Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 7,90 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Souvenir de mauvais goût.

De
225 pages
Vous à t'on déjà offert un souvenir de vacances ? Probablement et vous en étiez ravi. Eric CHATEL, sera moins heureux que vous. Admirant sa jolie poterie provenant directement de Grèce, il découvrira un inquiétant message à l'intérieur de l'objet. Si inquiétant, que celui-ci choisira illico presto de s'envoler pour l'île de Rhodes où l'accueillera un dénommé Kristos pour le moins curieux. Au travers ce roman, Christian HUBER a voulu ici décrire, à la fois, son attrait pour l'île de Rhodes, et son penchant pour les endroits d'outre-tombe. Univers qu'il affectionne particulièrement et qui vous entraînera sous les vestiges d'une cité antique qui existe réellement.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

2 Titre
Souvenir de mauvais goût

3Titre
Christian Huber
Souvenir de mauvais goût

Roman noir
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-00922-4 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304009224 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-00923-1 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304009231 (livre numérique)

6





Tous mes remerciements à ma chère épouse Jeanne,
pour son soutien moral, et à ma vénérée mère pour ses
conseils en français.. .
8
I
Jean-Paul et Béatrice étaient vraiment des
amis extra ! Revenus il y avait moins d’une se-
maine de leurs vacances en Grèce, comme tou-
jours, ils venaient d’offrir à leur plus fidèle ami,
un souvenir de leur voyage. Eric était à chaque
fois très touché par ces marques d’affection,
même si secrètement, il appréhendait cette ava-
lanche d’horribles bibelots venant s’entasser
tous les ans sur ses étagères ! Tous les étés en
effet, voulant se surpasser dans l’originalité afin
d’épater leur ami, Jean-Paul et Béatrice
s’ingéniaient à rechercher les plus insolites ob-
jets représentatifs des sites qu’ils avaient visités.
Ne pouvant éliminer ces grotesques curiosités
sous peine de froisser ses généreux donateurs,
Eric s’était résigné à réquisitionner une vitrine
tout spécialement consacrée à leurs cadeaux. Le
meuble en question ayant été savamment instal-
lé dans un coin sombre du couloir faisant face à
la porte des WC ! Une façon de camoufler
l’odieux bric-à-brac parmi lequel trônaient : Un
palmier en plastique rouge et jaune, une pyra-
9 Souvenir de mauvais goût
mide en crotte de chameau séchée, un nappe-
ron en poils de chat, un bracelet en trompe
d’éléphant, un collier de pattes de tarentules,
une pirogue découpée dans un morceau de
pneu, une tête d’indien fluo verte, une tour de
Pise constituée de capsules de bière, une paire
de castagnettes en coquillages… Le reste de
l’inventaire ne méritant même plus qu’on s’y
attarde.
Eric ne pouvait pas décemment en vouloir à
ce couple de lui témoigner autant d’attention,
tant cela transpirait la sincérité et l’amitié. Après
tout, c’était le geste qui comptait, comme l’on
dit ! D’autant plus que cette fois, il s’était opéré
un petit miracle. Ils lui avaient offert une ma-
gnifique poterie antique. Une reproduction de
l’originale plus vraie que nature ! Haute
d’environ trente centimètres, cette dernière était
peinturlurée d’ocre et de jaune, l’imitateur ayant
volontairement atténué et sali les couleurs, al-
lant jusqu’à ébrécher le col de ce qui devait être
une cruche à vin. L’effet ainsi rendu, on pouvait
s’imaginer sans peine l’objet, tel que l’avaient
découvert les chercheurs de vestiges.

