Une encombrante maîtresse

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« Mon enfance est un poison que j’ai dans le sang et y’a que quand je serai morte que j’en souffrirai plus. » Anna Gavalda - Billie  Dominique et son amant se connaissent depuis l’enfance. Ils ont le même âge et ont grandi ensemble, se sont séparés et se sont retrouvés. Lui, photographe de talent, est heureux en famille avec sa compagne Louise, et Clovis, le fils de celle-ci. Mais c’est plus fort que lui, la femme de sa vie, c’est sa maîtresse, pourtant devenue encombrante. Quel est leur secret ? Qui est vraiment Dominique ? La jeune et jolie parisienne au passé sulfureux.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
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EAN13 : 9791026204718
Nombre de pages : non-communiqué
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Nicolas Schlaffmann

Une encombrante

maîtresse

 


 

© Nicolas Schlaffmann, 2016

ISBN numérique : 979-10-262-0471-8

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Prologue

 

La pièce était plongée dans la pénombre. Une lampe gisait par terre, au pied du lit défait, l’ampoule avait dû se briser en tombant, seule la bougie sur la table de nuit, peinait à diffuser les dernières lueurs de sa flamme chétive. La jeune femme se leva. A tâtons dans l’obscurité, elle chercha ses vêtements qu’elle ne trouva pas. En désespoir de cause, elle attrapa le peignoir en soie qui trônait en boule, près des rideaux. Tout son corps était douloureux, un affreux mal de tête lui vrillait les tempes, l’empêchant de réfléchir. Elle connaissait bien cette sensation, de terribles migraines la terrassaient parfois pendant plusieurs jours de suite, l’obligeant à rester dans le noir, allongée.

 

Ses mains étaient poisseuses, elle les essuya sur ses cuisses. Elle remarqua la forme couchée sur le lit.

 

L’homme, qu’elle n’arrivait pas à reconnaître, était complètement nu. Il devait être bien plus âgé qu’elle. Un nez proéminent, de grosses paupières serties de petits yeux rehaussés de sourcils broussailleux et des cheveux clairsemés lui donnaient l'air d'un vautour déplumé. Il était étendu sur le dos, des touffes de poils gris mangeaient son torse qui avait dû être musclé. Ses bras étaient ramenés sur sa poitrine, tel un gisant, tandis que ses jambes à peine écartées, laissaient voir un sexe de belle taille, au repos. Son allure était paisible, il ne dormait pas. Ses yeux ouverts fixaient le plafond de la chambre.

 

La jeune femme se pencha au-dessus de lui, observa son visage, tentant de se rappeler qui pouvait bien être ce type qui occupait son lit. Elle aurait bien aimé lui poser la question, cela aurait été plus simple. Mais il aurait été incapable de lui répondre, une entaille profonde lui barrait la gorge, tandis que le manche d’un couteau dépassait de sa poitrine. Le lit n’était plus qu'une grande tache noire, ses mains qu’elle sentait toujours poisseuses étaient couvertes de sang comme ses bras et maintenant ses cuisses.

 

Elle s’enveloppa dans le peignoir, se laissa tomber sur le tapis, près de la porte close. Elle frissonnait. Sa migraine la faisait souffrir comme jamais, l’empêchant de se concentrer sur ses souvenirs, de comprendre ce qui s’était passé avec cet homme qu'elle ne reconnaissait pas . Qu'avaient-ils fait? Quelques bribes, lui revenaient, ses poignets attachées, les coups de fouets sur son dos, les cris qu’elle avait poussés, le suppliant de s’arrêter. Et puis, une douce sensation, quand il l'avait portée sur le lit. La jeune femme avait pleuré de douleur, il avait voulu la pénétrer de force, et puis les souvenirs s’estompaient, s’arrêtant là, net. Il ne restait que ce corps sur le lit, baignant dans son sang.

 

Un vague sentiment d’avoir commis quelque chose d’irréparable, s’imposait dans son esprit. Mais ce qu'elle n’arrivait pas à comprendre, c’était son absence totale de remords. Elle ressentait, pour la première fois, une sensation de bien-être incomparable. Sa migraine avait disparu.

