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Total Contrôle

 

Morgane Marolleau

Au premier livre que je finis.

Copyright © 2014 Les éditions Ganou

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

ISBN : 978-2-9541997-4-0

 

 

CHAPITRE UN

Une fenêtre s'éclaire au troisième étage de l'immeuble. Il est deux heures et il fait encore tout à fait nuit. Dans la chambre éclairée, une femme d'une trentaine d'années se lève. Elle a entendu du bruit. Sa chemise de nuit rose tourne autour de son corps. Ses cheveux blonds ébouriffés lui tombent sur le visage. Ses yeux bleus pleurent de fatigue.

Elle avance pieds nus sur la moquette blanche de sa chambre. Elle ouvre la porte. Elle cherche à tâtons l'interrupteur du salon et appuie. Une lumière vive envahit la salle de séjour. Un homme est là, devant elle :

" Pierre ? "

La jeune femme a à peine le temps de s'étonner qu’elle se retrouve étendue sur le sol, éventrée.

Le sang coule de sa plaie qui va du bas de son ventre jusqu'à son cou, et s'étale sur le plancher.

L'homme essuie son couteau sale sur la chemise de nuit de sa victime et, sans qu'un seul muscle de son visage ne bouge, il sort.

CHAPITRE DEUX

" Vous avez vu, monsieur. Tous les journaux ne parlent que de ça, du meurtre de la femme du troisième, Catherine.

- Non, je n'ai pas vu, Annie. Je n'ai pas encore lu le journal, et je te répète que tu as le droit de me tutoyer et de m'appeler par mon prénom. Si tu ne le fais pas, ça deviendra un ordre.

- Bien, Marc.

- Tu veux bien m'apporter le petit-déjeuner et le journal, s'il te plaît ? "

La jeune Annie s'empressa d'obéir. Elle alla d'un pas rapide vers la cuisine, ses cheveux d'un noir brillant virevoltant autour de son visage d'adolescente. Elle prépara deux cafés sans sucre ni lait, accompagnés de toasts, de beurre et de miel. La jeune fille de dix-sept ans apporta le tout sur un plateau, le posa sur la table basse du salon près de la cheminée et déposa le journal du jour juste à côté.

Marc, jeune professeur d'arts martiaux de vingt-trois ans, prit le journal en remerciant Annie. Il s'installa près du feu qui dansait dans l'âtre de sa cheminée de marbre gris clair. Il but une gorgée de son café et commença la lecture du quotidien.

Annie venait chez Marc en tant que cuisinière, femme de ménage et secrétaire pendant ses vacances. Cela lui permettait de renflouer son porte-monnaie régulièrement vide et de passer de bons moments avec Marc. Il lui faisait visiter des monuments, des villes, des musées, ... tout ce que ses parents n'avaient pas les moyens de faire. Il lui apprenait aussi certains gestes des arts martiaux ou de relaxation.

M. et Mme Clovitch, les parents d'Annie, étaient ravis d'avoir un voisin comme lui. Un homme qui pouvait gratuitement prendre part à l'épanouissement d'Annie et lui donner un peu d'argent pour ses services. Un voisin pareil c'est devenu tellement rare.

Marc souleva un sourcil puis écarquilla les yeux.

" Qu'y a-t-il ? S’enquit Annie.

- Je ne m'attendais pas à un crime d'une telle sauvagerie et encore moins à ce qu'il y ait une photo du cadavre, répondit le jeune homme en regardant Annie mordre de toutes ses dents dans un toast beurré et se demandant comment elle faisait pour manger après avoir vu une photo pareille.

- À vo...ton avis qui a pu faire une chose pareille ?

- Peut-être un homme amoureux éconduit ou une femme jalouse, ça peut aussi être une vengeance d'un de ses collègues de travail ou pour son héritage...

- C'est bon j'ai compris : t'en as aucune idée, pas la peine de me réciter tous les mobiles des films que tu as vus ou des livres que tu as lus, le coupa gentiment Annie. "

Il finit sa lecture, replia le journal et regarda son petit-déjeuner mais il ne put rien avaler, la vue seule d'Annie croquant sa dixième tartine et buvant son deuxième café lui donnait des hauts le cœur.

Une fois son premier repas de la journée fini, Annie débarrassa la table, fit la vaisselle et fila se débarbouiller dans la salle de bain.

Marc, lui, comme à son habitude, découpa les articles intéressants de la journée, en l’occurrence celui de l'assassinat de la femme du troisième, puis il jeta la fin du journal au feu et colla l'article dans son " cahier journalier ".

" Tu ne ferais pas un bon médecin légiste "

Il leva la tête en sursaut et vit Annie, un sourire moqueur sur les lèvres, qui venait prendre place en face de lui pour travailler.

La mort brutale et sanguinolente de Catherine revint plusieurs fois sur le tapis durant leurs discussions.

Le soir venu, ils dînèrent ensemble, en tête à tête, et firent la vaisselle à la fin du repas. C’était le seul repas de la journée où Marc aidait Annie à faire la vaisselle, car il pensait qu’elle avait le droit à un peu de détente et que faire la vaisselle à deux c’était plus amusant et plus rapide.

