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Ultime pandémie

De
192 pages
Une organisation extrémiste s'associe à un chercheur anglais pour mettre au point en Afghanistan un virus porcin mortel… Quand Peter Older, chercheur britannique spécialiste des maladies animales transmissibles à l'homme, est mis sur la touche par son laboratoire, un seul mot lui traverse l'esprit : vengeance ! Le savant déjanté a déjà l'arme : des souches mutantes du virus H1-N1 transmissibles à l'homme par l'intermédiaire du porc. Il trouvera bientôt son bras armé en la personne d'Oussama Ben Laden. Terroristes d'Al Qaïda et charcuteries sur pattes font rarement bon ménage sauf quand le cochon peut devenir une arme de destruction massive transformant le 11 septembre en simple amusette. Face à ce plan machiavélique, Léon le Français et ses courbatures, Dervas le Pachtoune avec sa haine de l'intolérance, Freddy l'Américain de service et grand amateur de bière. Heureusement, ils seront bientôt rejoints dans ce combat inégal par le nouveau président des Etats-Unis en personne… Ce thriller fiction vous rappelle une autre histoire, bien réelle celle-là ? Pure coïncidence…
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CHAPITRE 1
Les informations que pouvait fournir l’indicateur pach-toune se révélaient, la plupart du temps exactes. Dervas Rahjat-Khan gagnait ainsi sa vie, en parcourant de long en large les grandes étendues montagneuses, truffées de grottes et de cavernes, à cheval entre l’Afghanistan et le Pakistan. Pas plus guide pour touristes fortunés en manque de grands fris-sons que contrebandier, Dervas s’était fait depuis quelques années une spécialité en vendant des renseignements sur les mouvements d’hommes et de marchandises dans cette immense zone de non droit. Suivant les confidences recueillies, il n’avait que trois clients possibles, toujours les mêmes depuis près d’une décen-nie. Il ne les avait jamais mis en concurrence sachant que de toute façon les trois hommes se connaissaient et échangeaient une grande partie des données récoltées. Quand il s’agissait de drogues, Dervas contactait John Weber, le responsable du Narcotic Bureau de Peshawar. Le grand blond, toujours uniformément bronzé, portait depuis son arrivée, neuf ans auparavant, un début de barbe de trois jours, ce qui étonnait toujours ses collaborateurs et ses amis. En dehors de ce petit air négligé savamment étudié, John était d’une rigueur à toute épreuve lorsqu’il s’agissait du travail. Il prenait sa revanche dans une lutte sans concession contre la
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drogue. Il avait subi ce fléau quand, après quelques années de mariage, il avait vu sa femme Lisa plonger dans l’héroïne pour ne jamais s’en relever. À quarante-cinq ans passés, il continuait sa lutte inégale contre ceux qui avaient détruit son couple. Les trafics d’armes et de munitions amenaient aussi Dervas à négocier avec Ian Moresby de l’Intelligence Service avec lequel il devait marchander des heures entières pour gagner quelques milliers de roupies de plus. Le petit rouquin britan-nique à la peau tavelée et déjà toute fripée n’avait pas encore atteint la quarantaine. Vieillard avant l’âge, il prenait un air de fouine dès que Dervas prononçait le mot « argent » et semblait toujours s’offusquer des prétentions de son indicateur. Ces derniers temps, la principale source de revenus de Dervas provenait toutefois de ses contacts fructueux avec Freddy Mac Lean, l’agent local de la CIA Grand buveur de bière devant l’Éternel et dévoreur impénitent de chiches-kebabs graisseux. Il achetait et centralisait tous les renseignements sur les mouvements de personnes aux abords de cette fron-tière mouvante. Si les outrances alimentaires de Freddy avaient arrondi ses formes, sa grande taille et sa carrure de taureau cachaient toutefois en partie le résultat de ses abus. De la graisse certes, mais aussi du muscle car il s’imposait, à plus de cinquante ans, des exercices journaliers, des périodes de régime drastiques et de sobriété totale surtout quand une affaire importante se présentait à lui. Ce gros nounours velu et toujours mal fagoté, avec sa gueule bronzée et ses cheveux noirs, toujours en attente d’un coiffeur assez téméraire pour s’atteler à ce chantier, avait le don de plaire aux femmes les plus graciles et les plus sophisti-quées : l’ours et la gazelle pour ne pas dire la belle et la bête ! Les terroristes de tous poils pullulaient dans la zone et Dervas n’avait aucun mal à remplir sa cagnotte. Ses tuyaux sur les déplacements de ces petits groupes formés d’ex-talibans