 

 

Chapitre 1

 

Fin de soirée

 

Minuit largement passé, la pluie venait juste de s’interrompre. A cette heure tardive les rues étaient désertes. Dans l’obscurité, le bruit de ses pas hésitants résonnait sur les pavés mouillés. Ses escarpins lui faisaient mal et l’empêchaient de marcher trop rapidement. La fatigue aidant, à chaque instant, elle devait faire preuve d’une grande attention pour ne pas se tordre les chevilles. “Comment toutes ces femmes font-elles pour courir avec ça? Elles font preuve d’une agilité déconcertante juchées sur leurs talons.”

Dominique n’avait jamais réussi à s’y habituer, malgré ses efforts réguliers et son désir ardent d’en porter. Elle n’avait pas le choix, c’était le prix à payer pour attirer les regards d’un certaine catégorie d’homme.

Elle accéléra et faillit trébucher une fois de trop, se rattrapant de justesse à un poteau. Heureusement personne ne la croisa, on aurait pu l’imaginer totalement ivre. Encore un peu de courage plus que deux rues à traverser et elle serait enfin chez elle. Un taxi ralentit en passant à sa hauteur. Dominique eut juste le temps de détourner la tête pour ne pas croiser le regard du chauffeur. La voiture redémarra. Elle préférait maintenant marcher doucement, ses pieds la faisaient affreusement souffrir. La perspective de ne plus être très loin, lui redonna le courage qui commençait à lui faire défaut.

Arrivée devant son immeuble, elle se sentit soulagée. Dans le hall, retirant ses escarpins pour ne pas faire de bruits, elle se massa les orteils endoloris puis entreprit de monter l’escalier, priant pour ne croiser personne à cette heure tardive.

L’appartement dans la pénombre lui apporta une sensation de réconfort douillet, elle se dirigea à tâtons vers la salle de bain, préférant ne pas allumer la lumière. La porte fermée, elle retira rapidement son imperméable et sa robe, détacha délicatement ses jarretelles. Le long de ses jambes, lentement, les bas glissèrent. Elle les posa sur le bord de la baignoire, les caressant au passage, puis elle défit son soutien-gorge, son boxer noir en dentelle et son porte-jarretelles. Dominique enfila un peignoir en éponge et commença à se démaquiller. Devant le miroir au-dessus du lavabo, elle se trouvait jolie. Son maquillage la rendait plus jeune et faisait ressortir le bleu de ses yeux. Depuis quelques temps, elle avait pris l’habitude de s’épiler légèrement les sourcils, les rehaussant d’un trait de crayon. Armée d’un coton, elle retira son mascara et son fard à paupières. Puis, ce fut au tour de ses faux ongles. Enfin, elle s’attaqua au vernis de ses orteils.

Sous la douche, l’eau chaude lui fit beaucoup de bien, ses mains parcouraient son corps, frôlaient ses seins, s’attardant sur ses tétons devenus beaucoup plus sensibles ces derniers temps. Elle frotta son sexe, puis savonna énergiquement ses cuisses et ses jambes. La sensation sous sa paume de la présence d’un mince duvet fut le signal qu’il était plus que temps de s’épiler. L’heure tardive la dissuada de s’y mettre. Cela attendrait sa prochaine soirée. Elle prit néanmoins le temps de s’enduire le corps de crème hydratante, l’odeur lui plaisait. Difficile d’en reconnaître les bienfaits, mais elle avait l’impression que sa peau devenait plus douce.

Dominique ouvrit la penderie et rangea sa robe, et son imperméable. Ce soir, elle portait une tenue sobre, ses doigts s’attardèrent sur ses robes de soirée, “ce sera pour une prochaine occasion” ne put-elle s’empêcher de soupirer. Admirant sa collection de chaussures, elle déposa ses escarpins noirs à côté d’une paire de mules grises en satin, sa dernière acquisition. Son choix se porta finalement sur de jolies tongs toutes fines à paillettes. Ses pieds avaient déjà été mis à rude épreuve durant cette soirée, un peu de confort leur ferait un bien fou.

