Un été indien

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Par un hasard prémédité, l'errance de deux êtres en perdition, dans le Léviathan nocturne de New York, avant et après le 11 septembre 2001. Le destin des personnages se précise, malgré leur projet de départ pour Paradise Island. La rencontre de Kate, dans un musée, avec Guérand, français en cavale qui dévalisa la banque dont il avait la gestion du coffre, à Paris, ne réussira pas à le sortir des griffes acérées de cruauté du rapace qu'est Marco Véronèse, parrain mafieux qui blanchit son argent sale, à travers ses banques multinationales. Il subira la loi de son organisation, à l'automne commençant cette année-là, celui de l'été indien où il faisait beau, une saison qui n'existe que dans le nord de l'Amérique..
Publié le : lundi 20 juin 2011
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EAN13 : 9782748164589
Nombre de pages : 285
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Un été indien
Bernard Tellez
Un été indien
ROMAN
© É ditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com communication@ manuscrit.com ISBN : 2748164598(fichier numérique) ISBN 13 : 9782748164596(fichier numérique) ISBN : 274816458X (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748164589(livre imprimé)
BE R N A R DTE L L E Z
Véronèse laissait aller sa la vue vers des étendues de terre et de ciel qu’il reconnaissait pour être le lointain, et si le jour filtrait à peine sur le fleuve, l’Hudson River, il lui arrivait d’observer le peuple du plaisir nocturne, en train de fuir les coins éclairés des réverbères… D’autres affaires archaïques, inséparables du quotidien, le remplaçaient : camions de fruits et légumes, fourgons de presse chargés à bloc, qui s’éloignaient des marchés, ou des quais, voitures rapides longeant les avenues, prêtes déjà à se fondre dans le tohubohu… Véronèse s’imagina être un faucon aux ailes de bronze. Il déploya ses bras à l’horizontale, de part et d’autre du torse, en singeant l’envergure de l’oiseau. Ainsi, il parut se préparer au saut de l’ange… Il fit semblant de s’élancer vers les derniers lambeaux de nuit autour des gratte ciel, pour se fondre, làbas, vers des formes encore glauques et imprécises, mais du seuil de son observatoire, il ne bougea pas, il garda le plus longtemps possible son attitude… Vers le pont de Brooklyn, à sa droite, le soleil commençait à surgir par derrière, en sortant de la mer… Cents mouettes suivaient un chaland qui descendait le fleuve. Il contempla l’une d’elles, qui s’élevait à tire d’aile, au fil d’une ondulation de l’air. L’oiseau, aux ailes miroitantes dans le soleil, ne se sentait pas observé. Il s’efforça de le pénétrer par la pensée… Il lui sembla
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sentir battre son cœur solide et impatient de charognard affamé, mais son impression resta fictive, virtuelle, et il commença à se déplacer dans l’appartement… . Il longea d’un pas vif la piscine d’exercice, la salle de jeux, le gymnase, le bassin aux otaries, la salle de projection, avant de s’arrêter devant la nursery aux lévriers afghans, et de parler aux chiens, de se rendre dans l’annexe où il avait des devises à suivre, des comptes rendus de recherche à examiner. L’organisation savait des choses sur ce type, à supposer qu’il eût mis le pied sur le sol américain : Daniel Guérand, trente huit ans, célibataire, employé de banque. Les multinationales savent tout. Il était fiché aussi bien à New York qu’à Amsterdam, à Tokyo, considéré dangereux tant qu’il était en vie, comme un virus informatique pernicieux. La société avait la mainmise absolue sur tous ses membres actifs, ses adhérents, en les affligeant d’un matricule : Ainsi, Daniel Guérand, matricule 10547 KJ, caissier expérimenté, parti avec l’argent du coffre d’une succursale de la James Parker’s Bank Company, logo prétexte : « Banque Crédit de le Seine », filiale européenne, non localisé encore, mais la cible à atteindre… Le fait qu’il fût seulement cet objectif était préoccupant. Tout organisme humain tend à s’incorporer ses membres… Véronèse, réalisa, avec rancœur, que son ennemi, sorti du système, n’en était que plus dangereux. Il se pencha et lut : Recherché activement par nos services. Réception attendue : New York, aéroport de la Guardia. Responsable, signé : J. Clay Fraser. Cela datait d’un mois… « On finira par l’avoir, songea Véronèse, avec
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