Une longue cuillère pour le diable

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Un attentat-suicide, sur l’autoroute, près de Roissy.
Un linceul de 5 millions de dollars recouvre les corps disloqués sur le bitume.
Le commissaire Martucci, chef de l’antiterrorisme, fait partie des rescapés.
Qui était visé ? Quel était le message ?
La piste des billets de banque conduira Martucci au cœur d’un trafic international de médicaments. Un business plus rentable encore que la drogue.
Mais quand de faux gentils croient s’enrichir en s’associant à des fanatiques religieux, l’affaire tourne au meurtre de masse.
Certains n’avaient pas voulu cela.
Mais quand on choisit de dîner avec le diable, mieux vaut se munir d’une très longue cuillère.
De Paris à Beyrouth, de la Grèce aux États-Unis, en passant par l’Afrique, une traque haletante vous mènera au cœur des réalités souvent méconnues et angoissantes du terrorisme international.
L’auteur, Yves Mamou, a accumulé beaucoup d’informations dans le cadre de son métier de reporter au journal Le Monde depuis plus de 20 ans. Quelquefois, dans cette profession particulière, il est plus facile de raconter ce que l’on sait à travers une fiction…
Une longue cuillère pour le diable est son deuxième roman.
Publié le : mardi 3 mars 2015
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782756106465
Nombre de pages : 323
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Yves Mamou
Une longue cuillère
pour le diable


Un attentat-suicide, sur l’autoroute, près de Roissy.
Un linceul de 5 millions de dollars recouvre les corps
disloqués sur le bitume.
Le commissaire Martucci, chef de l’antiterrorisme, fait
partie des rescapés.
Qui était visé ? Quel était le message ?
La piste des billets de banque conduira Martucci au
cœur d’un trafic international de médicaments. Un
business plus rentable encore que la drogue.
Mais quand de faux gentils croient s’enrichir en
s’associant à des fanatiques religieux, l’affaire tourne au
meurtre de masse.
Certains n’avaient pas voulu cela.
Mais quand on choisit de dîner avec le diable, mieux
vaut se munir d’une très longue cuillère.
De Paris à Beyrouth, de la Grèce aux États-Unis, en passant par l’Afrique, une traque haletante vous
mènera au cœur des réalités souvent méconnues et
angoissantes du terrorisme international.

L’auteur, Yves Mamou, a accumulé beaucoup
d’informations dans le cadre de son métier de reporter
au journal Le Monde depuis plus de 20 ans.
Quelquefois, dans cette profession particulière, il est
plus facile de raconter ce que l’on sait à travers une
fiction…
Une longue cuillère pour le diable est son deuxième
roman.

Illustration de couverture : Cédric Gérard (DR).


