Un banc face à l'océan

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Eléa, une petite fille, et Thomas, un jeune homme, sont victimes d'accidents de la route dans deux endroits différents et à deux ans d'intervalle. Ils se retrouvent pourtant au même moment, dans un monde inconnu. Un monde où les émotions, l'ennui, la fatigue et la maladie n'existent pas.
Un monde où les saisons changent chaque jour, et au milieu duquel serpente un chemin qu'empruntent des milliers de personnes pour qui ils semblent être invisibles.
Chaque soir, ils se séparent pour se retrouver chaque matin sur le même banc, face à un océan au milieu duquel se trouve un trou, un passage ?
Ils savent tous les deux, que, quelles qu'en soient les conséquences ils devront l'emprunter.
Les voyages et les aventures qu'ils vont vivre dans deux univers différents, leur révélera, comment, et pourquoi ils sont arrivés là.
Publié le : mardi 10 mai 2016
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EAN13 : 9791026205418
Nombre de pages : non-communiqué
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Lionel MARTINS
Un banc face à l'océan
© Lionel MARTINS, 2016
ISBN numérique : 979-10-262-0541-8
Courriel : contact@librinova.com
Internet : www.librinova.com
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Quelle serait l'utilité d'un univers infini si celui-ci n'abritait qu'un seul monde !?
Pour Eléa & Thomas
Chapitre 1
Le banc
Thomas avançait lentement en rêvassant, les mains dans les poches, la tête baissée, il regardait ses pieds nus s’enfoncer dans la neige. Les flocons qui tombaient du ciel lui rappelaient les Noëls passés de sa vie d'avant. Ici, le vingt-quatre décembre n’avait pas d’importance. Les dates et le calendrier n’existaient pas, le temps était comme suspendu. Il n’y voyait qu’un seul point positif : il aurait éternellement vingt-deux ans !
Il se retourna pour regarder les empreintes que laissaient ses pieds nus dans la poudreuse, en se disant que sa vie était derrière lui, comme ces traces dans la neige et que, petit à petit, tout comme son passé, elles s'effaceraient.
Une petite voix le sortit de ses pensées, Toto, c'était le surnom qu'elle lui avait donné.
S'entendre appeler ainsi lui rappelait la vie d’avant, certains de ses amis l’appelaient comme ça. Il n'avait pas besoin de se demander qui l’appelait, cela ne pouvait venir qu' Eléa, puisqu’elle était la seule personne qu’il connaissait. Il ignorait son âge, elle devait avoir neuf ou peut-être dix ans, mais cela n'avait guère d'importance. Ce qui importait c'était qu'elle soit là !
S’il n’y avait pas dans le ciel ces messages qui lui permettaient de se situer dans le temps, il aurait pu dire qu’il connaissait Eléa depuis toujours, depuis la vie d’avant.
— Toto, dépêche-toi ça va commencer !
— Tu dis toujours ça, et à chaque fois on attend.
Il savait maintenant que cela faisait quatorze mois qu’ils se connaissaient, et c’était grâce aux messages de leurs parents respectifs.
— Comment cela se pouvait-il ? — Toto. — J'arrive Eléa.
Elle était si jolie avec ses cheveux noirs et ses yeux malicieux. Elle se retourna de nouveau et lui sourit avant de se remettre à parler.
— C’est pour faire comme Élohim que tu marches pieds nus ?
Élohim, un personnage fictif, que son père avait créé en hommage à sa disparition. Un petit garçon qui vivait à Belle Ile en Mer, un petit garçon qui marchait pieds nus.
Grâce aux messages que son père échangeait avec la mère d' Eléa, il avait pu lire des chapitres de ce livre émouvant où son père racontait leurs vies dans un mélange de fiction et d’autobiographie.
— Je sais que ça ferait plaisir à mon père.
— J’aimerais bien le connaître ton papa.
— Tu le rencontreras peut-être un jour, mais j’espère que ce sera le plus tard possible.
Thomas ne comprenait pas où ils se trouvaient, jamais il ne se serait imaginé la fin de la vie comme ça. — Ma maman aussi tu la verras un jour, mais le plus tard possible, parce qu’elle doit
s’occuper de mon petit frère.