Après, ils s’assirent sur le canapé rouge dans le salon, bien enveloppés dans leur robe de chambre et allumèrent la télévision. Ils voulaient voir le film de vingt-et-une heures mais avant ils regardèrent les informations. Il y avait un passage à l’écran du détective Serbiguier qui était sur l’affaire de « la Catherine du troisième ». Marc monta le son :

« Oui, nous avons des indices, répondit le détective aux journalistes qui le pressaient de questions. Nous avons en effet trouvé un cheveu brun et de nombreuses empreintes sur la chemise de nuit de la victime ainsi que sur la porte qui n’appartiennent ni à la victime ni à ses proches, nous pensons donc qu’ils appartiennent à l’assassin. Mais la serrure n’a pas été forcée, le tueur avait donc la clef ou bien Catherine lui a ouvert ; dans les deux cas ils se connaissaient. En ce moment, les indices sont comparés à tous ceux que nous avons dans nos divers fichiers. Nous devons découvrir la personne, que dis-je, le monstre auteur de cet acte scandaleux ! »

CHAPITRE TROIS

Une ombre noire glisse silencieusement sur le trottoir vide. Le ciel, d’un bleu marine profond, et les étoiles sont les seuls témoins de l’acte terrible qui se prépare.

Les chaussures du propriétaire de l’ombre font si peu de bruit qu’on dirait qu’elles volent au ras du sol.

L’homme de la nuit marche rapidement. Un courant d’air fait claquer le manteau noir de l’individu d’un coup sec. Ce sera le seul de toute la nuit. Seul le silence accompagne l’homme en noir et l’accompagnera jusqu’au matin.

Cet homme, indifférent à tout ce qui se passe avance toujours au même rythme. Il arrive sur un parking désert où seules les voitures peuvent le voir.

Une porte s’ouvre au bas du bâtiment en béton qui surplombe le parking. Tant qu’elle est ouverte, on entend de la musique techno, puis elle se referme et le silence revient.

Une femme est à l’extérieur maintenant. Ses talons aiguilles frappent le sol en cadence. Sa mini robe pailletée brille sous la pâle lumière de la lune.

L’homme approche, toujours en silence.

« Françoise ? Fait-il d’une voix rauque.

- Oui, répond la femme. »

Elle se retourne mais avant d’avoir fini son demi-tour sur elle-même, son corps sans tête s’effondre sur le sol du parking.

L’assassin essuie son poignard, dépose la tête à la chevelure rousse à ses pieds et, tournant les talons, il s’enfonce dans la nuit sous les cris choqués et silencieux des étoiles révoltées.

CHAPITRE QUATRE

« Encore un meurtre ? s’exclama Marc en lisant le journal, le lendemain matin.

- J’ai vu, répondit Annie. À ton avis, celui qui a fait ça, c’est le même qu’hier ?

- Les méthodes ne sont pas les mêmes. Mais je l’espère, car il vaut mieux un monstre dans la nature plutôt que deux. »

Ils finirent leur petit-déjeuner en silence : Marc mangea ce matin car il avait trop faim pour être dégoûté.

Dès qu’ils furent prêts, ils sortirent pour visiter une nouvelle salle d’exposition avec pour thème : les plantes et la source de jouvence. Ils y passèrent la matinée et allèrent déjeuner chez Steph-le-chef, un de leurs amis, qui faisait des kebabs.

Pendant le repas, Marc annonça :

- Cette après-midi nous irons te chercher une robe.

- En quel honneur ? demanda Annie surprise.

- À Pacques, j’ai remarqué que tes robes sont usées et certaines sont trop petites pour toi ; et puis nous sommes le 13 mai, je sais que, d’après le temps, on se croirait à noël mais dans deux jours il faudra que tu t’habilles joliment.

- Tu ne penses quand même pas que je vais mettre une robe par un temps pareil ?

- Tes robes d’été sont très jolies et presque neuves, je pensais à une robe d’hiver.

- Si c’est toi qui paies, aucun problème. »

Marc sourit, qu’elle chipie celle-là !

Marc régla la note et ils sortirent chercher une robe d’hiver pour la demoiselle.

Heureusement Annie n’était pas trop compliquée et la mode plutôt jolie. Ils ne furent pas longs à trouver une robe de soie et de velours vert très foncé, cintrée et aux manches longues lui arrivant à mi mains. Les extrémités des manches et le col étaient bordés d’une fausse fourrure blanche épaisse et douce, dite inusable par la vendeuse mais qu’est-ce qu’une vendeuse ne ferait pas pour vendre un vêtement et augmenter son chiffre d’affaire ? Il investit dans une fine et longue étole en coton vert clair pour égayer la robe et protéger son cou car son décolleté était assez plongeant et, même s’il ne voulait pas l’avouer, il était jaloux de tous les hommes qui jetaient un coup d’œil sur…la fourrure et auxquels Annie souriait. Voyant Annie merveilleuse dans cette tenue qui faisait ressortir ses yeux verts, Marc pensa, pour la énième fois de l’année, que l’adolescente, qu’il avait embauchée trois ans auparavant, avait disparue, laissant à sa place une belle jeune femme qu’il appréciait bien plus et d’une autre manière que la gamine qui l’avait précédée.

Ils rentrèrent, le portefeuille de Marc bien moins lourd qu’au matin. Il était l’heure des informations du soir, ils allumèrent la télévision :

« Nous n’avons trouvé personne dans les fichiers qui corresponde aux indices, disait le détective Serbiguier. Nous appelons donc tous les habitants de notre ville, hommes et femmes de plus de dix ans, aux cheveux bruns, sans coloration, à se rendre dans le commissariat le plus proche dès demain huit heures pour qu’on vous prélève un cheveu et qu’on prenne vos empreintes digitales. Nous en avons besoin pour identifier le coupable. Vous avez jusqu’à après-demain vingt-trois heures. Passé ce délai, ceux et celles qui ne se seront pas présentés devront payer une amende et nous donner dans le même temps le...

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