EAN numérique : 978-2-7561-0645-8978-2-7561-0646-5

EAN livre papier : 9782756102368



www.leoscheer.com UnelonguecuillèrepourlediableDUMÊME AUTEUR
Camélia.came,Stock,2008
©ÉditionsLéoScheer,2010
Illustrationdecouverture:CédricGérard
www.leoscheer.comYVES MAMOU
Unelongue cuillère
pourlediable
Thriller
ÉditionsLéo ScheerPour Dominique,
la plus belle personne que j’aie rencontrée.
Pour Hugo,Léah,Noé,mes enfants.Millepersonnessontmortesparmafaute.Cesontlesestimations
des Palestiniens.
Lalistedesdécèsn’estpeut-êtrepasclose.Lesjournauxaffirment
queplusieursdizainesd’autreshommes,femmesetenfantscourent
encore le risque de mourir.
Àcausedemoi.
Letypequejevoisentraindeseraserdanslemiroirdemasalle
de bains est un assassin. Parinadvertance, mais un assassin. Le
salopardqui me fait face est un tueurensérie.
Mesvictimesvivaient dans les camps palestiniens de Gaza et
d’EinelEloueh au Liban. Je ne connaissais aucune d’entre elles.
Jen’avaisaucungrieflesconcernant.Ellesn’avaientjamaisentendu
parlerdemoinonplus.Laplupartnepossédaientrien.J’aidétruit
leurseulbien,je leuraiprislavie.
Personne ne m’accuse. Pasencore!Mais je suis monpropre
procureur.
Toutàl’heure,jemesuisarrêtédansunbar.J’aicommandéuntriple
whisky.ÀMichel,le barman–unbadge indiquait son prénom–,
j’ai expliqué d’une voix ralentiepar l’ivresse:
—Cen’est pas de ma faute. Je ne pouvais pas imaginer.
Il m’adit qu’il ne fallait pas s’en faireetque c’étaient toutes des
salopes.
7Unelonguecuillèrepourlediable
J’ensuisrestéinterloqué.L’alcoolembrumaitmoncerveau;jene
comprenaispaspourquoiilmerépondaitcela.Sonaircompatissant
afini par m’éclairer.Ilcroyait que j’avais étélarguépar une
femme.Passer pour un cocu m’asoudain parutrèsdrôle. Un fou
rire m’asaisi,les larmes coulaient surmes joues.
Jesuissortidubarentitubant.Jesuisremontéchezmoi.Mesuis
assisàmon bureau. J’aicontemplélaligne parfaitedufusil de
chasseflambantneufquioccupaitlaplacedel’ordinateur.Cette
arme m’est destinée.Jel’aiachetéepourmoi.Hierj’aisciéle
canon.Pouratteindrelagâchetteplusfacilement.Tropdechoses
ontfoiré.Hors de question de rater monsuicide. J’aiinsérédeux
cartouches de chevrotine,puis posé le doubleorificeducanon
sousmamâchoireinférieure. Je n’ai pas tiré.
Pourquoiattendre?Manque de courage biensûr!
Bientôt je n’aurai plus le choix. Ce commissaireMartucci se
rapproche.Ilsedéplaceencercles de plus en plus étroits autour
de moi. Quelquesfilslui manquent encore. Mais l’histoire sera
bientôt reconstruite.
Le hasard, la bêtise, la cupiditéont toutfait foirer.Nousavons
manqué de discernement. Je n’avais pas imaginé qu’ilstueraient
Jean-Pierre,monmeilleurami.NiqueceMartuccideviendraitune
victime collatérale du meurtre de Jean-Pierre.
S’iln’avait pas étélàquand l’attentats’est produit,toutaurait-il
pu tourner différemment?Pas si sûr! Nousn’étionspas assez
malins,niassezarmés.Quandons’inviteàlatabledudiable,dit
le proverbe,il faut disposer d’une longuecuillère.PREMIÈREPARTIE1
Lesapplaudissementscrépitèrent.
Le commissairedivisionnaireJacques Martucci fixa la salle.
Aveuglé parles spots, il ne voyait passon public.Ilfermales
yeuxetsavouralefluxchaleureuxdesapplaudissements.Letrac
avaitdisparu.Ils’imaginasurunescène,ovationnépardixmille
spectateurs.
«Çadoitêtregéniald’êtreunerockstar»,pensa-t-il.
Lesspécialistesetexpertsdel’antiterrorismequifaisaientfaceau
flic français dans la salle de balduFourPoints,un palacesitué
au cœur de Washington, n’étaient quecinqcents. La plupart
n’avaientjamaisfréquentélemoindreconcertderock.Ilsvenaient
d’Europe,des
deuxAmériques,d’Asieetmêmepourcertains
d’Afrique.Touspouvaientaffronteràmainsnuesplusieursagresseurs munis d’armes blanches et logercinqballesdanslecœur
d’untrafiquantdedrogue en moinsdedeuxsecondes.Ils
saluaient avec chaleur un exposé qu’ils avaient écouté dans un
silencereligieux.
Dèslespremièresminutes,lepatrondel’antiterrorismetricolore
avait eu l’auditoireà sa main.Dansunanglais rendu rocailleux
parson légeraccent corse,Martucci avait expliqué,imagesà
l’appui,lamanièredontsesservicesetlui-mêmeavaientenrayé
uneséried’attentatsàlabombe suivis parune séried’attentats
àlavoiturepiégéeaucœurde Paris.
11Unelonguecuillèrepourlediable
LeCorsesavaitcombienlesAméricainssontsensiblesàlamise
en spectacle de la parole. Plutôtque de rester statique,ilavait
