissier de supermarché » ;
– après « Il a changé de vie en mai 2008 », ajouter : « Il tient
un blog littéraire : Le Solitaire rature, http://lesolitairerature.blog.
20minutes.fr. »
En vous remerciant beaucoup.
Stéphane Darnat
Le jour d’après, 27 mai 2008, il m’envoyait le message suivant :
Tourner les pages de son texte au moyen d’un clic de souris est
un sentiment extrêmement émouvant… On a beau savoir qu’il
11n’y a pas de sélection, qu’il n’y aura pas de tirage papier, qu’on
sera peu lu, M@nuscrits est une manière de publication qui
donne le sentiment d’un travail accompli s’agissant d’un roman
que l’on porte depuis deux ans (dans mon cas), qu’on a peaufiné,
dont l’envoi à des éditeurs a donné lieu à des lettres-types de
refus comme à des éloges ou témoignages d’émotion de grands
éditeurs (qui le refusaient pour des raisons tout à fait logiques).
Ainsi donc, je me vois pris par le sentiment de tourner une page,
d’en finir avec un texte pour passer à autre chose (ce qui est
d’ailleurs le thème de mon roman), même s’il y a certainement
une facilité à être publié sur votre site, qui ne récompense pas
un talent, simplement un travail et sans doute un narcissisme
qui n’a, je crois, rien de déplacé. Donc merci pour cette forme
expérimentale d’édition, qui allie charme des pages qui se
tournent et, l’air de rien, une couverture, un nom d’auteur, un
titre de texte, un titre de collection fondée par un éditeur dont
le nom est prestigieux.
Si mon roman avait été accepté par un éditeur papier, il aurait
été vendu à, quoi, allez, 500 exemplaires… Perte financière
pour l’éditeur et déception narcissique pour l’auteur
(quoique…). Mais au moins, avec M@nuscrits, les choses sont
claires. Ce dont je vous remercie (et j’aimerais vraiment vous
remercier « concrètement »), c’est que, malgré les frais occasionnés
par ce travail (salaire du webmaster, du fabricant de la couv, etc.),
vous ne demandez rien aux auteurs, là où d’autres éditeurs
n’auraient pas hésité. Certes, pas de contrat, pas de droits,
seulement des commentaires et des votes, bref, c’est une initiative qui
vous honore puisqu’elle entre dans l’ère du Web dont vous avez
su appréhender les possibilités.
J’espère que vous aimerez mes pages, même si elles n’ont pas été
« retenues » pour le travail littéraire que j’ai fourni. (J’avoue :
12c’est quelque chose que j’ai du mal à comprendre. Autant je trouve
très bien l’idée de publier « tel quel », autant l’absence de ligne
éditoriale, de caution me chagrine un peu. Vous voyez ?)
Je ne vous l’ai pas dit dans mes mails précédents mais nous
nous sommes déjà croisés et avons discuté il y a un ou deux ans,
je ne sais plus, lors d’une signature d’un roman d’Emmanuel
Pierrat chez Colette. Alors responsable éditorial dans une maison
parisienne (je suis en train de changer de vie, je quitte l’édition
et Paris pour l’inconnu), vous m’aviez dit : « Nous aurons
peutêtre l’occasion de travailler un jour ensemble, qui sait ? », j’avais
souri parce que je n’en avais rien cru, bien trop intimidé par
votre nom. Finalement, la publication de mon premier roman,
en ligne sur votre site, est une façon de donner forme à cette
parole. Ceci dit pour l’anecdote. En tout cas je suis content de
cette formule.
Encore merci Léo Scheer.
Bien à vous.
Stéphane Darnat
Après que j’eus mis ce mail en ligne sur le blog des ELS
(billet #565 du 27 mai 2008) afin d’attirer l’attention sur
son texte, Stéphane Darnat me répondit le 8 juin par ce
mail évoquant ce qu’il avait ressenti :
Cher Léo Scheer,
Je tenais à vous écrire suite à votre note me concernant sur
votre blog, mais j’ai mis du temps à me décider pour les raisons
que je vous explique ci-après.
13Loïs de Murphy m’a envoyé un mail pour m’informer de votre
note me concernant le 27 mai (c’était il y a deux semaines,
mais vues les péripéties dues à mon départ cela me paraît dater
d’il y a un mois !). J’avoue que lorsqu’elle s’est excusée par avance
dans son mail de m’informer de la publication de ma lettre, se
doutant que je n’étais pas au courant, je me suis retrouvé rouge
de gêne… Cette lettre était privée, et quand bien même elle est
« à vous » je ne la voyais pas destinée à être publiée, d’autant
que vous n’y avez pas répondu et ne m’avez pas informé de
votre geste. Je me suis senti doublement mal de la voir ainsi
mise en ligne et de découvrir des commentaires à son endroit.
