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Sous les cahiers, la mort

De
107 pages
L'intrigue de ce roman nous amène à découvrir l'histoire douloureuse d'une famille détruite par le secret. Laure Théligny est venue passer quelques jours seule dans la maison héritée de ses parents. Après une rupture amoureuse, elle espère trouver un peu de quiétude et de repos dans le village de son enfance. Mais des événements étranges vont bouleverser sa vie : la découverte de manuscrits dans une décharge publique et la disparition d'une amie. Tandis qu'elle recherche le propriétaire des écrits anonymes, Laure est confrontée au comportement intriguant de l'entourage de son amie. Bientôt, la police la suspecte d'être mêlée à la disparition.
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Le Manuscrit
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© Éditions Le Manuscrit, 2005
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 08 90 71 10 18
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-6041-X (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-6040-1 (livre imprimé) CAROLINE CHABROL


1


Elle marche lentement sur un tapis de cendres, trouvant
son chemin au milieu des vestiges calcinés. Elle serait
passée à côté si, en l’écartant du pied pour dégager le
passage, elle n’avait senti son poids. C’est une boîte en
fer au couvercle soudé par la chaleur. Elle en force
l’ouverture et découvre une dizaine de cahiers et de
carnets, intacts. Son père l’emmenait parfois à la
décharge publique. Une fois, elle l’avait vu sauver un
livre à la couverture en cuir épais, le bord des pages
noirci par le feu. Un livre pas intéressant. Un livre pour
les grands. Mais un trésor à ses yeux.
Accroupie au milieu des objets brûlés, elle feuillette
rapidement les cahiers à la recherche du nom de leur
propriétaire. Elle ne trouve rien et remet les cahiers en
place. Quelques flocons de neige ont commencé à
tomber. Elle referme la boîte et se redresse. Une
sensation de malaise l’a envahie, l’impression d’être
observée. Elle scrute longuement le paysage nu,
uniquement bordé au loin par une rangée de grands
pins. Aucun mouvement, l’endroit paraît désert. Elle
hausse les épaules et remonte le col de sa veste. Un
frisson court le long de sa colonne. Elle ramasse la boîte
et se dirige rapidement vers sa voiture, soudain pressée
de rentrer.

Il attend qu’elle soit hors de vue pour s’en aller. Il n’a
pas besoin de la suivre. Il sait où elle habite.


9 SOUS LES CAHIERS, LA MORT
Laure s’est installée par terre sur l’épais tapis devant la
cheminée, les cahiers et les carnets étalés autour d’elle.
Elle a cherché à les classer par ordre chronologique.
Elle a mis à part les trois cahiers qui ne comportent
aucune date. Dehors, la neige a cessé de tomber. Le ciel
s’est déchiré par endroits. Des rais de lumière frappent
aux vitres du salon. Elle habite une petite maison de
plain-pied entourée d’arbres. Une maison de pierres de
lave à la sortie du village. La maison de ses parents dont
elle a hérité. Elle devra pourtant s’en séparer un jour.
Elle n’a pas les moyens de l’entretenir. Elle pourrait la
vendre ainsi que son petit appartement. Elle en
achèterait un plus grand. Elle n’a pas envie d’y penser
maintenant. Elle est venue à Sency pour s’occuper de la
tombe de ses parents. Les travaux de rénovation du
caveau ont dû bien avancer. Elle est venue pour ne pas
tourner entre ses quatre murs à Paris. Pour ne plus
tourner et retourner ses pensées depuis qu’il est parti.

Elle prend l’un des cahiers sans date qu’elle a mis de
côté et commence sa lecture :

Je n’essaierai pas de justifier les torts dont je me sens
coupable. La culpabilité fait courber l’échine et rend
misérable. La culpabilité ne permet d’exprimer que
les larmes et pousse à vouloir se faire pardonner.
Mais je sais que le pardon ne répare rien du mal que
l’on a causé.
Comme il est difficile de vivre quand on s’accuse
toujours d’avoir mal fait et mal dit. La hantise de
faire du mal. Je m’en veux toujours. Je me méprise.
« Tu ne t’aimes pas » disait Nathalie Sarraute. Je
répondrais que je m’aime encore trop.

10