Tara

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" Michel Del Castillo est un des rares romanciers, de nos jours, qui aient une "musique", un chant dans leur voix, dans leur ton, dans leurs phrases. "


R.M. Albérès, Les Nouvelles littéraires





" Barbey d'Aurevilly eût apprécié cette version espagnole des Diaboliques. "


Luc Estang, Le Figaro littéraire


Publié le : vendredi 26 février 2016
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EAN13 : 9782021317749
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couverture

Du même auteur

AUX MÊMES ÉDITIONS

La Nuit du Décret, 1981

prix Renaudot

collection « Points Roman », no 88

 

Gerardo Lain

collection « Points Roman », no 82

 

La Gloire de Dina, 1984

collection « Points Roman », no 223

 

La Guitare

collection « Points Roman », no 168

 

Le Vent de la nuit, 1973

prix des Libraires

et prix des Deux-Magots

collection « Points Roman », no 184

 

Le Colleur d’affiches

collection « Points Roman », no 200

 

Le Manège espagnol

collection « Points Roman », no 303

 

Le Démon de l’oubli, 1987

collection « Points Roman », no 337

AUX ÉDITIONS RENÉ JULLIARD

Tanguy, 1957

AU MERCURE DE FRANCE

Mort d’un poète, 1989

A Lucien Dumas,
poète délicat, amoureux de l’Espagne,
ce chant andalou, en témoignage d’amitié.

Tara n’est pas un roman. Plutôt la vision, hallucinante jusqu’à l’obsession, d’un double cas de possession. Car il y a deux Tara, la mère et la fille ; et la mère, après avoir patiemment formé sa fille au Mal, s’éloigne comme pour lui léguer une sorte de souveraineté.

Dès lors, la seconde Tara ne connaîtra plus ni prudence ni frein. Elle prend au piège et épouse un pur, un chrétien, Juan, afin de pouvoir cruellement blesser une âme. Elle s’offre au passant que choisit son caprice. Quand éclatera la Révolution, elle n’hésitera pas à commettre la plus abjecte des trahisons.

Ce n’est pas seulement ici l’étude d’un cas monstrueux ; c’est l’évocation du seul problème métaphysique qui soit lourd de conséquences immédiates pour l’homme : celui de la prédestination. Et ce problème s’incarne ici en des vies violentes, comme s’incarne ce domaine de « La Parra », cette province cordouane, cette Espagne enfin, tantôt jardin de délices, tantôt desséchée, impitoyable, telle enfin que pouvait nous la montrer, aussi loin de tout romantisme approximatif que de tout réalisme minutieux, un écrivain fait de sa substance et de son sang et, par surcroît, contraint dès l’enfance à se pencher sur les abîmes de l’âme.

 

Michel del Castillo est né le 2 août 1933 à Madrid de père français et de mère espagnole. Études de lettres et de psychologie. Publie son premier roman, Tanguy, en 1957. Obtient le prix des Libraires pour Le Vent de la nuit en 1973 et le prix Renaudot pour La Nuit du Décret en 1981. En 1987, il publie Le Démon de l’oubli qui remporte un large succès auprès de la critique et du public.

« Vous avez, vous, le diable pour père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était, lui, homicide dès le commencement, et il n’a pas persévéré dans la vérité parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et père du mensonge. »

Saint Jean, VIII, 44.

 

PREMIÈRE PARTIE

I

Je lutte contre les mots. Chacun de ceux que je trace me coûte un effort. Je peine devant ce cahier, comme une écolière devant sa copie. Il me semble parfois que c’est un peu de mon sang que je laisse sur ces pages.