Allongée confortablement sur son canapé, dans une nuisette transparente, elle feuilleta le dernier numéro de Glamour, spécial minceur. De ce côté là, il n’y avait pas trop de soucis, son corps était mince et ferme, sans trop de muscles apparents. Ces derniers mois, sa présence assidue au club de fitness portait ses fruits, ses fesses n’avaient jamais été aussi fermes et appétissantes. Combien de mains, ne serait-ce que ce soir ne s’étaient aventurées à les caresser furtivement? Il fallait admettre qu’elle était plutôt amusée de ce genre de manifestations, loin d’y voir un signe de goujaterie, elle préférait imaginer qu’il s’agissait d’une démonstration d’admirateur galant. C’était un indicateur flatteur sur sa capacité à attirer les hommes. Parfois, une main s’attardait sur sa cuisse, les doigts soudain devenaient plus entreprenants. Alors délicatement, elle saisissait le poignet de l’intrus et le repoussait avec suffisamment de fermeté pour qu’il n’insiste pas. Dominique avait toujours réussi à rester maîtresse de la situation. Sans doute que sa grande taille y était pour quelque chose. Au fond ce n’était qu’un agréable divertissement, tout cela restait bon enfant.

Sa montre indiquait quatre heures. Il fallait se résoudre à aller se coucher, le besoin de sommeil n’était pas sa priorité, mais se retrouver le lendemain défigurée par d’affreuses cernes était un argument suffisant pour être raisonnable. Il était plus que temps de se mettre au lit.

Dans l’obscurité de sa chambre, des images de la soirée lui revinrent, une sortie plutôt agréable tout compte fait. Une galerie à la mode dans le quartier du Marais, le vernissage de l’exposition d’un jeune photographe talentueux qu’elle ne connaissait même pas. Le buffet et les cocktails étaient particulièrement réussis, plusieurs hommes avaient remarqué Dominique. Elle avait accepté leurs discrètes avances. Puis fatiguée de ce petit jeu de séduction, elle avait préféré s’éclipser avant la fermeture. Trouvant refuge dans un bar voisin, elle commanda un martini, un homme d’une cinquantaine d’années s’installa près d’elle. Il lui proposa un verre, puis confia d’un air entendu être de passage pour affaires. La conversation, même si elle manquait d’intérêt, s’était avérée plaisante. Le type s’était montré galant et pas trop entreprenant. Naturellement, il n’avait pas pu s’empêcher de loucher sur les jambes de Dominique, elle avait eu la malice de frotter doucement son genou sur sa cuisse, ce qui eut pour effet de remonter le bord de sa robe, révélant la démarcation plus sombre de ses bas. Y voyant une invitation à peine voilée, il s’était senti obligé de poser sa main sur le haut de sa cuisse. Il n’osa presque plus bouger. Enfin, ses doigts s’agitèrent, s’aventurant plus loin. La jeune femme le laissa progresser. Ses mains étaient plutôt douces, même si une certaine moiteur s’en dégageait. Il s’était petit à petit montré plus entreprenant, profitant de la pénombre du bar. Dominique l’avait doucement freiné dans ses ardeurs. L’homme, plutôt bien élevé, n’avait pas insisté.

— Vous êtes mariée?

La question la surprit. Pourquoi fallait-il être mariée pour avoir le droit de refuser les avances d’un homme? Elle joua le jeu.

— Oui, je le suis, mon mari est en voyage, et je m’ennuie parfois toute seule.

Ce qui n’était pas si loin de la vérité, l’ennui faisait partie du quotidien de Dominique depuis bien longtemps, à se demander si elle avait connu autre chose. L’homme y vit comme une invitation et lui proposa de prolonger la soirée ailleurs. La jeune femme l’observa furtivement, hésitante. Il n’était pas à proprement parlé beau, mais son apparence soignée plaidait en sa faveur. Son costume clair lui allait plutôt bien, sa chemise à minces rayures qu’il portait sans cravate lui donnait un charme décontracté. Ses mains, qui quelques minutes avant s’attardaient sur sa cuisse, étaient plutôt fines et bien entretenues. Elle remarqua ses chaussures élégantes, sans doute des mocassins italiens de grande marque. Son visage bien que marqué, était souriant. Il cachait difficilement un début de calvitie, le bas de son visage et l’absence de menton donnait à l’ensemble une impression un peu molle qu’une petite bouche trop mince n’arrivait pas à sauver. Elle accepta néanmoins l’invitation. Ils prirent un taxi qui les arrêta devant un grand hôtel du côté de la Porte Maillot. L’homme y avait réservé une chambre. Comme à chaque fois, Dominique se mit à douter. Plus très sûre de vouloir aller plus loin, elle proposa de prendre un dernier verre au bar de l’hôtel, histoire de gagner du temps.