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ou de fanatiques salafistes faisaient ensuite les choux gras des membres des services spéciaux américains qui travaillaient des deux côtés de la frontière séparant théoriquement l’Afghanistan du Pakistan. À trois reprises, ses indications précises avaient permis de mettre hors d’état de nuire des membres importants d’Al Qaïda. Il rêvait toujours de réaliser un coup de maître en fai-sant arrêter Oussama Ben Laden ou à défaut, le gros mollah Omar, et d’empocher ainsi la prime faramineuse promise qui lui permettrait de quitter définitivement la région. À trente-trois ans, Dervas sentait confusément qu’il allait devoir bientôt raccrocher s’il voulait rester en vie. À force de parcourir les chemins de montagnes et de traverser les hameaux les plus reculés, il avait noué connaissance avec les contrebandiers et les passeurs de toutes natures. Un jour, l’un d’entre eux s’apercevrait bien de la concomi-tance entre ses passages et le lancement d’actions militaires contre les terroristes et les trafiquants. À partir de cet instant, il serait l’homme à abattre et pas seulement au Moyen Orient ou en Asie Centrale. La chasse aurait lieu partout dans le monde, là où les réseaux tentaculaires des terroristes isla-mistes étaient implantés. Ses chances de survie seraient alors aussi limitées que celles d’une chèvre dans un campement de légionnaires. Dervas secoua la tête comme pour chasser les mauvaises pensées qui l’assaillaient. Pour le moment il était libre de ses mouvements et personne ne s’était posé de questions sur sa présence itinérante dans la zone interdite. Il faisait presque partie du paysage et ceux qui le croisaient le saluaient comme un ami de longue date. Sa haute stature fine et déliée ainsi que son petit cheval des steppes adapté aux longues marches, le rendaient reconnaissable de très loin. Malgré ses conditions de vie très précaire quand il restait
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des semaines durant à sillonner les montagnes, dormant dehors qu’il neige ou qu’il pleuve, se nourrissant de plantes et de racines quand son sac était vide, son visage était resté enfantin, presque efféminé avec des traits gracieux. Pour tous, il était « Dervas le guérisseur » celui qui parcourt en tous sens la région à la recherche d’herbes médicinales rares pour les vendre ensuite aux négociants de Peshawar, d’Islamabad ou de Rawalpindi. Son père et son grand-père lui avaient appris durant sa jeunesse la manière de reconnaître les plantes des montagnes et de mettre en œuvre leurs vertus thé-rapeutiques. Sa réputation d’homme de savoir lui amenait sou-vent ceux qui, blessés ou malades, avaient un besoin vital de remèdes. Il n’hésitait jamais à apporter gratuitement son aide, la plupart du temps, les plaies étaient déjà gangrenées. Dervas restait des heures et parfois des jours auprès des malades déli-rants afin de faire tomber leur fièvre. Terroristes estropiés, trafiquants éclopés ou simples pay-sans en train de crever de sous-alimentation ou de maladies endémiques, Dervas les soignait sans relâche mais aussi les questionnait. Les informations affluaient et, lors de son pas-sage suivant en ville pour livrer ses médecines, il pouvait dres-ser un tableau précis de ce qui se tramait dans les zones de non-droit à ses commanditaires occidentaux. Dervas n’avait jamais voulu collaborer avec les autorités pakistanaises, leurs tarifs étaient bien trop bas et leurs ser-vices de renseignements, infiltrés par les islamistes. L’argent n’était pas l’unique idéal de l’indicateur pachtoune. Il s’était juré de faire payer très cher les exactions des talibans afghans qui avaient gâché sa jeunesse en l’enrôlant de force à l’époque où les mollahs faisaient régner la terreur de Kaboul à Kandahar. Il espionnait et trahissait sans le moindre scrupule, ceux qui l’avaient forcé à massacrer et lapider au nom de la foi. Depuis cette période, Dervas Rahjat-Khan n’avait plus ni Dieu,
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ni Maître, simplement la haine de tous ceux qui à travers le monde utilisaient la religion pour asservir d’autres êtres humains. Pour assouvir sa vengeance, il était prêt à coopérer avec le Diable et justement ce jour-là, il avait rendez-vous avec le « Grand Satan américain » en la personne de Freddy Mac Lean qui travaillait pour le compte de la CIA. Comme à chacune de leurs rencontres, ils s’étaient attablés dans l’arrière-salle d’un petit restaurant discret de Rawalpindi pour y déguster du poulet tandoori accompagné de pakoras, petits beignets fait d’un mélange de pomme de terre, d’auber-gine, de farine de pois cassés et d’oignon, le tout relevé de cur-cuma et de garam massala. Tout en mangeant avec les doigts, Dervas informait l’américain de ce qu’il avait pu glaner durant son dernier périple : - Je ne sais pas exactement encore de quoi il retourne mais le bruit court dans les montagnes qu’il y aurait des mouve-ments d’hommes et de matériel importants dans le sud de la province du Badakhshan. - Donc à proximité de la frontière avec le Pakistan. - Oui, assez proche. Je n’ai pas encore réussi à découvrir l’emplacement exact où se déroulent ces faits qui soulèvent beaucoup d’inquiétudes chez les autochtones. Selon certains témoins, ils y auraient une activité intense aux alentours de la ville de Chitràl sur le fleuve Kunar. - C’est un coin où personne ne s’aventure ! - Sauf ceux que vous recherchez. - Vous avez raison ! Je parlais des armées afghanes et pakis-tanaises. - Les hommes de vos unités spéciales n’y mettent jamais les pieds… répondit Dervas d’un ton moqueur. - C’est une région tellement escarpée que même les soldats les plus aguerris se feraient piéger. Chaque montagne est truf-