Tétanisé, je ne pouvais que les survoler, voyant chaque jour
leur nombre s’allonger, constatant impuissant mon départ
commenté sous diverses formes qui me dérangeaient car elles ne
faisaient qu’accroître la superposition entre ma vie personnelle
et mon roman, faisant de celui-ci une autobiographie, évinçant
ainsi tout ce que ces pages peuvent contenir de fictif, d’inventé,
de travaillé… Bref, cela fut violent.
Je ne me voyais pas vous le dire à ce moment-là car comment se
plaindre de faire la « une » du blog Léo Scheer ? Sachez que j’en
ai presque regretté et ma lettre et la publication de mon roman.
Cependant, ceci est le jeu. Et à cette toute petite échelle, je peux en
déduire que si mon roman avait été publié sur papier et connu un
certain succès, je n’aurais pas su en assumer la médiatisation.
Pour autant, je tiens à vous remercier. Votre dernière intervention
(commentaire n° 113) faisait l’éloge de cette « communauté
inavouable » chère à Blanchot, qui reste un modèle pour des
auteurs comme moi. J’ai un peu regretté le commentaire suivant,
celui de Dominique (pseudo de mon meilleur ami), qui ne
mentait pas puisque nous venions de passer ma dernière nuit
sur Paris à parler, parler, parler… (et rire aussi, nous promener,
14etc.). Il avait compris ma gêne à être ainsi commenté, presque
à mon insu, et a tenu à ré-aiguiller le fil de discussion sur le
roman, ce qu’a senti un autre de mes amis, Richard, dont
j’aime assez bien le rapprochement qu’il fait de mon travail
avec celui de Blanchot, même si cela reste subjectif.
Cette « communauté inavouable » est donc capable de se laisser
aller à des billets que l’Internet offre avec bonheur : échanges,
humeurs, analyses… Et voyez, si je n’avais pas été l’objet de
ces commentaires, sans doute qu’en tant qu’enseignant et
chercheur universitaire (spécialiste de Claude Simon et de
Roland Barthes), j’y aurais participé… Comme quoi lorsqu’on
discute d’un auteur, on ne se rend pas compte de ce qu’il peut
y avoir de douloureux pour lui à être « objet » et non « sujet ».
J’ai d’ailleurs depuis relu certaines interventions de Simon
qui vont en ce sens (à l’époque de Ricardou), et je me suis
souvenu de quelques mots de Barthes qui parlait des «
emmerdeurs ». Maintenant, je comprends… Dans une de ses lettres,
Simon m’avait écrit (la première lettre qu’il m’avait envoyée
en 1999 est en ligne sur mon blog dans la catégorie «
Correspondance » en date du 28 novembre 2007) : « On reçoit ces
lettres comme autant de mouches qui tournent, bruissent et
nous empoisonnent »…
Passée la violence de me voir ainsi sur la place semi-publique,
je me suis dit que dans le fond j’aurais préféré que vous lisiez
mon roman et m’en donniez votre avis… Les choses sont ainsi.
Je reste très content que Son absence soit en ligne.
Stéphane Darnat
15Comme je lui disais à quel point les commentaires de ce
billet #565 (il y en avait déjà 119) sur son texte me paraissaient
élogieux, il me répondit :
Oui cher Léo Scheer, les commentaires sont dans l’ensemble
bienveillants voire excellents, mais j’avoue que j’avais le sentiment
à les découvrir d’avoir « du bol » si je puis dire ! :)
Bizarre, il y a des gens qui rêvent de ça, d’un peu de lumière
sur eux et sur leur travail, et ça paraît normal, enviable, et il
y en a d’autres qui, comme moi, sont tétanisés et cherchent tel
un chat le premier coin noir où se réfugier…
Je vous remercie de votre petit mot. Faites-moi signe à l’occasion.
S. D.
*
Bonjour Léo Scheer,
Comment allez-vous ? En vacances, je crois ? « Rien », ai-je lu…
Ce rien m’a fait sourire. J’ai beaucoup aimé – et mon Dieu
dites donc, ce rien a généré tellement de commentaires que vous
avez dû vous délecter de cette « communauté inavouable »
blanchotienne que vous avez su créer…
Je vous écris pour une raison simple.
« Simple » n’est pas le bon mot, dans un sens, puisque moi ça
me complique la vie. Voilà : j’ai reçu vendredi soir un coup de
fil d’une éditrice (…), qui s’est dit « émue » et « intéressée » par
mon manuscrit qu’elle a reçu par un de ses amis avec qui je
corresponds par mail via mon blog. Selon elle, il y aurait « à peine
quelques retouches ». Je l’ai écoutée attentivement. J’avoue – et
le lui ai dit – que malgré ce nom célèbre, je n’ai pas le souvenir
16d’avoir lu de romans (…). Peut-être des documents, je ne sais plus.