quitté le pupitrepourl’écran, était revenu au pupitrepour
retourner pointer un élément importantsur l’écran. Et ainsi de
suite,justepourdistrairel’œiletmaintenirlesauditeursenvie.
Pour lesmêmes raisons,ilavait truffé son exposé d’exemples
vivants, de plaisanteries,voire des clinsd’œil classiques entre
flicsdeterrain.
Ilavaitréussiàdéclencherlesriresàplusieursreprises,touten
évitantlesblaguesfaciles,notammentsexistes,delacultureflic.
Rienneservaitdebraquerlesfemmesquisepressaient,désormais
nombreuses,danslemétier.
LaspontanéitéaveclaquelleMartuccis’exprimaitenpublicétait
le résultat d’untravail. Il avait répétéson textejusqu’à en
faire
unshow.
Aprèsavoirrappelélamanièredontlesterroristesretournaient
lesnouvellestechnologiesetl’Internetcontrelessociétésquiles
avaientproduits,lecommissaireavaitouvertl’horizon.
—Lesnouvellestechnologiesfavorisentl’émergenced’unterrorismeenréseau,moinshiérarchique.Curieusement,lescultures
quirejettentleplusviolemmentlemodedevieoccidentalsont
aussicellesquiapprivoisentlemieuxsesoutilslespluspointus…
Si nousvoulons lutterefficacement contre la violence,ilfaut
agir de même et nousintéresser aux sociétés quiproduisent le
terrorisme.Ilfautchercherdanslesstructurespatriarcales,dans
la sujétionhomme-femme,danslerefusdel’individualisme,
dans lesobligations quilient lesmembres d’une tribuoud’un
clan…s’iln’yapas des élémentsque nouspourrions utiliser
12Unelonguecuillèrepourlediable
pour mieuxconnaîtreles poseursdebombes. Et biensûr aussi
lesneutraliser.
Cetteouvertureculturelleetstratégique,destinéeàenroberune
cultureprofessionnellesurtoutcomposéedefilatures,d’indics,de
sangetdeterreur,avaitprovoquél’intérêtetlesapplaudissements.
La présence du commissaireMartuccidanslacapitale fédérale
desÉtats-Unisétaitl’aboutissementd’un long processus. Six
mois
auparavant,PeterE.Davidson,chefdelareprésentation
delaDEA(DrugEnforcementAdministration,l’antidrogueaméricaine)àParis,avaittéléphonéàsonamiMartucci.
—HiJack!Monpatron,JohnnyCassuto,organiseunpetitcolloque
àWashingtonsurlesliensentreletraficdedrogue,lacontrefaçon
et le terrorisme. Ilyauralegratin de la policeinternationale.
Mêmeles Chinois et les Arabes seront là. Il faitpression sur
moi pour quej’obtiennetaparticipation.Tu as carte blanche.
Ah!Détail important:la DEA prend tous les frais en charge.
Le Budgetfrançaisnepaieraquetonbilletd’avion.
Martucciserappelaitcommesic’étaithiersapremièrerencontre
avec Davidson.
Commentoublierlemoustachuéchevelé,semiobèse, auxvêtements froissés etàlacravate fleurie quiavait
déboulédanssonbureauà14 heures tapantes,unbeaujourde
septembre?Lelookduflicaméricainavaitsuscitéunamusement
certain parmiles agents de la division antiterroriste. Mais à
peinel’Américaineut-ilenlevéseslunettesdesoleilqueleCorse
avaitredoublédevigilance.Derrièrelesverresfumés,unregard
pénétrantavaitsurgi.L’appareilvestimentaireduflicdelaDEA
camouflaitunhommedangereux.
13Unelonguecuillèrepourlediable
Ce jour-là, Martucci était d’une humeur exécrable. Des bombes
explosaient dans lesbureaux de posteetles cinémas,etlaseule
pistequiauraitpulemenerauxterroristesavaittournécourtla
veilleausoirdansunbaindesang.Cetteirruptiond’unflicdes
stupsaméricainsenquête de soutiensur uneaffairededope
colombienne n’avait fait qu’accabler le plus célèbre flic corse
de France.Qu’est-ce queladivisionantiterroristepouvait bien
gagneràsemêlerd’unehistoiredecoke?
Comprenantqu’ilarrivaitenterrainminé,Davidsonavaitchoisi
ses mots.Ilavait montréàMartucci queles pistes des
deux
affairesserecoupaientpeut-être.Enmaugréant,unpeuàcontrecœur,leCorseavaitsaisilacordequelançaitDavidson.Iln’avait
paseuàleregretter.
Unefoisrégléeladoubleaffairedecokeetd’attentats,les deux
hommesavaient continué de se voir.Tantôtl’un, tantôtl’autre
lançait uneinvitationà déjeuner.C’étaitàqui dégotterait le
restaurantleplus original, le plus nouveau, le plus déjanté. En
matièredevins,Davidsonn’hésitaitpasàécraserMartuccideses
connaissancesencyclopédiques.Cettecompétitiongastronomique
avaitcimentéprogressivementunecomplicitéd’«expatriés».
—Nousavonsunpointencommun,noussommestouslesdeux
desinsulaires.
Martucciavaitsoulevéunsourcilinterloqué.
—Maisoui!N’oubliepasqueManhattanestuneîle,commela
Corse…LesNew-Yorkaisaussiontdescomportementsd’insulaires.
