Suite à l'hôtel Crystal

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Les histoires rassemblées ici ont pour point commun de se dérouler dans des chambres d'hôtel, de Brive-la-Gaillarde à Buenos Aires, de Miami à Tokyo en passant par maints autres lieux. Parmi les protagonistes : une femme fatale, un ex-colonel de l'armée soviétique, boxeur et trafiquant d'armes, un marin grec contrebandier, un poète syrien alcoolique, une strip-teaseuse turque, un escroc anglais, une héritière américaine, un tueur roumain, un ingénieux ingénieur tchèque, des espions, dictateurs, terroristes, imams, cardinaux, écrivains etc. Le monde, quoi. Elles ont été trouvées fortuitement, griffonnées sur des supports variés (pages de garde déchirées, cartes postales, plans de villes, menus, faux papiers d'identité, etc.), dans une valise abandonnée. On se perd en conjectures sur ce qu'eût été, achevé, le livre dont elles sont apparemment des fragments : autobiographie, roman d'aventures, guide des hôtels du monde, écrit apocryphe de Georges Perec ? Les conditions quelque peu rocambolesques dans lesquelles elles ont été découvertes ont même fait naître chez certains le soupçon d'une supercherie.


Publié le : mardi 25 mars 2014
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EAN13 : 9782021092851
Nombre de pages : 256
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S U I T E À L ’ H Ô T E L C R Y S T A L
Olivier Rolin, né en 1947, est l’auteur de plusieurs romans, dontL’Invention du monde(1993),Port-Soudan(prix Femina, 1994),Méroé(1998) etTigre en papier(2000). Il a également écrit des récits de voyage dontEn Russie(1987),Mon galurin gris(1997), et a été journaliste et éditeur.
O l i v i e r R o l i n
S U I T E À L’ H Ô T E L C R Y S T A L
r o m a n
Éditions du Seuil
CET OUVRAGE A ÉTÉ PUBLIÉ DANS LA COLLECTION e « LSIECLEA LIBRAIRIE DU XXI » DIRIGÉE PARMAURICEOLENDER
T E X T E I N T É G R A L
ISBN978-2-02-109286-8 re (ISBN2-02-057329-6, 1 publication)
© Éditions du Seuil, octobre 2004
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«Si chaque homme ne pouvait pas vivre une quantité d’autres vies que la sienne, il ne pourrait pas vivre la sienne.» Paul Valéry,Variété.
«Je garde une mémoire exceptionnelle, je la crois même assez prodigieuse, de tous les lieux où j’ai dormi…» Georges Perec,Espèces d’espaces.
Avertissement
Rappelons les faits. Quelque six mois après la dispa-rition1de l’auteur des textes rassemblés ici pour la pre-mière fois de façon systématique et critique, Mme ***, une de ses proches relations, ayant égaré une mallette quelque part sur le trajet de son domicile à son bureau, se rend à tout hasard au service des objets trouvés, rue des Morillons dans le XVearrondisse-ment de Paris. Elle ne l’y découvre point mais à divers signes sûrs elle reconnaît en revanche, au milieu d’une collection hétéroclite, la valise à soufflets de son ami, en compagnie de qui elle a fait de nombreux voyages. Ladite valise a été oubliée dans un taxi, et il est impossible de remonter jusqu’au «perdant» – c’est ainsi que les fonctionnaires de la rue des Morillons appellent les distraits. Le délai de garde ayant expiré sans qu’aucune revendication ait été
1. Dans des circonstances dont chacun se souvient (voir vingtième «chambre», note 2, et vingt-deuxième «chambre»).
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SUITE À L HÔTEL CRYSTAL présentée, on la lui remet. Ouverte, elle s’avère contenir, outre quelques effets vestimentaires, un petit tas de livres et de papiers (feuilles A4 manus-crites, sorties d’imprimantes, pages détachées de cahiers ou de carnets, pages de garde déchirées, enve-loppes, papiers à lettres d’hôtels, cartes postales, dos de cartes géographiques, plans de villes, etc.). Les textes consignés sur ces supports disparates2ont tous en commun de décrire minutieusement une chambre d’hôtel, à la façon presque d’un huissier, puis de nar-rer, plus ou moins succinctement, une histoire surve-nue à l’auteur dans ou à partir de ce lieu. Quelle était exactement l’architecture du livre pro-jeté, dont ces «chambres» seraient les briques éparses, non encore maçonnées? Y avait-il même à proprement parler le projet d’un livre? Voilà ce que nous ne saurons jamais avec certitude. A la dernière question, on peut tout de même répondre par l’affir-mative avec des chances raisonnables de ne pas se tromper. Dans l’hypothèse contraire, en effet, on comprendrait mal cet effort prolongé, systématique, de rédaction de notices «topautobiographiques» – on voudra bien nous pardonner ce néologisme par lequel on prétend rendre compte de l’articulation, assez singulière dans l’histoire de la littérature, et pour tout dire légèrement incongrue, entre un «état des lieux»(topos)et un récit autobiographique éclaté et lacunaire. Qu’il y ait eu projet, cela semble donc
2. Nous avons, à chaque fois, signalé en note le type de support sur lequel le texte se trouvait consigné. 10
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