— Tu as raison Eléa, de toute façon ici le temps ne compte pas, alors nous pouvons bien attendre.
— Allez dépêche-toi, viens t’asseoir.
— Pourquoi es-tu si pressée aujourd’hui, c’est la neige qui te perturbe ?
La petite fille tapota l’assise en bois avec sa main.
— Allez assied toi… J’ai enlevé la neige du banc, comme ça tu ne te mouilleras pas les fesses.
— Tu es gentille !
Son sourire semblait différent, comme si elle cachait quelque chose ?
— C’est parce que je t’aime Toto.
Au moment où Thomas allait se poser sur le banc, Eléa jeta une énorme boule de neige qu’il écrasa sous ses fesses. — Ha ha ha… — Et ça te fait rire.
— Oui, parce que maintenant t’as le cul tout mouillé.
Thomas se releva pour nettoyer l'assise.
— Je t’ai vu sourire Toto.
— Non, il n’y a vraiment pas de quoi rire !
— Alors pourquoi souris-tu encore ? Thomas avait enfoncé son pied dans la neige, il le souleva rapidement et projeta la poudreuse sur le visage d' Eléa. — C’est pour ça que je souris.
— Pffeee, ce n’est même pas drôle.
Ils s’assirent tous les deux et regardèrent l’océan qui s’étendait à perte de vue.
— Ton père, il a dit à maman qu’il allait bientôt envoyer des chapitres du deuxième livre des aventures d’Élohim !
— Oui, nous les lirons ensemble.
— Ben ma mère elle va envoyer son livre cette semaine.
Emma avait elle aussi écrit un livre en hommage à sa fille, et Thomas avait hâte de le lire.
— Génial, je me languis.
Devant eux le ciel bleu commença à s’illuminer de stries blanches et brillantes. De petits arcs électriques n’allaient pas tarder à apparaitre, puis des mots sortiraient des profondeurs de l’océan.
— Ça va bientôt commencer Toto.
— Oui, encore quelques minutes.
— Pourquoi voit-on les messages de nos parents ?
— Je suppose que c’est parce que les mails et les SMS voyagent dans le ciel, ils sont partout. Et comme ta maman et mon père s’écrivent, on peut les lire.
Il savait que cette explication allait la rassurer. Mais lui aussi se demandait bien pourquoi ils pouvaient lire ces messages, et surtout pourquoi ils semblaient être les seuls à pouvoir le faire ?
Pourquoi toutes les autres personnes de ce monde ne sortaient-elles jamais du chemin qui serpentait à perte de vue, et où les conduisait-il.
— Ça veut dire que nos parents sont copains alors.
— Bien sûr, sinon nous ne serions pas là en ce moment.
Il se retourna vers Eléa.
— Et mes fesses seraient sèches.
Elle mit ses deux mains devant sa bouche et éclata de rire.
— C’est ça, continue de te moquer de moi.
— Tu m’aimes quand même ? — Non. — Je ne te crois même pas !
— Et bien tu as tord !
Ils se regardèrent en riant, et Eléa se jeta à son cou pour lui faire un bisou.
— Thomas pourquoi les autres gens ils ne voient pas de messages ?
— Je ne sais pas Eléa.
— En tout cas, c’est bien que nos parents s’écrivent, comme ça on sait ce qu’ils font. — Oui, mais pourquoi ne peut-on lire que les leurs, pourquoi n’avons-nous pas de message de ton père et de ma mère par exemple ? — Peut-être qu’ils n’écrivent pas.
— Non, il y a certainement une autre raison, mais laquelle ?
Le premier message a été celui que ta maman a envoyé à mon père le neuf août deux mille quinze, un an jour pour jour après mon accident. Depuis nous pouvons lire tout ce qu’ils s’écrivent. C’est d’ailleurs ce qui nous permet d’avoir une notion du temps qui passe.
— Pourtant, ça ne fait pas très longtemps.
— Une année et deux mois. Mais tu as raison, c’est très étrange, j’ai moi aussi cette impression de n’avoir passé que quelques semaines ici.
— C’est long une année ?