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fée de cavernes, et chaque rocher peut cacher un sniper. C’est un véritable coupe-gorge ! - C’est justement pourquoi ça bouge là-bas. - Quelles nouvelles avez-vous récoltées ? Quels indices vous amènent à croire que ces mouvements sont suspects ? - D’après les montagnards avec lesquels j’ai pu parler, une partie de la région est contrôlée depuis plus de deux ans par les hommes des groupes d’élite d’Al Qaïda… - Deux ans, c’est énorme ! - Certains pensent qu’ils y ont installé une base fixe. D’ailleurs, les populations ont été chassées de plusieurs sec-teurs et certains villageois se sont tout simplement volatilisés. - Assassinés ? Enlevés ? - Je n’en sais vraiment pas plus à ce sujet ! - Mais pourquoi pensez-vous que ce soit si important pour nous ? - Toujours d’après mes sources, du matériel lourd a été amené dans cette zone. J’ai aussi reçu des témoignages qui attestent de la présence d’Occidentaux. - Des prisonniers ? - Sur ce point, j’ai pu recueillir quelques renseignements en provenance de diverses sources dignes de confiance mais par-fois leurs récits divergent. Certains m’ont parlé de soldats américains, les mains entravées, qui marchaient sous les coups de leur escorte. D’autres certifient avoir vu un Européen en civil qui semblait s’entendre à merveille avec les membres d’Al-Qaïda qui l’accompagnaient. - Plusieurs de nos soldats ont été enlevés ces dernières années. Nos services savent aussi que depuis bien longtemps certains des Occidentaux, convertis à l’Islam, évoluent dans les milieux les plus extrémistes. Votre grosse affaire dans la province du Badakhshan n’est peut-être que le regroupement éphémère d’une bande de talibans en déroute.
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Au cours des dernières années Freddy Mac Lean avait reçu des dizaines d’indicateurs promettant le scoop du siècle contre quelques milliers de dollars. La plupart de ces informa-tions s’étaient révélées fausses ou nettement surévaluées. - Vous avez déjà vu des fuyards se coltiner des tonnes de matériel et de faire le vide sur des dizaines de kilomètres carrés ? - Non, mais ce n’est pas suffisant pour lancer une opéra-tion. Aucun de mes supérieurs n’acceptera de risquer un fiasco total en envoyant des hommes dans une région incon-trôlable avec si peu d’éléments. Nous ne savons pas ce que nous cherchons ni où chercher ! Dervas termina son assiette, portant une attention particu-lière en épongeant avec un morceau de pain naan les dernières traces de sauce. Satisfait de son travail, il se versa une nou-velle tasse de thé et répondit : - Je vais tenter d’y retourner. Je suis sûr qu’un gros coup est en train de se préparer dans ce coin paumé entre « rien » et « pas grand-chose ». Vous aurez bientôt de mes nouvelles ! - Je vous admire ! Vous avez assez d’argent pour vous reti-rer des affaires et profiter de la vie. Tout au contraire, vous vous lancez dans de nouvelles recherches de plus en plus ris-quées. Pourquoi ? - Si mon but était uniquement l’argent, je ne serais pas assis avec vous aujourd’hui. Je trafiquerais comme les autres et je pourrais voir mes comptes en banque gonfler comme des gre-nouilles orgueilleuses. - Alors, pourquoi ? - Je crois que cette région a assez connu de dictatures pour qu’enfin le peuple puisse vivre en paix sans avoir peur de s’ex-primer. Après la royauté, le communisme, l’islamisme, je crois qu’un peu de démocratie nous ferait le plus grand bien. Ici, les hommes ont soif de liberté ! - C’est ce que mon gouvernement pense aussi, rétorqua
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Freddy sans penser vraiment à ce qu’il disait. - Je n’en suis pas si sûr ! Les Américains veulent nous offrir un ersatz de démocratie avec simplement la possibilité de s’enrichir pour les plus débrouillards d’entre nous et le droit de mettre tous les cinq ans un bulletin de vote dans une urne bourrée à l’avance pour les autres. - Dans ce cas, pourquoi nous donnez-vous des renseigne-ments ? - Je sais faire la différence entre les divers scénarios impo-sés à l’Afghanistan et graduer les dangers. Pour l’instant, nous avons besoin de vous pour éradiquer les intégristes. Une fois cette tâche terminée, nous aurons peut-être besoin d’autres soutiens pour vous chasser du pays ! - En attendant ce jour, vous pouvez continuer à travailler avec nous. - Je retourne dans mes montagnes. Je serai de retour dans quelques semaines avec des renseignements plus précis. - Bonne chance ! Dervas Rahjat-Khan termina son verre de thé et, après un sourire amical à l’agent de la C.I.A, quitta le restaurant. Freddy commanda une bière et pensa « que c’est agréable de manger avec un type bien… et si rare ».
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