J’aimerais trouver, pour m’adresser à toi, les mots les plus simples et les plus vrais ; j’aimerais les réinventer pour toi, afin qu’en les lisant, tu sois surpris ; qu’ils te brûlent comme ils me brûlent. Et que tu leur restitues ce sens qu’ils avaient avant que l’habitude ne les rendît inoffensifs. Car nous sommes vaccinés contre le virus de la parole. Les mots résonnent en nous sans nous atteindre. Nous les parcourons ; nous leur conférons un ordre qui nous rassure. Aucun ne possède plus le pouvoir de nous arrêter. Nous ne sommes même plus capables de percevoir, sous la mélodie trompeuse du discours, le gémissement d’une âme. Et c’est pourtant dans la fièvre que je m’adresse à toi, Juan, et tout mon corps gémit comme je trace ces signes que tu parcourras peut-être d’un œil distrait et vaguement ennuyé. D’ailleurs j’exagère : mon corps ne gémit pas de douleur, mais d’impatience. La pensée devance le geste et c’est peut-être cela qui rend toute confession si pénible à écrire. J’essaie de calmer cette ardeur et de freiner mon impatience.

J’aurais préféré te parler sur un ton calme et pondéré. Te livrer mon récit de cette voix lasse et comme détachée de tout qu’il m’arrive de prendre, quand je veux marquer du recul vis-à-vis de moi-même et de ce qui m’agite.

Nous aurions eu la nuit pour complice. Nous serions restés sagement assis dans le noir, toi fumant ta pipe et moi regardant la lune se baigner dans le Guadalquivir…

Tu ne dirais rien. Tu m’écouterais parler comme on écoute le délire d’un malade : sans passion. Tu éviterais de m’interrompre et, même, de me dévisager. Il est bon que les aveux les plus pénibles se fassent au crépuscule, dans une douce pénombre, et qu’on ait l’impression de ne s’adresser à personne. Les seules confessions vraiment sincères sont celles qu’on se fait à soi-même, mais à voix haute et avec l’intime conviction qu’une présence les entend.

J’ai souvent essayé de m’adresser à toi. Tu m’arrêtais d’une phrase : « Cesse de te tourmenter, Tara. » Ou encore : « Je n’ai rien à te pardonner… »

Tu reculais ainsi, d’heure en heure, cet instant où il te faudrait faire face à la vérité. Tu prolongeais ton rêve, sachant, au plus secret de toi-même, qu’un jour viendrait où tu devrais, malgré tout, renoncer à ce confort de l’esprit. Et je me taisais comme je le fais depuis cinq ans, par lâcheté. Je craignais de prononcer une de ces paroles qu’on met une seconde à dire et toute une vie à ne pas oublier. Je redoutais l’explosion de ma haine et qu’elle ne te masquât de quel immense amour elle était née. Car je te hais, Juan. Du moins je le pense. Ou peut-être t’aimé-je ? Comment savoir, au juste, ce qu’est cette frénésie qui s’empare de moi et me pousse à me réjouir de tout ce qui fait ton malheur ? Cette joie mauvaise qui m’envahit quand je perçois, la nuit, les faibles gémissements que la souffrance t’arrache, et qui me fait pourtant mal. Je me réjouis de ta douleur et souffre de ma joie. Je ne sais si je t’aime dans la haine ou si je te hais à force d’amour. Mais cela n’a d’ailleurs plus d’importance. Ou peut-être, au contraire, est-ce la seule chose qui importe ?… Je ne sais. Pour nous, les jeux sont faits. Nous n’avons plus le droit, sans tricher, de pousser nos mises…

La chaleur plaque les bêtes et les hommes au sol. La campagne retient son souffle. Un silence écrasant, troublé seulement par les cris des crapauds autour de la mare desséchée, et par le vrombissement des insectes dans l’air brûlant, plane sur le cortijo1. Lorsque ces bruits cessent, un silence si pesant s’installe que je perçois, avec netteté, le sang martelant mes tempes et, très distinctement, les battements irréguliers de mon cœur. On dirait d’un roulement de tambour. Ou d’une cloche qui sonne le glas. Mais qu’est-il d’autre notre cœur, sinon le tambour et la cloche qui scandent les heures qui nous séparent de la mort ? Car nous portons en nous notre mort, comme une femme enceinte le fruit de son amour.

