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Un casting sur mesure...

De
195 pages
Antoine et Philippe sont deux hommes à qui la vie sourit. Ils sont beaux, leurs situations professionnelles sont au plus haut et vivent pleinement leur amour. Bref, que du bonheur pour ce couple résidant dans une splendide maison contemporaine au cœur de Rennes. Mais la vie calme et rangée du couple va très vite déchantée le jour où Antoine reçoit un étrange courrier menaçant tandis que la ville est frappée par une vague de meurtres inquiétants. Un véritable cauchemar que chacun est invité à découvrir dans les coulisses de ce « casting sur mesure… »
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Un casting sur mesure…

3

Titre
Damien Demazel
Un casting sur mesure…

Polar
Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-7928-5 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748179286 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-7929-3 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748179293 (livre numérique)
6





. .
8 Un casting
sur mesure…
PROLOGUE
Août 2000

L’ambiance était plutôt euphorique dans la
salle de restaurant. Antoine et Philippe fêtaient
leur union : ils étaient passés à la mairie un peu
plus tôt dans la soirée pour signer leur PACS et
avaient convié familles et amis à dîner au Coq
Gadby. Le Coq Gadby était un restaurant des plus
cotés de Rennes. Antoine et Philippe voulaient
ce qu’il y avait de mieux pour l’événement et
pouvaient surtout se le permettre.

Ils avaient en effet de très bonnes situations :
Antoine était le bras droit d’un gros promoteur
de la région. Il était chargé de superviser les
travaux et d’assurer le bon fonctionnement du
parc immobilier. Philippe, quant à lui, était
chirurgien au CHU de Pontchaillou, situé à
Villejean au nord-ouest de Rennes. Ils s’étaient
rencontrés de façon assez brutale…

9 Un casting sur mesure…
Philippe était en retard ce matin-là et ne
pensait qu’à son rendez-vous avec le directeur
du personnel. Il pleuvait des trombes d’eau.
Philippe, concentré sur sa montre, roulait vite.
En arrivant sur les quais, il jugea mal la distance
de freinage et emboutit dans un crissement de
pneus la voiture qui était déjà arrêtée au feu
rouge.
– Vous êtes complètement malade ! Vous
avez eu votre permis dans une pochette
surprise ? Regardez l’état de ma voiture
maintenant !
Philippe, pas trop réveillé et plutôt calme de
nature, accepta toutes les remarques de
l’homme qui était au pied de sa voiture, comme
bercé par cette voix, et son retard n’avait plus
d’importance. Il était saisi… Lorsque Philippe
n’entendit plus que l’eau qui résonnait sur la
taule de sa voiture, il regarda son interlocuteur
dégoulinant de la tête aux pieds et ne trouva
qu’une seule chose à dire :
– Comment t’appelles-tu ?
Et l’autre, semblant être apaisé par la
douceur de cette question répondit tout
simplement :
– Antoine…

Quatre ans plus tard ils se trouvaient là, tous
les deux assis à cette table ornée de lys blancs et
orangés. Nathalie, la complice d’Antoine depuis
10 Un casting sur mesure…
toujours, s’était chargée de décorer la salle de
réception à la demande de ses amis. Elle s’était
découvert très tôt une passion pour les fleurs et
fut ravie lorsque le couple lui confia cette
mission.
Tout le monde semblait de bonne humeur.
Des éclats de rire montaient à divers endroits
de la table. Antoine, ravi de contempler ce
spectacle, était en train de se remémorer tout ce
temps passé depuis le début de leur histoire
jusqu’à ce jour.
– À quoi est-ce que tu penses ?
– Regarde…
– Quoi ?
– Tout ça, nous, nos parents, nos amis. Tout
ce que nous avons construit durant ces quatre
dernières années… Je suis heureux, Philippe…
– Ce n’est que le début mon bébé…
Philippe avait pris l’habitude d’appeler
Antoine ainsi sans doute parce qu’il était plus
âgé. Huit ans les séparaient, ce qui plaisait assez
à Antoine. Il disait qu’il se sentait protégé aux
côtés d’un compagnon plus vieux que lui. À cet
instant, le couple était aux anges et rien n’aurait
pu changer cela ni maintenant ni après…
11 Un casting
sur mesure…
CHAPITRE 1
Lundi 5 mai 2003 : et 1…

