Une affaire de trois jours

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De vieux amis d’université se retrouvent chaque année pour un week-end de golf, au cours duquel ils évoquent leurs souvenirs communs. Il y a là Will, musicien et ingénieur du son, Nolan, homme politique briguant un poste de sénateur, et Jeffrey, informaticien qui a fait fortune dans une start-up.
Le premier soir, Jeffrey demande à faire un arrêt au drugstore. Il en ressort quelques minutes plus tard en tenant une jeune femme par le bras, et ordonne à Will de démarrer. Convaincu que la femme est blessée et qu’il s’agit de l'emmener à l’hôpital, Will s’exécute, avant de comprendre que son ami, en fait ruiné, a été pris d’un coup de folie : il a volé le contenu de la caisse et retient une employée en otage.
Effrayés à l’idée des conséquences que cela aura sur leurs vies personnelles et professionnelles, les "complices" involontaires de Jeffrey décident de se donner le temps de la réflexion. Will les conduit dans son studio d’enregistrement, où ils passeront les deux jours qui suivent à tenter de trouver une solution pour libérer la jeune femme sans encourir de poursuites.
Au cours de ce huis clos propice aux règlements de comptes, les vieilles rancoeurs refont surface, les masques tombent, chaque heure qui passe aggrave la situation des personnages pour les entraîner dans une spirale infernale. Et l'affaire ne fait que commencer…
Publié le : samedi 1 novembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072484070
Nombre de pages : 288
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UNEAFFAIRE DE MICHAEL KARDOS TROISJOURS
C O L L E C T I O N S É R I E N O I R E Créée par Marcel Duhamel
MICHAEL KARDOS
Une affaire de trois jours
                                    
G A L L I M A R D
Titre original :                
© Michael Kardos, 2012. © Éditions Gallimard, 2014, pour la traduction française.
Pour ma famille
Prologue
Il y a six ans, la bassiste de mon groupe a été tuée par balle dans une boîte de nuit de New York. Elle sappelait Gwen Dalton, et elle nétait avec nous que depuis quelques mois. Notre premier bassiste, Andy, nous avait tous surpris en décidant de déménager à Los Angeles avec sa copine. Quil quitte New York juste au moment où le groupe suscitait enfin delintérêt nous a foutus en rogne. High Noon existait depuis cinq ans, et on avait bossé dur pour se construire une base de fans. On avait fini par faire salle comble au Wetlands et au CBGB, et une petite maison de disques indépendante parlait de nous produire un CD. Alors com ment pouvaitil nous quitter maintenant ? lui avionsnous demandé. Comment pouvaitil nous faire une chose pareille ? « Je le fais par amour », nous avaitil expliqué. Comment voulezvous lutter contre un argument pareil ? Nous avons fait passer des auditions chez Fred McPhee, qui avait un appartement à East Village. Fred était le guitariste du groupe, et son chanteur. Moi, je jouais de la batterie. On avait déjà vu une demidouzaine de bassistespour autant dassassinats en règle de nos morceauxquand Gwen sest pointée. Ça faisait longtemps que je jouais dans des groupesjavais commencé à quatorze ans, mais jamais avec une femme jusque
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là ; aussi ne voyaisje pas ça forcément dun très bonœil. Et puis Gwen a sorti linstrument de son étui, et jai vu quil sagissait dune Fodera six cordes personnaliséequatre mille dollars au bas mot. Ses doigts couraient avec agilité sur son manche comme elle laccor dait. Ses cheveux en brosse et son rouge à lèvres rose échouaient à gâcher la finesse de son visage, mais ses doigts étaient courts et cal leux. Des doigts de musicien. On lui a joué un de nos airs, quelle a immédiatement repris. Mais dès son deuxième essai, elle ajoutait déjà des accords quAndy naurait même pas été capable de jouer. On a dès lors tous commencé à se détendre. La tête penchée, concentrée, Gwen avait le sourirede toute évidence, on avait déniché notre nouveau bassiste. Tout lautomne, on sétait produits un peu partout à New York, dans le Connecticut et le New Jersey. Gwen avait insufflé une touche de funk dans notre pop rock, et ça avait son petit succès. Mais le matin du dimanche 5 décembre 1999, à deux heures dix, alors que nous rangions nos instruments après un concert au Cobra Club, près du campus de luniversité Columbia, quelquun a fait feu dans la rue. La balle a traversé une fenêtre et a atteint Gwen juste audessus de la pommette droite. Elle était en train de discuter avec moimoins dun mètre nous séparait. Sa tête a fait un brusque mouvement de côté quand le projectile la touchée, comme si une main invisible lui avait donné une claque. Elle est restée immobile pendant quelques secondes ; je lai regardée, en me demandant pourquoi elle avait sou dain cessé de parler. Le coup de feu avait été tiré dune voituresa cible, quelquun qui était dans la rue, avait fui la scène. La fusillade navait rien à voir avec nous. Personne na jamais été attrapé. Gwen est morte deux jours plus tard, au St. Luke Hospital. Je me trouvais làbas à ce momentlà, dans le service des soins intensifs, à faire les cent pas devant sa chambre. Je me souviens davoir vu les infirmières bouger les mains, un docteur secouer la tête, et le crépuscule baigner les parents de Gwen dune lumière orangée grotesquement jolie.
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