Sionleslaissaitfaire,ilsdemanderaientl’indépendance.
MartucciavaitsuggéréunjumelageentreManhattanetAjaccio.
Lesdeuxhommesavaientrideboncœur.
14
Unelonguecuillèrepourlediable
Davidsonressentaitunevivesympathiepourlerugueuxcommissaire.Pourmieuxtisserdesliensdeconfianceilavaitabandonné
la langue de bois. Il évoquait sans fard lestensions politiques
quitraversaientlesgrandesagenceschargéesdelasécuritéaux
États-Unis,dévoilaitmilleanecdotessurlesrivalitésentreservices
et s’inquiétait de la difficulté des policiers locauxàenrayerla
consommationdecocaïne. Sansparlerdutraficqui allait avec.
Martucci délivrait en retourdes confidences surses relations
aveclesplushautesautoritéspolitiquesdupays.
C’est surles femmesque lesdeuxcompères se retrouvaient le
mieux.Dragueursetcélibataires,ils racontaient volontiers
leurs rencontres et savouraient un immense plaisiràdauber
le style infiniment variédel’«Emmerdeuse»; celle quitrouve
«humiliant» quel’on mate lesjambes d’une Walkyrie croisée
dans la rue, simplement parce qu’elle est là,àvos côtés;ou
bien celle quidemande de fermer lesyeuxlorsqu’elle enlève
son soutien-gorge; ou encore celle quineconsidère quevotre
capacitéàlaféconder pourlui permettredejouir de ce
qu’elle
désireuniquementetprofondément:lesbébés;sansparlerdes
trèsnombreusesquevousinvitezenweek-endetquivoustransformentenporteurdedeuxvalisesbourréesdeplomb.
DavidsonavaitépatéMartuccienluiracontantqu’àl’université,
ilavaitfondéunclubdegarçonsoùlesfillesfaisaientl’objetd’un
barème:cellesquicouchaientaprèsuncoca–généralementles
plus sympas–jouissaient de la notelaplus élevée.Cellesqui
estimaientqu’undînerà50dollarsparpersonnereprésentaitle
minimumpourunegâteriebuccalesevoyaientattribuerlanote
la plus basse.Laliste comprenait également le nom des fillesà
15Unelonguecuillèrepourlediable
éviterparce qu’après plus de 100 dollarsdépensés
pourelles,
ellesavaienttoutjusteconsentiàselaissereffleurerlesseins.
Martucciaffirmaitquantàluiquelesfemmesn’étaientpasréellement intéressées parlesexe. Ellestrouvaient ce frotti-frotta
quiseterminait parune émission d’humidité un peu gluante
presquetoujours frustrant,voire un peu dégoûtant. Ellesn’y
consentaient queparce quec’était le seuloutil
misàleurdispositionpourmobiliser le désirdes hommes, satisfaireleur
narcissismeetcontribueràlafabricationdes bébés.Quand
Davidsonavaittentédedémontrerqu’unbonposeurdebombes
se révélait moinsdangereuxpourlacivilisationoccidentale
qu’unefolle hystérique,leCorseavaitétéprisd’unfourire.
L’invitationà Washingtonétait venueparachevercette amitié
virile,construite autour des femmes,de la bonne bouffe et des
poseursdebombes.
Martucci avait toutefois demandé un délai de réflexion. Le lien
nouéavecDavidson,ilnel’ignoraitpas,comportaitunedimension
politique.Leflic américain avait pourmission de susciterdes
sympathiesà la croisade anti-iranienne du gouvernement
américain.SousGeorgesW.Bush,l’hostilitéentrelesdeuxpaysavait
prisuntourexacerbé en raison de la volontéréaffirmée des
mollahs de se doter d’une arme nucléaire. L’électiondeBarack
Obaman’avait changéladonnequ’enapparence.
DanslaluttecontreleDjihad,lesAméricainsavaientrenoncéà
forcerlamaindesgouvernementseuropéens.Enrevanche,plus
habilement,ils travaillaient au corps leshauts fonctionnaires
du vieuxcontinent.Ils partaient du principe queles hommes
politiquespassent et quel’administrationreste. Si leshommes
16Unelonguecuillèrepourlediable
Il fermason ordinateur et repartitàpiedendirectiondu
QuartierLatin.Iltomba en arrêt devantuncinémaqui offrait
unerétrospectived’Ingmar Bergman. L’Œuf du serpent.Ilne
l’avait jamais vu.Letitrelui parutcorrespondreàson humeur
dumoment.
Ilachetaunbillet.BIBLIOGRAPHIE
AugustusRichardNorton, Hezbollah:AShort History,
éditéparl’auteur,2009
HervéPierreetBertrandBadie,LeHezbollah:Unacteurincontournable
de la scène internationale?,L’Harmattan,2009
Judith PalmerHarik,Hezbollah:The Changing Face of Terrorism,
IB Tauris,2005
Nicholas Noe, VoiceofHezbollah: The Statements of SayedHassan
Nasrallah,VersoBooks,2007
Collectif(sousladirectiondeSabrinaMervin),
Le Hezbollah: Étatdes lieux,Sindbad/ActesSud,2008
Daniel VasellaetRobertSlater,Magic Cancer Bullet,
HarperBusiness,2002
Stewart Justman,Do No Harm,IvanR.Dee,2008

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