La jeune femme s’éclipsa aux toilettes laissant le gars seul au bar. Passant devant la glace, elle s’arrêta et observa son visage. Toujours cette incertitude, avant de plonger, la peur du vide, un sentiment de vertige qu’elle connaissait par coeur. Prise d’hésitations, elle respira profondément, se remit du rouge à lèvre, soupira en faisant une grimace, puis descendit du plongeoir, préférant la fuite, comme toujours. En marchant d’un bon pas, elle serait de retour chez elle en un quart d’heure.

 

 

Fatigue

 

J’étais crevé, cette réunion n’en finissait pas. Déjà que la matinée avait été interminable, deux rendez-vous dans des agences de pub pour présenter mon book. Beaucoup de temps à poireauter pour être finalement reçu par une acheteuse d’arts, complètement à la ramasse, et un stagiaire qui avait l’air encore plus fatigué que moi. Entre midi et deux, j’étais passé à mon atelier et en avais profité pour faire la sieste avant de me retrouver à cette réunion de parents d’élèves où j’étais en train de définitivement sombrer.

— Qui pourrait nous accompagner à la Galerie de l’évolution jeudi prochain? Il nous manque encore un parent.

Pourquoi tous les regards se sont-ils tournés vers moi à ce moment-là? Sous prétexte que je suis photographe, tout le monde s’imagine que j’ai plein de temps. Comme d’habitude, j’étais le seul homme présent à cette foutue réunion. Organiser ça à 16h30, il faut avouer que ce n’est pas très malin.

L’institutrice m’a eu à l’usure. Elle m’observait avec insistance, j’évitai son regard autant que possible. Finalement, j’ai accepté. C’est Clovis qui allait être content que je m’y colle. Clovis, c’est le fils de ma compagne, il n’a pas connu son véritable père. Quand nous nous sommes rencontrés avec Louise, le gamin avait à peine un an, je suis devenu rapidement son papa adoptif. J’adore ce môme, et il me le rend bien. Je me doutais que ça allait lui faire plaisir que je l’accompagne. Il serait fier que je sois présent à cette sortie scolaire.

Exceptionnellement, Louise était rentrée plus tôt. Elle est flic au 36 quai des Orfèvres. A l’occasion d’un reportage sur la police judiciaire, j’avais été tout de suite attiré par elle. Une petite bonne femme brune à cheveux courts avec des grands yeux verts rieurs. A l’époque, elle venait de passer brigadier, et j’avais été impressionné par son énergie. Plutôt masculine, tout en muscles, elle avait néanmoins de jolies fesses et des petits seins adorables sur lesquels je me jetais avec voracité, dès que nous avions un moment d’intimité. J’avais essayé à plusieurs reprises de développer son côté féminin, chaque occasion était prétexte à lui offrir de la lingerie de préférence sexy. Je lui constituais, par ailleurs, une jolie collection d’escarpins plus hauts les uns que les autres, que je glanais au fil de mes séances photos. Au début, plus pour me faire plaisir, elle tenta gentiment de s’habiller ainsi pour nos sorties. Une transformation radicale que je trouvais attendrissante, révélant une facette d’elle très désirable et séduisante. Mais il fallait se rendre à l’évidence, malgré les efforts de Louise, ça ne serait jamais sa tasse de thé. Sentant naître une réelle crispation devant mon insistance, je renonçai à mon ambition de la rendre plus femme, selon mes critères masculins. Il fallait se rendre à l’évidence, elle ne serait jamais la poupée déguisée dont je rêvais.

Au fil du temps, j’appris à accepter Louise comme elle était, avec sa personnalité, son énergie, son enthousiasme et ses Doc Martens. Je l’aimais ainsi.

Petit à petit, mon activité de photographe reporter se réduisait, me laissant plus de temps pour la photo publicitaire, activité plus lucrative. Je ne désespérais pas également de développer mon travail personnel, et pourquoi pas d’exposer un jour à Arles.

