Un pays à l'aube

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L'Amérique se remet difficilement des soubresauts de la Première Guerre mondiale. De retour d'Europe, les soldats entendent retrouver leurs emplois souvent occupés par des Noirs en leur absence. L'économie est ébranlée, le pays s'est endetté et l'inflation fait des ravages. La vie devient de plus en plus difficile pour les classes pauvres, en particulier dans les villes. C'est sur ce terreau que fleurissent les luttes syndicales, que prospèrent les groupes anarchistes et bolcheviques, et aussi les premiers mouvements de défense de la cause noire. Après la série Kenzie-Gennaro, Mystic River et Shutter Island, Dennis Lehane s'attaque au défi de raconter la naissance de l'Amérique moderne sous la forme d'une flamboyante épopée. Noir et social, lyrique et intimiste, « Un pays à l'aube » démontre que Lehane est l'une des voix majeures du roman américain contemporain.
Publié le : vendredi 1 mars 2013
Lecture(s) : 7
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782743624804
Nombre de pages : 864
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Un pays à l’aube de Dennis Lehane Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Maillet Éditions Rivages L’Amérique se remet di$cilement de la Première Guerre mondiale. De retour d’Europe, les soldats entendent retrouver leurs emplois, souvent occupés par des Noirs en leur absence. Mais l’économie est ébranlée et la vie devient de plus en plus di$cile pour les classes populaires. Sur ce terreau eurissent les luttes syndicales et prospèrent les groupes anarchistes et bolcheviques, ainsi que les premiers mouvements de la défense de la cause noire. Au même moment, l’agent Danny Coughlin, 2ls aîné d’un légendaire capitaine irlandais de la police de Boston, est chargé d’une mission spéciale par son parrain, le retors lieutenant McKenna : infiltrer les milieux syndicaux et anarchistes. A priori, Luther et Danny n’ont rien en commun. Le destin va pourtant les réunir à Boston en 1919, l’année de tous les dangers. « Magistral autant qu’inclassable. » Le Figaro Magazine
Dennis Lehane
Un pays à l’aube
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Maillet
Collection dirigée par François Guérif
Rivages/noir
Titre original :The Given Day ÉDITIONS PAYOT & RIVAGES 106, boulevard Saint-Germain 75006 Paris www.payotrivages.fr Couverture : © Getty Images © 2008, Dennis Lehane © 2009, Éditions Payot & Rivages pour la traduction française ISBN : 978-2-7436-2480-4
Cette œuvre est protégée par le droit d'auteur et strictement réservée à l'usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gracieux ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L'éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Pour Angie, mon foyer
Quand Jésus va revenir, qu’elle disait, Il arrivera de la montagne en train. Josh RITTER,Wings.
DISTRIBUTION
Luther Laurence– domestique, athlète Lila Waters Laurence– la femme de Luther
Aiden Coughlin, dit « Danny »– agent de police à Boston Thomas Coughlin– capitaine de police, père de Danny Connor Coughlin– frère de Danny, assistant du procureur du comté de Suffolk Joe Coughlin– le plus jeune frère de Danny Eddie McKenna– lieutenant de police, parrain de Danny Nora O’Shea– domestique chez les Coughlin Avery Wallace– domestique chez les Coughlin
Babe Ruth– joueur de base-ball dans l’équipe des Boston Red Sox Stuffy McInnis– coéquipier de Ruth Johnny Igoe– l’agent de Ruth Harry Frazee– propriétaire de l’équipe des Boston Red Sox Steve Coyle– partenaire de Danny Coughlin e Claude Mesplede– conseiller municipal dans la 6 circonscription e Patrick Donnegancirconscription– chef de la 6 Isaiah et Yvette Giddreaux– dirigeants de la section bostonienne de la NAACP Byron Jackson, dit « le vieux Byron »– leader du syndicat des grooms à l’hôtel Tulsa Skinner Broscious, dit « le Bedeau »– gangster à Tulsa Dandy et Smoke– hommes de main du Bedeau Clarence Jessup Tell, dit « Jessie »– ami de Luther à Tulsa Clayton Tomes– domestique, ami de Luther à Boston Mme DiMassi– logeuse de Danny Coughlin Federico et Tessa Abruzze– voisins de Danny