Ces trêves de silence ne se prolongent guère. La vie reprend bientôt, comme exaspérée. L’air s’emplit du bourdonnement des abeilles et de celui, plus aigu, des moustiques. Parfois le vent du sud se lève et m’envoie à la figure son haleine fétide et poussiéreuse. J’évite de bouger. Une sueur moite baigne mon corps. J’écris devant une fenêtre qui s’ouvre sur la campagne alentour.

Les volets clos laissent filtrer un rayon de soleil qui fait danser un nuage de poussière. Une douce pénombre enveloppe la chambre. Je devine les meubles grenadins, incrustés de nacre, d’un mauvais goût presque provocant. Je les regarde comme fascinée. D’ailleurs tout, dans cette maison, témoigne d’un tel parti pris dans la laideur que cela en devient hallucinant. Les murs blancs recouverts d’azulejos jusqu’à mi-hauteur, les portes et les fenêtres aux arcs outrepassés, les tapis de grenade aux coloris criards, les poufs en cuir de Cordoue, donnent la nausée.

Je ne parviens pourtant pas à en détacher mon regard. Je fixe ces meubles et ces objets, l’un après l’autre, toujours surprise que leur laideur dépasse mon attente. La maison elle-même m’apparaît telle qu’elle est : une hideuse bâtisse blanche, au style vaguement mauresque, surmontée d’une coupole et ornée, sur sa façade principale, d’une cinquantaine de colonnes.

C’est une maison de plain-pied en forme de quadrilatère. Toutes les pièces communiquent avec un couloir qui en fait le tour et qui s’ouvre, par des fenêtres aux arcs outrepassés, sur un patio planté de cyprès, d’orangers, de citronniers, de lauriers-roses, de jasmins et de géraniums. Au milieu, se dresse un bassin, surmonté d’une vasque. L’eau coule doucement dans la vasque dont le trop-plein déborde dans le bassin. Cela fait comme une musique discrète. On l’écoute avec ravissement. Elle incite à la rêverie. On tend, malgré soi, l’oreille à cette pendule vivante qui égrène, avec mélancolie, les heures de l’éternité. Souvent je me laisse bercer par cette voix qui semble se parler à elle-même.

 

 

Le cortijo se trouve à quelques kilomètres de Cordoue, sur les rives du Guadalquivir. Il se compose de vingt mille hectares d’oliviers et d’herbages. La maison, bâtie sur le sommet d’une colline, domine la campagne alentour. La vue s’étend au sud sur une forêt d’oliviers. Les arbres, serrés les uns contre les autres, sont petits et rabougris. Les troncs se tordent, s’abaissent vers le sol, comme pour mieux supporter le poids de leurs fruits. On les empêche, ces arbres, de croître et de se développer, car les grands donnent moins de fruits que les petits. Ils souffrent tous d’une anémie pernicieuse. Leur feuillage, tantôt cendré, tantôt argenté, s’accorde mal avec d’aussi vilains troncs.

Vue de la maison, cette forêt ressemble à la mer. Elle ondoie en une succession de collines. Le terrain s’abaisse doucement vers le Guadalquivir dont on aperçoit les eaux calmes et presque stagnantes. Le fleuve, las de parcourir les routes, s’attarde avant de rejoindre la mer, serpente, décrit des méandres, revient sur ses pas pour, enfin, passer sous le pont romain qui l’enjambe. En été, le soleil évapore ses eaux qui forment, au-dessus de son lit, un nuage dense. Le Guadalquivir découvre alors des îlots sablonneux, plantés de joncs et d’herbes calcinés. Sur ses rives, bordées de peupliers, des lauriers-roses fleurissent. Cela fait un trait de verdure au milieu de ces terres d’un rouge sombre.

