Starting Point

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Pour Steven, auditeur proche de la trentaine, il ne devait s'agir que d'une journée de travail comme une autre. Pourtant, un choix anodin au cours de cette journée va changer sa vie à jamais.
Steven aurait dû mourir, mais aidé par un phénomène qu'il ne maîtrise pas, il va pouvoir revenir en arrière pour modifier ce choix.
Alors que ce jour aurait dû marquer la fin de sa vie, il doit profiter de ce nouveau point de départ pour essayer de survivre. Pendant ces 24 heures où chaque choix le rapproche de l'instant fatidique, Steven sera-t-il capable de modifier le passé ?
Et surtout… cela sera-t-il suffisant ?
Publié le : lundi 2 novembre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791026202998
Nombre de pages : non-communiqué
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Kevin Maury

Starting Point

 


 

© Kevin Maury, 2015

ISBN numérique : 979-10-262-0299-8

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Courriel : contact@librinova.com

Internet : www.librinova.com


 

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Nous ne sommes que la somme de nos choix.

 

Prologue

 

Je ne m’y attendais pas.

La journée avait si bien commencé.

Tout s’était parfaitement déroulé.

Mon rêve était devenu réalité.

Alors…

Pourquoi ?

Pourquoi ?

Pourquoi est-ce qu’il faut que ça se finisse comme ça ?

Je ne peux rien faire.

Je ne peux que le regarder.

Je ne peux que sentir ses mains sur mon cou.

Je n’aurais jamais cru qu’il était si facile de tuer quelqu’un.

Je ne peux plus respirer.

 

 

Chapitre 1

 

Je me réveillais en sursaut.

Je n’avais pas l’habitude de faire un cauchemar.

Instinctivement, je me mis à toucher mon cou.

Je pouvais encore sortir cette morbide sensation.

Mon impuissance.

Malgré mes jambes fébriles, je parviens à me mettre debout.

Et c’est avec une main encore plus fébrile que j’allumais la lumière de ma chambre, priant pour que ce ne soit qu’un mauvais rêve.

Il me fallut quelques instants pour m’habituer à la forte luminosité.

Après quelques secondes, je pus finalement observer mon cou.

Aucun problème. Aucune trace de strangulation.

Soulagé, je commençais à reprendre la direction de mon lit.

— Non mais, c’est quoi ton problème, d’allumer la lumière ? Tu as vu l’heure. Il est même pas 5 heures du mat’!

— Ah, désolé Chérie… J’ai fait un cauchemar !

— Tu parles d’un mec… Non seulement tu me réveilles quand tu rentres tard le soir, si tu commences à me réveiller le matin, ça va mal se passer.

— Désolé, désolé. Mais, tu sais bien que ce n’est pas moi qui choisis mes horaires, répliquais-je.

— On en reparle au petit-déjeuner. J’espère que j’arriverais à me rendormir.

— Vraiment désolé. Ça n’arrivera plus, je te le promets, murmurais-je.

J’essayais tant bien que mal de me rendormir mais impossible de me défaire de ce sentiment de malaise.

J’avais vraiment le sentiment d’avoir frôlé la mort il y a quelques secondes.

Ou plus exactement d’être mort il y a quelques secondes.

Super.

Ça va pas me motiver à aller travailler cette histoire…

Allez, plus que 2 heures de sommeil et après, ce sera reparti pour des journées de 15 heures.

Arrête de penser et dors.

Malheureusement, après une heure sans trouver le sommeil, je me levais avec amertume.

Quitte à ne pas dormir autant faire quelque chose d’utile.

Je passai l’heure suivante à préparer un super-petit-déjeuner, faire le ménage…

Ce qu’il ne faut pas faire pour se faire pardonner. Tout ça pour une petite lumière…

— Chérie, c’est l’heure de se lever. Je t’apporte ton petit-déjeuner au lit si tu veux ? proposais-je.

— Oh, il ne fallait pas, Steven. Je vais le prendre dans la cuisine. Je ne veux pas louper la météo pour savoir comment je dois m’habiller ce matin, répliqua Chloé.

— OK, comme tu veux.

Chloé me rejoint quelques secondes après à table. Malgré le fait qu’elle venait tout juste de se lever, elle semblait de bien meilleure humeur que lors de son précédent réveil.

Elle regarda rapidement le flash météo qui annonçait une journée ensoleillée en ce vingt-huit septembre.

Une fois le flash terminé, elle se retourna vers moi et m’adressa un sourire radieux.

— Alors, cette mission, ça se passe bien ? Tu audites quelle boîte déjà ? demanda-t-elle tout en se faisant une tartine de Nutella.

— Si on peut éviter de parler du boulot ça m’arrangerait pas mal, grommelais-je.

Je n’avais pas vraiment envie de parler de mon job en tant qu’auditeur dans un cabinet de commissariat au compte de si bon matin.