Louis Fraina– leader de la Lettish Workingman’s Society Mark Denton– agent de police, syndicaliste Rayme Finch– agent du Bureau of Investigation John Hoover– avocat au ministère de la Justice Samuel Gompers– président de l’American Federation of Labor Andrew J. Peters– maire de Boston Calvin Coolidge– gouverneur de l’État du Massachusetts Stephen O’Meara– chef de la police de Boston jusqu’en décembre 1918 Edwin Upton Curtis– successeur d’O’Meara au poste de chef de la police Mitchell Palmer– procureur des États-Unis
James Jackson Storrow – homme d’inuence à Boston, ancien président de General Motors
BABE RUTH DANS L’OHIO
Prologue
En raison des restrictions sur la liberté de circulation imposées à la ligue majeure de base-ball par le ministère de la Défense pendant la Première Guerre mondiale, les World Series de 1918 furent programmées en septembre et divisées en deux séries de matchs à domicile : les Chicago Cubs devaient organiser les trois premiers et Boston les quatre derniers. Le 7 septembre, après la défaite des Cubs au terme de la troisième rencontre, les deux équipes montèrent donc ensemble à bord du Michigan Central pour un trajet de vingt-sept heures, et Babe Ruth, passablement éméché, se mit à faucher des chapeaux. Il avait fallu le hisser de force dans le train. Après le match, il s’était rendu à l’est de Wabash Avenue, dans un établissement où un homme avait toujours l’assurance de trouver un jeu de cartes, un verre plein et une lle ou deux, et si Stuy McInnis n’avait pas su où le chercher, Babe aurait vraisemblablement raté le voyage de retour. En l’occurrence, il commença par vomir de la plateforme à l’arrière de la voiture de queue alors que le train émergeait de la gare peu après huit heures du soir puis serpentait parmi les parcs à bestiaux. Dans l’air se mêlaient l’odeur de la fumée et la puanteur du bétail abattu, et Babe se dit qu’il voulait bien être pendu s’il réussissait à distinguer une étoile dans le ciel d’encre. Il porta sa asque à ses lèvres, prit une gorgée de whisky pour se rincer la bouche et cracha par-dessus le garde-fou en regardant le sommet des immeubles de Chicago qui semblait grandir devant lui tandis qu’il s’en éloignait. Comme souvent lorsqu’il quittait un endroit le corps imbibé d’alcool, il se sentait gros et orphelin. Alors il s’orit une nouvelle rasade de whisky. À vingt-trois ans, il devenait enn l’un des frappeurs les plus redoutés de la ligue. Au terme d’une année où le total des home runsmonté à quatre-vingt-dix-huit en American League, Babe en avait à s’était lui seul frappé onze. Soit près de douze pour cent, nom de Dieu ! Et ce, malgré une baisse de régime notable pendant trois semaines au mois de juin. Les lanceurs avaient commencé à le traiter avec respect, les frappeurs des équipes adverses aussi car, cette saison-là, il avait remporté treize victoires pour les Sox au poste de lanceur. Il en avait également joué cinquante-neuf en champ gauche et treize en première base. Il avait cependant du mal avec les balles des gauchers ; du moins, c’était la réputation qu’on lui prêtait. Et à l’heure où les listes de joueurs s’étaient réduites comme peau de chagrin après que bon nombre d’entre eux avaient décidé de s’engager, les managers des équipes adverses voulaient exploiter ce qu’ils estimaient être une faille en lui. Qu’ils aillent se faire foutre ! Il jeta ces paroles au vent puis leva de nouveau sa asque, cadeau de Harry Frazee, le propriétaire des Boston Red Sox. Babe avait quitté l’équipe en juillet. Il était allé jouer pour les Chester Shipyards en Pennsylvanie parce que le coach des Sox, un dénommé Barrow, accordait beaucoup plus de valeur à son bras de lanceur qu’à sa batte. Or Babe en avait assez de lancer. Unstrike-outvalait des vous applaudissements ; unhome run, l’hystérie collective. Le problème, c’était que les
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