Calé au fond de son canapé, Eric restait à la
fois admiratif et pensif devant l’objet posé sur la
table basse de son salon. Il n’allait tout de
même pas mettre cette magnifique poterie dans
la vitrine du couloir ? Pour une fois que ses
10 Souvenir de mauvais goût
amis avaient eu la main heureuse, il fallait réser-
ver à cette merveille un meilleur sort ! Après un
temps de réflexion, une idée lui vint. Pourquoi
pas au beau milieu de sa bibliothèque ? Là au
moins, elle serait en évidence et Jean-Paul et
Béatrice seraient ravis ! Mettant à exécution sa
pensée, il se pencha pour attraper délicatement
le précieux cadeau, imaginant déjà celui-ci trô-
nant au beau milieu du meuble illuminé par un
spot.
C’est à ce moment précis qu’un fait anodin
allait être le déclenchement pour Eric d’une
aventure des plus surprenantes et dramatiques.
A cent lieux de soupçonner qu’un tel scénario
était sur le point de naître, tout guilleret, il sou-
pesait ce présent hors du commun, lorsque par
pure coïncidence, son regard plongea à
l’intérieur de celui-ci.
Il venait d’entrevoir quelque chose dans la jo-
lie terre cuite !
Se rapprochant, il pouvait distinguer un bout
de papier maintenu sur le fond avec un maté-
riau blanchâtre. Curieuse initiative, pensa aussi-
tôt Eric. Si c’était le prix de cet article pourquoi
ne pas l’avoir mis à l’extérieur ? Convaincu que
ce détail n’enlevait rien à la beauté de l’oeuvre, il
décida malgré tout d’aller « pêcher » cette curio-
sité, ne serait-ce que pour évaluer l’effort finan-
cier consenti par ses amis à son égard. Consta-
tant que sa main était trop volumineuse pour
11 Souvenir de mauvais goût
s’introduire dans le ventre du récipient, il alla se
munir de l’ustensile dont il se servait tous les
matins et qui n’était autre que l’un des « souve-
nirs » ayant échappé au destin de « la vitrine »
car bien pratique finalement. En fait, un
chausse-pieds à rallonge taillé dans de la lave,
dans lequel on avait sculpté sur le manche de
petites têtes de mort !

Ainsi outillé, il se mit alors, à gratter le fond
de sa magnifique reproduction antique qu’il se
promit de ne plus martyriser une fois ce petit
travail achevé. Etonné, il comprit rapidement
que ce qu’il avait pris pour du plâtre était en fait
une espèce de pâte. Sans trop de difficulté,
celle-ci se détacha de son support pour emme-
ner avec elle son chargement, capté ensuite sans
peine par les doigts d’Eric. Grimaçant, celui-ci
s’aperçut avec dégoût que la matière collant
cette étiquette improvisée était tout bonnement
un bon gros et répugnant chewing-gum ! Un
chewing-gum abandonné ici à coup sûr par un
garnement de touriste venu visiter la boutique
où était exposé l’objet ! Contrôlant sa répulsion,
il désenglua sa prise qu’il déplia pour l’agrandir
jusqu’à former un rectangle d’environ dix cen-
timètres sur cinq. Brusquement il redoubla
d’attention. L’une des faces du morceau de pa-
pier, était de couleur verte pâle, agrémentée de
petits dessins représentant une statue les jambes
12 Souvenir de mauvais goût
écartées et gardant l’entrée d’un port. Se rappe-
lant les commentaires enthousiasmés de Jean-
Paul et Béatrice lui décrivant l’île de Rhodes, il
était incontestable que ces dessins représen-
taient le fameux colosse de l’antiquité grecque.
Cette feuille chiffonnée n’était autre que du pa-
pier d’emballage, utilisé sans conteste par le
vendeur du magasin ! Jusque là, rien de bien
extraordinaire, sauf que sur ce papier
d’emballage, étaient griffonnés des signes, voir,
des lettres qu’Eric ne connaissait pas. Le tout,
formant comme une phrase. Evidemment, si
cette langue était du grec, il n’avait aucune
chance d’en comprendre la signification. Tou-
jours est-il qu’il était pour le moins surprenant
d’avoir transcrit ce message pour le dissimuler
ensuite dans cette poterie. Par ailleurs,
l’hypothèse qu’un gamin de touriste ait pu
émettre ce message, n’était pas vraiment réaliste
car il ne l’aurait certainement pas écrit dans la
langue de Platon mais dans celle lui étant pro-
pre. C’était un ou une grecque qui avait écrit ces
mots. C’était une évidence, mais dans quel but ?
Quel comportement étrange tout de même ! Il y
avait certainement une explication toute bête.
Une référence de l’objet peut être ? Pourquoi
alors, l’avoir pliée en quatre ? Une référence
doit être visible et qui plus est, pourquoi avoir
utilisé un chewing-gum pour la maintenir ? Cela
n’était pas digne d’un artisan créateur de répli-
13 Souvenir de mauvais goût
ques antiques. Plus il réfléchissait, moins il
trouvait de réponses à ses questions. Sa tension
commençant à monter, il se dit qu’il lui faudrait
au moins connaître l’essentiel avant de pouvoir
résoudre cette énigme. En l’occurrence, avoir la
traduction exacte de ces mots !
Une lueur lui traversa l’esprit le plus naturel-
lement du monde. Et pourquoi ne pas
m’adresser à la voisine ? Evoquant la simple
perspective d’affronter cette redoutable ma-
trone, appelée, Maria ARGORITIS, ses muscles
se crispèrent soudainement !