— Ça va être difficile de parler d’autres choses, vu les horaires que tu fais. Tu ne regardes pas de film, ni de série et on ne sort plus…

— Je t’ai déjà dit que c’est le métier qui veut ça. Entre janvier et fin avril, il y a beaucoup de boulot… Crois-moi, si je pouvais rentrer plus tôt, je le ferais.

— Oui, oui, je te crois Steven. Alors, ta mission, elle se passe bien ?

— Ben, comment dire… C’est un dossier que je connais bien vu que je le fais depuis 5 ans maintenant. Il y a toujours le même responsable et l’associé qui signe les comptes, donc en général, il n’y a pas trop de surprise et ça se passe plutôt bien. Les seules personnes qui tournent ce sont les nouveaux arrivants, les assistants, mais ils ont l’air pas mal donc ça devrait bien se passer.

— Déjà 5 ans… Je ne m’étais pas rendu compte que ça faisait aussi longtemps que tu étais entré dans ce cabinet. Du coup, tu vas bientôt passer manager !

— À la fin de l’année, si tout va bien, oui. Pour l’instant je reste « Senior » c’est-à-dire chef de mission, pas trop de changement par rapport à l’année dernière quoi.

Surtout au niveau de la rémunération…

— Je ne comprends toujours pas pourquoi on vous appelle senior alors que vous n’avez même pas 30 ans ?

— J’avoue. On commence assistant, puis au bout de 2 ans, on passe « Senior » et trois ans après on passe « Manager ». Puis, tout en haut, il y a les associés, mais il faut vraiment être très bon pour pouvoir le devenir. De toute façon, vu qu’environ la moitié se barre au bout de 2 ans, si on dépasse ces deux ans fatidiques, c’est un peu comme si on était déjà des vieux dans la boîte…

— En parlant de départ… Je suis sûr que tu pourrais trouver mieux… Et avec moins d’horaires, moins de voyages en province… On pourrait s’organiser plus de trucs, ce serait super !

— Pour l’instant, j’aimerais quand même passer Manager. Après, je verrais.

— De toute façon, je n’ai jamais compris le rôle de l’audit…

Je t’ai déjà expliqué que l’objectif des auditeurs, en particulier les commissaires aux comptes, c’est de certifier des états financiers. Si on n’était pas là, ils pourraient communiquer n’importe quoi comme chiffre. Mais, là, grâce à nos contrôles, on peut valider que l’entreprise que les comptes sont bons. Par exemple, le chiffre d’affaires qu’elle a réalisé ou son bénéfice… Cela permet d’instaurer de la confiance sur les marchés financiers.

— Si tu le dis…, soupira Chloé pas vraiment convaincue.

— Dans tous les cas, je te tiendrai au courant, si jamais je décide de me barrer du cabinet. Mais, maintenant, je dois filler si je ne veux pas être en retard. Allez, à ce soir !

— OK, amuse-toi bien. Et, rappelle-moi, quand est-ce que tu pars en province, déjà ?

— Dans deux semaines. Salut ! Je rentrerai tard ! Ne m’attends pas pour manger !

Je me précipitais dans la rue.

J’avais mis plus de temps à préparer le déjeuner que prévu.

Je me mis à sprinter à fond afin de récupérer mon RER, non sans manquer la collision avec un autre mec en costard qui semblait lui aussi presser.

Nous nous adressâmes un petit signe pour indiquer que nous étions chacun désolé. Nous repartir ensuite, sans perdre de temps, afin d’espérer attraper nos RER respectifs. C’est quand même fou… Dans la rue, les gens essaient de ne s’approcher de personne… Mais, dans le RER, les gens se bousculent, se cognent et ça ne dérange plus personne.

Après deux changements, j’arrivais enfin à ma destination. Sur place, j’échangeais quelques formules de politesse à la personne de l’accueil en attendant que le chef comptable, Christophe, vienne me chercher. Il m’accompagna ensuite à la salle réservée pour les auditeurs où mon équipe m’attendait.

La salle d’audit c’était un peu le lieu dans lequel l’entreprise installait les auditeurs.

Il n’était pas rare que, en raison de problème de place, on se retrouve dans des salles sans lumière, sans fenêtre et sans connexion internet. À défaut, on pouvait se retrouver dans une aile abandonnée à trois cents mètres du chef comptable. Bien entendu, il fallait badger trois ou quatre portes pour y arriver et l’entreprise ne transmettait, en général, qu’un seul badge pour une équipe de cinq.

Dans ces circonstances, gérer le badge devenait plus important que d’avancer les travaux d’audit !

L’objectif recherché – mais jamais avoué — était simple. Éviter d’être trop dérangé par l’auditeur et surtout d’éviter qu’ils se sentent bien et qu’ils décident de rester plus longtemps.