Il était vingt heures et comme à son habitude
Pierre rentrait de son entraînement de basket. Il
jouait tous les lundis soir entre 18h30 et 20h00
et ce, depuis qu’il avait commencé ses études
sur le campus de Beaulieu trois ans auparavant.
Il préparait une licence de physique et la
période des examens approchant en ce début de
mai, il n’aurait cependant pour rien au monde
manqué le basket. C’était un sportif et il
cultivait sa forme physique et son image : il
mesurait 1 m 85, ses bouclettes blondes et ses
yeux bleus faisaient des ravages auprès des filles
du campus. Mais Pierre malgré son physique et
son intelligence n’était pas un coureur de
jupons. Il préférait les hommes et s’était en
partie assumé lors de son arrivée à Rennes pour
entamer ses études.

Elle attendait patiemment dans sa Polo bleu
marine. Elle semblait à la fois excitée et sereine
13 Un casting sur mesure…
comme lorsque l’on monte sur scène pour la
première fois. Son visage suait à grosses gouttes
mais elle se réjouissait de pouvoir enfin réaliser
son premier spectacle. Tout était prêt, le cos-
tume aussi. Le spectacle n’allait pas tarder, il ne
manquait qu’un seul élément : l’acteur principal.
Pierre n’habitait pas sur le campus. Il avait
essayé la première année mais il avait trouvé
cela trop bruyant : il n’arrivait pas à se
concentrer sur son travail et les copains
venaient trop souvent le chercher pour faire la
fête. Il avait alors opté pour un petit studio rue
de Bellevue non loin de l’église Sainte-Jeanne
d’Arc. L’immeuble n’était pas récent mais Pierre
s’y sentait bien et avait de bonnes relations avec
ses voisins, sauf peut-être avec l’un d’eux qui
n’appréciait guère les homosexuels. Pierre
n’était pas du genre à crier son homosexualité
sur les toits mais Monsieur Goudrain l’avait
surpris quelques fois avec son petit ami avant
que leur histoire ne cesse. Depuis, leurs rela-
tions de voisinage étaient plus que tendues.

Le bus arriva, elle se frotta les mains, c’était
le moment de se faire belle. Elle fouilla dans
son sac à main et sortit son tube de rouge à
lèvres. Elle était passée en ville le matin même
pour en acheter un tout neuf. Elle régla le
rétroviseur intérieur de la voiture et une couleur
framboise s’empara de ses lèvres grossières qui
14 Un casting sur mesure…
dominaient un menton à trois étages. Un jeune
homme pasa auprès de la voiture. Il était
temps d’y aller : l’artiste venait d’arriver.

Pierre ouvrit une lettre qui provenait
d’Espagne. C’était son meilleur ami, étudiant en
langues, qui lui envoyait des nouvelles et visible-
ment tout se passait bien à Madrid. Pierre
enleva ses tennis et n’avait qu’une envie : aller
sous la douche avant de manger et de se mettre
à réviser.

Elle entendait l’eau couler. Le seul fait de
sentir qu’il était tout proche lui procura une
telle émotion qu’elle sua à nouveau.

Son torse était musclé. Il le badigeonna de
gel parfumé à la pomme verte puis vint à se
laver les parties génitales. Dès qu’il sentit sa
main glisser, son organe se raidit doucement.
La pièce était envahie d’un nuage chaud. Elle
l’écoutait gémir de plaisir et ne voulait pas
l’interrompre. Après tout, il avait le droit de se
faire du bien ce jeune homme. Lorsqu’elle
comprit qu’il avait joui, elle sortit l’objet de son
sac. Il était temps d’en finir.

La faïence immaculée se vit en un souffle
éclaboussée d’un liquide épais : ce n’était plus
de la pomme verte mais un rouge sang. Elle
15 Un casting sur mesure…
regarda le corps de l’athlète se vider de son sang
dans le bac à douche. Il était beau…

Elle le tira de la douche et l’emmena sur le lit
situé dans la pièce principale. Pierre était propre
et sentait bon. Ses cheveux étaient coiffés de
façon très originale. Elle avait pris soin de le
préparer ainsi, mais il manquait une chose. Elle
sortit de la housse à vêtements un splendide
costume de lin et une chemise en soie blanche.
Pierre était très élégant dans ce costume comme
s’il avait été taillé pour lui. Lorsqu’elle le vit
enfin prêt, elle se mit à pleurer. Une carrière
allait peut-être commencer.

