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Trouble

De
368 pages

Tiphaine Dumont, française établie au Québec et fraîchement nommée coroner est chargée d’une enquête sur une série de suicides touchant des étudiantes victimes de cyber-harcèlement. Deux hommes l’assistent dans cette tâche apparemment banale : un sémillant procureur qui ne la laisse pas indifférente et Sir James Jeffrey, un retraité anglais à l’humour terriblement british. Cet improbable et cosmopolite trio ne va pas tarder à découvrir qu’un meurtrier profite très intelligemment de la vague de dépression qui agite le campus de l’université de Montréal...


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TROUBLE
Mon enfant, ma sœur Songe àla douceur D’aller là-bas vivre ensemble ! Aimer àloisir, Aimer et mourir Au pays qui te ressemble ! Les soleils mouillés De ces ciels brouillés Pour mon esprit ont les charmes Si mystérieux De tes traîtres yeux, Brillant àtravers leurs larmes. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe calme et volupté. Charles BaudelaireL’invitation au voyage.
NOTES INTRODUCTIVES
Le coroner est l’une des plus anciennes institutions de droit britannique. Elle remonte au roi Alfred (871 – 900) et a été officialisée par les articles d’Eyre en 1194. L eCrowner était alors le Gardien des plaidoiries de la Couronne. Avec le temps, Crowners’est transformé en Coroner. À l’heure actuelle au Québec, le rôle du coroner est de déterminer, au moyen d’une investigation ou d’une enquête publique, les causes et les circonstances d’une mort obscure ou violente, l’identité de la personne décédée, ainsi que la date et le lieu de sa mort. Il doit rédiger un rapport faisant état des résultats de ses recherches. Le coroner exerce aussi un rôle social de prévention des décès. Il peut formuler, dans son rapport, des recommandations pour une meilleure protection de la vie humaine afin de faire respecter le droit de tout membre de la société à la vie, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne. Pour être nommé coroner au Québec, il faut être membre du Collège des médecins, du Barreau du Québec ou de la Chambre des notaires. Actuellement, il y a : - Un coroner en chef. - Deux coroners en chef adjoints. - Treize coroners permanents, dont huit médecins et cinq juristes. - Soixante-quinze coroners à temps partiel, dont cinquante-deux médecins et vingt-trois juristes. Les coroners peuvent examiner ou faire examiner le corps, le photographier ou le faire photographier, ordonner des expertises (autopsie, analyses toxicologiques, etc.), recourir à la saisie d’objets ou de documents, inspecter un lieu, en interdire l’accès. Le coroner a également le pouvoir d’exiger d’un agent de la paix qu’il procède à une enquête ou à un complément d’enquête. Au Québec, le procureur de la Couronne décide s’il existe suffisamment de preuves pour intenter une poursuite criminelle. Il n’en entreprend une que s’il y a une perspective raisonnable de condamnation et si cela est conforme à l’intérêt public. Si c’est le cas, il va en Cour pour représenter le gouvernement contre l’accusé. L’objectif du procureur n’est pas de faire condamner celui-ci, mais de s’assurer que la preuve est digne de foi et présentée de manière équitable.
CANADA PROVINCE DU QUÉBEC Campus de l’Université de Montréal. De nos jours.
Campus de l’Université de Montréal 6 – Piscine 7/8/9/10 – Résidences étudiantes 11 – Immeuble de Chantale Lajoie 12 – Immeuble de Malcolm Randall 13 – Café Tim Horton’s 14 – Place de la Laurentienne 15 – Bar étudiant 16/17 – Pavillon de Musique 18 – Sûreté du Campus 19 – Bureau du professeur Migneault 20 – Pavillon Jean-Brillant (cours de droit) 21/22 – Cafétéria et bibliothèque 23 – Services administratifs 24 – Parking à étages 25 – Clinique médicale
Souterrains
PREMIÈRE PARTIE
1
Université de Montréal – Pavillon Jean Brillant. Cours de criminologie. 1eroctobre – 10h45 Le cours du professeur Migneault faisait salle comble. Plus une seule place dans les gradins, pourtant le silence était quasi-religieux. Les étudiants du programme de doctorat n’étaient pas là pour perdre leur temps. L’amphithéâtre bénéficiait d’une bonne acoustique et la voix du professeur inondait la pièce sans qu’il soit nécessaire de recourir à un micro. Assise au troisième rang, Tiphaine Dumont avait casé tant bien que mal ses longues jambes sous le pupitre et mâchouillait le capuchon de son stylo bille. Concentrée, elle écoutait l’enseignant expliquer les dernières avancées de la psychologie légale lorsqu’une vibration lui indiqua qu’elle venait de recevoir un texto. Elle le consulta discrètement, sa belle humeur du matin s’envola aussitôt : le cadavre d’une autre jeune fille avait été découvert non loin de l’université. Tiphaine ramassa ses affaires et les enfourna pêle-mêle dans un grand sac à bandoulière. Son imperméable sous le bras, elle se dirigea vers la sortie et fit un signe discret de la main au professeur. Au courant des impondérables auxquels cette étudiante un peu spéciale risquait de devoir faire face tout au long du programme, ce dernier acquiesça d’un hochement de tête. Tiphaine était décidée à mener de front sa jeune carrière de coroner et l’approfondissement de ses connaissances en criminologie, les deux allant, selon elle, de pair. Et puis, elle était heureuse de retourner sur les bancs de la fac, cela lui rappelait sa jeunesse, lorsqu’elle avait quitté la France pour la première fois, toute fière de se rendre en Amérique du Nord y finir son cursus universitaire. Elle regagna sa Jeep dans le parking à étages et se dirigea vers l’adresse qui lui avait été communiquée. Elle se demandait s’il s’agissait d’un nouveau suicide. Si oui, cela serait le troisième en huit mois… La circulation était fluide, le trajet prit à peine dix minutes. Elle se gara le long du trottoir, sortit de sa voiture, mallette en main. La rue, assez passante, était bordée d’arbres aux feuilles jaunies. L’air avait cette fraîcheur caractéristique de l’automne au Québec qui n’était pas pour lui déplaire, après les mois d’été étouffants. Un escalier extérieur en fer forgé noir typiquement montréalais desservait les trois étages de l’immeuble devant lequel stationnait un véhicule de police. Le chauffeur lui indiqua l’appartement. Entrouverte, la porte blanche en bois ne présentait pas de traces d’effraction. Tiphaine grimpa les marches du perron et pénétra dans un vestibule faiblement éclairé qui desservait les deux logements du rez-de-chaussée. Dans son empressement, elle faillit se heurter au constable qui montait la garde devant l’appartement de droite. À la vue de la coroner, un soupir de soulagement lui échappa et ses épaules se relâchèrent. – Merci d’être venue si vite. – Je vous en prie, j’étais à côté. De quoi s’agit-il ? L’officier ne devait pas avoir plus d’une vingtaine d’années, sa pâleur indiquait qu’il n’avait pas encore l’habitude de côtoyer la mort. Il consulta ses notes, ses mains tremblaient légèrement. – Eh bien… la mère de la victime, madame Godbout, a contacté le poste de police