Je prévins Louise que j’avais un shooting de prévu en début de semaine dans le sud de la France et comptais être de retour mercredi matin. L’idée que je puisse accompagner Clovis jeudi à sa sortie lui fit tellement plaisir qu’elle en oublia mes deux jours d’absence. Son métier lui avait rendu ce genre d’initiative impossible, elle le regrettait souvent.

Je lui parlai de ma prochaine prise de vue. Louise s’intéressait beaucoup à mon travail, elle n’hésitait jamais à m’encourager, me rapellant combien elle aurait aimé faire ce métier. Finalement, elle était devenu flic. Elle y voyait des similitudes : on est un peu voyeur, on observe beaucoup et on adore les détails.

— Vous révélez le beau, nous, nous combattons le laid. Répétait-elle souvent. Elle avait raison.

Je lui expliquai que les prises de vue étaient prévues sur deux jours à Cassis, pas très loin de Marseille, pour la campagne de lancement d’une nouvelle marque de glaces. Une grosse production avec plusieurs mannequins.

— Tu me montreras les photos? Je suis sûre que tu vas faire un super boulot.

Je calmai son enthousiasme, je ne souhaitais pas qu’elle s’y intéresse de trop près pour la simple raison que ces photos n’auraient jamais lieu.

 

 

Préparatifs

 

Une avant-première pour la sortie du dernier film de Martin Scorsese sur les Champs Elysées, cela ne se rate pas. Dominique avait eu du mal à obtenir cette invitation, il avait fallu développer quelques trésors d’habileté pour y arriver. Sous prétexte de récupérer des archives, elle était passée à la rédaction du magazine. Profitant de l’inattention de la journaliste de la rubrique culture pour fouiller son bureau, elle subtilisa le précieux laissez-passer. Ça lui laissait un peu de temps pour se préparer.

Elle y pensait depuis plusieurs jours. Refaisant mentalement le tour de sa garde robe, il lui fallait passer chez Zara pour trouver un petit top à bretelles. Naturellement, elle avait craqué pour une jupe droite toute simple et un chèche fuchsia qui irait parfaitement avec la couleur de ses cheveux. C’était toujours comme ça, on partait avec une idée précise et on revenait à chaque fois avec autre chose. Il n’y a pas à dire, courir les boutiques de prêt à porter pour femmes était une source de tentation inépuisable ; pas comme pour ces messieurs qui souvent détestent ça. Habiller un homme n’était pas très drôle, le faire sortir de l’éternel jean baskets pouvait s’avérer périlleux. Pour Dominique, s’acheter des vêtements était une partie de plaisir, elle pouvait y passer des après-midis entiers, à choisir un pull avec des motifs brodés ou une robe qui mettrait ses courbes en valeur. Ce qu’elle préférait par dessus tout, c’était les chaussures, malheureusement son 44 fillette comme elle se plaisait à le dire limitait parfois ses choix. Elle avait néanmoins trouvé un chausseur grandes tailles, les modèles étaient classiques et manquaient de fantaisie, mais c’était mieux que rien. Quand elle aurait les moyens, elle se promit de se faire faire des escarpins sur mesure. En attendant, sur internet, elle avait trouvé quelques paires un peu plus sympas. On perdait le plaisir du jeune vendeur qui vous tripote agréablement les pieds, on ne pouvait pas tout avoir.

Ce soir, elle serait brune et porterait une robe bustier rouge complétée par une étole en cachemire brodée de fils dorés. Dessous, ce sera le grand jeu, sa guêpière ivoire What Katie Did en satin, une folie qu’elle s’était offerte à Londres et des bas Cervin couleur gazelle à coutures. Un mini tanga sexy transparent finirait de mettre ses fesses en valeur. Le souvenir de sa dernière escapade la fit hésiter sur les escarpins, elle opta finalement pour des petites boots léopard, plus confortables, qui souligneraient élégamment ses chevilles ; ce serait la petite touche d’humour glamour qu’elle se permettrait ce soir.

Dominique se fit couler un bain chaud, il lui restait du temps. Ensuite, elle referait les ongles de ses pieds.

Elle aimait cet univers féminin, son appartement était son refuge, une sorte de bonbonnière où elle se sentait bien.

Personne n’était jamais venu souiller cet espace. Aucun homme ne pénétrerait son univers. Elle le louait depuis deux ans, dans un immeuble haussmannien au pied de la butte Montmartre, à côté de la Halle Saint Pierre.

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