La calina jette son voile violacé sur la Sierra. La calina, c’est le halo que fait la chaleur : une brume violemment teintée de violet, qui s’interpose entre le regard et les choses, qu’elle déforme. Le ciel semble alors se rapprocher de la terre. La campagne, baignée dans cette lumière, prend des allures irréelles. Tout perd de sa netteté. Les yeux cessent de voir et le regard débouche sur le rêve.

Quand le vent d’est se lève, il chasse la calina. Le ciel se fait inaccessible. Il devient d’un bleu si intense qu’on ne peut le fixer. Les arbres et les objets prennent des contours tranchants. Les choses s’ordonnent dans l’espace, soudain devenu vide. Le regard s’enivre de formes et de couleurs. Il embrasse des horizons toujours plus vastes, se grise de sa puissance, réclame de nouvelles terres et de plus vastes étendues, se heurte avec rage à la barrière de la Sierra, dont on peut apercevoir la moindre arête, la plus petite fissure. Les choses semblent déborder de leur cadre. Elles acquièrent une nouvelle dimension : celle de la profondeur.

La lumière trop crue blesse les yeux. Tout le corps participe à l’exaltation de la fête. Regarder devient une volupté. On voit avec les mains, avec les jambes, avec le ventre. On s’identifie à l’ivresse du regard, comme s’il s’agissait d’un miracle. Peut-être en est-ce un, d’ailleurs ? N’est-ce pas un miracle que d’apercevoir, dans son effroyable nudité, l’exact contour d’un objet ?

Les objets surgissent brusquement de l’ombre. Ils se plantent devant vous. On croit les redécouvrir. Leur existence effraie. Ils sont là, triomphants, occupant chacun leur place. L’homme cesse de les régir… Ah ! comme cela fait mal, alors, de regarder et comme on voudrait crier grâce ! Car voir est la chose la plus effrayante qui soit. Si nous voyions réellement, nous deviendrions tous fous. L’habitude, heureusement, nous sauve, et aussi la calina qui plonge la campagne andalouse dans un engourdissement propice aux songes et endort nos inquiétudes.

Le vent d’est ne souffle qu’au printemps et à l’automne. Rarement en été. Aussi ces deux saisons sont-elles la longue fête de l’Andalousie.

Au printemps, le soleil chauffe sans brûler ; les amandiers fleurissent ; l’air sent le thym, le romarin, la marjolaine et les premiers lilas ; au crépuscule, une brise caressante transporte les parfums du nard, du jasmin et de la fleur d’oranger.

Il faut avoir senti ce parfum pour en reconnaître le goût. Il ne ressemble à aucun autre. Il n’a ni la légèreté de ceux qu’on respire plus au nord et qu’on hume, par instants, comme un don du ciel, ni l’enivrante lourdeur de ceux dont on se grise dans les jardins de l’Alhambra ou dans la roseraie du parc Marie-Louise, à Séville. C’est un parfum fort, épicé, dont on ne peut se défaire. On le subit comme on subit l’amour. Il vous enveloppe, vous saoule et vous imprègne ; il vous plonge dans un état léthargique plus proche de l’engourdissement que de la volupté ; il vous colle à la peau et s’infiltre dans votre chambre. Il ne demeure jamais immobile, mais oscille avec le vent qui le porte. Parfois, comme le vent s’arrête, il disparaît aussi, laissant derrière lui des regrets lancinants. Il semble célébrer l’amour et la vie. Peut-être les célèbre-t-il ? Toute l’Andalousie fête, au printemps et à l’automne, l’exaltation de la vie et l’ivresse de l’amour. C’est comme un chant sacré qu’entonnent à l’unisson la terre, les bêtes et les hommes.

 

 

Le crépuscule descend. Le soleil éclaire encore les sommets de la Sierra, mais l’ombre envahit déjà la plaine. Un imperceptible frémissement parcourt l’air. La terre s’agite. C’est, après cette journée torride, comme une trêve mélancolique. Les eaux du Guadalquivir se teintent de pourpre. Tout respire la détente. L’air cesse de brûler pour n’être plus qu’une tiède caresse.

