Une parenthèse espagnole

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'Luz est à mes côtés, silencieuse, pendant ces milliers d'heures passées à la recherche du tombeau de mots avec lesquels j'embaume sa vie, comme j'embaume celle de Ramón, de Capa et d'Orwell, ou bien d'Antonio. La ronde des vivants et des morts.'
Deux événements viennent troubler le quotidien d'un homme approchant la cinquantaine : la mort de Luz, une amante de jeunesse, à l'issue d'une longue déchéance alcoolique ; le désir de son vieux père, un réfugié espagnol, de retourner dans son village natal. Glissant d'un pan à l'autre du souvenir, le narrateur bouscule toute chronologie pour faire résonner au présent, dans une langue limpide et écorchée, le deuil des utopies et d'autres fêlures plus intimes.
Publié le : vendredi 18 septembre 2009
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EAN13 : 9782072024276
Nombre de pages : 219
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Lété du chien1996, Gallimard, collection « LArpenteur », Les nuits dHitachi, Gallimard, collection « LArpenteur », 1999 Longle rose, Verdier, 2002 Regardemoi, Verticales, collection « Minimales », 2005
une parenthèse espagnole
sylvie gracia
une parenthèse espagnole
© Éditions Gallimard, janvier 2009.
À mon père, Évariste Gracia À mes filles, Anna et Marie Loubière À Évelyne Roy, en mémoire
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Le jour où nous avons recueilli Luz pour la dernière fois, la découvrant, sitôt accouru à la maison, endormie dun sommeil de pocharde sur le canapé rouge, mon premier réflexe a été de rouler le futon que javais laissé dans un coin du salon et de le dissimuler sous le lit de la chambre. Jallais quitter le domicile familial et je ne faisais plus sem blant devant mes filles. Je me souviens quelles se réveillaient très tôt durant cette période, et je comprends maintenant quelles devaient espérer chaque matin que leurs parents aient dormi ensemble. Mais ce que je leur infligeais, Luz devait en être protégée. Je traînais dans le quartier de la gare SaintLazare quand le portable avait sonné. Jeanne, affolée, me demandait de rentrer au plus vite, Luz est à la maison, elle est malade,viens vite, papa !criaitelle à mon oreille. Cétait une fin daprès midi dhiver. En descendant du train au retour du lycée, javais renoncé une fois de plus à mengager directement dans la rue de Rome pour monter chez moi, près des
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