Souvenir de Daniel

De
Je me suis retourné, je t'ai vu, seul, sous le lampadaire, et j'ai perçu pour la première fois ce sourire narquois qui naissait aux commissures de tes lèvres.
Je t'ai vu fondre dans mes bras. Je me suis perdu en toi, j'ai entendu mon vieux lit pleurer, j'ai senti mon âme voyager le long de mes bras, descendre dans mes jambes, j'ai tenté de retenir encore pour un dernier moment mon âme qui me quittait pour ta chaleur.
Même mes souvenirs n'ont plus de chaleur à me donner dans la grande froidure de l'abstinence. Je vous ai survécu mais il demeure que c'est aujourd'hui moi qui dors seul tandis que vous êtes des milliers et même des millions dans la fosse commune des sidatiques d'Amérique.
Publié le : vendredi 19 juillet 2013
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EAN13 : 9782894238448
Nombre de pages : 42
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Ancrées dans le Nouvel-Ontario, les Éditions Prise de parole appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture françaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine.
Éditions Prise de parole C.P. 550, Sudbury (Ontario) Canada P3E 4R2
www.prisedeparole.ca La maison d’édition remercie le Conseil des Arts de l’Ontario, le Conseil des Arts du Canada, le Patrimoine canadien (programmes Développement des communautés de langue officielle et Fonds du livre du Canada) et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.
DUMÊMEAUTEUR
ESSAIS Le recueil de Dorais, vol. 1, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2011. L’écho de nos voix, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2003. Prendre la parole. Le journal de bord du grand CANO, Ottawa, Le Nordir, 1996.
NOUVELLES « L’hurluberlu d’Earlton », dansLe salut de l’arrière-pays, conte urbain, Sudbury, Éditions Prise de Parole, 2010.
POÉSIE Sur le lac Clair, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2001. L’autobus de la pluie, rétrospective de poésie publiée, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2001. La veuve rouge, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1986. Souvenances, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1979. En attendant, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1976. « Apprentissage » dansLignes-Signes, collectif de poésie, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1973.
ROMANS Le grand livre, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2012. Le Nickel Strange, Montréal, Trait d’union, 2000. Le langage des chiens, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2002.
GASTONTREMBLAY
SOUVENIRSDEDANIEL
Roman
Éditeur : Robert Yergeau Réviseur : Jacques Côté Photographe : Daniel Julien Graphiste : Tim Inkster Conseiller : Pierre Girouard Boute-en-train : Rachelle Renaud Réalisation : Gaston Tremblay Réalisation du fichier ePub :Prise de parole Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Cet ouvrage a été publié originalement aux Éditions du Nordir. Copyright © Ottawa, 1995 pour la version papier Copyright © Ottawa, 2012 pour la version électronique Diffusion au Canada : Dimédia Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Tremblay, Gaston, 1949– Souvenir de Daniel ISBN 2-921365-43-X 1. Titre. PS8589.R4-18S69 1995 C843’.54  C95-900736-9 PQ3919.2.T74-S69 1995 ISBN 2-921365-43-X (Papier) ISBN 978-2-89423-726-7 (PDF) ISBN 978-2-89423-844-8 (ePub)
DÉDICACE
À la mémoire de Fabien, d’Yves, d’Yvon et de Daniel.
ÉVEIl
C’est ton œi qui cie ceci est mon âme qui votige. C’est e temps qui autour de moi se fige. Ceci est ma chair et ce qui reste de ton corps. Ceci est ’ange de notre se qui sur son soce s’éveie.
LÉTÉINDIEN
J’écris pour te dire ; j’écris pour nous redire ; j’écris pour abolir le silence. Pour dire l’amour qui m’habite, l’amour qui endure les tempêtes d’hiver, les pluies du printemps, les chaleurs de l’été et, à ma grande surprise, comme le roc du Bouclier canadien, l’usure du temps. J’écris ce poème qui s’affine comme les pierres qui s’adoucissent sur la plage. L’amour plus beau que l’été des Indiens et Dieu sait comme ces quelques journées d’automne ont su enjôler plus de poètes que toutes les femmes de la terre. Il y a quelques années, un de mes amis me demandait d’écrire un poème qui commencerait avec le vers « La terre est belle comme… ». Je n’ai pu rien dire, n’ayant rien vu ou vécu de plus beau que notre mère, cette si belle terre. Je n’ai pu rien écrire, je ne t’avais pas encore rencontré, Daniel. Eh oui! La terre est belle comme toi, Daniel. Ronde comme la bouche de ton baiser, ample comme ta poitrine qui se gonfle et qui reflue comme les flots de la mer. Tes bras se balancent dans mon ciel comme les branches du plus grand et du plus beau des chênes ; tes doigts sont des baguettes de magicien, qui évoquent le peuplier de mes rêves. Le plus beau des saules pleureurs, même quand il danse et se balance dans le vent, n’est pas aussi gracieux que tes membres qui te rapprochent de moi.
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