Turbulences de sable

De
Publié par

La révélation d’un dispositif architectural millénaire Une lutte feutrée et meurtrière entre une classe politique et une secte d'intelligence économique américaine

Publié le : dimanche 12 juin 2011
Lecture(s) : 196
EAN13 : 9782304015362
Nombre de pages : 401
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
2
Titre
Turbulences de sable
3
Titre Nelson Monge
Turbulences de sable Tome 1
Polar
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-01536-2 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304015362 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-01537-9 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304015379 (livre numérique)
6
8
I - 9 thermidor an II
I - 9THERMIDOR ANII
Face à la longue table de la salle d’apparat devenue au fil du temps salle commune, tassé contre le haut dossier du fauteuil au cuir fendillé par des générations de séants, Louis de Vilmeur ruminait son impuissance : l’empreinte qu’il en-tendait laisser à la postérité ne dépendait plus de lui, mais de quelques gueux que seul l’appât du gain ferait bouger. Il faisait encore nuit. L’épaisseur des murs de l’austère citadelle préservait ses derniers oc-cupants de la canicule qui avait envahi la vallée de l’Yserte et une agréable fraîcheur régnait. Déjà, plusieurs coups portés contre le portail monumental avaient retenti. Le maître des lieux n’avait pas fait ouvrir, trop conscient de ce que ces visiteurs insistants venaient chercher. Il ne faisait pas bon porter un titre ni posséder quel-e ques terres en cette fin duXVIIIDepuis siècle. des mois, il savait qu’il serait confronté à l’inéluctable issue : le moment était venu. Il s’y était préparé. Plusieurs semaines aupa-ravant, en échange d’une bourse rebondie, le
9
Turbulences de sable
maréchal-ferrant avait conduit au château six vaillants chevaux et une banale mais solide ber-line. Le baron avait lui-même creusé les mon-tants du pavillon afin d’y aménager les caches où il avait dissimulé plusieurs rouleaux de piè-ces d’or et les quelques bijoux de ses ancêtres qu’il n’avait pas encore vendus. Elles ne résiste-raient pas à une fouille approfondie, mais il ne pouvait faire mieux. Il avait aussi ménagé avec un soin tout particulier un coffre sous les lattes du plancher. Deux dizaines de peintures à l’huile sans encadrement y étaient cachées : ain-si, ses descendants sauraient comment il avait préservé l’honneur des Vilmeur. L’avant-veille, sa famille avait quitté la vieille demeure. Le baron connaissait les risques que faisaient peser sur l’expédition les escouades de républicains, les bandits, les ravins, la défail-lance d’un cheval. Aucun ne l’avait fait fléchir. Il faudrait à l’équipage au moins deux semai-nes pour atteindre le royaume d’Espagne, et bien plus pour que des nouvelles en reviennent. Il se donnait peu de chance d’être en mesure de les entendre. Le plus difficile avait été de ne pas attirer l’attention. Passer par la poterne principale, au-tour de laquelle étaient rassemblés tous le jours de l’année ceux qui attendaient travail ou au-mône, était impensable. L’équipage ne pouvait pas plus emprunter la rue empierrée qui traver-
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.