Un fascinant regard

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Témoin invisible, Marlie Keen voit des scènes de meurtre à travers les yeux d’un assassin… Ces terribles visions la hantent et la poussent bientôt à aller se confier à la police. C’est Dan Hollister qui, chargé de l’enquête, la reçoit et la croit aussitôt complice. Mais après avoir vérifié le passé de la jeune femme, il doit se rendre à l’évidence : Marlie est une véritable médium, qui le fascine et le bouleverse. Entre eux, c’est l’affrontement, la suspicion. Un jeu dérisoire qui tourne vite à la passion. Mais le tueur, lui, tisse sa toile, et Dan songe alors à lui tendre un piège en exposant celle qu’il aime…
Vo : Dream man
© Anton Maltsev / Fotolia
© Linda Howington, 1994.
Pour la traduction française :
©Éditions J’ai lu, 1996
Publié le : mercredi 3 septembre 2014
Lecture(s) : 14
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290101636
Nombre de pages : 320
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Un fascinant regard
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LINDA HOWARD
Un fascinant regard
T r a d u i t d e l ’ a n g l a i s ( É t a t s - U n i s ) p a r C h r i s t i a n e P o u l a i n
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Titre original : DREAM MAN
Éditeur original : This edition published by arrangement with the original publisher, Pocket Books, New York
Linda Howington, 1994. Pour la traduction française : Éditions Jai lu, 1996
1
Il était vingttrois heures trente quand Marlie Keen sortit du cinéma avec la foule du vendredi soir. Détendue par la comédie quelle venait de voir, elle se dirigea dun pas vif vers sa voiture et mit le cap sur son domicile. Elle roulait sur la voie express quand, tout à coup, une pensée la frappa : elle se sentait bien, et ce pour la première fois depuis six ans. Après réflexion, elle constata, étonnée, que ce sen timent de bienêtre remontait en fait à plusieurs mois. Prise par la routine de lexistence quelle sétait bâtie à Orlando, elle ne sen était pas rendu compte. Pendant de longues années, elle avait vécu en auto mate, puis le temps avait lentement accompli son uvre. Elle avait guéri, tel un amputé qui, acceptant enfin la perte dun de ses membres, apprend à sen passer et, peu à peu, à aimer de nouveau la vie. La perte quelle avait subie était plus mentale que physi que et, à linverse dun amputé, elle avait prié des nuits durant pour ne jamais récupérer cette partie dellemême. Puis, un beau jour, elle avait cessé de 7
redouter le retour de ses dons et avait simplement continué de vivre. Elle quitta la voie express et sarrêta au feu à la sor tie de la bretelle. La radio diffusait de la musique douce Marlie se sentait délicieusement bien. Le couteau étincela, lançant un éclat mat, s’enfonça dans la chair avec un bruit étouffé. La lame se leva de nouveau, teintée de rougeDun bond, Marlie se rejeta en arrière. Une image atrocement réelle venait de surgir dans son esprit.  Non non, murmuratelle. Elle agrippa le volant, cherchant à calmer le trem blement qui la secouait. Sombre plaisir jubilatoire. Triomphe. MéprisMon Dieu, cela recommençait ! Et elle qui sétait crue libérée ! La vision se rapprochait, menaçante, et Marlie savait dexpérience quelle nallait pas tarder à lenvahir corps et âme. Maladroitement, elle se diri gea vers le bascôté afin de ne pas bloquer la voie. Un coup de klaxon retentit quand elle serra une voiture de trop près. Le son lui parvint de très loin. Sa vue devenait floue. Elle freina et mit au point mort, espé rant avoir quitté complètement le flot de la circula tion. La séquence cauchemardesque revint dans un éblouissement. Elle laissa retomber ses mains flasques sur ses cuisses. Le regard fixé droit devant elle, les yeux ne cillant pas, elle ne voyait rien, sauf les images qui défilaient dans sa tête. Sa respiration se fit plus rauque. Des sons guttu raux se formèrent dans sa gorge, quelle nentendit pas. Sa main droite se leva lentement, se ferma en poing, comme si elle agrippait quelque chose, et se convulsa violemment à trois reprises, fendant lair. Puis Marlie ne bougea plus, le visage aussi 8
impassible et inexpressif que celui dune statue, le regard fixe et vide.
Une rafale de petits coups secs sabattit contre la vitre, faisant reprendre conscience à Marlie. Affolée, elle céda un instant à la terreur. Où étaitelle ? Que se passaitil ? Une lumière bleue surnaturelle léblouis sait. Elle posa un regard hébété sur lhomme qui se penchait à la portière et la scrutait. Que lui voulait il ? Un goût acide lui envahit la bouche. Puis, dun coup, Marlie reprit pied dans la réalité. Lobjet brillant dont se servait lhomme pour taper contre la vitre se transforma en lampe de poche, léclair sur sa poitrine en insigne et lhomme lui même, sourcils froncés et voix impérieuse, en flic. Sa voiture de patrouille, gyrophare allumé, était garée devant la sienne. Les images dhorreur étaient encore trop proches, trop affreusement réelles. Elle devait les refouler pour recouvrer son sangfroid. Un vague danger rôdait, souvenir ténu qui affleurait à la surface sans se cristalliser tout à fait. Au prix dun violent effort, Marlie se secoua de sa torpeur et tenta gauchement de baisser sa vitre. La lassitude la paralysait, ses muscles ne répondaient plus. De lair chaud et humide entra par la vitre ouverte. Le flic balaya lintérieur de la voiture de son faisceau lumineux.  Un problème, madame ? Son cerveau avait beau fonctionner au ralenti, elle avait encore assez de bon sens pour ne pas dire la vérité. Le flic la soupçonnerait immédiatement dêtre sous lemprise dune drogue, sans doute un halluci nogène. Oui, cétait ça, le vague danger quelle avait 9
perçu. Pour une personne normale, passer la nuit derrière les barreaux serait déjà une épreuve ; pour elle, en loccurrence, ce serait une catastrophe. Elle avait perdu la notion du temps ; en revanche, elle savait quelle devait avoir une tête à faire peur.  Euh Désolée, ditelle. Même sa voix tremblait. Désespérément, elle cher cha une explication plausible.  Je je suis épileptique. Je me suis garée quand jai senti venir la crise. Elle na pas dû être très forte. Le faisceau lumineux sattarda sur son visage.  Veuillez descendre de votre véhicule, madame. Elle se remit à trembler. Ses jambes allaientelles la porter ? Elle obtempéra, cependant, se tenant à la portière. Les lumières bleues lui vrillèrent les yeux et elle détourna la tête.  Puisje voir votre permis de conduire ? Ses membres étaient de plomb. Elle eut un mal fou à attraper son sac ; il lui glissa des mains aussitôt, son contenu se déversant à demi dans la voiture, à demi dehors. Des objets non compromettants, Dieu merci ! Pas même un tube daspirine ou un paquet de cigarettes. Au bout de six ans, elle redoutait encore de prendre des médicaments  leurs effets, sur son esprit, pouvaient être si imprévisibles Par un miracle de volonté, elle réussit à sortir son portefeuille, puis son permis. Le flic lexamina en silence et le lui rendit.  Avezvous besoin daide ? demandatil fina lement.  Non. Je me sens mieux, à présent, les trem tremblements ex exceptés, réponditelle en cla quant des dents. Jhabite dans le coin. Je suis capable de rentrer.  Voulezvous que je vous suive ? 10
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