Grecque d’origine et mère de six enfants,
cette brave femme avait émigré en France dans
les années 1980 en suivant son époux, ingénieur
spécialisé dans le bâtiment et venu travailler
dans notre beau pays. A ce jour et ayant dépassé
largement la cinquantaine, elle avait le désavan-
tage d’avoir aussi dépassé largement le poids
maximum autorisé sur la balance de l’usager
moyen. Rien d’étonnant à cela, lorsqu’on savait
qu’elle cuisinait pratiquement du matin au soir
et qu’elle se nourrissait à peu près au même
rythme. C’était pour cette raison que depuis
presque dix ans où ils se côtoyaient, Eric
s’évertuait à éviter du mieux qu’il pouvait cette
chère Maria qui ne manquait pas une occasion
de « l’agripper dans ses filets » pour le faire
manger. Oui manger ! Ou plus exactement en
14 Souvenir de mauvais goût
l’invitant à ce qu’elle appelait « un petit mèzè »
et qui consistait, en vérité, à ingurgiter toutes
sortes de mets bien huileux, arrosés comme
l’exigeait la coutume, par de généreux et nom-
breux verres d’alcool à 40° appelé OUZO. Un
traitement de choc redouté par Eric qui mettait
plusieurs jours à récupérer après « ces guet-
apens », son foie n’étant pas habitué à de tels
régimes de mammouth contrairement à ma-
dame ARGORITIS. Pour l’heure, n’ayant pas
d’autre moyen lui permettant d’obtenir le ren-
seignement qu’il désirait, il lui faudrait affronter
l’ogresse une fois de plus, espérant qu’un phé-
nomène inattendu s’accomplirait , comme par
exemple, la mise hors service de sa cuisinière à
gaz ! On pouvait toujours rêver !