16 Un casting
sur mesure…
CHAPITRE 2
Samedi 3 mai 2003 : le monstre noir

Le soleil envahissait la chambre, Antoine
était dans le dressing et réfléchissait à ce qu’il
allait mettre aujourd’hui. Ils étaient invités,
Philippe et lui à déjeuner chez ses parents à
Saint-Malo. Philippe avait déjà quitté la maison
pour récupérer son nouveau 4 x 4 au garage et
pensait bien arriver à Saint-Malo au volant de
celui-ci. Il avait longtemps hésité avant de se
décider et avait finalement acheté le Grand
Cherokee de chez Jeep.

Antoine commençait à s’impatienter : il était
11h00 et ses parents n’aimaient pas qu’ils
arrivent en retard. Il descendit l’escalier
principal de la maison et s’installa sur un
tabouret au comptoir de cuisine pour lire son
bouquin. C’était un roman qui ne lui plaisait
guère mais il s’était juré de le terminer.

17 Un casting sur mesure…
Ils vivaient dans une maison très
contemporaine rue Anatole Le Braz, dans le
quartier de Sévigné-Fougères. Antoine avait
trouvé cet emplacement par le biais de ses
relations au sein de son travail. Il avait sauté sur
l’occasion avant que le terrain soit officiel-
lement mis en vente. Antoine et Philippe
avaient en partie dessiné leur maison. Ils avaient
beaucoup de goût. Le rez-de-chaussée était en
briques rouges. Antoine adorait la brique. Il
trouvait ce matériau chaud par sa couleur mais
aussi froid par la forme banale qu’on lui
attribuait. L’étage semblait désaxé du reste de la
maison et les toits de zinc arrondis s’entre-
mêlaient pour couvrir un maximum de surface.

Antoine tournait en rond maintenant. Il était
dans la verrière qui donnait sur le jardin
lorsqu’il entendit un bruit familier : le portail
électrique s’ouvrait. Il se dirigea alors vers la
porte d’entrée et vit ce monstre noir roulé sur
les gravillons de l’allée. Il était temps de se
mettre en route.

Philippe était comme un enfant qui venait de
recevoir un nouveau jouet. Durant tout le trajet,
il ne cessa de montrer à Antoine toutes les
options dont le véhicule était doté. Tout brillait
à l’intérieur, les sièges et le tableau de bord
sentaient le neuf mais Antoine ne s’intéressait
18 Un casting sur mesure…
pas beaucoup aux gadgets que lui montrait son
compagnon. Il était un peu préoccupé par
l’heure du déjeuner qui approchait. Même si
toute sa famille avait très bien accepté Philippe,
ses parents avaient montré quelques réticences
au début. Ils trouvaient que Philippe était trop
vieux pour leur fils. Antoine savait que ses
parents n’acceptaient pas trop son homo-
sexualité et quand il leur avait présenté Philippe,
ils avaient dû se faire une raison. Une raison pas
facile à avaler. Depuis, les relations étaient
meilleures au point que Philippe n’appréhendait
jamais de voir les parents d’Antoine. Aujour-
d’hui ils allaient discuter mécanique et cela lui
plaisait plutôt bien.

Lundi 5 mai : vous avez… un message…

Antoine était assis à son bureau. La fin de
journée se faisait sentir mais il voulait absolu-
ment boucler ce compte-rendu avant de s’en
aller. Il avait chaussé ses lunettes comme à son
habitude, dès qu’il s’asseyait derrière ce bureau.
Ses lunettes étaient rectangulaires avec une
monture noire et épaisse. Il avait choisi ce
modèle pour se montrer plus ferme et plus
autoritaire, ce qui n’empêchait cependant pas
ses collègues de l’apprécier. Il était respectueux
et droit, c’était l’essentiel. Son bureau était
d’une belle taille. Seuls une étagère, son bureau
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