Suite à mon arrivée dans la salle d’audit, une salle de 12 m² – sans fenêtre qui accueillait mon équipe de deux personnes, je parviens après quelques efforts acrobatiques - en évitant les cartons et les classeurs posés par terre - à rejoindre mon siège.

Je les saluais brièvement.

— Salut Karin, Tom, vous avez passé une bonne soirée ?

— Ouais, enfin, ce qu’il en restait…, répondit Tom d’une voix sans conviction.

Ça commence bien.

— Je ne vous ai pas fait partir trop tard… À mon époque, quand j’étais assistant, c’était pire !

— Arrête de parler comme ça, on dirait un vieux, répliqua Karen.

Sacré équipe.

— Bon, écoutez les gars, moi aussi, ça me soûle de partir tard le soir. Moi aussi, ça me soûle de reprendre mon PC et de travailler chez moi. Mais, c’est comme ça, on n’y peut rien. On est tous dans la même galère !

— Sauf que tu gagnes le double.

— Là n’est pas la question. Bref, tout avance bien ? Vous avez des points ? Des soucis ?

— Ben, écoute, j’ai fait comme tu avais dit. J’ai sélectionné les écritures comptables que je souhaitais tester et j’ai tout envoyé au chef comptable. J’attends son retour là, répondit Tom.

— Et tu ne m’as pas mis en copie ? Et puis, t’aurais pu me faire valider la sélection avant…

— C’est bon, je maîtrise. J’ai fait que ça des sélections depuis que je suis arrivé.

— Certes, mais ce n’est pas comme ça qu’on doit procéder. Si tu sélectionnes n’importe quoi, ça ne va pas le faire.

— T’inquiète pas. Ils ne savent pas comment on sélectionne de toute façon. 

Un petit mec qui vient de sortir de l’école et qui se permet d’envoyer des demandes de document à des chefs comptables qui ont plus de vingt ans d’expériences sans que ça pose un problème à quelqu’un… Il n’y a que dans l’audit qu’on peut voir ça.

— OK, file-moi ta sélection. Je vais quand même regarder vite fait. Et la prochaine fois, tu me mets en copie, s’il te plaît.

— Si tu as du temps à perdre…, grommela Tom.

— Bon, OK. Alors, tu as sélectionné comment ?

— Comme d’habitude. J’ai repris les seuils qui décident de ce qu’on doit regarder ou pas et je les ai appliqués.

— Tu as bien compris la logique ?

— Oui, on ne sélectionne pas tout car on n’a pas le budget.

Petit malin.

— C’est plutôt parce qu’on a décidé qu’on autorisait que les états financiers pouvaient ne pas être exacts à l’euro prêt. Et du coup, on a défini une erreur tolérable, qui fait qu’on certifie tant que ce n’est pas dépassé. Donc, les seuils, c’est pour ne pas perdre du temps sur des erreurs qui ne seraient pas significatives.

— Je connais la chanson. Dans tous les cas, j’ai respecté la méthodologie du cabinet, donc il ne devrait pas avoir de souci.

— OK, ça m’a l’air pas mal. Attends, pourquoi tu as sélectionné ce compte, là ? Le compte « Autres dépenses externes ». Il y a genre que 40 mille euros. C’est largement en dessous de nos seuils.

— Ah, celui-là ? Comment dire… Comme on l’a jamais testé et que le montant reste à peu près identique tous les ans, je me suis dit que ça pouvait valoir le coup de comprendre ce qu’il avait dedans.

— Certes, mais ça reste du suraudit…

— Suraudit ?

— Quand on passe du temps à auditer des comptes qu’on ne devrait pas. En gros, on travaille pour rien.

— Je pensais que ça pouvait être intéressant de le tester. Mais, si tu me dis que c’est une perte de temps, je peux envoyer un mail au chef comptable pour lui dire que finalement on ne testera pas cette partie.

— Non, non. Surtout pas. Sinon, ils vont se dire qu’on leur demande n’importe quoi. Faut qu’on reste crédible. Écoute, c’est simple. Pour le moment, on va voir ce qu’il nous donne. Si on voit que ça ne sert à rien, on le supprimera de ta sélection. Comme tu n’aurais pas dû le sélectionner, on ne commettra aucune erreur professionnelle. Si, par contre, on constate quelque chose, on ira voir le chef comptable pour obtenir des explications. Mais, pour moi, il ne devrait pas avoir de souci.

— OK, ça marche. Bon, du coup, je vais continuer mes parties. Je te tiens au courant si y a un problème.

— Super. Et la prochaine fois, on valide rapidement ta sélection ensemble avant d’envoyer. N’oublie pas que tu représentes le cabinet.

— C’est noté.

Karen et Tom se remirent à travailler.

Je me mis à consulter mes mails. Rien de très intéressant.

— Encore un mail pour un pot de départ… On est en pleine saison d’audit et t’en a qui pose leur démission maintenant ! C’est vraiment du n’importe quoi…

Tu le connaissais Hugo, Steven ?

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