Prenant son courage à deux mains et en pos-
session de son étrange découverte, d’un pas dé-
cidé il sortit sur le palier, rejoignant en quelques
enjambées la porte de sa voisine qu’il entendait
déjà rouspéter après ses enfants, maintenant
adolescents. Soufflant un grand coup, il appuya
sur la sonnette tout en essayant de réfléchir à la
meilleure stratégie à employer pour se dépêtrer
au plus vite de ce guêpier. Presque instantané-
ment, les voix derrière le battant s’arrêtèrent,
faisant place à un bruit sourd se répercutant sur
le sol tout en s’amplifiant. Il n’y avait aucun
doute là-dessus. Les trépidations qu’il ressentait
15 Souvenir de mauvais goût
sous ses pieds, signifiaient que le « tyranno-
saure » détectant un intrus, se mouvait dans les
environs !
– Panayamou ! Quel sourprise ! C’est vous
ERIKA ?
– Oui, c’est bien moi. Bonjours Maria,
j’espère que je ne vous dérange pas, il n’est que
dix heures et je sais que…
– Pas dou tout qu’il est bête ! J’y suis tttrés
contente au contraire et j’allais joustement faire
des zolis keftédes ! Allez, allez, restez pas dehors
où ze me fâche ! Pour une fois vous venir me
voir !
– Ecoutez, je dois vous avouer que cette nuit
j’ai été très malade et que le médecin m’a re-
commandé de ne rien avaler pendant deux
jours ! Je viens pour tout autre chose. Pour être
clair, il faudrait que vous me traduisiez ce mes-
sage qui est peut-être du grec. Je vous en serais
très reconnaissant.
– Trrés reconnaissant et vous pas vouloir
goûter à mes keftédes ? Ca c’est pas bien ! Vous
êtes trrop méchante avec moi !
– Ne vous vexez pas Maria, ce n’est pas ce
que je voulais dire. Tenez, vous me lisez ces
quelques mots et je vous promets qu’a midi pile
je viens goûter vos… chef… tares ?
– KEFTEDES ! Voyez, vous avoir déjà ou-
blié !
16 Souvenir de mauvais goût
– Ho ! Excusez-moi, j’étais distrait ! Non…
enfin… Oui, je viendrais manger vos keftedes !
Vous pouvez compter sur moi !
– C’est bien vrrrai ça ?
– Promis juré !
L’opulente femelle hésitant un instant, essuya
de son doigt boudiné un restant de yaourt grec
accroché dans sa moustache naissante, puis fi-
nalement rassurée, s’empara à l’aide de la pince
étau lui servant de main, du bout de papier ten-
du par Eric.
L’air vaguement surpris, elle lança alors dans
sa langue maternelle :
– VOÏTHIA ! Na sosso mè apo ta éripia !
Eric devinait déjà qu’il n’avait pas perdu son
temps et que « son sacrifice » ne serait pas inu-
tile en venant se jeter dans les bras de sa gargan-
tuesque voisine.
– Et qu’est-ce que ça veut dire en français
chère Maria ?
– Ben… Ca veut rrrien dire !
– Comment ? Je ne comprends pas ! Expli-
quez-vous s’il vous plait !
– Si moi lire, le papier dire : Au secours !
Sortez-moi des rrruines !
Effectivement, la teneur de cette phrase était
plus que bizarre et l’énigme de ce message de-
venait de plus en plus obscure, laissant Eric
sans voix. Sortant de son silence après quelques
secondes de réflexion, ce dernier répéta tout
17 Souvenir de mauvais goût
haut, les mots sortis de la bouche de sa traduc-
trice :
– Au secours ! Sortez-moi des ruines !
C’était incompréhensible ! Etait-ce un appel
au secours, une blague d’écolier ou tout sim-
plement une erreur de traduction commise par
sa championne du monde de la moussaka ? Il
n’osait lui reposer la question tant il la voyait
énervée en train de trépigner d’impatience pour
connaître ses préférences en matière de pâtisse-
rie ! Même si cette satanée phrase lui taraudait
l’esprit, il était inutile d’exciter d’avantage la
susceptibilité de cette increvable cuisinière, qui,
par représailles serait capable de forcer son ta-
lent en rajoutant quelques plats supplémentaires
au menu ! N’osant imaginer ce qu’il allait encore
devoir endurer dans moins de deux heures, il
tenta timidement :
– Hé bien, une petite salade de fruits me fe-
rait plais… .
– Oune quoi ?
– Vous savez des… .
– Panayamou ! Mais il est fou ! Vous voulez
m’énerver Erika ? Vous allez manger mes kataï-
fis et mes baklavas ! Et si vous me faire plaisir,
vous prendrez du halva que j’ai ramené du pays
spécialement pour vous !
– Bien ! D’accord, d’accord Maria ! Je pren-
drai tout ce que vous voulez ! A tout à l’heure et
merci du renseignement !
18 Souvenir de mauvais goût
– Attention Erika ! Ze serait trrrop méchante
si vous pas venir manger mon petit mèzè ! Ha !
J’ai oublié ! J’ai des bons fassolias qui me restent
d’hier avec dolmathakias, et puis des Tiropitakias
et je crois aussi des kalamarakias bien frais.
Vous aimez to kotopoulo sto fourno ? Vous savez,
avec ligo Tzatziki ! Allez, je me dépêche ! Moi
faire spécial pour Erika mes bamies et mes melit-
zanes ! Ca va bien avec les souvlakias !