Elle me propose un à-valoir correct pour un premier roman et
aimerait le publier pour la rentrée de janvier. Voilà…
Mon problème est le suivant : je lui ai expliqué (ce qu’elle
savait déjà) que le texte est publié dans votre collection sur le
Net, que j’en conserve le copyright et que bien sûr si je l’ai fait
c’était et pour me débarrasser de ce texte autobiographique
(je souhaite passer à l’invention) et aussi pour avoir des retours.
Sur ces deux points je suis comblé : j’en viens à oublier Son
absence et écris en ce moment un texte constitué de dialogues
(sans la lecture de Yasmina Reza je n’aurais jamais essayé, mais
faire rire et/ou laisser le lecteur rêveur est une activité jouissive) ;
et j’ai reçu pas loin d’une cinquantaine de mails perso sur mon
blog où les mots « émotion », « trouble », « larmes », «
identification » et « universel » reviennent souvent.
Voilà mon problème : le réflexe que j’ai eu a été de dire à cette
éditrice que j’estime que vous êtes prioritaire (pardon, ce n’est
pas le bon mot, c’est un peu orgueilleux d’avoir dit cela), que
même si « M@nuscrits » n’a pas de ligne éditorial, j’estime que
Léo Scheer m’ayant ouvert sa porte, même si je souhaite bien
sûr une version papier de mon texte (avec les réticences que je
vous avais avancées dans mon mail publié sur votre blog et que
l’éditrice a eu l’air d’assumer), dans ma tête c’est (…) pourquoi
pas mais si Léo Scheer donne son accord.
C’est quand j’ai dit cela que j’ai réalisé que vous n’aviez pas lu
mes pages et donc ne pouviez pas vous prononcer.
Bon voilà, pardon de vous déranger dans votre « rien » que j’envie,
mais qu’en pensez-vous ? J’accepte ? Si oui, on supprime Son
absence de votre site ? J’avoue, ça m’embête, je m’y suis habitué…
À vous lire pour en discuter.
Stéphane Darnat
17Ayant écrit à Stéphane Darnat que j’étais d’accord pour une
publication aux ELS, je recevais, le 6 juillet 2008, le message
suivant :
Cher Léo,
Tant que rien n’est fait (je veux dire pensé, discuté, signé, etc.),
je ne bouge pas et reste sur votre site où je me trouve bien.
J’ai vu qu’il arrive que parfois mon nom apparaisse encore
dans des commentaires, c’est touchant, vraiment. Mais même
si certains (que je ne connais pas : Véra, Raymonde, Macha,
qui m’ont l’air bien adorables) m’ont incité à participer au
forum, j’avoue que ma discrétion sur ce coup-là reste de mise.
Ou plutôt : j’étais tenté de m’y mettre ces derniers temps, mais
j’ai eu un accident de voiture dans les Pyrénées mardi soir
dernier (rien de trop grave : traumatisme crânien, nez cassé et
quelques commotions) et ça m’a coupé toute envie de quoi
que ce soit (sauf fumer des clopes à tire-larigot en lisant
Millénium). Je me sens encore faible et bizarrement n’envisage
pas l’écriture (blog et romanesque) pour l’instant.
On reste toujours assez perplexe de se dire que ça s’est joué à une
seconde près (dans mon cas, j’ai loupé un virage en montagne :
s’il n’y avait pas eu une voiture en face pour ralentir la course,
c’était le ravin). Savoir qu’on a frôlé la mort, et le choc de
concevoir surtout les conséquences éventuelles pour la voiture
d’en face (les passagers n’ont rien eu heureusement) ne met pas
dans un état narcissique, au contraire. Bizarrement (le choc
encore ?), je suis non pas indifférent mais atone. Et plus absent
que jamais.
Je vous ferai signe à l’occasion, mais je n’ai envie de rien pour
l’instant. Ni de bouger, ni d’encourager quelque publication de
18À l’aube, il avait quitté la ville pour aller s’égarer dans la
campagne de son enfance. Il piétinait doucement les blés
fraîchement recroquevillés, bruissant à peine. Le monde
enfermé là, comme dans cette bulle qu’enfant il agitait pour
qu’en tous sens le monde se recouvre de neige…
Désirs et besoins hors d’un temps. (Exil.)
Dans le froid qui lui tenait goût de tiédeur, remerciements
intérieurs à ceux qui l’ont aimé et qui, sans le leur avoir
avoué, lui sont chers, comme une peau douce, imperméable,
son corps se languissant de quelques vapeurs sentimentales.
Ailleurs, ceux qu’il n’a pas su retenir, disparus dans le voile
d’un nuage, à regret…
Les mots n’avaient plus de sens, se dérobaient, s’imbriquaient
les uns les autres tel un puzzle dessinant une arabesque
calligraphiée.
Des mots oubliés. Des sensations simples. Au passage de
l’heure, arbre en cabane, renversement tiède, blancs en
silence. Pas à pas, poitrine au vent, lèvres en sourire. Front
serein.
À l’aube, en son âme assoupie ses rêves avaient enfin investi
la lune.

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