Je contemple ce spectacle avec attendrissement, heureuse de prendre conscience de ma parfaite identification avec cette terre ensanglantée. Son soulagement me gagne. Je renais avec elle et respire, comme elle, cette brise impalpable qui porte jusqu’à moi l’odeur qu’elle exhale. J’aime cette terre, Juan, plus que je n’oserai jamais le dire et l’écrire.

Ne t’impatiente pas si j’ai l’air de flâner et de m’attarder à des descriptions que tu jugeras « superflues ». Tu connais, il est vrai, ce pays. Tu l’aimes aussi. Mais tu n’es pas d’ici et ne peux donc le voir comme je le vois, par tous les pores de ma peau. On n’adopte pas plus une terre qu’on n’adopte ses parents. Elle régit nos actes et nos pensées. Nous lui appartenons autant qu’elle nous appartient. En couvrant ce paysage d’un regard amoureux, il me semble parfois que la trame de mon histoire s’y trouve inscrite ; que cette terre grasse, d’un rouge violent, contenait, dès le commencement du monde, tout mon destin. On ne comprend les êtres que lorsqu’on sait tout d’eux-mêmes et, par-dessus tout, le pays dont ils sont issus. Un homme se définit plus par ce qu’il aime que par ce qu’il dit. Car la parole ment et l’amour nous porte, inexorablement, vers notre propre accomplissement.

Laisse-moi donc te conter cette histoire à ma guise. Après tout, il s’agit de la mienne. Je te promets toute la sincérité dont je suis capable. Il me faut, pour cela, te décrire des lieux que tu connais et t’entretenir d’événements dont tu as entendu parler. Peut-être les uns et les autres te paraîtront-ils nouveaux ? Personne ne voit jamais les choses de la même manière. Il se peut d’ailleurs que les choses, elles-mêmes, ne livrent qu’une partie seulement de leurs multiples aspects. Car nous ne pouvons prétendre saisir qu’une part infime de la vérité, la nôtre. C’est donc la mienne que je vais te livrer ici, sans fard. Tâche de me comprendre. Je ne te demande ni de me plaindre ni de me pardonner. La pitié d’autrui, fût-elle tienne, me fait horreur ; et, pour ce qui est du pardon, Dieu, s’Il le veut et le peut, y pourvoira. Je n’attends rien de toi qu’un peu de patience et un peu de cette compréhension que tu réserves pour toi-même. Essaie de parcourir ces lignes, que j’ai tant de mal à tracer, non pas avec tes yeux mais avec les miens. Je voudrais que pendant quelques heures tu te mettes réellement, complètement, à la place d’un autre et que tu épouses son tourment, non pour l’en soulager, mais pour le comprendre.


1.

Propriété agricole, en Andalousie (N.d.A.).

II

Toute mon enfance s’est déroulée à « La Parra1 ». Je crois que c’est mon grand-père qui baptisa ainsi le cortijo.

Mon grand-père venait de Malaga, aimait les vignobles et manquait d’imagination. Je ne l’ai jamais connu, car il mourut peu après ma naissance. Mon père m’en a souvent parlé avec une pointe d’ironie et beaucoup de tendresse. Il ne l’appelait jamais « père » ou « papa », mais l’« aïeul ». C’est ainsi qu’il m’est impossible de songer à lui autrement que comme à un très vieil homme.

Il descendait d’une famille noble mais ruinée. Du moins le prétendait-il. En fait, il ne s’est jamais soucié de prouver le bien-fondé de cette particule qui précédait son nom, jugeant, avec raison peut-être, que sa parole valait bien un arbre généalogique. Il employa toute son énergie à refaire la fortune dilapidée par ses ancêtres. Car, nobles ou roturiers, il est certain qu’ils avaient été riches.

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