L’espace d’un instant, Eric eu une pensée
émue pour l’époux de ce phénomène de la
bouf’qui aurait mérité sur le champ, au moins la
légion d’honneur pour fait de résistance de haut
rang devant cette torture de l’estomac ! Com-
ment ce type de soixante kilos, clés de voiture
en poche y comprises, pouvait endurer pareil
traitement ? Assurément, celui-ci détenait une
formule magique à faire breveter au plus vite !
Pris d’un haut de cœur, Eric esquissa un sou-
rire, puis d’un petit signe de la main entama la
retraite, accablé par cette démonstration de
force émanant de cet infernal humanoïde à
produire de la nourriture ! Il était exactement
dix heures un quart à sa montre, ce samedi
24 juin 2006, et il n’était pas dit que dans trois
ou quatre heures, il puisse survivre à cette nou-
velle agression gastronomique ! Tel était le prix
à payer en vertu du contrat passé avec Maria.
Eric, futur supplicié, commençait à se deman-
19 Souvenir de mauvais goût
der si cela valait vraiment la peine de se ruiner
la santé pour un bout de phrase perdu sur un
morceau de papier ! Il se promettait bien de
creuser la question une dernière fois à tête re-
posée avant de s’engager dans ce traquenard !
20
II
Les murs de la chambre n’en finissaient plus
de vaciller autour de lui. Les yeux rivés au pla-
fond, Eric savait qu’il devrait entreprendre une
énième visite guidée vers les toilettes s’il voulait
espérer interrompre les effets de cette ronde
infernale. Son estomac refoulant toutes sortes
de matières nauséabondes, le terme « grasse ma-
tinée » était donc tout à fait appropriée en ce
pitoyable dimanche qui n’était que le prolon-
gement de la nuit qu’il venait d’endurer. D’un
bond, il sortit de son lit et se mit à sprinter vers
« la terre promise ». Penché au-dessus des W. C.
, les images de la veille lui revenaient en mé-
moire :
Sa montre lui indiquait plus de trois heures
de l’après-midi, lorsque affalé sur un divan, il
suppliait ce monstre de Maria de s’arrêter de
préparer « di petites choses de rien du tout » !
Cette dernière ne cédant pas aussi facilement, le
calvaire s’était poursuivi jusqu’à 19 h 30 après
de copieuses rasades de Ouzo sensées aider à
digérer, selon les dires de Dimitrius, son mari,
21 Souvenir de mauvais goût
se prenant pour le médecin de famille. Le ven-
tre gonflé comme une montgolfière, Eric avait
réussi enfin de compte à mettre un terme à son
supplice en s’endormant devant les photos du
Parthénon et de l’album familial.
Un renvoi vint interrompre ses pensées puis
son corps tressaillant encore deux ou trois fois,
il expurgea enfin une bonne partie « di petites
choses de rien du tout ». Soulagé, il sentit que
cette dernière tentative avait été payante. Hale-
tant et pour le moins épuisé après ce dernière
effort abdominal, il appuya sur le bouton de la
chasse d’eau et se relevant, gagna la salle de bain
afin de se rafraîchir.
Horreur ! « La bobine »du type que lui ren-
voyait son miroir avait bien pris dix ans ! Adieu
mes 35 ans et mes airs de Paul Newman ! Lança
t-il à haute voix. Fraîchement divorcé, depuis
six mois, il se surprit à avoir un tantinet de
compassion pour son ancienne épouse Fran-
çoise qui aurait pu effectivement choisir la sépa-
ration devant un tel spectacle ! Le teint livide et
les traits plus que marqués, comme si il avait sa
propre caricature en face de lui, il prit cons-
cience que l’abominable Maria, avait frappé fort
cette fois-ci ! Tout ça pour une promesse en
échange d’une traduction qui ne voulait rien
dire !
Il se souvint qu’il s’était promis de se pen-
cher sur cette question à tête reposée, ce qui
22