— Dans la vie d’avant oui, ici le temps ne compte plus, d’ailleurs plus rien ne compte, il ne fait ni chaud ni froid.
Thomas regarda ses pieds nus dans la neige.
— Nous ne ressentons plus rien, plus de douleur, de maladie, même l’ennui n’existe pas, nous sommes bien et c’est tout !
— On est plus vivant Thomas ?
— Je ne sais pas Eléa, nous sommes ailleurs, quelque part dans un autre monde. Et les questions que nous devons nous poser, sont pourquoi sommes-nous là, et qui sont ces gens qui chaque jour empruntent le chemin ?
Pourquoi ne nous voient-ils pas, ne nous parlent-ils pas ?
Et combien de temps cela va-t-il durer ?
— Mais nous, on va toujours rester ensemble, hein Thomas ?
— Seulement si tu ne me mouilles plus les fesses !
— Tu n’es pas drôle !
— Tu sais bien que maintenant nous sommes liés, tu es ma seule famille.
— Je suis ta petite sœur !
— C’est ça, celle que je n’ai pas eue dans la vie d’avant.
La petite fille se serra un peu plus fort contre lui.
— Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que ce monde attend quelque chose de nous ?
— On verra bien Toto.
Eléa se leva d’un bon et sauta sur le banc.
— Ça va commencer !
Thomas la regarda, une douce brise marine faisait onduler des mèches de ses longs cheveux noirs sur son visage. Elle avait la bouche entrouverte et ses grands yeux scrutaient le ciel.
Les premières lettres commencèrent à s’assembler pour former des mots puis des phrases. Eléa n’entendait et ne voyait plus rien d’autre, elle était redescendue dans la vie d'avant !
— Oui Eléa, nous verrons bien, rien ne presse puisqu’ici, demain n’existe pas !
Chapitre2
Le chemin
C’était une belle journée de printemps, des fleurs de toutes les couleurs inondaient les champs. Eléa dansait sur le chemin qui la mènerait au banc et à Thomas. La petite fille repensait aux chansons que lui chantait sa maman, puis aux musiques qu’elles écoutaient toutes les deux en se trémoussant et en riant comme des folles.
— J’espère qu’un jour je pourrais présenter Thomas à maman.
Je lui dirais : maman, je te présente Toto, il est fou ! Et sais-tu pourquoi ?
Maman elle dirait :
— Non mon ange, je ne sais pas.
— T’es bête, regarde ses pieds, il ne porte jamais de chaussures !
Eléa reprit sa chanson et se remit à danser en tournant sur elle-même, faisant virevolter sa légère robe d’été.
— Voilà le banc, et Toto est déjà là.
Thomas l’entendit avant même qu’elle n’arrive.
— Tu sembles particulièrement de bonne humeur aujourd’hui.
— Oui, c’est le printemps. — Hier nous étions en hiver, je ne comprends rien au temps d’ici, à chaque jour une nouvelle saison. — Il faut prendre ce qu’il vient Toto.
Thomas sourit, se leva et attrapa Eléa pour la soulever et lui poser un doux baiser sur la joue.
— T’es amoureux de moi Thomas !
— Tu es trop jeune pour moi.
— Mais plus tard je serais grande.
— Dans ce monde-ci, je ne pense pas que l’on vieillisse Eléa.
— Oui, mais comme ici personne d'autre ne te voit tu seras bien obligé de m'épouser.
— C'est vrai, il passe des milliers de personnes, et aucune ne semble nous voir.
Thomas fronça les sourcils et reposa la petite fille. Il semblait réfléchir, tout en regardant autour de lui.
— Qu’est-ce qu’il y a Toto ?
Il ne semblait pas entendre les paroles d' Eléa, et continuait de regarder et de dévisager les personnes qui passaient à proximité du banc.
La file était continue, et personne ne tournait la tête vers eux.
— Assieds-toi Eléa.
Maintenant, écoute-moi bien et réfléchis avant de répondre à ma question. — D’accord. — As-tu déjà parlé à quelqu’un d’autre que moi depuis que tu es ici ?
— Je ne sais pas.
— Eléa, je t’ai demandé de réfléchir !
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